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Tous ego pour 2020

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Au dĂ©but de l’étĂ©, une chronique sur l’hebdomadaire La Vie Eco avait attirĂ© mon attention par son analyse pertinente sur la situation qui prĂ©vaut dans notre secteur Ă  l’heure oĂč nous bouclons une vision (2010) pour se projeter vers un avenir proche : la Vision 2020.

Je m’étais promis de revenir sur cette page qui fait le bilan de la vision 2010 et ce qui a permis sa rĂ©ussite. Outre l’aspect Ă©conomique, c’est ce rĂȘve partagĂ© par tous les professionnels  avec tous les marocains, mais surtout cette prise de conscience des deux secteurs Public et PrivĂ© qui durant plusieurs annĂ©es ont marchĂ© Ă  l’unisson, multipliant les concertations, les Ă©changes, les dĂ©bats sur tous les chantiers prĂ©vus par l’accord cadre. Chaque secteur devant faire sa part du travail, avec 2 Ă  3  rencontres annuelles permettant de voir les avancements et les retards et tenter de les corriger : Les Assises du Tourisme et les CST.

Le monde entier observait d’un Ɠil attentionnĂ© ce formidable saut qualitatif donnĂ© au tourisme marocain et qui le positionnait comme premiĂšre destination pour les europĂ©ens dans une conjoncture internationale plombĂ©e par le conflit israĂ©lo palestinien et le terrorisme qui s’y rattache.

Dans sa chronique Larabi JaĂŻdi fait ressortir que l’alchimie qui a prĂ©valu, est l’Ɠuvre de la volontĂ© d’acteurs faisant passer l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral avant toute chose, convaincus de l’issue d’une telle aventure. Ce qu’il constate mais n’explique pas, c’est le revirement qui s’est opĂ©rĂ© depuis, mettant les acteurs dos Ă  dos ?

Mettre tout sur la crise Ă©conomico financiĂšre internationale serait chose facile et n’expliquerait pas Ă  elle seule cette « distanciation entre l’administration et les opĂ©rateurs de terrain » et ce «  privĂ© perdant son sens du collectif » ! Qui s’est senti lĂąchĂ© par l’autre ? Pourquoi la jouer individuelle maintenant, se rejetant la responsabilité ?

Comme le dit Larabi JaĂŻdi, nous sommes Ă  la veille de 2020 et quelque soit le consultant (Monitor ou autre), « il ne peut se substituer aux dĂ©cideurs Publics et PrivĂ©s », c’est d’autant plus vrai , qu’il tire ses conclusions de leur consultations. Nous sommes au milieu du guĂ© et il s’agit pour nous d’avancer mettant de cĂŽtĂ© nos egos respectifs. L’occasion nous est donnĂ©e maintenant , pour remettre Ă  plat d’ici le 30 novembre , avec toutes nos instances sectorielles ( CGEM,FNT , ANIT ,FRT ,  CRT’s
) afin de redĂ©finir dans la sĂ©rĂ©nitĂ© le rĂŽle et la responsabilitĂ© de chacun pour un casting gagnant .

Pour Ă©tayer cette dĂ©marche, l’article de Khalid Tritki , dans le supplĂ©ment ECO+ du 15 octobre oĂč il est question du pilotage de 2020, dĂ©voile quelques pistes dans ce qu’il appelle : Le plan de Yassir ZNAGUI . Sans en donner l’essentiel, il parle d’Agences RĂ©gionales du Tourisme (ART) qui remplaceraient nos actuels CRT qui auraient faillit Ă  leur mission pour diffĂ©rentes raisons que nous connaissons, sauf quelques rares exceptions liĂ©es Ă  une parfaite « symbiose » du public et du privĂ©.

