Lors de la dernière réunion du CRT Marrakech Tensift El Haouz, nous avons tous constaté, avec un certain bonheur que la reprise était bien là , avec des arrivées et des nuitées en hausse, mais également un taux de croissance frôlant les 20%, taux nécessaire pour absorber les capacités additionnelles en lits, surtout dans le segment haut de gamme.
Profitant de l’euphorie générale, j’ai lancé un appel aux participants de cette réunion, sur la nécessité de mettre en place un programme d’accompagnement des chantiers initiés par l’INDH afin de faire de cette initiative, une action pérenne en corrélation avec l’activité touristique de la région. J’ai voulu par là sensibiliser les acteurs majeurs de notre région sur l’urgence de prendre en compte les impacts socio-culturels de notre développement touristique sur les populations et l’environnement.
Il est tout a fait clair, que les autorités et les élus de notre ville sont très sensibles  sur ce sujet, d’autant plus qu’ils le vivent au quotidien, et cela m’a été confirmé lors de notre réunion. Reste, que devons nous impliquer un peu plus pour tirer vers le haut, comme suggéré par le Wali : aider les populations à créer des Activités Génératrices de Revenus et les accompagner dans l’action et dans le temps.
Nous savons tous, que les années de sècheresse ont provoquées un exode rural important. Nous devons réfléchir ensemble à fixer les populations rurales dans les campagnes en leur permettant de vivre dignement de leur production. Je vois très bien, des villageois accueillant les touristes et leur faire partager leur expérience sans que cela soit de l’aumône ou toute forme d’actions avilissantes. Il suffit de dupliquer ce qui a été fait ailleurs et qui a donné des résultats. Je parle du Tourisme Participatif qui est porteur en terme d’image et qui s’appuie sur une véritable demande mondiale de surcroit.
Nous devons également réfléchir à un moyen d’intégrer dans cette démarche les populations urbaines défavorisées.Des circuits touristiques à travers la médina, qui permettent la rencontre avec les habitants de la vielle ville. J’ai eu à expérimenter ce concept dans les années 70, avec le Club Med, où nous organisions des soirées, autour d’un repas tout ce qu’il ya de plus simple , chez des familles humbles dans le plus grand respect de notre culture .
Ce rôle aurait pu être joué par les maisons d’hôtes, mais hélas, nous sommes très loin du concept, sauf à Fez qui a su prendre en considération cet aspect du tourisme.
J’invite tous les lecteurs à se mobiliser, pour faire part de leurs suggestions et propositions en vue d’une journée de réflexion initiée par le CRT pour débattre et échanger sur les opportunités d’un tourisme équitable.
Je pense qu’il ne faut pas toujours parler de Marrakech et rĂ©gion mĂŞme si les chiffres de nuitĂ©es et arrivĂ©es aux frontières sont très encourageants. Une partie des voyagistes pratiquent le tourisme responsable dans cette rĂ©gion et dans d’autres. Elles essaient toujours dans les idĂ©es crĂ©atives proposĂ©es aux clients « Incentive » de les faire associer Ă des activitĂ©s dont profitent les populations locales: Les exemples ne manquent pas et comme Kendisha le propose, il y a dĂ©jĂ des puits qui ont Ă©tĂ© soient rĂ©amĂ©nagĂ©s ou creusĂ©s pour Ă©viter aux petites filles de faire des kilomètres dans le froid pour aller chercher de l’eau potable. Des Ă©coles de campagne ont Ă©tĂ© repeintes par des touristes pour un meilleur confort aux Ă©lèves. Des repas prĂ©parĂ©s par des touristes ayant importĂ© des ingrĂ©dients avec eux avaient fait le bonheur des Ă©lèves d’une classe en campagne. MĂŞme Ă l’extĂ©rieur du pays, nous essayons de garder un peu de civisme national puisque nous aidons, chaque fois qu’on a l’occasion, d’aider tous nos pèlerins marocains ayant voyagĂ©s avec l’Etat ou le privĂ© a retrouver leur chemin leur hĂ´tel, leurs autocars ou Ă mĂŞme a aider avec les baggages. Mais, cela reste des initiatives de chaque agence responsable et citoyenne. Malheureusement la gĂ©nĂ©ralisation n’est pas pour demain et la responsabilitĂ© nous incombe Ă nous les opĂ©rateurs dans ce secteur. Soyons donc plus citoyens et responsables.
petite idĂ©e, comme çà en passant: dĂ©gager des budgets « solidaires » pour remettre en Ă©tat ou re creuser des puits pour des parcelles de maraichage sinon bio du moins Ă pesticides et fertilisants chimiques rĂ©duits, fonctionnant en coopĂ©ratives et dont la production, soumise Ă des normes de qualitĂ©, serait achetĂ©e par les hĂ´tels et les restaurants de Marrakech. Idem pour l’Ă©levage en plein air de poulets (donc oeufs) « bio ». On pourrait envisager une collaboration avec des Ă©coles d’agricultures sur le plan international, avoir des Ă©tudiants « stagiaires » , des formateurs. Cela permettrait de fixer un peu plus les jeunes Ă la campagne en revalorisant leur mĂ©tier et en leur assurant des dĂ©bouchĂ©s donc des revenus corrects….
Tourisme solidaire ou équitable !!!
Cher ami Fouzi et autres amis solidaires
Si j’ai bien compris, il s’agit de nous, communauté des hommes du tourisme , de nous solidariser avec nos compatriotes pour un développement plus juste et durable….d’accord. Mais je pense qu’il va falloir recadrer la réflexion au niveau du commerce équitable et de la consommation touristique et des effets d’entraînements sur les populations locales …et dans le cas précis de la Région de Marrakech, du Haouz et de Tensift. Marrakech est la première destination touristique du Royaume, se doit par son attractivité véhiculer un très grand nombre de valeurs et référentiels pour confirmer que la plus value de la Marque Marrakech doit être redistribuée équitablement.
Or le problème central du tourisme, dans les pays émergents touristiquement neufs dans un marché international complexe ,est qu’ils sont conduits à accepter des prix qui ne permettent pas de dégager ou à peine des bénéfices convenables…..les partenaires internationaux doivent d’abord rémunérer à juste prix le service rendu ! Il me paraît qu’équité, pouvoir et solidarité sont au coeur du secteur du tourisme marocain et que l’essentiel des leviers de décision dans les mains des entreprises multinationales , que ce soit dans l’information-réservation via les GDS (Amadeus , Sabre)ou le Tour Operating (Thomas Cook, TUI) et dans l’hébergement (Hyatt, Mariott ), seule exception le groupe Accor qui est fortement impliqué dans divers projets sociaux au Maroc et par le monde (pour ne citer que SOS villages ….).
En contrepartie, je pense que le tourisme est un instrument commode pour familiariser les visiteurs avec la consommation de biens équitables dont l’artisanat et des niches comme l’écotourisme…une opportunité pour introduire des questions cruciales comme l’ exode rural, la paupérisation des populations, mais aussi l’agriculture urbaine et de proximité pour fixer les populations.
majid yadiny
il faudrait labeliser le concept afin d’obtenir une uniformisation des conditions d’accueil des touristes afin que ceux ci trouvent un certain standart « minimum »