Depuis la mise en ligne du  Projet de dĂ©cret du Conseil SupĂ©rieur du Tourisme, instance sensĂ©e renforcer la lĂ©gitimitĂ© institutionnelle dâun secteur aussi transverse que le tourisme et garantir la bonne exĂ©cution des stratĂ©gies et plans dâaction aussi bien Ă lâĂ©chelon national que territorial, renait une certaine polĂ©mique, alimentĂ©e par une certaine presse et qui a plus trait Ă la composition de cet organe, quâau bien fondĂ© de sa mise en place.
Il faut rappeler que cette mise en place aurait du ĂȘtre effective au plus tard le 31/12/2011 et sous la responsabilitĂ© du MinistĂšre du Tourisme et du secteur privĂ©.
Grace cet organe, le secteur du Tourisme devrait avant tout asseoir un fort leadership afin de renforcer sa légitimité et faciliter les prises de décisions au niveau national et régional.
En effet, le contrat programme vision 2020 prĂ©voit dans son chapitre intitulĂ© « Gouvernance & Pilotage », la mesure 37 instaurant une instance nationale de pilotage rĂ©unissant lâEtat, les rĂ©gions et le secteur privĂ©. Ses principales missions sont de:
- Sâassurer de la cohĂ©rence de la vision Ă long terme et du suivi de son exĂ©cution.
- De suivre et Ă©valuer lâaction des diffĂ©rents acteurs publics et privĂ©s de la gouvernance du tourisme.
- De suivre et dâĂ©valuer lâexĂ©cution des feuilles de routes rĂ©gionales en veillant en particulier Ă :
        1-Un pilotage coordonnĂ© de tous les paramĂštres clĂ©s de lâĂ©quation touristique ( arrivĂ©es, nuitĂ©es, DMS, TO, recettes, RevpartâŠ.)
     2- Une régulation dynamique des capacités hÎteliÚres et de formation des ressources humaines.
       3- Un suivi des efforts des autorités concernées pour une adéquation entre les capacités aériennes et les capacités litiÚres.
- De suivre et dâĂ©valuer les mesures et dispositions contenues dans le contrat programme
- De proposer les mesures dâajustement nĂ©cessaires Ă la mise en oeuvre de la vision du fait de la lĂ©gitimitĂ© renforcĂ©e de lâinstitution.
Or, Ă la lecture du projet, on remarque que la note de prĂ©sentation parle bien de la crĂ©ation dâune instance nationale de pilotage rĂ©unissant lâEtat, le privĂ© et la sociĂ©tĂ© civile, tandis que le texte parle plus dâune instance consultative dont les attributions se limitent Ă prĂ©senter, proposer, Ă©valuer et donner son avis. A aucun moment, on ne retrouve ce rĂŽle dâarbitrage et de prise de dĂ©cision quâil est sensĂ© jouer.
Si cette instance, prĂ©sidĂ©e par le Chef du Gouvernement et regroupant tous les ministĂšres signataires du CPN Vision 2020 ainsi que les reprĂ©sentants du secteur privĂ© et de la sociĂ©tĂ© civile, se rĂ©unit, elle doit ĂȘtre en mesure de prendre les dĂ©cisions qui sâimposent afin de garantir la mise en Ćuvre de la stratĂ©gie, dâautoriser un dĂ©veloppement harmonieux et pĂ©renne de toute lâĂ©conomie touristique nationale et de permettre un pilotage simultanĂ© de tous les paramĂštres clĂ©s de lâĂ©quation touristique.
Câest ce qui devrait ressortir de ce projet de dĂ©cret et câest ce pourquoi nous devrions militer. Ce projet est encore au stade de la consultation au sein mĂȘme du SGG et au lieu dâentrer dans une polĂ©mique stĂ©rile, nous devrions plutĂŽt Ćuvrer pour en parfaire lâefficacitĂ©.
Le plus de ce texte, câest la crĂ©ation au sein du CST, des six commissions permanentes qui Ćuvrent dans le cadre de lâexĂ©cution de la stratĂ©gie, telle quâelle a Ă©tĂ© Ă©crite et signĂ©e. Ces commissions prĂ©parent en fait les sujets qui seront traitĂ©s au sein du CST et regroupent des membres du secteur privĂ© et du secteur public.
Dans la feuille de route de lâactuelle CNT , la vision 2020 occupe lâessentiel des chantiers en cours et les commissions créées Ă cet effet sont co-pilotĂ©es avec le MinistĂšre du Tourisme et en relation constante avec lâensemble des signataires du CPN 2020. Dans ce cadre et en attendant la crĂ©ation du CST, des rĂ©unions sont rĂ©guliĂšrement programmĂ©es avec le chef du Gouvernement sous la forme dâun ComitĂ© StratĂ©gique du Tourisme.
Aussi, il serait opportun Ă ce stade que les professionnels du tourisme se mobilisent pour faire de ce CST, un organe de pilotage et dâarbitrage en faveur du secteur touristique qui en a bien besoin par les temps qui courent.
Il y a tout un travail à faire en amont des réunions du CST notamment au sein des commissions permanentes et au niveau régional , auprÚs des Walis et des élus : Présidents de Communes, de Régions et Maires.
La prĂ©paration dâun CST est primordiale et une connaissance approfondie des sujets est requise car pour convaincre toute une palette de MinistĂšres qui ont dâautres prioritĂ©s et dâautres Ă©chĂ©ances, il faut arriver fin prĂȘt et surtout proposer des solutions dans lesquelles ils doivent se retrouver.
Notre secteur Ă besoin de retrouver son leadership et prouver que le rĂŽle de levier Ă©conomique et social qui lui a Ă©tĂ© attribuĂ© dans le cadre de la vision stratĂ©gique et loin dâĂȘtre une utopie mais une rĂ©alitĂ©.

Bonsoir si Fouzi.
Je vous rejoins sur le fait selon lequel la presse sâest nettement focalisĂ©e sur la question de : QUI REPRESENTERA LE PRIVE AU CST .. QUI SIEGERA AU CST? Quelque part, ceci alimenta de vives polĂ©miques qui ne sont guĂšre passĂ©es inaperçues.
Mots dâordre : Tous pour un meilleur suivi de la Vision Touristique , pour une vĂ©ritable professionnalisation du secteur, sans parler dâune reprĂ©sentativitĂ© optimale de celui-ci..
Attention cependant à ne pas confondre Conseil Supérieur du Tourisme ( CST) et Haute Autorité du Tourisme ( HAT).