Le Ministre du tourisme a tenu a prĂ©senter le bilan de son dĂ©partement pour lâannĂ©e Ă©coulĂ©e, en mettant lâaccent, il faut le reconnaitre sur lâactif et en Ă©numĂ©rant toutes les actions qui ont Ă©tĂ© entamĂ©es et les victoires, si on peut appeler cela ainsi, qui ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es. Il est dans son rĂŽle (on a rarement vu un responsable quel quâil soit parler de ses Ă©checs) mais dans le cas prĂ©sent, le Ministre a eu Ă cĆur dâinsister sur la compĂ©titivitĂ© du secteur, gage de qualitĂ© pour un positionnement optimal de la destination.
Cette qualitĂ© ne doit pas seulement ĂȘtre imputĂ©e Ă nos unitĂ©s dâhĂ©bergement, mais surtout aux moyens que nous devons mobiliser pour commercialiser notre produit et force est de constater quâĂ ce jour, le ventre mou de notre stratĂ©gie marketing, reste la distribution de notre produit.
Nous sommes trÚs dépendants des canaux étrangers pour écouler notre production, alors que nous investissons beaucoup pour la faire connaßtre auprÚs des prescripteurs directs. La derniÚre étude qui nous a été présenté lors des journées professionnelles du tourisme en avril 2013 à Mazagan, démontre que dans les marchés prospectés , 82% connaissent le Maroc et 63% envisagent de le visiter un jour mais seuls 16% traduisent cela en acte.
En clair, cela veut dire que la destination est connue, donne envie dâĂȘtre visitĂ©e, mais nâarrive Ă convaincre quâune infime partie. Les raisons de ce dĂ©ficit sont en premier lieu les dessertes aĂ©riennes insuffisantes voire inexistantes et en deuxiĂšme position, la distribution. Les deux Ă©tant trĂšs liĂ©es, on a toujours eut tendance Ă les opposer comme argument pour justifier notre incapacitĂ© Ă drainer une nouvelle clientĂšle. Je mâexplique : sur des marchĂ©s Ă©mergents et Ă forte croissance, faute dâaĂ©rien, les professionnels , en lâoccurrence les agents de voyages ne peuvent sâaventurer Ă investir du temps et de lâargent pour sâentendre dire souvent, comment venir chez vous? Et pour les compagnies aĂ©riennes, si le produit nâest pas disponible Ă la vente, Ă quoi bon sâaventurer Ă mettre en place des lignes?
Si, cette Ă©quation semble ĂȘtre en partie rĂ©solue grĂące aux compagnies lowcost, aux OTA et surtout aux sacrifices consentis pour y arriver ( subventions, baisse des prix et super commissions) il nâen reste pas moins que cette solution est loin dâĂȘtre pĂ©renne, quâelle est surtout couteuse et quâen terme de turnover , elle est en train de liquider la clientĂšle TO pour une clientĂšle court sĂ©jour cherchant le bon plan et dĂ©pensant le moins possible.
Jâen veux pour preuve, la stagnation des recettes pour ne pas dire leur recul et la paupĂ©risation dâun certain nombre de mĂ©tiers du tourisme dont notamment les agents de voyages, les guides, les transporteurs et bien sĂ»r aussi des hĂŽteliers. Il serait intĂ©ressant de lancer un questionnaire en ligne et demander aux professionnels de communiquer, de maniĂšre anonyme mais crĂ©dible, leurs chiffres sur les trois derniĂšres annĂ©es.
Les associations professionnelles devraient normalement ĂȘtre en mesure de remonter ce type dâinformations, mais sont elles encore connectĂ©es Ă leur membres ? On est en mesure de se poser la question lorsquâon voit le peu dâintĂ©rĂȘt portĂ© par la majoritĂ© des professionnels Ă leurs instances reprĂ©sentatives.
Certes, des actions sont initiĂ©es pour impliquer les professionnels dans une dynamique commerciale forte, les JPT en sont la preuve, mais jâai lâimpression que nous restons au stade de lâĂ©vĂ©nement sans aucun suivi des constats et des recommandations qui en rĂ©sultent. Pour dire les choses autrement, nous arrivons a faire de bons diagnostics, de prescrire de bons traitement mais sans nous soucier de savoir si le patient a les moyens de se soigner et sâil est en mesure de terminer son traitement jusquâĂ la guĂ©rison?
Pour conclure et laisser place au dĂ©bat, peux-t-on dire que notre tourisme est en Ă©tat de fĂ©brilitĂ© avancĂ©e ? Que cette fiĂšvre serait dâorigine virale, auquel cas, on ne peut prescrire grand chose et laisser le corps dĂ©velopper une immunitĂ© sâil en est capable, ou alors bactĂ©rienne et dans ce cas un traitement sâimpose et je pencherai personnellement pour le second cas.
A lâheure des bilans, essayons de faire une bonne lecture des rĂ©sultats et tenter de redresser une situation sâil en  est encore temps.
SincĂšrement, je pense que lâon tourne autour du pot. Je pense quâil nây a jamais eu de rĂ©elles Ă©tudes de marchĂ©, que lâoffre sâest faite non par une Ă©tude de marchĂ© mais par appĂąt du gain. Câest la raison pour laquelle, les riads se sont multipliĂ©s comme des petits pains ainsi que les hĂŽtels. Il faudrait revoir les offres, parce quâĂ mon sens, elles se font toutes concurrence au lieu dâessayer de se partager le marchĂ©. Et, enfin, nous ne tenons pas assez compte du tourisme national qui ne peut pas forcĂ©ment aller dans des riads, hĂŽtels et autres. Donc, ce touriste lĂ se dirige vers les appartements en location Ă la nuit.
Je pense quâil faudrait que les offreurs pensent Ă crĂ©er la demande et non Ă lâattendre.
Tant que lâanalyse se limitera aux arrivĂ©es et se contentera des nuitĂ©es, lâautosatisfaction sera de mise.
Il est temps dâaller vers les recettes, le revpar et les marges!
Le constat sera plus sĂ©vĂšreâŠmais plus sĂ©rieux.
Bonsoir.
Le point mâayant le plus touchĂ© dans votre analyse du bilan du tourisme pour lâannĂ©e 2013 est sans nul doute les recettes touristiques, dont la stagnation nâest guĂšre annonciatrice dâun bon cru.
ArrĂȘtons de brader les prix Ă tout bout de champ !! Je mâindigne contre cette action ne colle absolument pas avec le positionnement prĂŽnĂ© par la destination aussi bien au niveau du pourtour mĂ©diterranĂ©en quâĂ lâĂ©chelle internationale.
Des mĂ©canismes tels le Yield (pour la fixation des prix en hĂŽtellerie) peuvent ĂȘtre encore mieux mis Ă profit, de mĂȘme pour la multiplication des canaux de distribution et leur adaptation en fonction de la nature des destinations Ă mettre en avant.
Dans le mĂȘme sillage, lâaĂ©rien doit faire preuve de plus dâharmonie suivant le mĂȘme principe (Charter, low-cost, compagnies rĂ©guliĂšres..)