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A l’heure des bilans
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📖 Temps de lecture : 4 minutes

Le Ministre du tourisme a tenu a prĂ©senter le bilan de son  dĂ©partement pour l’annĂ©e Ă©coulĂ©e, en mettant l’accent, il faut le reconnaitre sur l’actif et en Ă©numĂ©rant toutes les actions qui ont Ă©tĂ© entamĂ©es et les victoires, si on peut appeler cela ainsi, qui ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es. Il est dans son rĂŽle (on a  rarement vu un responsable quel qu’il soit parler de ses Ă©checs) mais dans le cas prĂ©sent, le Ministre a eu Ă  cƓur d’insister sur la compĂ©titivitĂ© du secteur, gage de qualitĂ© pour un positionnement optimal de la destination.

Cette qualitĂ© ne doit pas seulement ĂȘtre imputĂ©e Ă  nos unitĂ©s d’hĂ©bergement, mais surtout aux moyens que nous devons mobiliser pour commercialiser notre produit et force est de constater qu’à ce jour, le ventre mou de notre stratĂ©gie marketing, reste la distribution de notre produit.

Nous sommes trÚs dépendants des canaux étrangers pour écouler notre production, alors que nous investissons beaucoup pour la faire connaßtre auprÚs des prescripteurs directs. La derniÚre étude qui nous a été présenté lors des journées professionnelles du tourisme en avril 2013 à Mazagan, démontre que dans les marchés prospectés , 82% connaissent le Maroc et 63% envisagent de le visiter un jour mais seuls 16% traduisent cela en acte.

En clair, cela veut dire que la destination est connue, donne envie d’ĂȘtre visitĂ©e, mais n’arrive Ă  convaincre qu’une infime partie. Les raisons de ce dĂ©ficit sont en premier lieu les dessertes aĂ©riennes insuffisantes voire inexistantes et en deuxiĂšme position, la distribution. Les deux Ă©tant trĂšs liĂ©es, on a toujours eut tendance Ă  les opposer comme argument pour justifier notre incapacitĂ© Ă  drainer une nouvelle clientĂšle. Je m’explique : sur des marchĂ©s Ă©mergents et Ă  forte croissance, faute d’aĂ©rien, les professionnels , en l’occurrence les agents de voyages ne peuvent s’aventurer Ă  investir du temps et de l’argent pour s’entendre dire souvent, comment venir chez vous? Et pour les compagnies aĂ©riennes, si le produit n’est pas disponible Ă  la vente, Ă  quoi bon s’aventurer Ă  mettre en place des lignes?

Si, cette Ă©quation semble ĂȘtre en partie rĂ©solue grĂące aux compagnies lowcost, aux OTA et surtout aux sacrifices consentis pour y arriver ( subventions, baisse des prix et super commissions) il n’en reste pas moins que cette solution est loin d’ĂȘtre pĂ©renne, qu’elle est surtout couteuse et qu’en terme de turnover , elle est en train de liquider la clientĂšle TO pour une clientĂšle court sĂ©jour cherchant le bon plan et dĂ©pensant le moins possible.

J’en veux pour preuve, la stagnation des recettes pour ne pas dire leur recul et la paupĂ©risation d’un certain nombre de mĂ©tiers du tourisme dont notamment les agents de voyages, les guides, les transporteurs et bien sĂ»r aussi des hĂŽteliers. Il serait intĂ©ressant de lancer un questionnaire en ligne et demander aux professionnels de communiquer, de maniĂšre anonyme mais crĂ©dible,  leurs chiffres sur les trois derniĂšres annĂ©es.

Les associations professionnelles devraient normalement ĂȘtre en mesure de remonter ce type d’informations, mais sont elles encore connectĂ©es Ă  leur membres ? On est en mesure de se poser la question lorsqu’on voit le peu d’intĂ©rĂȘt portĂ© par la majoritĂ© des professionnels Ă  leurs instances reprĂ©sentatives.

Certes, des actions sont initiĂ©es pour impliquer les professionnels dans une dynamique commerciale forte, les JPT en sont la preuve, mais j’ai l’impression que nous restons au stade de l’évĂ©nement sans aucun suivi des constats  et des recommandations qui en rĂ©sultent. Pour dire les choses autrement, nous arrivons a faire de bons diagnostics, de prescrire de bons traitement mais sans nous soucier de savoir si le patient a les moyens de se soigner et s’il est en mesure de terminer son traitement jusqu’à la guĂ©rison?

Pour conclure et laisser place au dĂ©bat, peux-t-on dire que notre tourisme est en Ă©tat de fĂ©brilitĂ© avancĂ©e ? Que cette fiĂšvre serait d’origine virale,  auquel cas, on ne peut prescrire grand chose et laisser le corps dĂ©velopper une immunitĂ© s’il en est capable, ou alors bactĂ©rienne et dans ce cas un traitement s’impose et je pencherai personnellement pour le second cas.

A l’heure des bilans, essayons de faire une bonne lecture des rĂ©sultats et tenter de redresser une situation s’il en  est encore temps.

3 Commentaires

  1. SincĂšrement, je pense que l’on tourne autour du pot. Je pense qu’il n’y a jamais eu de rĂ©elles Ă©tudes de marchĂ©, que l’offre s’est faite non par une Ă©tude de marchĂ© mais par appĂąt du gain. C’est la raison pour laquelle, les riads se sont multipliĂ©s comme des petits pains ainsi que les hĂŽtels. Il faudrait revoir les offres, parce qu’à mon sens, elles se font toutes concurrence au lieu d’essayer de se partager le marchĂ©. Et, enfin, nous ne tenons pas assez compte du tourisme national qui ne peut pas forcĂ©ment aller dans des riads, hĂŽtels et autres. Donc, ce touriste lĂ  se dirige vers les appartements en location Ă  la nuit.
    Je pense qu’il faudrait que les offreurs pensent Ă  crĂ©er la demande et non Ă  l’attendre.

  2. Tant que l’analyse se limitera aux arrivĂ©es et se contentera des nuitĂ©es, l’autosatisfaction sera de mise.
    Il est temps d’aller vers les recettes, le revpar et les marges!
    Le constat sera plus sévÚre
mais plus sérieux.

  3. Bonsoir.

    Le point m’ayant le plus touchĂ© dans votre analyse du bilan du tourisme pour l’annĂ©e 2013 est sans nul doute les recettes touristiques, dont la stagnation n’est guĂšre annonciatrice d’un bon cru.

    ArrĂȘtons de brader les prix Ă  tout bout de champ !! Je m’indigne contre cette action ne colle absolument pas avec le positionnement prĂŽnĂ© par la destination aussi bien au niveau du pourtour mĂ©diterranĂ©en qu’à l’échelle internationale.

    Des mĂ©canismes tels le Yield (pour la fixation des prix en hĂŽtellerie) peuvent ĂȘtre encore mieux mis Ă  profit, de mĂȘme pour la multiplication des canaux de distribution et leur adaptation en fonction de la nature des destinations Ă  mettre en avant.

    Dans le mĂȘme sillage, l’aĂ©rien doit faire preuve de plus d’harmonie suivant le mĂȘme principe (Charter, low-cost, compagnies rĂ©guliĂšres..)

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