Vendredi 30 Novembre, lâAssociation des voyagistes de Casablanca a tenu un atelier sur le thĂšme « Les Onliners Travel au Maroc», premier du genre et dont lâinitiative a Ă©tĂ© suscitĂ©e par le flou juridique qui entoure ce nouveau canal de distribution quâest INTERNET, dont tout le monde parle et sur lequel malheureusement personne nâagit, ne serait ce que pour lĂ©gifĂ©rer et normaliser un outil incontournable certes, mais non maitrisable Ă ce jour.
En effet, depuis la fin des annĂ©es 90, lâutilisation du net en tant quâoutil de communication est devenue prĂ©pondĂ©rante faisant du mail la rĂ©fĂ©rence et renvoyant le fax au musĂ©e rejoindre le tĂ©lex et le tĂ©lĂ©graphe.
TrĂšs vite, le web sâest imposĂ© pour les entreprises en quĂȘte de visibilitĂ© remplaçant la traditionnelle brochure quadrichromie et permettant une meilleure communication en temps rĂ©el avec du contenu de qualitĂ© alliant textes, photos et vidĂ©o. De vitrine numĂ©rique le site sâest muĂ© en outil de vente, store ouvert 24/24 et 7/7, proposant multiples produits et services Ă des internautes qui trouvent dans ce nouveau concept le moyen de chercher la bonne opportunitĂ©, de comparer, de sâinformer, de partager et de conclure toute sortes de transactions.
Le voyage a tout de suite Ă©tĂ© conquis par ce canal et les premiers Ă en profiter ont Ă©tĂ© les compagnies lowcost. La distribution via internet leur a permis de faire de grosses Ă©conomies et de se jouer des contraintes de lâIATA et des GDS jusquâau point de mettre en difficultĂ© les Majors en leur prenant de plus en plus de part de marchĂ©. Internet leur a permis de pratiquer le yield management afin dâoptimiser leurs capacitĂ©s et dâoffrir des prix promotionnels sur un produit qui Ă©tait cher par dĂ©finition.
Lâindustrie du voyage a cette particularitĂ© dâĂȘtre trĂšs volatile en ce sens que sa production nâest pas stockable. Tout service non consommĂ© est perdu et câest cela la hantise des compagnies aĂ©riennes et des hĂŽteliers.
Au Maroc, les hĂŽteliers ont cĂ©dĂ© aux sirĂšnes des soldeurs concĂ©dant des rĂ©ductions sur les prix des nuitĂ©es et des commissions allant jusquâĂ 25% du prix budgĂ©tĂ©. Cette pratique dâachats groupĂ©s est apparue avec la crise en 2008 aux Etats Unis, sâest propagĂ©e en Europe et a atteint le Maroc trĂšs rapidement.
Les sociĂ©tĂ©s de Deals se sont dĂ©veloppĂ©es de maniĂšre exponentielle vendant de tout et plus particuliĂšrement du voyage , alimentĂ©s par les hĂŽteliers, les Riads et les maisons dâhĂŽtes au mĂ©pris du dahir rĂ©glementant la distribution du voyage au Royaume : la loi 31/96 et son dĂ©cret dâapplication. Les articles 1-3 et 26 sont assez explicites sur le sujet.
Il faut Ă©galement savoir quâa ce jour, la vente par internet nâest pas rĂ©glementĂ©e, assimilĂ©e Ă une vente par correspondance, elle est rĂ©gie par Le Code de commerce datant de 1995 sans aucune protection pour le consommateur du fait que les Ă©diteurs et les hebergeurs de sites ne sentent pas concernĂ©s.
