Dans une étude commanditée par l’ONMT en 2012, il ressort qu’à part la France et l’Espagne, où le Maroc est respectivement 4éme et 7éme destination visitée par leurs ressortissants, sur les autres marchés émetteurs européens, notre beau pays est loin d’être sélectionné par les voyageurs pour passer leurs vacances.
Par contre, La Turquie et l’Egypte figurent dans le Top 10 des destinations préférées des européens loin devant le Maroc qui fait des scores inférieurs à 1% de part de marché notamment en UK, Allemagne, Italie, Belgique et Pays-Bas. Quand à l’Europe du Nord ( Russie, Suède et Pologne) nous sommes quasi inexistants en terme de destination visitée durant les 5 dernières années.
Ce constat étant fait, on peut en conclure qu’en matière de communication et de marketing, il reste encore beaucoup à faire pour asseoir notre destination dans le coeur des touristes européens en adaptant notre offre aux desiderata de chaque bassin pourvoyeur de touristes. En clair, nous devrions avoir plusieurs approches et une stratégie différenciée par marché , ce qui nécessite une véritable révolution au sein de l’ONMT. En avons nous les moyens?
Nous bénéficions de plusieurs atouts qui devraient nous hisser aux premières places : un climat exceptionnel, des kilomètres de littoral sur l’atlantique et la Méditerranée, une stabilité politique, une population jeune et disponible, une proximité géographique, des espaces naturels diversifiés, une histoire et surtout une volonté nationale doublée d’une bénédiction Royale.
Alors, comment cela se fait que nous traînions depuis quelques temps déjà à transformer tout cela en une véritable industrie touristique gagnante et soucieuse de son environnement et de l’avenir de ses populations?
Beaucoup d’études ont été faite dont certaines dorment aux fonds des tiroirs, plusieurs directeurs se sont succédés à la tête de l’ONMT, chacun avec sa vision, sa stratégie, ses moyens. Depuis la signature du contrat programme 2010, cinq ministres se sont relayés à la tête du département du tourisme sur la même feuille de route mais hélas avec des succès très mitigés : un plan azur en panne, un plan biladi en retard, une gouvernance qui se cherche, une stratégie aérienne en dents de scie, une restructuration des métiers qui tarde et surtout des arbitrages indispensables à prendre pour avancer. A force de tergiverser on finit par perdre toute crédibilité et l’essence même de ce qui était un bon projet finit par s’évaporer.
Avec un taux de remplissage inférieur à 50% et une durée moyenne de séjour de 3,5 jours , nous sommes loin d’assurer des scores extraordinaires surtout dans la conjoncture actuelle où nos principaux concurrents font face des problèmes politiques et sociaux. Certes nous résistons, mais nous ne progressons point.
Il y a donc matière à tout remettre en question et faire l’état des lieux sans ambages et de manière responsable pour donner de la visibilité à tous les acteurs. La machine semble repartir et c’est vraiment le moment de donner l’impulsion nécessaire à tout un secteur à même de booster l’économie du pays et redresser sa balance commerciale qui en a grand besoin. On nous avait habitué à des bilans annuels, les fameuses Assises du tourisme, l’occasion de faire le point et de vérifier l’avancement des différents chantiers !
Nous sommes capables de relever des défis et ce n’est pas au milieu de gué qu’il est permis de douter.
Bonne fin de Ramadan à tous.
L’essentiel des réponses sont en notre offre et nos produits!
Pas toutes…mais l’essentiel!
Nous parlons souvent de marketing et communication : c’est important et il faut continuer…mais ce sera toujours incomplet et insuffisant si la même énergie et efforts ne sont pas consacrés au produit!
Merci Fouzi pour ton analyse, d’utiliser le verbe, de provoquer la réflexion pour faire avancer les choses ; reflet de ce que nous pensons.
La reprise est bien timide, nous partons de tellement bas. Tu parles de 50% tôt de remplissage à Marrakech.
