La derniĂšre sortie du Ministre et son apprĂ©hension de voir Ă©chouer la vision 2020, nous interpelle tous Ă plus dâun titre. La menace est rĂ©elle car sans capacitĂ© aĂ©rienne additionnelle, il y a trĂšs peu de chances de pouvoir rĂ©aliser une croissance indispensable pour absorber la capacitĂ© litiĂšre disponible et Ă venir. Un risque que lâon ne peut pas se permettre au vu des engagements pris, des investissements rĂ©alisĂ©s et des attentes de tous ceux qui ont cru en cette vision.
Sans vouloir revenir sur le contrat programme Vision 2010 qui avait dans ces outils une solution aĂ©rienne ( Article 16 : LibĂ©ralisation du Transport AĂ©rien), il faut dire que soit on avait surestimĂ© la capacitĂ© de la RAM Ă relever ce nouveau dĂ©fit, soit on lâavait mise devant le fait accompli, force Ă elle dâeffectuer sa mue. Dans le deal, la compagnie avait quand mĂȘme profitĂ© en 2001, dâune subvention publique consĂ©quente et un dĂ©graissage lui permettant en thĂ©orie de retrouver lâĂ©quilibre et dâapprĂ©hender lâavenir avec sĂ©rĂ©nitĂ©.(Voir dossier ACTUEL)
La crĂ©ation dâAtlas Blue en 2004 a marquĂ© la volontĂ© de la RAM dâĂȘtre un acteur majeur dans le dĂ©veloppement du Tourisme National. Cette filiale avec un business modĂšle hybride associant le lowcost et lâactivitĂ© charter, a vĂ©cu durant cinq annĂ©es dĂ©pendante de de la rĂ©sistance des TO en perte de vitesse et gravement concurrencĂ©e par les compagnies lowcost profitant de lâopen Sky et des contrats co-marketing de lâONMT.
La RAM a Ă©galement dĂ©veloppĂ© sa filiale hĂŽtellerie, Atlas Hospitality, devenant un acteur majeur avec plus de 2700 lits rĂ©partis en trois gammes de produits dans les principales destinations touristiques avec un positionnement aussi bien Ă lâinternational que sur le plan du tourisme interne.
Aujourdâhui, si on se pose la question de savoir si la RAM relĂšgue le tourisme au second plan, la rĂ©ponse se trouve dans le contrat programme conclut avec lâĂ©tat en 2010 et qui reste trĂšs confidentiel sur son contenu pour les contribuables que nous sommes. Ce qui est sĂ»r, câest que la RAM a des obligations de rĂ©sultats et dâobjectifs Ă atteindre qui font que vraisemblablement le Tourisme ne soit plus dans ses prioritĂ©s, dâautant plus que sâĂ©tant dĂ©lestĂ© de ses hĂŽtels, elle nâa plus le soucis de contribuer Ă leur remplissage.
Ce qui mâa toujours interpellĂ©, câest quâen tant quâentreprise publique, la RAM a toujours eu un comportement dâentreprise privĂ©e, au dĂ©triment du service public quâelle est sensĂ©e rendre. Câest ainsi que les dessertes internes nâont jamais rĂ©ellement Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©es, ou alors Ă un tarif prohibitif pour des raisons de rentabilitĂ©.
Il est vrai que le MRE ont toujours eu un traitement privilĂ©giĂ© bĂ©nĂ©ficiant de tarifs intĂ©ressants, mais pas les rĂ©sidents. Ce nâest quâavec lâarrivĂ©e des lowcost que lâaĂ©rien a Ă©tĂ© dĂ©mystifiĂ© et ce nouveau modĂšle a lourdement impactĂ© le CA de notre compagnie.
Personne ne comprend lâouverture en 2013 de ligne vers la SuĂ©de, au moment oĂč une compagnie Scandinave dĂ©cide de mettre sept vols hebdomadaires sur Marrakech et Agadir au dĂ©part dâOslo, Copenhague et Stockholm? On projette dâouvrir une ligne directe Stockholm Casablanca, en commĂ©moration dâun traitĂ© Maroco-SuĂ©dois signĂ© en 1763 et on ferme des lignes aprĂšs plusieurs annĂ©es dâexploitation au dĂ©part de la France et du Royaume Uni ?