Pour corriger, il n’y a aucune FĂ©dĂ©ration RĂ©gionale du Tourisme Ă  ce jour, bien qu’elles fussent prĂ©vues par l’Accord Cadre, pour la simple raison que le PrĂ©sident de la FRT serait de Facto PrĂ©sident du CRT, cette clause de l’accord Cadre a Ă©tĂ© ignorĂ©e et c’est ce qui Ă  mon avis a posĂ© problĂšme dans le pilotage dĂ©mocratique et efficient des CRTs dont «  La force d’action est plus tributaire de relations personnelles que de la force de la loi ». C’est ce chainon manquant qui a fait dĂ©faut Ă  mon avis, aussi bien sur le plan rĂ©gional, que sur le plan National car la FNT devrait ĂȘtre l’émanation des FRTs.Nous pourrions Ă©galement parler du CNT ( Conseil National du Tourisme ) qui n’a jamais Ă©tĂ© mis en place .

Tout ceci pour dire que le dispositif institutionnel , aujourd’hui tant dĂ©criĂ© , n’a pas Ă©tĂ© installĂ© comme prĂ©vu : il est don bien malaisĂ© de le juger puisqu’incomplet .Et cela , Ă©tonnement , personne n’en parle !

Pour ma part, la mise en place des ART, serait une bonne chose car cela officialisera une situation officieuse aujourd’hui et donnera plus de crĂ©dibilitĂ© et de responsabilitĂ© Ă  cette entitĂ© pour accompagner la vision 2020, car je prĂ©sume qu’il ne s’agit pas uniquement d’un changement d’appellation, mais une vĂ©ritable mue stratĂ©gique dans le pilotage rĂ©gional du Tourisme. Il faudra les doter des prĂ©rogatives nĂ©cessaires et suffisantes , qu’elles soient rĂ©glementaires ou budgĂ©taires afin d’en assurer l’autonomie et de prĂ©server leur indĂ©pendance .

Sans vouloir polĂ©miquer, c’est l’absence de dĂ©bat entre professionnels qui pose problĂšme, les instances reprĂ©sentatives Ă©vitant de le provoquer, laissant la presse prĂȘcher librement et c’est son rĂŽle.

Tirer toutes les leçons des déficiences de la décennie finissante est une condition majeure de la réussite de la vision 2020 !

Cela nécessitera du courage et des arbitrages .

6 Commentaires

  1. Bonsoir messieurs,

    Personnellement, je crains que la vision de la dĂ©cennie qui s’annonce ne souffre du mĂȘme dĂ©sĂ©quilibre que connait celle qui s’achĂšve.
    Lorsque l’on parle de « marche Ă  l’unisson » entre le privĂ© et le public, on devrait prĂ©ciser que l’expression « secteur privé » ne concerne que le patronat. Ceci pour rappeler l’absence du partenaire social qui reprĂ©sente les employĂ©s du secteur touristique. Justement, ces ressources humaines qui sans elles, ladite vision ne saurait exister. Ce sont ces compĂ©tences qui articulent ce projet de dĂ©veloppement.
    Il faut reconnaitre que le chantier des ressources humaines, n’a trouvĂ© Ă©cho que rĂ©cemment. Autrement dit, tardivement, faute « d’avocat naturel », le syndicat en tant que force de proposition garantissant l’engagement et l’implication des employĂ©s dans le projet de la vision touristique du pays, comme les deux autres partenaires.

    La vision prĂ©voie l’engagement des professionnels vis-Ă -vis de la formation professionnelle
mais demeure timide quant Ă  l’engagement pour de meilleures conditions de travail
C’est un peu normal vu que la dite vision traite avec plus considĂ©ration les intĂ©rĂȘts des investisseurs.

    Messieurs vous n’ignorez, certainement, pas que l’enjeu principal pour la dĂ©cennie prochaine, par rapport au secteur du tourisme, est justement les ressources humaines compĂ©tentes.