Si les sites dâagences de voyages sont tenus de mentionner leur raison sociale, leurs N° de licence, leur assurance RCP, leurs conditions gĂ©nĂ©rales de vente, leur registre de Commerce, N° de TVA, CNSS en plus dâune adresse actuelle, les sites de deal se dispensent de toutes ses contraintes et interprĂštent la loi Ă leur maniĂšre, hĂ©las sans aucun contradicteur et beaucoup de passivitĂ© de la part des professionnels.Il est temps que la FNAVM reprenne la main sur ce dossier en usant de tous les moyens lĂ©gaux Ă sa disposition pour redresser cette situation qui nâa que trop durĂ©.
La nature ayant horreur du vide et devant lâinertie des agences de voyages qui sont restĂ©es dans un modĂšle dĂ©passĂ©, les sites de deal ont su rĂ©pondre Ă des attentes se servant de ce miroir aux alouettes pour attirer mĂȘme les hĂŽteliers qui nâayant pas dâ autre alternative, ont du alimenter ces sites sans vraiment mesurer les effets induits que cela peut engendrer.
La rĂ©cente convention signĂ©e par le Ministere du Tutelle dans le cadre de lâaccompagnement des PME touristiques prĂ©voit justement des programmes adaptĂ©s Ă cette approche qui permettront aux entreprises dâacquĂ©rir les outils nĂ©cessaires pour faire face a ces nouveaux dĂ©fis. Il serait judicieux dâen faire la promotion auprĂšs des PME pour une mise en application dans les meilleurs dĂ©lais.
Je rappelle que lâONMT avait entamĂ© un cycle de formation au e-tourisme en collaboration avec lâUniversitĂ© AL AKHAWAYN dĂ©s 2010. Un certain nombre de professionnels y ont participĂ© et jâai eu Ă partager a travers ce blog une rĂ©flexion sur le sujet.
Le retard accumulĂ© par les agents de voyages dans le domaine du e-commerce est Ă combler en urgence et jâespĂšre que lâInitiative de lâAVC, que je fĂ©licite au passage, servira de catalyseur pour une prise de conscience salvatrice et une rĂ©action en chaine des opĂ©rateurs.
Que la montĂ©e en puissance des nouvelles technologies â et lâInternet en particulier â favorisent et prennent le devant des Ă©changes directs dâinformations entre Fournisseurs de Services de Voyages et les Consommateurs demleure un fait acquis,
Cette rĂ©alitĂ© ne pourra aller quâen sâaccentuant au cours des prochaines annĂ©es, en raison de la convivialitĂ© grandissante des nouvelles technologies (TIC).
Des experts considĂšrent que lâIndustrie du Voyage reprĂ©sente le
secteur le plus propice au commerce Ă©lectronique : Ceci signifie en clair câest-Ă -dire que les Consommateurs auront de plus en plus recours de maniĂšre directe aux Fournisseurs/ Producteurs sans passer par des intermĂ©diaires.
Cette forme de DĂ©sintermĂ©diation fait peser la menace dâune Ă©rosion
Graduelle, rampante de lâimportance de leur rĂŽle. Certains oiseaux de mauvaise augure prophĂ©tisent la disparition du Brick & Mortar (lâAgent physique) mais cette probabilitĂ© doit ĂȘtre prise au sĂ©rieux.
La Solution ?