Aujourdâhui on privilĂ©gie la clientĂšle africaine avec Casablanca comme HUB. Il est vrai que le client africain paye son voyage plus cher que le touriste au dĂ©part dâEurope , mais il ne paye que le transport, alors que le touriste consomme en plus de son billet de lâhĂ©bergement, de la restauration, des services et du shopping. Le fait de dĂ©laisser cette clientĂšle est dâun grand manque Ă gagner pour le pays avec tout les risques que cela peut comporter en matiĂšre de perte de marchĂ© sur lesquels nous avons beaucoup investis.
Câest Ă la tutelle de la RAM, en lâoccurrence Le Ministre des transports et de lâĂ©quipement, signataire du CPN 2020, convaincu de lâimportance du secteur du tourisme, quâil incombe de mettre Ă lâordre du jour du gouvernement lâurgence dâutiliser la RAM pour dynamiser le secteur en parfait accord avec le MinistĂšre du Tourisme, lâONMT et les professionnels.
Si on se rĂ©fĂšre aux dĂ©clarations du Ministre,(Voir Article lâEconomiste) lâĂ©tat doit assumer pour prĂ©server les Ă©quilibres financiers de la compagnie, lorsquâil sâagit dâune cause nationale, et le tourisme en est une.
Comme toute entreprise qui a obligation de rĂ©sultats, aussi bien la RAM que les autres compagnies dites « Flag Carrier », celles-ci travaillent sur des Ă©tudes de route, de ratios dâopĂ©rations et de business plans. Les gens qui ont contribuĂ© Ă lâĂ©laboration de la V.2020 et qui auraient ignorĂ©s la crise Ă©conomique actuelle, ne devraient pas sâen prendre Ă la RAM! Car cette compagnie ne fait pas que du social, lorsquâelle accorde des tarifs prĂ©fĂ©rentiels aux diplomates, aux MRE et autres ou lorsquâelle est contrainte dâassurer des vols rĂ©guliers sur des destinations Ă caractĂšres diplomatiques. Le siĂšge kilomĂštres dâun transporteur est calculĂ© sur la distance, la mobilisation de la machine, les Ă©quipages, en plus des consommables. Notamment le carburant, les taxes, les piĂšces de rechange et les services dâentretien permanents ou occasionnels. Combien de fois, la RAM nous a exigĂ©, nous voyagistes, quelques 70% de nos ventes sur son « Network » et trĂšs peu de fois, la RAM a tenu ses promesses au rĂ©seau quâelle a toujours qualifiĂ© de « 1er Client ». Rappelez vous les Ă©tudes de faisabilitĂ© qui ont Ă©tĂ© faites sur lâintroduction du BSP au Maroc et les promesses dâaccompagnement promises par notre partenaire RAM. Pensez aux niveaux probihitifs que paient nos voyageurs pour les voyages Omras de Ramadan et le Haj. Alors portons le dĂ©bat lĂ oĂč il devrait ĂȘtre, comme lâa Ă©voquĂ© Si Jalil. ArrĂȘtons de tirer sur une cible qui, il y a quelques mois, Ă©tait dĂ©jĂ Ă mĂȘme le sol. Pensez aussi aux autres pays qui ont plus quâun « Flag Carrier » et qui nâintĂ©grent le tourisme quâen partie dans leur plan de commercialisation Ă cause des « Yields ». Le tourisme Ă haute contribution ne prend pas les vols RAM. Et, le touriste qui prĂ©fĂšre aller vers dâautres pays concurrents, emprunte des vols charters, souvent affrĂ©tĂ©s par de grands T.O. Donc peut-ĂȘtre que la RAM nâĂ©tait pas autour de la table des discussions pour la Vision 2020? Ou faut-il simplement penser Ă innover en revoyant nos produits qui ont vieillis? Nos campagnes institutionnelles ou juste notre comportement! Merci
Comme dit Si Jalil, le dĂ©bat doit ĂȘtre portĂ© au gouvernement.