Dans le Sud le töt de remplissage est catastrophique, entre 5 et 10%. (Ouarzazate, Zagora, Dadès, Erfoud), il y a URGENCE à trouver des solutions, à contourner les instances locales endormies, sensées promotionner la région du grand Sud ?
Nous ne voyons pas d’actions concrètes sur ce coté galopant de l’informel au quotidien et sur le web, sauf des contrôles de l’office des changes et contrôles fiscaux nous tombent dessus AVG. C’est vrai qu’il est plus facile d’aller voir ceux qui sont en règle et de bonne foi (nous l’espérons).
La porte de notre Ministère de tutelle est ouverte à la discussion, à nous aussi les petits AGV spécialistes du tourisme nature – aventure, à l’écoute de nos suggestions et de l’amélioration.
Puisque l’informel a acquis son terrain, nous demandons à l’administration de mettre rapidement en place un LABEL qualité VISIBLE pour que la clientèle étrangère puisse s’y retrouver, car le N° d’une licence ne veut plus rien dire. Au moins pour sauver notre profession, et surtout redonner de la crédibilité et de la légitimité, d’autant plus important pour se rapprocher du top 20.
Plus vite les Agences retrouveront de l’activité et plus vites les recettes d’impôts tomberont, c’est bien pour notre survie, pour la caisse collective, pour l’image de notre pays.
Mobilisons nous collectivement par le biais des associations ou groupements, et si les associations professionnelles censées nous représenter ont d’autres intérêts, ne permettent pas le dialogue et un travail collectif, INVENTONS une autre forme d’association, de groupement, de GIE pour mutualiser nos expériences et ne pas rester passif à s’éteindre à petit feu.
Puisque l’informel opère en toute impunité, l’avenir nous appartient aussi et légitimement. Cela représente malgré tous les handicapes plusieurs longueurs d’avance sur l’informel.
Nous devons construire une nouvelle forme de fonctionnement, inventons ces passerelles.
Bonne fin de ramadan et repos de l’Aïd
KEEP THE DOUTE OUT *
ne pas douter
c’est toujours très sympathique de retrouver la même passion et détermination de mon ami Fouzi lorsqu’il cherche… avec ses amis d’attirer pour la énième fois ses collègues professionnels sur l’état (le plus mauvais depuis plusieurs années de notre activité touristique) déplorable du tourisme national.Seulement ce qu’il faut dire à haute voix aujourd’hui ,c’est que toutes les manoeuvres actuelles sont d’abord politiques et servent à préserver des acquis et intérêts de groupes et de clans fortement installés dans le secteur touristiques national. Ce dernier est pris en otage par les spéculateurs fonciers et fonds d’investissements opaques et le petit professionnel agv , guide ou hôtelier n’est plus de la partie et sera de plus en plus exclu de la valeur ajoutée que peut apporter le tourisme pour lui, sa région ou communauté.Enfin je pense qu’il ne faut rien attendre de l’ONMT et jusqu’à preuve du contraire (même si Mr Zouiten est une personne de qualité humaine et professionnelle) car le système ne nous permet plus de faire confiance ni aux associations professionnelles ni à la tutelle puisqu’ils ne cherchent avant tout à protéger des positions stratégiques et leurs intérêts personnels.Alors mon ami Fouzi , toi et tes amis devraient passer à l’action pour marquer votre point de vue qui me semble diverge avec celui du Ministre et de tous les autres. Ma question consiste à savoir si vous êtes une alternative crédible et ce que vous proposez concrètement pour nous tous. majid yadiny
Bonsoir SI Majid YADINY,
Dans le même esprit, la solution alternative aux difficultés de notre tourisme ne peut passer que par le politique… Tout un travail de sensibilisation, de mobilisation, de lobbying…attend les militantes et militants de ladite alternative.
Ramadan karim,
ps: Mon statut frustre mon opinion…