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Le Tourisme Rural en question.

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Nous avons Ă©tĂ© interpelĂ©s Ă  deux reprises lors du discours Royal du 20 aout dernier, Ă  l’occasion du 66eme anniversaire de la RĂ©volution du Roi et du Peuple et c’est en soi un bon signe qui dĂ©montre que le Tourisme est et restera un formidable levier Ă©conomique et social et plus que jamais pourvoyeur d’emplois.

Extraits du Discours

« Dans le mĂȘme ordre d’idĂ©es, Nous appelons Ă  une valorisation des opportunitĂ©s et des potentialitĂ©s que recĂšlent les autres filiĂšres non-agricoles, comme le tourisme rural, le commerce, les industries du terroir. »  .

« Enfin, la formation de compĂ©tences nationales dans les secteurs du tourisme, des services et dans les nouveaux mĂ©tiers du Maroc comme l’industrie automobile, l’aĂ©ronautique, les nouvelles technologies. »

Le post d’aujourd’hui, j’aimerai le consacrer au tourisme rural, car il y a effectivement des potentialitĂ©s Ă  mettre en avant, pour une clientĂšle Ă  la recherche d’expĂ©riences rĂ©elles et atypiques voire uniques.

Par dĂ©finition, le tourisme rural concerne en premier lieu les agriculteurs et tire toute sa lĂ©gitimitĂ© du terroir, il est aussi appelĂ© agrotourisme avec pour objet de faire dĂ©couvrir le savoir faire agricole. Certains terroirs sont connus pour la culture de l’olivier, d’autres pour l’arganier, d’autres pour le palmier dattier et d’autres encore pour la vigne
. Chaque culture est une histoire Ă  raconter, Ă  vivre et Ă  dĂ©guster pour des palais avides de sensations.

Les produits des terroirs sont l’huile d’Olive, l’huile d’argan et leurs dĂ©rivĂ©s, l’amande, le fromage de chĂšvre, le vin, la fleur d’oranger, le miel, le safran, la rose etc.
 Il y a une implication du MinistĂšre de l’agriculture pour la promotion de ces produits, le plus grand Ă©vĂšnement Ă©tant le Salon de l’Agriculture de MeknĂšs.

Depuis quelques annĂ©es dĂ©jĂ , un petit nombre de coopĂ©ratives se sont mises en place Ă  l’occasion des actions enclenchĂ©es par l’INDH, mais insuffisant si on veut vraiment faire vivre des expĂ©riences aux touristes. Ces points de ventes, souvent en bord de route, ne sont pas crĂ©dibles Ă  mon humble avis et il serait plus judicieux que la dĂ©couverte de ces produits soit faite in situ de maniĂšre Ă  permettre aux petits producteurs de profiter au mieux de leur savoir faire.

La mise en tourisme de nos arriùres pays requiert l’implication des populations locales dans la confection du produit et dans sa commercialisation. Le tourisme rural impose la valorisation du terroir et la mise en place de circuits courts.

D’autant plus que les tendances actuelles s’orientent vers un tourisme Ă©quitable oĂč consommateurs et producteurs se retrouvent. La mise en tourisme nĂ©cessite donc une bonne connaissance des territoires, car il ne s’agit pas de greffer une expĂ©rience venue d’ailleurs, mais de mettre en valeur l’existant avec de l’innovation sans pour autant dĂ©naturer le produit.

Nous avons la chance d’avoir des territoires trĂšs diffĂ©rents de par le relief, la vĂ©gĂ©tation, le climat, la population, le folklore et qui font la richesse de notre offre touristique. C’est aussi autant de destinations Ă  faire dĂ©couvrir par un marketing intelligent et ciblĂ©.

