Lors de la présentation du rapport d’exécution du budget 2015 durant le premier semestre de l’année en cours et selon les écrits du journal L’Economiste, le Ministre des finances aurait souligné que le BTP et le Tourisme « plombent le budget 2015  et seraient des boulets qui freinent l’élan du développement » .
Personnellement, j’ai du mal Ă croire,  qu’une telle dĂ©claration puisse ĂŞtre faite et de surcroit par un ancien Ministre du Tourisme, qui connaĂ®t très bien le secteur et les maux dont il souffre depuis des mois, pour ne pas dire quelques annĂ©es. Pour rappel, la crise que nous traversons date de 2008 et trouve son origine dans la crise Ă©conomique et financière qui a secouĂ© la planète et qui continue Ă sĂ©vir notamment en Europe et plus particulièrement dans les pays d’oĂą nous sommes sensĂ©s attirer nos touristes.
Cette crise a été accentuée par la situation géopolitique du moyen orient, le printemps Arabe, la guerre en Lybie, au Mali, AQMI, BOKO HARAM, DAECH, Charlie Hebdo, attentat du Bardo, celui de Sousse … et il ne se passe pas un jour où il n’y a pas un évènement qui parle de démantèlement de cellules terroristes, d’attentats avortés, d’attaques à l’arme blanche sur les plages, de lynchages, de harcèlement pour tenue non conforme..
Le tourisme est en train de payer le prix fort, il est la victime collatérale de cette situation et j’ai l’impression qu’on veut nous faire porter le chapeau des mauvaises performances de l’économie marocaine, certains vont jusqu’à dire que si le secteur bancaire est en difficulté, c’est à cause du Tourisme. Nous sommes devenus la cause de tous les maux ? Les pestiférés de l’économie marocaine ?
Contrairement au BTP qui est dans une crise structurelle, le Tourisme traverse une crise conjoncturelle extrêmement grave et liée aux évènements précédemment listés. Nous faisons partie de la zone MENA et à ce titre pour le subconscient du touriste lambda, nous représentons un risque et face à cette situation, nous n’avons malheureusement pas suffisamment d’arguments pour démentir tous les préjugés dont nous sommes affublés et le pire c’est que nous ne sommes même pas aidés en cela quand on voit les réactions et les fausses rumeurs qui jonchent la toile.
Et jusqu’à présent, nous essayons de nous en sortir par nous mêmes, comme nous l’avons toujours fait de part le passé. Contrairement à certains secteurs qui au moindre choc, montent au créneau, licencient en masse, déposent les bilans ; les professionnels du tourisme ont toujours tenus le coup et su rebondir.
En ce moment, beaucoup de confrères souffrent mais continuent d’espérer en une reprise qui ne saurait tarder. Alors on compose avec le personnel, on serre les budgets, on fait des promotions et on se prépare dans la dignité.
Aussi, je ne comprends toujours pas pourquoi, c’est justement au moment où nous avons un genoux à terre, que l’on choisi de nous descendre en flèche. On serait soudain devenus incompétents, négligents, mal formés, mal dirigés et que ce n’est pas une question de produits ou d’infrastructures mais une question d’hommes. De qui parle t on ? Est ce par hasard que Tripadisor a consacré Marrakech comme meilleure destination mondiale ? Est ce par hasard que les grandes enseignes internationales sont venues s’installer au Maroc ? Où trouvent ils leurs RH ? En Espagne, au Portugal, en Grèce ou en Italie ?
Nos ressources humaines seraient sales, irrespectueuses, impolies ? Depuis quand ? C’est vraiment peu d’Ă©gard pour des personnes qui se mettent en quatre pour satisfaire nos touristes par 45° Ă l’ombre et en plein Ramadan.
Une grande partie de nos RH est débauchée vers l’étranger, justement pour une question de compétences mais hélas aussi de prix. Je suis donc étonné d’apprendre que nous sommes plus chers que nos voisins cités ? J’en veux pour preuve justement, les enseignes internationales installées au Maroc, qui peinent à pratiquer les mêmes tarifs que dans leurs unités en Espagne, Italie, Grèce ou Portugal. Et pourtant, dans ces pays où le tourisme est une priorité, les professionnels jouissent d’une tout autre fiscalité que nous autres.
Je pense que l’intervention du Ministre des Finances devant les parlementaires a été détournée de son sens: si le tourisme était un boulet, il n’apparaitrait pas aujourd’hui et seulement aujourd’hui comme tel. Pendant toute une décennie, il a été une locomotive en matière de devises, de création d’emploi, d’investissements et surtout de modèle de développement. C’est justement parce qu’il souffre qu’apparaît aujourd’hui son impact sur l’économie nationale.
Si le tourisme se porte mal, c’est toute l’économie nationale qui en pâtit et il serait urgent qu’il fasse la préoccupation de nos institutions, de nos dirigeants et de notre presse. Ce n’est pas en tapant dessus qu’on va l’aider à se relever.
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Très bon article ravie de le lire.
Bonjour,
Fouzi, cet article les 3 commentaires de Jean-Pierre, Bernard et Paula sont très intéressants.
