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PolĂ©mique sur fond d’Art
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📖 Temps de lecture : 4 minutes

Zine Li Fik

Le rideau vient de tomber sur le 68eme Festival de Cannes et la Palme d’Or a Ă©tĂ© attribuĂ©e au rĂ©alisateur français Jacques Audiard pour son film « Dheepan ». Le film marocain « Much Loved » de notre cinĂ©aste national, Nabil Ayouch a quand a lui fait la polĂ©mique au Maroc depuis la fuite orchestrĂ©e via youtube de quelques extraits sulfureux aux dialogues crus qui ont choquĂ© la toile et les rĂ©seaux sociaux.

Je n’ai pas vu le film et je ne peux me suffire des quelques vidĂ©os pour me faire une idĂ©e exacte sur ce film, qui comme les autre films de Nabil Ayouch, traite de faits de sociĂ©tĂ© universels avec un zoom sur le monde arabe et plus particuliĂšrement le Maroc : Jeunesse, drogue, fanatisme, misĂšre, sexualitĂ©, politique etc
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Mon point de vue aujourd’hui sera axĂ© sur le tourisme et la question que je me pose est la suivante: Quel impact aura ce film sur la destination touristique Maroc?

En lisant et en Ă©coutant les diffĂ©rentes interviews donnĂ©es par le cinĂ©aste sur son film, il nous parle bien d’une fiction basĂ©e sur du vĂ©cu prenant la peine de cĂŽtoyer plus de 250 prostituĂ©es exerçant leur art Ă  Marrakech. Il aurait fait une sorte d’immersion dans le monde de la nuit , avec toutes ses composantes, prostituĂ©es, travestis, chauffeurs de taxis, vigiles de boites de nuits, policiers (Sic) 
pendant plus d’une annĂ©e pour mieux le connaitre et le mettre en scĂšne.

Il dit mĂȘme, qu’il a Ă©tĂ© tentĂ© de faire un documentaire sur la prostitution mais qu’en dĂ©finitive, il a optĂ© pour le film. Aurais-t-il eu les autorisations pour faire ce documentaire?

La derniĂšre fois qu’une production a fait un reportage sur le tourisme sexuel au Maroc, cela a soulevĂ© un tollĂ©. Or sans vouloir anticiper et au vu de ce qui a Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©, « Much Loved » traite plus de la prostitution « Touristique » que de toutes les autres formes de la prostitution. Dans ce cas c’est la destination qui risque d’ĂȘtre stigmatisĂ©e pour ne pas dire « labĂ©lisĂ©e » comme telle.

Faut il incriminer le facteur, en l’occurrence le cinĂ©aste qui n’a fait que son boulot, braquer ses projecteurs sur une pratique vielle comme le monde mais qui aujourd’hui nous interpelle tous et plus particuliĂšrement les acteurs du tourisme. Nous devons donc prendre conscience de ce phĂ©nomĂšne et essayer d’y apporter les rĂ©ponses qui s’imposent. Lorsqu’en parle de tourisme durable, de tourisme responsable, on doit prendre en considĂ©ration ces dĂ©rives qui s’incrustent comme de la mauvaise herbe.

Comment me direz vous? Certainement pas en bùillonnant le cinéaste mais en prenant à bras le corps ce problÚme avec toutes ses composantes, sociales et économiques pour en limiter les dégùts.

Il serait prĂ©tentieux de dire que l’on pourrait l’éradiquer, mais au moins protĂ©ger les plus fragiles, les enfants, les adolescents et les nĂ©cessiteux. Cela passe par une meilleure Ă©ducation, une meilleure information et surtout l’opportunitĂ© de pouvoir travailler et gagner sa vie dignement et en cela, le tourisme peut ĂȘtre en excellent levier.