    L’occident est prĂ©occupĂ© par la baisse dĂ©mographique de la jeune population. En contrepartie, les prĂ©visions annoncent la croissance de l’activitĂ© touristique pour les annĂ©es Ă  venir.
    Une Ă©tude quĂ©bĂ©coise parle de grave pĂ©nurie de main-d’ouvre et, particuliĂšrement, dans le domaine de la restauration, d’ici 2025. C’est le cas pour tout le Canada qui, certainement, tablera sur l’incitation des jeunes des pays du sud Ă  immigrer dans les diverses et vastes provinces de ce grand pays. D’autres pays adopteront, sans doute, une politique d’immigration incitative pour palier Ă  ce problĂšme de vieillissement de la population et rĂ©pondre aux besoin en compĂ©tences


    La question qui me prĂ©occupe: Avons-nous les moyens d’empĂȘcher l’exode vers ces pays riches du nord ou ceux du Golf Arabique qui demeurent trĂšs attractifs pour les jeunes diplĂŽmĂ©s du sud et particuliĂšrement, les laurĂ©ats marocains qui sont, dĂ©jĂ , trĂšs prisĂ©s sur le marchĂ© d’emploi touristique international?

    Voir le lien suivant:
    http://veilletourisme.ca/2009/09/01/si-la-tendance-se-maintient%E2%80%A6-grave-penurie-de-main-d%E2%80%99oeuvre-dans-les-prochaines-decennies/

  2. Merci pour cet article intĂ©ressant et pour l’analyse pertinente d’un voyagiste que tu es Fouzi. Effectivement, Si Yadiny ne devait pas gĂ©nĂ©raliser quand il qualifie les « Patrons » d’ignorants des lois et lĂ©gislation du travail. Nul d’ailleurs n’est sensĂ© en ignorer l’existence. Quant Ă  son application, il faudrait aussi rappeler que de nos jours, le profil du collaborateur a beaucoup Ă©voluĂ© et les employĂ©s connaissent mieux les lois que certains employeurs. Puisque mĂȘme les DRH sont souvent des employĂ©s eux mĂȘmes. Sans oublier comme il a Ă©tĂ© dit que les employĂ©s qu’une TPE qui restent toujours les « assets » de toute structure, ont besoin d’ĂȘtre constamment coachĂ©s par leur employeurs. Pour la vision 2010, il ne faut pas perdre de vue que mĂȘme si en partie, elle a rĂ©ussi son challenge et que la conjoncture ne devrait pas servir d’excuse, c’était d’abord une volontĂ© politique Ă  laquelle, toute la nation avait adhĂ©rĂ©. Il suffit de revoir les campagnes institutionnelles faites Ă  ce sujet. Sans pour autant oublier que la partie fit gagnĂ© (ou presque) par une alliance entre le secteur privĂ© et le secteur public. Est-ce que la mise en place des FRT va pouvoir changer les choses. A mon avis, mĂȘme si la FNT devrait ĂȘtre l’émanation des rĂ©gions, nous aurons toujours le dĂ©sĂ©quilibre entre les rĂ©gions. Cette mĂȘme situation est actuellement vĂ©cue par la FNAVM et mĂȘme la FNIH. Par contre, pour 2020, il aurait Ă©tĂ© plus sage de planifier sur des durĂ©es plus courtes pour pouvoir facilement rectifier le tir le cas Ă©chĂ©ant. Qui en 2000 pouvait savoir que le terrorisme allait se dĂ©velopper pour toucher aussi des pays rĂ©cepteurs et non Ă©metteurs? Qui pouvait envisager la crise Ă©conomique et financiĂšre que nous vivons, en retard, par rapport aux pays Ă©metteurs? Sans parler du foncier qui en flambant Ă  Ă©tĂ© une des causes des retards sur nos rĂ©alisations pour la V.2010. Dans tous les cas de figures, l’implication de nous tous est indispensable et ce que nous semons aujourd’hui pourraient ĂȘtre rĂ©coltĂ©s par nos enfants demain.