Pour que cette offre soit accessible, il y des pré requis :

  • DĂ©senclaver nos arriĂšres pays en sĂ©curisant et amĂ©nageant les chemins et routes qui y mĂšnent. La mĂȘme Ă©nergie qui a Ă©tĂ© mise pour l’amĂ©nagement du territoire, doit Ă©galement bĂ©nĂ©ficier au monde rural tout en restant dans des constructions qui ne dĂ©notent pas avec l’environnement.
  • Mettre en place des hĂŽpitaux de campagne qui bĂ©nĂ©ficieront en premier lieu aux populations locales, mais rassureront les touristes. On ne parle pas de CHU, mais de dispensaires et d’ambulances pour Ă©vacuer les personnes en cas de besoin et surtout un personnel mĂ©dical pour les premiers soins. Tout ceci existe dĂ©jĂ , dans certaines communes, mais il faudra le gĂ©nĂ©raliser dans tous les territoires Ă  vocation touristique.
  • Utiliser autant que faire ce peut les Ă©nergies renouvelables telles que l’énergie solaire avec des facilitĂ©s pour les agriculteurs dans leur acquisition. Un minimum de confort est requis pour une prestation de qualitĂ©.
  • Enfin, former nos fellahs aux bonnes pratiques pour recevoir et honorer nos visiteurs selon les us et coutumes de la rĂ©gion, car ce qui est recherchĂ© avant tout, c’est l’authenticitĂ©.

Il existe dĂ©jĂ  des territoires qui se sont investis dans le tourisme rural, je citerai la province d’El Haouz prĂ©s de Marrakech, Agadir Ida ou Tanane , FĂšs-MeknĂšs et la RĂ©gion de Zagora pour ne citer que les plus connus, nĂ©anmoins il reste encore beaucoup de possibilitĂ©s pour impliquer ceux qui en ont le plus besoin.

La meilleure expĂ©rience que j‘ai pu vivre personnellement, c’est avec un groupe de touristes internationaux, oĂč nous avons pu visiter une exploitation prĂ©s de MeknĂšs spĂ©cialisĂ©e dans l’olivier et la vigne avec la dĂ©couverte des diffĂ©rents cĂ©pages, la mise en fĂ»ts puis en bouteille des diffĂ©rents crus, la dĂ©gustation des vins, de l’huile d’olive et du fromage. Un pur moment de convivialitĂ© et d’immersion dans le terroir marocain, mais cela reste un grand investissement de dĂ©part et la prestation touristique n’est que la cerise sur le gĂąteau.

Si on pouvait mettre en place des circuits dĂ©diĂ©s au terroir marocain, avec l’implication des petits producteurs qui auront Ă©tĂ© formĂ©s pour accueillir des touristes et leur faire apprĂ©cier les richesses de la rĂ©gion, nous auront tenu nos promesses en matiĂšre d’expĂ©rience Ă  vivre et gagnĂ© la bataille de la lutte contre la prĂ©caritĂ© pour nos fellahs qui peinent pour joindre les deux bouts. Cette prise de conscience ne concerne pas seulement les professionnels du tourisme, mais Ă©galement les Ă©lus et le gouvernement.

Les projets existent mais pour la plus part, ils peinent Ă  voir le jour. Le dernier en date Ă©tant la crĂ©ation d’un cluster intitulĂ© « Art de Vivre Marocain » , annoncĂ© en grande pompes en juillet 2018 par le Ministre du Tourisme , de l’Artisanat et de l’économie Sociale. Un bon concept avec la coopĂ©ration de l’OCDE dont l’objectif de crĂ©er une vĂ©ritable synergie entre les secteurs du Tourisme, de l’artisanat, de l’agriculture et de l’économie sociale et solidaire. Ce projet doit se faire dans la rĂ©gion de Marrakech-Safi, comme territoire pilote, puis dupliquĂ© vers d’autres rĂ©gions. La finalitĂ© d’un tel concept est la crĂ©ation d’emplois par l’implication de tous les acteurs dans la production de valeurs.

3 Commentaires

  1. Merci Fouzi pour la pertinence de tes posts qui nous amÚnent à quelques questionnements et à éclairer ces manques qui bloquent le développement de notre secteur.

    Le tourisme RURAL existe au Maroc depuis des décennies, de maniÚre trÚs spontanée et également organisé. Le tourisme de montagne de désert, nature fait partie du Tourisme rural. Initialisé par le CAF avec ses chalets et refuges en montagne et haute montagne.