Pour en revenir au Cinema et aux films qui ont traitĂ© de la prostitution, il en existe des trĂšs beaux tels que, Belle de jour, Pretty Woman ou Irma la douce, en aucun cas la femme n’est rĂ©duite ou insultĂ©e. Il n’y a aucune vulgaritĂ© mais la promesse de passer un agrĂ©able moment au premier degrĂ© et sans jeu de mots.

5 Commentaires

  1. Et bien cher ami Fouzi, tu as encore une fois pu gĂ©nĂ©rer le dĂ©bat que je trouve intĂ©ressant. C’est cette divergence d’idĂ©es qui nous permet de continuer Ă  intervenir dans ce blog. Je viens d’apprendre que les autoritĂ©s ont finalement dĂ©cidĂ© de ne pas autoriser la projection du film dans nos salles. DĂ©solĂ© pour notre cinĂ©aste Si Nabil Ayouch. Mais pour mon ami Karim, ce n’est pas la politique de l’autruche quand on donne son avis sur un blog ouvert Ă  tous! Je crois que notre pays n’est pas encore prĂȘt a apprĂ©cier et applaudir ce genre de production. Heureusement que le tourisme sexuel ne trouve des adeptes que chez une minoritĂ© de touristes qui viennent chez nous et qui profitent de la pauvretĂ© d’une certaine catĂ©gorie de gens.

  2. Cher Fouzi,

    Je n’ai pas vu le film, donc je ne peux pas en parler. Mais, en tant qu’étrangĂšre qui vit au Maroc, je peux comprendre la pudeur par rapport Ă  la prostitution que la population marocaine peut avoir. Personnellement, je n’aime pas ce genre de film qui traite de façon cru un problĂšme de sociĂ©tĂ© tel que la prostitution qui est en passant le plus vieux mĂ©tier du monde.

    Maintenant, il est clair que pour beaucoup de touriste européen (je parle de ceux que je connais), la destination Maroc et en particulier Marrakech est réputée pour son tourisme sexuel. Alors que cette ville a une beauté bien à elle, un patrimoine culturel, une ùme tout simplement.

    Est-il utile de faire un film mettant en avant une certaine vulgaritĂ© : je n’en suis pas sĂ»re. Personnellement, je n’aime pas la vulgaritĂ©. Donc, qu’il traite de la prostitution, ou d’autres choses, je ne suis pas fan.

    Mais, je le rĂ©pĂšte encore une fois, je n’ai pas vu le film.

  3. Ce qui est Ă©tonnant , c’est le silence des autoritĂ©s ( culture , justice , affaires islamiques , interieur. Etc )
    Ou sont passés les discours moralisateurs du parti au pouvoir ?
    Que fait le CCM ?
    Le drame c’est que N.Ayouch a levĂ© le liĂšvre au moment oĂč personne ne s’y attendait . Tout le monde sait ce qui attire les moyens orientaux au Maroc ( Tanger et Casa par le passĂ© et Marrakech et Agadir ces derniĂšres annĂ©es ) , mais malheureusement ca n’a pas l’air de gĂȘner quiconque , tout le monde s’est accomodĂ© de cette rĂ©alitĂ© , pire , notre schizophrĂ©nie collective nous empĂšche de combattre le phĂšnomĂšne .
    Bravo Mr Ayouch d’avoir secouer le cocotier , Bravo aux acteurs pour leur courage et tant pis pour ceux qui preferent faire l’autruche

  4. Merci cher Fouzi pour ce regard toujours critique, pertinent et objectif sur l’actualitĂ©. Mon commentaire ici est totalement personnel. Je ne souhaite pas revenir sur les axes polĂ©miques du dernier film de Nabil Ayouch. je crois que la toile a trĂšs largement et longuement fait echos d’une indignation quasi unanime quant Ă  la vulgaritĂ©, la cruautĂ© et la violence verbale des dialogues de ce film.