  3. bjr Ă  tous
    l’incroyable lĂ©gĂšretĂ© des responsables des associations professionnelles est sans aucun doute liĂ©e Ă  cet ego destructeur -avec lequel titre comme un vĂ©ritable titrier du journal Le monde notre ami Fouzi- et qui gĂ©nĂšre de l’opacitĂ© , plus encore une vĂ©ritable prise en otage des acteurs du secteur. Si les Agents de voyages, les hĂŽteliers, les guides, les autocaristes etc
. Ă©taient correctement reprĂ©sentĂ©s au sein des associations , on entend par lĂ  par une quelconque voie dĂ©mocratique et reprĂ©sentative , nous serions en phase avec les pouvoirs publics et la tutelle.La vĂ©ritĂ© est que les professionnels du tourisme sont absents du dĂ©bat, parce que non rĂ©actifs, sans engagement militant et avec une culture syndicale zĂ©ro. La DĂ©fense des intĂ©rĂȘts des patrons de PME du tourisme et leurs employĂ©s exige une rĂ©elle connaissance du droit et des obligations en matiĂšre du travail! Or tous les patrons d’agences ou d’hĂŽtels indĂ©pendants n’ont aucun, sens de respect pour une quelconque lĂ©gislation et cherchent Ă  tout prix le gain
plutĂŽt facile comme les produits Haj et omra. CrĂ©er , innover , participer Ă  mieux vendre la destination marocaine tant au Maroc qu’à l’étranger, seuls quelque uns sont capables de le faire.La grande majoritĂ© a besoin d’une mise Ă  niveau en formation tant du point de vue managĂ©rial que technique. C’est tout cela qui fait que les plus malins instrumentalisent les associations pour se tailler des positions confortables dans les nĂ©gociations et Ă©laborations des stratĂ©gies touristiques
 et par la mĂȘme occasion les opportunitĂ©s d’affaires .Oui, il faut que les professionnels se construisent une nouvelle image de marque, plus crĂ©dible et de confiance.Il faut d’abord, que les professionnels toutes branches professionnelles confondues , Ă©lisent des reprĂ©sentants qui travaillent pour l’intĂ©rĂȘt suprĂȘme du secteur et par lĂ  de notre pays .La vision 2020, nouveau cadre conceptuel a besoin de femmes et d’hommes responsables pour traduire dans la rĂ©alitĂ© nos ambitions Ă  tous.

    • Cher Majid,
      En ce qui concerne les patrons, je pense que tu ne peux pas gĂ©nĂ©raliser,tous ceux qui sont structurĂ©s dans leurs entreprises respectent le code du travail dans sa globalitĂ© , ainsi que leurs ressources humaines qui sont en fait leur capital , surtout lorsqu’il s’agit de services. Pour les autres, la lĂ©gislation est faite pour ĂȘtre respectĂ©e et les salariĂ©s connaissent leur droit et sont en mesure de les faire valoir Ă  tous moment en adhĂ©rant Ă  leur syndicat ou en s’adressant Ă  l’inspection du travail.
      Il est vrai que la vision 2020 doit prendre en compte la valeur des RH qui elles, sont garantes de la qualitĂ© des services proposĂ©s . Il faudrait Ă  mon avis intĂ©resser les salariĂ©s dans la rĂ©ussite de l’entreprise par le versement d’un pourcentage sur les bĂ©nĂ©fices qui devrait ĂȘtre dĂ©fiscalisĂ© . Un personnel stimulĂ© est un personnel heureux et cela se rĂ©percute sur l’entreprise .

  4. J’ai l’impression que depuis des dĂ©cennies notre Tourisme ne cesse de chercher la bonne politique pour son dĂ©veloppement. Entre Ă©tudes et benchmarks, beaucoup d’applications ont Ă©tĂ© adaptĂ©es, en totalitĂ© ou en partie, avec l’objectif d’en tirer le maximum, mais Ă  moindres frais. Ce qui n’est pas toujours conciliable. Cela a créé un cafouillage prĂ©judiciable au Tourisme. J’espĂšre que cette fois sera la bonne. En tout cas je fĂ©licite l’auteur pour la pertinence du sujet et pour les pistes qu’il ne cesse de dĂ©fricher pour apporter sa contribution citoyenne Ă  l’édifice.

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