La Direction de la RĂšglementation, du DĂ©veloppement et de la QualitĂ© au sein du MinistĂšre du Tourisme a lancĂ© rĂ©cemment deux appels dâoffres relatifs Ă deux Ă©tudes dâune extrĂȘme importance : La mise Ă niveau des PME touristiques et lâapplication des principes du DĂ©veloppement Durable.
La premiĂšre vise la  « diffĂ©renciation et la pĂ©rennisation du produit touristique marocain par la qualitĂ©  » enjeu qui concerne toute la chaĂźne de valeur touristique Ă la veille de la mise en place de la vision 2020.En effet, au vu des investissements en place et en cours, il devient urgent de professionnaliser lâensemble des activitĂ©s touristiques et plus particuliĂšrement les petites et moyennes entreprises : le Transport Touristique, les agences de voyages et les petites unitĂ©s dâhĂ©bergement.
Le terme professionnaliser est vraiment dâactualitĂ©, car Ă ce jour, nous sommes plus dans lâamateurisme en matiĂšre de services ignorant les rĂšgles Ă©lĂ©mentaires qui font la valeur ajoutĂ©e de notre profession. Le mot clĂ© est la qualitĂ© du service qui doit ĂȘtre irrĂ©prochable et Ă lâattente du client.
Il faut lâavouer, câest ce qui nous a toujours manquĂ© car souvent liĂ© aux ressources humaines que nous employons et qui souvent ne sont pas formĂ©es ou mal formĂ©es pour le type de prestations que nous sommes amenĂ© Ă proposer .
LâACCUEIL : câest le premier contact avec le touriste qui dĂ©barque aux frontiĂšres. AprĂšs avoir passĂ© les formalitĂ©s qui ont fait un saut qualitatif certain, il sort Ă la recherche du correspondant local. Mis Ă part les agences structurĂ©es qui ont un personnel dĂ©diĂ© Ă lâaccueil avec uniforme et panonceau, il trouve « un transfĂ©riste » ne maitrisant pas la langue, employant souvent le tutoiement, dâaspect vestimentaire approximatif, et sans vouloir faire de dĂ©lit de facies, mal rasĂ©, non parfumĂ© et fatiguĂ© par une attente due aux retards frĂ©quents.
Le touriste est mĂ©fiant dâemblĂ©e et cela est mauvais pour le dĂ©roulement de son sĂ©jour, car il commence Ă avoir des a priori  qui vont lâinfluencer et le pousser Ă porter un jugement trĂšs nĂ©gatif par la suite.
LE TRANSPORT : Ce poste est souvent sous traitĂ© Ă une sociĂ©tĂ© de Transport Touristique qui vous livre un vĂ©hicule en Ă©tat , mais que vous ĂȘtes toujours obligĂ© de contrĂŽler avant le service : Ă©tat des pneumatiques, des amortisseurs, de la climatisation , des siĂšges , de la sĂ©curitĂ© et enfin du chauffeur. Croyez moi, vous avez souvent des surprises, surtout que la livraison se fait Ă lâaĂ©roport et que vous ĂȘtes mis devant le fait accompli. Je ne parle pas des vices cachĂ©s, qui sont dĂ©celĂ©s par les clients et qui se font un plaisir de vous renvoyer avec photos Ă lâappui et fiches de rĂ©clamation dĂ»ment signĂ©es par le groupe.
Avec le nouveau code de la route, jâespĂšre que beaucoup de lacunes seront rectifiĂ©s dâautant plus quâil y aura la mise en place du permis professionnel. Un chauffeur de tourisme doit rĂ©pondre Ă certains critĂšres, qui sont dĂ©jĂ mis en place par des sociĂ©tĂ©s de transport structurĂ©es de part leurs engagements contractuels avec des TO qui exigent les standards internationaux.
LâHEBERGEMENT : Nous avons vu arriver sur le marchĂ© une grande capacitĂ© en matiĂšre de petites unitĂ©s dâhĂ©bergement tels que les Riads, Maisons dâhĂŽtes, hĂŽtel de charme, Boutique hĂŽtelâŠ. Des appellations souvent non contrĂŽlĂ©es qui posent de vĂ©ritables problĂšmes en matiĂšre de prestations. Lesquelles prestations se doivent dâĂȘtre irrĂ©prochables oĂč rien ne doit ĂȘtre nĂ©gligé : rĂ©ception, restauration, linge, hygiĂšne et sĂ©curitĂ©âŠ.