Elle est Ă la fois simple et extrĂȘmement compliquĂ©e, les leaders de lâindustrie en sont conscients :
1 Franchir la barriĂšre psychologique et ne pas considĂ©rer la Bulle Internet comme une fatalitĂ© de repenser le rĂŽle traditionnel de lâagence de voyages de maniĂšre Ă assurer leur survie. La Techno est irrĂ©versible, et nous devons lâaffronter sans la combattre mais nous y acclimater. On peut y rĂ©ussir en nous confinant dans un modĂšle sclĂ©rosĂ© de « Brick & Mortar » en vielles boutiques dâĂ©piciers : Le Multi canal et le Cross Canal et le transcanal sont aussi des alternativesâŠSe transformer câest sĂ©curiser sa pĂ©rennitĂ©. Or le gros problĂšme rĂ©side dans lâinertie ou le scepticisme. Câest vrai que pour passer dâun Statut de Brick & Mortar Ă un nouveau modĂšle Professionnel assurant une chaĂźne de crĂ©ation de valeurs pour le client qui nâexiste pas chez les « Clicks » exige des investissements quelle que soit la volontĂ©, mais osons dâabord en surmontant notre stupĂ©faction (et dans certains cas notre rage)
2. Sâarmer de StratĂ©gie : La stratĂ©gie sauf si lâAgent Traditionnel dispose de moyens Ă©normes nâest pas un choix individuel ; câest une option Ă lâechelle nationale, et collective (Les Associations de Professionnels)
3.SâĂ©quiper : Encore une fois la problĂ©matique des moyens apparaitre ; mais elle serait maitrisable grace Ă une mutualisation de nos moyens (On ne peut etre dans ce cas Ă©goĂŻste)
3. Edifier la Chaine de Valeurs CrĂ©atives : cette dĂ©marche nĂ©cessite une parfaite connaissance du comportement du Consommateur. Le nouveau Consommateur est devenu selon la propre expression dâexperts « Un Agent de Voyages de lui-mĂȘme »âŠIl ne fudrait pas chercher Ă lui offrir la mĂȘme chose que ce que lui offre Internet, mais bien plus : Ce que ne lui offre pas Internet : ce Contact humain et ces soins particuliers (comme lâaprĂšs ventes) que seul un Etre Humain peut offrir devant la froideur macabre des PCâs, Smart phones, TabloĂŻdes et autresâŠUn Agent de Voyages est capable de devenir un Multinational (« Click & Mortar ») dĂšs lors quâil est Ă©quipĂ© Ă la fois de cette chaleur humaine et de Solutions Techno, Internet est un Unical, et ça fait une sacrĂ©e diffĂ©rence.
Je ne voudrais pas ĂȘtre dâun optimisme bĂ©at, mais regardons du cotĂ© des Ătats Unis : Agent de voyages survit et assure encore 50% des ventes, malgrĂ© la disparition de Un Tiers des boutiquesâŠ. Alors armons nous de Culture, de volontĂ©, et de Technologie
Merci Cher Ami de nous rafraichir la mĂšmoire sur le devenir de notre profession qui malheureusement de jour en jour notre combat pour la survie de notre entreprise est devenu notre souci majeur vu internet qui sâempare la part entiĂšre du marchĂ© que ce soit aĂšrien ou hotelier .
Ce qui nous  » RASSEMBLE EST PLUS IMPORTANT DE CE QUI NOUS DIVISE »
Fouzi, bonjour,
On ne peut que partager ces opinions avec le souhait que la reflexion continue dans le bon sens et que ça ne soit pas une reaction momentannĂ©e et circonscrite au developpement de lâinformel mais plutot inscrite dans le cadre de la strategie globale de mise Ă niveau et de professionnalisation du metier et faire ainsi de ce crenneau un moyen de sa revalorisation et sa specialisation au vu du plus que peut apporter lâAGENT DE VOYAGE.
Merci Cher Ami pour ce rappel des menaces et risques quâencoure la profession de voyagistes par ce nouveau flĂ©au que tu dĂ©cris si bien et qui sont les ventes en ligne. Le combat risque dâĂȘtre long, mĂȘme si la loi que tu cites est lĂ pour nous protĂ©ger. Notre initiative Ă lâAVC, qui te remercie aussi au passage, pour ton implication et surtout pour ta participation Ă un des panels de notre 1er atelier sur le sujet, devrait ĂȘtre suivie par dâautres Ă lâĂ©chelon national. Et, nous nous mettons Ă la disposition de la FNAVM pour continuer le combat ensemble. Nous avons dĂ©jĂ mis les jalons juridiques de notre cĂŽtĂ© et sommes motivĂ©s pour Ă©rradiquer ce flĂ©au. Ensemble, nous pouvons!