Le ministre du tourisme a eu raison de poser le dĂ©bat sur la place publique, pour faire rĂ©agir la RAM, son ministĂšre de tutelle et les ministĂšres chargĂ©s de lâĂ©conomie et des finances. Le paramĂštre transport aĂ©rien est indispensable Ă notre industrie, les objectifs annoncĂ©s et sur les quels le secteur dans sa globalitĂ© sâest engagĂ© devant le souverain, ne peuvent ĂȘtre amorcĂ©s que lorsque ce paramĂštre sera intĂ©grĂ© dans lâĂ©quation. Les experts du ministĂšre des finances sont capables dâimaginer une pĂ©rĂ©quation, qui Ă©quilibre les dĂ©ficits de la RAM par une croissance du tourisme. Tout report de cette dĂ©cision politique accentuera le dĂ©ficit des nuitĂ©es et la rentabilitĂ© des investissements et remettra en doute les objectifs 2020.
Portons le dĂ©bat lĂ oĂč il doit etre : au Gouvernement !
Tout autre débat serait stérile, voire contre-productif.
La RAM suivra la stratĂ©gie gouvernementale, meme si elle est en droit de lâinspirer.
Ne sous-estimons pas les faiblesses de nos produits et destinations, non plus lâimpact de la crise europĂ©enne.
Enfin « RAM flagship ou pas » : il y a un vrai dĂ©bat quâil faut organiser et mener jusquâau bout.
Les avis divergent encore : mais la conjoncture est mauvaise conseillÚre surtout quand ceux qui sont censés porter le débat sont si silencieux !
Jâinvite Ă plus de sĂ©rĂ©nitĂ© et de recul.
Tant quâĂ faire de rouvrir une ou des lignes, il aurait peut ĂȘtre fallu penser Ă lâAfrique du Sud, oĂč il y a un vrai potentiel touristique, quitte Ă prĂ©voir une escale en Afrique de lâOuest pour complĂ©ter la rentabilitĂ© !! Les agences sud africaines vues en grand nombre cette annĂ©e Ă Barcelone se plaignent toutes de la difficultĂ© Ă amener leurs clients chez nous faute dâaĂ©rien correct et malgrĂ© lâenvie quâelles en ont !!
Excellente analyse si Fouzi, comme dâhabitude.. documentĂ©e en plus cette fois et agrĂ©mentĂ©e par le commentaire dâun GADIRI, qui reflĂšte une triste rĂ©alité⊠les prix ont flambĂ© et le nombre de vols a baissĂ© de 22% en une annĂ©e.
Le ministre, dans sa sortie mĂ©diatique, nâavait pas tort sur le fond⊠Lâenjeu de lâaĂ©rien est fondamental pour la rĂ©ussite de la Vision 2020⊠mais le pire, câest que si le ministre en est arrivĂ© Ă en parler dans les journaux, nâest ce pas parce que les autres canaux lui ont Ă©tĂ© fermĂ©s⊠Comment se fait il que plusieurs avions restent au sol alors que des milliers dâemplois se perdent dans des rĂ©gions comme Ouarzazate, et autresâŠ
Autant de questions qui doivent trouver réponse⊠avec de la Concertation⊠et surtout, une volonté politique
trĂšs bonne analyse , mais câest en se concertant que lâon trouve des solutions ; ou en est la rĂ©union prĂ©vue entre les diffĂ©rents ministĂšres la RAM et les professionnels qui devait se rĂ©unir , car si on continue comme cela chacun trouvera une sortie pour se dĂ©fendre , et le Maroc est perdant
RAM a des obligations de rentabilités
le Ministere veut realiser son programme 20/20
les professionnels veulent contribuer et remplir leurs hotels
le MinistĂšre de lâemploi veut dĂ©velopper les embauches âŠ.etc
il y a beaucoup de choses a faire , il faut y croire et se concerter pour prendre des decisions qui doivent etre appliquées et non mises dans un dossier et classées
etc prenons les choses en main , nous les professionnels et croyons en notre tourisme, mĂȘme si la vision 20/20 nous a un peu oubliĂ© âŠâŠâŠâŠ.
Tarif du Nantes Agadir Nantes pour des vols sur fin dĂ©cembre en sây prenant + de 2 mois Ă lâavance pour rĂ©server.
en 2011 = 352 euros et sur vols directs
en 2012 = 626 euros avec 4 h dâescale Ă Casa
Il me semble que le carburant nâa pas augmentĂ© de 78% ! Merci beaucoup Ă la RAM, mais câest les passager qui rament.