Le Maroc est un pays touristiquement extraordinaire, il bĂ©nĂ©ficie de très nombreux atouts. MalgrĂ© une nette baisse de l’activitĂ© touristique depuis le printemps 2015 le tourisme demeure l’un des piliers de l’Ă©conomie Marocaine. L’amalgame avec les autres pays arabes et la crise Ă©conomique internationale sont des raisons fortes de cette baisse. Mais d’autres Ă©lĂ©ments doivent pris en considĂ©ration. Internet, par sa puissance de feu qui a vĂ©ritablement explosĂ©e au cours de ces 3 ou 4 dernières annĂ©es est devenu le vecteur numĂ©ro pour faire et dĂ©faire les renommĂ©es. De ce fait chaque « petit » Ă©vĂ©nement peut prendre une ampleur jusqu’alors inimaginable. Chaque Marocain est ainsi devenu le porteur de l’image toute entière du Maroc. Un jeune qui Ă vĂ©lo bouscule lĂ©gèrement un touriste en passant dans une rue peut Ă lui seul faire fuir quelques dizaines de futurs touristes. Aussi, plus que jamais, les autoritĂ©s locales et nationales, doivent intervenir pour rĂ©duire les effets nĂ©fastes des faux guides, de taxis peu scrupuleux, des bazaristes arnaqueurs, des hĂ©bergeurs illĂ©gaux offrant souvent un service de piètre qualitĂ© au prix fort, etc… Quand les autoritĂ©s n’interviennent pas elles se rendent complice.
Non seulement nous devons, tous ensembles, redonner ses lettres de noblesse au tourisme au Maroc mais il faut mettre en oeuvre une stratĂ©gie adaptĂ©e Ă la diversitĂ© des clientèles du tourisme Marocain. Aujourd’hui la stratĂ©gie mise en oeuvre est trop ciblĂ©e sur le luxe et les grandes chaĂ®nes hĂ´telières. On en paie le prix actuellement. La clientèle qui prĂ©pare seule son voyage sur internet et qui a tant fait les beaux jours du dĂ©veloppement touristique au Maroc ne reçoit aucun message qui puisse la rassurer. Comme l’indiquait un autre commentateur, quelques reportages bien ciblĂ©s et quelques films courts adaptĂ©s au web (Youtube, etc..)pourraient parfaitement faire revenir cette clientèle qui manque tant. Cette clientèle est aussi celle qui va au contact du peuple, qui aime Ă©changer avec tous les Marocains qu’ils oeuvrent dans le domaine du tourisme ou non. C’est cette clientèle qui a fait la renommĂ©e de l’art de vivre Ă la Marocaine. C’est cette clientèle qui fait ou dĂ©fait une image.
Aujourd’hui la puissance du Web donne plus que jamais au travail sur l’image touristique du pays un rĂ´le primordial.
Merci pour cet article Fouzi.
Il est important d’avancer collectivement dans cette période de marasme.
Professionnels, nous souffrons en effet du manque de visiteurs mais malgré cela nous continuons avec peine à honorer nos engagements, crédits, salaires, impôts. Pour beaucoup, nous avons besoin d’un réel bol d’air.
Le rĂ´le du tourisme est important pour notre pays car c’est un excellent accĂ©lĂ©rateur de changement et de modernisation.
Nous demandons Ă l’Etat quelques aides dans cette pĂ©riode de souffrance. C’est peut-ĂŞtre l’occasion d’étudier une certaine unification de cette TVA Ă un taux plus rĂ©duit comme Ă l’instar d’autres pays concurrents. Peut ĂŞtre encore un rĂ©el soutien Ă l’international pour communiquer sur le web car une communication ciblĂ©e est nĂ©cessaire pour rassurer face au mal dĂ©jĂ fait. Rassurer et dire que le Maroc se porte bien malgrĂ© la conjoncture actuelle.
Les étrangers qui ont choisi le Maroc pour y travailler témoignent de la bonne santé de notre pays d’adoption, où les étrangers comme les nationaux sont toujours les bienvenus pour investir, ainsi que les voyageurs pour se délecter des potentialités offertes.
MalgrĂ© tout, nous devons reconnaitre que les problèmes restent les mĂŞmes et que peu de solutions sont apportĂ©es, notamment par les municipalitĂ©s qui ont en charge la gestion des territoires. Rien n’est vraiment fait pour Ă©radiquer ces ordures qui polluent les plus beaux sites. Ici Ă Ouarzazate, on refait les trottoirs sur des kilomètres et on coupe des arbres centenaires ? Les bas cotĂ© des routes dans l’arrière pays sont dans un Ă©tat catastrophique et dangereux. La conduite des abords de villes inquiĂ©tantes sont pour nos visiteurs et il y a trop peu si ce n’est pas de respect pour les zones cyclistes ou moto cyclistes.
Le Maroc a besoin des touristes pour avancer, pas seulement pour faire marcher nos entreprises mais aussi pour nous donner l’exigence d’avancer vers son amĂ©loration (A lire article http://www.dardaif.ma/infos/avis/235-le-maroc-vous-attend).
