Accueil REFLEXION ANALYSE Quel avenir pour les Agences de Voyage?

Quel avenir pour les Agences de Voyage?

0
📖 Temps de lecture : 4 minutes

Jeudi dernier, l’association des agences de voyages de Rabat a manifestĂ© devant le MinistĂšre du Tourisme contre le projet de loi 11-16, en phase ultime de validation par la premiĂšre chambre.

Au mĂȘme moment, Le Ministre du Tourisme recevait la ConfĂ©dĂ©ration Nationale du Tourisme pour une rĂ©union de travail et de convergence de vue concernant la politique touristique du Royaume.

Le moins que l’on puisse dire est que cette manifestation nous interpelle, privĂ© et public quand au sentiment d’anxiĂ©tĂ© que peuvent ressentir les agences de voyages face Ă  ce projet de loi qui ce veut Inclusif, Fluide, Flexible et SĂ©curisĂ©.

J’ai dĂ©jĂ  eu Ă  me prononcer sur ce projet il y a de cela plus de deux ans, en dĂ©montrant son inconsistance et surtout sa vision utopique d’un business modĂšle en pleine mutation et qui demande une attention particuliĂšre quand Ă  l’avenir de ses acteurs.

Un bref aperçu de l’évolution du nombre d’agences de 2000 Ă  2017 nous indique une croissance continue puisqu’on nous sommes passĂ© de 681 points de vente en 2000 Ă  1381 en 2017soit une moyenne de 40 points de ventes par an. Cette courbe croissante semble suivre la croissance nationale en nombre d’arrivĂ©es et de nuitĂ©e, sauf que la rĂ©partition gĂ©ographique de ces agences indique une nette contradiction avec cette thĂšse, si on excepte le RĂ©gion de Marrakech.

En effet, 40% des agences se concentrent dans les rĂ©gions de Casablanca et Rabat et Ă  quelques exceptions, elles sont plus dans la distribution des titres de transports et l’organisation de voyages out going que dans le rĂ©ceptif.

Cette activitĂ© s’explique par la proximitĂ© du Hub de Casablanca et l’implantation des compagnies aĂ©riennes nationales et internationales.

La prĂ©sence des grandes entreprises, des reprĂ©sentations diplomatiques et d’une clientĂšle nationale Ă  fort pouvoir d’achat, explique aussi la croissance du  nombre d’agences de voyages dans ces rĂ©gions. Ceci Ă©tant, 20% de ces agences assurent 80% du business.

Pour ce qui est des régions touristiques, Agadir et Marrakech totalisent 27%, Fez 6% et Tanger 10%.

Autant, nous avons de la visibilitĂ© concernant les activitĂ©s de distribution de titre de transports et de tourisme religieux, les chiffres Ă©tant fournis par la MinistĂšre du Tourisme, IATA, Amadeus et le MinistĂšre du Hadj Saoudien, autant le flou persiste sur l’activitĂ© tourisme Loisirs, MICE, Nature et Aventure.

Enfin 20% des agences de voyages Ă©chappent Ă  tous les radars et on se demande comment elles continuent encore d’exister ?

En toute responsabilitĂ©, il serait opportun de dĂ©crĂ©ter un moratoire sur l’attribution des licences, le temps de faire le point sur la viabilitĂ© de ce mĂ©tier partant du principe que cette loi Ă©phĂ©mĂšre sera adoptĂ©e.

Le changement gĂ©nĂ©rationnel et la rĂ©volution numĂ©rique feront que les consommateurs de demain chercheront Ă  vivre une expĂ©rience dans le cadre d’un tourisme responsable et Ă©cologique. Le choix d’une destination est la rĂ©sultante d’un certain nombre de critĂšres auxquels doit rĂ©pondre l’agent de voyage de demain dans son offre produit. Le mĂ©tier doit Ă©voluer et s’ouvrir Ă  de nouveaux profils qui devront innover, crĂ©er, inspirer, rassurer et veiller sur la rĂ©putation de la destination.

Pour cela, ils devront utiliser les nouveaux outils qui leur permettront d’atteindre la nouvelle gĂ©nĂ©ration de consommateurs pour qui la connexion wifi est le critĂšre de base de choix d’une destination.

Je pense sincĂšrement, que le MinistĂšre du Tourisme devrait investir dans des incubateurs au niveau des rĂ©gions pour faire Ă©merger une nouvelle gĂ©nĂ©ration d’agents de voyages Ă  mĂȘme de rĂ©pondre aux attentes des marchĂ©s Ă©metteurs. La CNT serait partie prenante dans la mise en place de ces incubateurs dans le cadre du contrat progrĂšs.

Les associations rĂ©gionales, devront accompagner ce virage et s’atteler Ă  mettre en place des ateliers de formation pour leurs membres qui veulent se remettre en question et changer leur modus opĂ©randi. Ceci concerne tous les mĂ©tiers du tourisme.

Enfin, les agents de voyages devront se dĂ©faire du systĂšme de rente illusoire que leur procure la licence, pour devenir de vĂ©ritables entrepreneurs Ă  mĂȘme de prendre leur part de marchĂ© en leur qualitĂ© de spĂ©cialistes de la destination.

Faute de quoi, les OTA et autres UbĂ©risateurs prendront dĂ©finitivement le lead sur notre destination, mettront le curseur pour s’assurer la part du lion et feront des addictions dont on aura beaucoup de mal Ă  se dĂ©faire.

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaĂźt entrez votre commentaire!
S'il vous plaĂźt entrez votre nom ici

Quitter la version mobile