    ce qui m’interpelle, c’est que ce film ne raconte pas d’histoire, n’apporte pas de rĂ©ponse ou de dĂ©but de rĂ©ponse Ă  un phĂ©nomĂšne aussi complexe que douloureux pour toute sociĂ©tĂ© qu’est la prostitution. pour ceux qui l’ont vu en intĂ©gralitĂ© (en France Ă  l’occasion de sa prĂ©sentation en marge du Festival de Cannes), ce film est un condensĂ© de paroles vulgaires, de scĂšnes obscĂšnes et de propos guturaux
 qui n’apportent rien au scĂ©nario (si scĂ©nario il y a). qu’elle est l’utilitĂ© d’employer ce language outrancier Ă  outrance ? qu’est ce que cela apporte Ă  l’histoire ? (si histoire il y a) ? Rien Ă  mon sens.

    par contre, le film (et non le sujet) ont laissĂ© chez les marocains un sentiment d’agression, d’insultes aussi injuste qu’inutile. la vulgaritĂ© n’apporte rien au traitement du sujet de la prostituion dans un travail cinĂ©matographique, sensĂ© au moins rĂ©veiller les consciences, poser un dĂ©bat ou mĂȘme apporter du rĂ©confort
 (ou alors on est dans un autre registre !!!)

    Nabil Ayouch nous a habituĂ© Ă  bien mieux que ça, mĂȘme s’il a souvent « osé » dans ses oeuvres (What ever Lola Wants, Ali Zaoua, My land, les chevaux de Dieu
) mais son dernier film ne reflĂȘte aucun talent, aucune pertinence. lorsqu’il apparaĂźt Ă  la fin du film « dĂ©diant son oeuvre Ă  toutes ses compatriotes » (selon les commentaires de ceux qui ont vu le film), il atteint le sommet de la provocation !!

    Je suis marocaine, je suis maman et je suis travailleuse, fier de ma culture, de mon pays et de son ouverture. Ce qu’a voulu reflĂȘter Nabil Ayouch dans ce film ne me reprĂ©sente pas, pas moins qu’il ne reprĂ©sente la trĂšs Ă©crasante majoritĂ© des femmes marocaines

    Je crois que la libertĂ© d’expression et d’entreprise doit ĂȘtre prĂ©server pour tous, mais dans le respect des libertĂ©s des autres.

    C’est triste de vouloir mettre la lumiĂšre sur soi en allumant un feu qui brĂ»le les autres !!!

  5. J’ai pu suivre certains des extraits de ce film « Much Loved » qui ont circulĂ© sur la toile et j’ai honnĂȘtement, Ă©tais choquĂ© par la teneur du langage utilisĂ© par certaines actrices. Je crois que la comparaison du film avec « Irma La douce » Pretty Woman » dont les thĂšmes sont revenu sur une prostitution de luxe, n’ai pas Ă  sa place. D’autres films marocains ont essayĂ© de traiter de ce sujet qui reste tabou dans notre culture et on fait un passage vite oubliĂ© par la sociĂ©tĂ© Arabo Musulmane. La rĂ©alitĂ© de la nuit dans les grandes villes telles que Casablanca, Marrakech et Agadir est ignorĂ©e par la plupart des marocains et ceux parmi les touristes qui viennent chez nous pour rechercher ce genre de plaisir restent une minoritĂ© qui risque de disparaitre avec le temps et les efforts que font les autoritĂ©s pour Ă©radiquer, comme tu l’as soulignĂ© cher ami, ce flĂ©au qui a beaucoup nuit Ă  notre mĂ©tier, par le passĂ© et Ă  cause des mĂ©dias. Chose qui n’a pas affectĂ©es nos valeurs! Heureusement, d’ailleurs que le tourisme ne dĂ©pend pas, uniquement, de cette rĂ©alitĂ© qu’il ne faut pas ignorer mais plutĂŽt combattre. Enfin, la pauvretĂ© et le gain facile ont toujours encouragĂ© ce genre de prostitution et le rĂ©alisateur Nabil Ayouch n’est pas a sa premiĂšre sortie dans le genre osĂ©.

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