JP
Bonjour
la formule est maladroite. Je l’interprète plus en gestionnaire, en faisant rĂ©fĂ©rence Ă une activitĂ© qui jusqu’Ă prĂ©sent rapportait beaucoup et rapporte dĂ©sormais beaucoup moins, « plombant » les comptes du fait de sa mauvaise performance et de son poids.
Par contre, je suis assez critique vis-Ă -vis de la filière touristique au Maroc – y compris le ministère, et lui en premier – qui n’a pas su se remettre en cause Ă temps, corriger ses faiblesses structurelles.
Par rapport Ă la concurrence, le tourisme au Maroc est cher. Il devient lassant d’essayer de justifier pourquoi, lorsque, finalement, il n’y a pas de vĂ©ritable justification. La crise a effectivement dĂ©marrĂ© avec la crise Ă©conomique mondiale, mais elle a Ă©tĂ© accentuĂ©e par le manque de qualitĂ© de service.
En particulier sur Marrakech, oĂą il est assez pĂ©nible de passer une semaine de vacances, devant le harcèlement des guides, vrais et faux, des bazaristes, etc… les touristes s’en plaignent rĂ©gulièrement sur les forums de voyage. Ne parlons pas des taxis, qui ont Ă©tĂ© classĂ©s parmi les pires du monde, au mĂŞme niveau que ceux du Mexique (et on parlait uniquement des taxis de Marrakech).
Les prix sont un ensemble. De nombreuses destinations europĂ©ennes, du fait, justement de la crise, ont chutĂ© en niveau de vie. En particulier le Portugal et l’Espagne, qui nous envoient aujourd’hui des travailleurs Ă©migrĂ©s 🙂
Les prix sont un ensemble. Pour beaucoup de touristes, les prix de l’alcool plombent fortement l’addition. Le Maroc est un pays musulman, libĂ©ral, et je ne remets pas en cause sa lĂ©gislation, mais une addition « tout compris » doit inclure cela aussi et pas seulement la chambre d’hĂ´tel.
La qualitĂ© des transports n’est pas au rendez-vous. Si vous comparez les transports publics, train et bus, Ă ce qui est offert en Croatie, par exemple…
Le Maroc est un très beau pays. Les marocains sont, individuellement, des gens très accueillants. Mais la filière touristique a Ă©normĂ©ment de progrès Ă faire, Ă sortir d’un rĂŞve d’abondance et d’un positionnement « faux luxe » pour lequel elle n’est pas au niveau. Elle doit aussi accepter que des problèmes pour lesquels elle n’est pas directement responsable, comme la pollution, la mettent aussi en difficultĂ©. HonnĂŞtement, alors qu’on parle de Maroc Vert, est-ce acceptable de se trouver au milieu de champs de sacs plastiques ? Les coulisses de Merzouga sont-elles dignes du Maroc ?
Enfin, il est facile de dire qu’il faut faire la diffĂ©rence et ne pas pratiquer l’amalgame entre tous les pays arabes. Je suis le premier Ă le dire, sinon je ne serais pas restĂ© au Maroc. Par contre, il faut AUSSI accepter que des incidents comme Fès, Safi, ou les nombreux tcharmil inquiètent, Ă juste titre les touristes. LĂ encore, le gouvernement a une rĂ©ponse qui relève de la politique de l’autruche.
Bref, le Maroc commence Ă se rĂ©veiller après avoir vĂ©cu sur un acquit. Il est temps de s’attaquer rĂ©ellement Ă l’ensemble des vrais problèmes, et ce message vaut, encore une fois, pour le gouvernement autant que pour les acteurs individuels.
Comme dit le proverbe, « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage » et c’est bien ce qu’on pourrait croire et c’est bien sur quoi tu as mis le doigt,Fouzi !!!
C’est maintenant que nous « plombons les budgets » et que nous « freinons le dĂ©veloppement  » alors que l’industrie touristique est celle qui créée le plus d’emplois, qui rapporte Ă©normĂ©ment de devises, malgrĂ© une lourde fiscalitĂ© qui n’a jamais voulu s’inspirer de celle de nos pays concurrents ! et on nous reproche d’ĂŞtre trop chers …..
Et pour contre carrer cet amalgame destructif dont nous sommes les victimes en tant que « pays arabes » auprès de clients potentiels mĂ©sinformĂ©s et gĂ©rĂ©s par la peur, il serait souhaitable d’inviter rapidement 1 ou 2 chaines de tĂ©lĂ©visions Ă grande audience Ă venir faire un film-constat sur ces « Français qui viennent malgrĂ© tout passer leurs vacances au Maroc » , car pour eux ce n’est pas la première fois, parce qu’ils connaissent et apprĂ©cient le pays, parce qu’ils connaissent et apprĂ©cient ses habitants !! ce seraient eux nos meilleurs ambassadeurs, car maintenant ni les TO ni les agences ne sont Ă©coutĂ©s, c’est l’information directe, par la tĂ©lĂ©, les journaux, internet et c’est sur ces opinions forgĂ©es individuellement qui faut agir, et vite !!!