On y trouve gĂ©nĂ©ralement un personnel trĂšs gentil, honnĂȘte, disponible et faisant de son mieux. Mais ceci est insuffisant, car ce quâon attend de lui, câest quâil soit compĂ©tent et efficace : professionnel en un mot.
Cela commence Ă la rĂ©servation, la confirmation, le suivi du dossier jusquâĂ la facturation et surtout le SAV. Souvent vous avez la mĂȘme personne qui cumule toutes ses fonctions et qui ne sâen sort pas.
LE PRODUIT : Combien dâentre nous ont pris leur voiture durant les 5 derniĂšres annĂ©es pour aller dĂ©couvrir de nouveaux itinĂ©raires de circuits, contrĂŽler lâexistant et lâamĂ©liorer quand il le faut ?
Notre produit circuit a vieilli, il nâest plus adaptĂ©, les hĂŽtels nâoffrent pas la mĂȘme qualitĂ© que lâon soit Ă Marrakech, Ouarzazate, Zagora ou Rissani .Certaines Ă©tapes sont intenables pour une clientĂšle de Seniors, les restaurants nâoffrent pas tous le confort requis et les menus se rĂ©pĂštent sans aucune diversification .Dans la course au bas coĂ»ts, on a sacrifiĂ© la qualitĂ© pour donner une image dĂ©formĂ©e de notre produit.
Je ne parlerai pas volontairement des guides dans cette rubrique car il sâagit dâun problĂšme social qui devrait ĂȘtre rĂ©solu dans la future loi bouclĂ©e depuis des mois mais mise en attente dans les dĂ©dales du SGG.
Lorsque vous interrogez les agents de voyage sur leur amateurisme, ils rĂ©pondent souvent que câest une question de ressources humaines et de moyens financiers limitĂ©s. En fait lâun conditionne lâautre, ce qui fait que souvent vous avez un personnel que vous formez mais qui vous quitte pour aller Ă la concurrence ou monter sa propre affaire. Dans ce deuxiĂšme cas, il se retrouve aussi devant les mĂȘmes obstacles au bout de trĂšs peu de temps et vivote avant de fermer quand il en a le courage.
La multiplication des agences de voyages est la rĂ©sultante de cette problĂ©matique et sâil y a un effort Ă faire, cela sera dans lâaccompagnement des structures qui nâont jamais cessĂ© dâexister, surmontant les crises et les mutations en continuant vaille que vaille Ă recruter de nouveaux profils et Ă innover afin dâĂȘtre plus rentables pour crĂ©er de la richesse, de lâemploi et participer Ă lâessor  de la destination.
Jâapplaudis cette initiative ministĂ©rielle, dâautant plus quâelle se donne pour objectif dâaccompagner notre secteur, perçu comme une vĂ©ritable locomotive du dĂ©veloppement Ă©conomique et social. Jâose espĂ©rer que lâon puisse Ă©galement lĂ©gifĂ©rer au terme de cette Ă©tude sur lâavenir de ce mĂ©tier qui reste, pour moi, le fer de lance de toute stratĂ©gie marketing.
Bonjour Ă tous ,
Comment rĂ©agir Ă un sujet aussi passionnant que stratĂ©gique quand on nâest pas soi mĂȘme du secteur? Cette intervention ne peut donc ĂȘtre que celle du citoyen.
Les diffĂ©rents intervenants ont abordĂ© les grandes lignes qui, Ă mon sens, devraient inspirer plus dâun. NĂ©anmoins, il me semble plus judicieux de parler de refonte que de mise Ă niveau. Celle-ci, intervient au niveau du maillon alors que câest toute la chaĂźne qui souffre de dĂ©faillances.
Le secteur HT est un tout indissociable. Chaque partie vit avec et grĂące aux autres. Si le transporteur, lâhĂŽtelier, le guide, le bazariste, le chauffeur de taxi ou lâagent de circulation ⊠nâassument pas leurs rĂŽles respectifs tout le travail de qualitĂ© fait en amont tombera Ă lâeau. Je ne fais quâenfoncer des portes ouvertes ? Certes, mais le constat sâimpose.
La refonte, elle, suppose une vision et une approche intégrées (judicieusement souhaitée par M. Samir Marzouki) en agissant, dans un premier temps, en direction des principaux acteurs, ceux qui sont en premiÚres lignes : TO, transport aérien, agences de voyages, transporteurs, hÎteliers, restaurateurs et opérateurs de formation.