    SpĂ©cialistes du Tourisme nature, aventure et rural, nous sommes ravis qu’au plus haut du Pays, Sa MajestĂ© le ROI ai actĂ© et reconnu l’importance de ce secteur comme une prioritĂ©.
    Le tourisme rural au Maroc reprĂ©sente un atout majeur pour notre pays, certes difficile Ă  quantifier, mais surtout se diffusant un peu partout sur notre territoire, donc des retombĂ©es rĂ©parties, aidant au dĂ©veloppement de l’arriĂšre pays, avec le thĂšme Ă©co responsable Ă  condition que les structures soient organisĂ©es.

    Le RDTR est un trĂšs bel exemple de tourisme rural, qui malheureusement n’arrive pas Ă  se dĂ©cupler dans les autres rĂ©gions qu’Agadir ?
    Nous avons besoin d’une assistance de fonctionnaires du MinistĂšre du Tourisme pour lancer le rĂ©seau RDTR dans d’autres contrĂ©es du Maroc, pour fĂ©dĂ©rer les acteurs du rural, isolĂ©s, et trop occupĂ©s Ă  survivre.

    La nouvelle loi concernant les guides de montagne a amené un changement dans leur appellation « guide des espaces naturel », dont rural.
    La reconnaissance de cette profession, n’est pas comprise des autoritĂ©s et surtout du MinistĂšre du Tourisme, car elle nĂ©cessite des spĂ©cialitĂ©s que nous demandons et attendons depuis des dĂ©cennies.
    Ces spécialités avaient été initialisé avec la coopération Française lors des premiÚres années formations suite au projet de Fougerolle il y a plus de 35 ans à Tabant : Escalade, canoning, ski.
    Ces spécialités ont été abandonnées ?
    Nos guides anciennement de montagne, devenus « espace Naturel », n’ont plus le droit d’effectuer l’ascension du Toubkal couvert de neige, ni de faire du Ski, ni canoning, ni VTT
 ?
    Nous sommes dans l’Urgence que ces spĂ©cialitĂ©s soient reconnues et opĂ©rationnelles.

    Chaque jour des centaines de touristes grimpent en haut du Toubkal en Ă©tĂ© comme en hiver, traversent les villages, les pistes et chemins Ă  pied, en VTT Ă  cheval, souhaitent observer les animaux, les oiseaux, les plantes, et partager la vie rurale oĂč l’humain s’est installĂ©.

  2. Combien de fois ais-je entendu dire, Ă  juste titre, que nous avions la chance de disposer d’un pays aux ressources extraordinaires. Et le tourisme rural, au mĂȘme titre que les autres types de tourisme (d’affaires, de loisirs, etc
) aurait effectivement la chance de pouvoir trouver au Maroc toute la latitude d’exprimer leur potentiel.
    En cela qu’aujourd’hui, le « touriste » recherche de plus en plus une expĂ©rience authentique, solidaire et Ă©cologique.
    Malheureusement, nous peinons aujourd’hui Ă  tous les niveaux, Ă  nous doter des ressources et de la gouvernance nĂ©cessaire pour mener Ă  bien de tels projets
!

  3. Le tourisme rural, l’une des thĂ©matiques les plus boudĂ©es en matiĂšre de dĂ©cryptage touristique.
    Sur fond de la rĂ©ussite de votre propre expĂ©rience dans un terroir et dans des conditions humbles mais Ô combien envoĂ»tantes, vous avez Ă©tĂ© bellement inspirĂ© si Fouzi.
    Histoire de revenir un peu sur les fondements de ce segment touristique, sa mise en oeuvre de maniĂšre correcte, autant respectueuse de l’environnement que promotrice d’un tissu Ă©conomique et social local souvent dĂ©cadent.
    Cet article me renvoie comme par hasard Ă  l’une des stratĂ©gies en matiĂšre de tourisme rural dont on n’a fait que rarement objet d’échanges lors de ces derniĂšres annĂ©es, Ă  savoir les PAT (Pays d’Accueil Touristique).
    Une stratégie ministérielle dont la documentation est riche, pour qui souhaiterait en apprendre davantage.

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