La vision 2020 doit, Ă mon avis, sâinscrire dans cette approche en initiant un projet dâenvergure avec, en plus de lâobjectif gĂ©nĂ©ral, des objectifs intermĂ©diaires et opĂ©rationnels, tels des gardes fous, garantissant lâĂ©valuation tout au long du processus.
Par ailleurs, Ă©voquant la question des ressources humaines M. Fouzi Zemrani regrette, avec dâautres, lâabsence de professionnalisme.
De ce tĂ©moignage il faut retenir deux choses. Dâune part il interpelle les opĂ©rateurs de formation quant Ă leur rĂŽle et Ă leur responsabilitĂ© dans le dĂ©veloppement du secteur et reconnaĂźt ainsi le secteur de la formation professionnelle en tant que partenaire incontournable.
Dâautre part, il exprime le besoin du secteur en profils ciblĂ©s « ce quâon attend de lui (le jeune diplĂŽmĂ©), câest quâil soit compĂ©tent et efficace : professionnel en un mot ». La traduction de cette attente en termes de formation professionnelle dĂ©bouche automatiquement sur la question du savoir-ĂȘtre.
GĂ©nĂ©ralement quand on dĂ©finit la compĂ©tence, on emprunte le raccourci habituel : « la compĂ©tence câest le savoir, le savoir-faire et le savoir-ĂȘtre ». Tout le monde sâaventure, avec plus ou moins de succĂšs, Ă dĂ©finir le savoir et le savoir-faire passant sous silence le savoir-ĂȘtre comme si câĂ©tait quelque chose dâĂ©vident voire secondaire et que lâon confond avec son corollaire, le savoir-vivre.
Or, une assise thĂ©orique veut que le savoir-ĂȘtre, Ă un certain moment, devienne du savoir-faire, particuliĂšrement dans les activitĂ©s liĂ©es au service.
Secteur du service par excellence, oĂč les compĂ©tences cognitives et techniques ne suffisent plus, lâhĂŽtellerie & tourisme est, de plus en plus, Ă la recherche de profils ayant un savoir-faire relationnel, donc du savoir-ĂȘtre. Savoir-ĂȘtre allant de lâhygiĂšne corporelle et le grooming Ă une intelligence Ă©motionnelle en passant par lâĂ©coute active, le sourire et un minimum de culture gĂ©nĂ©rale âŠ
RĂ©cemment, un professionnel me disait quâil suffisait Ă un jeune serveur de maĂźtriser la langue française pour maĂźtriser le savoir-ĂȘtre, ce qui est une contre vĂ©ritĂ©. Le savoir-ĂȘtre est une compĂ©tence Ă part entiĂšre dont il faut dĂ©limiter les contours par des capacitĂ©s et des profils ciblĂ©s. Une compĂ©tence aux ramifications multiples telles des poupĂ©es gigognes sâemboĂźtant les unes dans les autres.
Faire du savoir-ĂȘtre un cheval de bataille en lâinscrivant dans les programmes de formation avec Ă la clĂ© des objectifs opĂ©rationnels, tel est lâun des grand dĂ©fis qui attendent le secteur de lâhĂŽtellerie & tourisme au Maroc.
Les professionnels du secteur ont certes le droit de regard sur les programmes dispensĂ©s mais ils ont aussi le devoir pĂ©dagogique dâintervenir, dans le cadre de partenariat, dans les diffĂ©rents centres et Ă©coles de formation en animant des journĂ©es de sensibilisation, des ateliers ou des sĂ©ances de formations spĂ©cifiques.
Cher ami Jamal, ton questionnement est pertinent et lĂ©gitime mais la rĂ©ponse Ă ta question implique, quasiment, un projet de sociĂ©tĂ©âŠHabituellement, tes propos sont plus prĂ©cis et bien ciblĂ©s.
Nous nâavons pas le choix. Nous ne pouvons pas, quelles que soient les consĂ©quences de la crise, souhaiter rĂ©duire notre aide au dĂ©veloppement. Je sais que câest une question centrale qui divise, mais enfin, mes chers amis, si nous ne parlions que des sujets sur lesquels nous sommes spontanĂ©ment dâaccord, on peut lever la sĂ©ance tout de suite et profiter du beau climat de notre trĂšs belle ville Marrakech! Je voudrais terminer en vous disant deux choses. La premiĂšre, câest que pĂšse sur nous, militants associatifs, universitaires, enseignants chercheurs, entrepreneurs, professionnels du tourisme, dirigeants dâentreprises, secteur financier et bancaire⊠une responsabilitĂ© historique. Nous sommes face Ă un changement du monde technologique. Nos sociĂ©tĂ©s civiles lâont parfaitement compris, elles changent. Est-ce que nous, nous allons ĂȘtre les seuls Ă ne pas comprendre la nĂ©cessitĂ© de changer ? VoilĂ la question qui se pose aujourdâhui. Est-ce que la classe Ă©conomique dans son ensemble, va ĂȘtre en retard ou va accompagner ces changements pour les maitriser ? Câest cela qui est en cause tout de suite. Il faudra faire des compromis, il faudra se comprendre, mais sur la marche du changement, nous ne pourrons pas faire lâĂ©conomie de ces dĂ©bats.
Lâinitiative du lancement de cette Ă©tude par le ministĂšre est excellente et serait encore mieux acceuillie si les professionnels sont invitĂ©s Ă participer aussi bien Ă lâĂ©tude quâaux recommandations qui en sortent. Elle ne devrait surtout pas subir le mĂȘme sort que ses prĂ©cĂ©dentes sur dâautres thĂšmes. Comme ce fut le cas pour lâĂ©tude sur la loi sur les agences de voyages ou celle faite par la FNAVM sur la libĂ©ralisation des voyages Ă caractĂšre religieux. La formation orientĂ©e vers la qualitĂ© des prestations Ă©tant le maillon faible chez les Ă©coles de formation, quâelles soient publics ou privĂ©es, ne se fait de façon presque satisfaisante que sur les lieux de travail grĂące au coaching et Ă lâorientation continue. La mise Ă niveau est importante puisque nos futurs dirigeants de TPE ou PME sortants des grandes Ă©coles, sâorientent souvent vers un gain rapide et nĂ©gligent certaines valeurs liĂ©es Ă la qualitĂ© des prestations offertes. Les agences de voyages, pour ne parler que de cette activitĂ©, nâayant pas de produits propres, ne peuvent rĂ©ussir quâen investissant dans la mise Ă niveau aussi bien de leur entreprise que dans la formation de leurs ressources humaines.
En mettant Ă niveau et de maniĂšre continue aussi bien leur entreprise que leurs connaissances et celles de leurs collaborateurs pour mieux se prĂ©parer Ă la mondialisation voire Ă lâavenir. Ne dit-on pas que le grand capital dâune entreprise de services vient de ses hommes et femmes qui sont derriĂšre?
Jâappuie fortement un des points soulevĂ©s ci dessus: Ă savoir quâil faut ABSOLUMENT un travail conjoint entre le ministĂšre de Tutelle et les professionnels, car rien ne vaut le partage du vĂ©cu sur le terrain et çà seuls les professionnels peuvent en parlerâŠ..
Bonsoir,
En effet la mise Ă niveau de PME touristiques et lâapplication des principes du dĂ©veloppement durable sont des points importants et valables pour toutes les entreprises marocaines et dans tous les secteurs. Ce nâest pas une particularitĂ© du fait touristique.
Ceci pour dire que la difficulté dont souffre notre tourisme est liée au niveau de développement du pays, comme résultante de politiques socioculturelles et économiques défaillantes.
Lorsque lâon parle de mise Ă niveau des PME touristiques, je suis curieux de voir les propositions qui Ă©maneront de cette expertise. Quelle est cette formule magiqueâŠ?
A mon avis, un travail conjoint entre le ministÚre de tutelle et les professionnels du tourisme peut trÚs bien aboutir à des recommandations convenables qui seraient validées puis articulées avec un systÚme de veille qui permettrait, au besoin, de procéder à des réajustements.
Lâapplication des principes du dĂ©veloppement durable par les PME, est inefficace tant que lâon procĂšde par compartimentage: lâartisanat Ă sa vision, le tourisme la sienne, lâINDH, fait son chemin en parallĂšleâŠ
Ce quâil nous faut câest une « vision de dĂ©veloppement durable globale et intĂ©grĂ©e » pour lâensemble du pays.
Ainsi, une prestation touristique et la satisfaction du client dĂ©pendent, de plusieurs variables extĂ©rieures, souvent, impossible Ă maitriser: lâĂ©tat des routes, les nuisances sonores, les harcĂšlements, la mauvaise gestion des ordures, lâĂ©tat des hĂŽpitaux, lâhumeur des gens, la mauvaise formation et la faible Ă©ducationâŠ
Question que je me pose:
Pourquoi ne pas confier ce genre Ă©tudes Ă lâuniversitĂ© ou Ă lâobservatoire national du tourisme en coordination avec les professionnels et le ministĂšre de tutelle?