L’économie sociale & solidaire: un débat citoyen.

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Le mouvement Les Citoyens, né en février 2016 à Casablanca, se positionne comme un think thank qui puise sa force et son essence dans six valeurs essentielles : L’Equité, l’Egalité des chances, la Prospérité, la Solidarité, le Respect et la Tolérance.

Ce mouvement a organisé le 26 Octobre dernier, un Grand café Citoyen à Marrakech sur la thématique : « L’économie sociale et solidaire, levier de développement pour le Maroc ». Plusieurs acteurs de la société civile Marrakchie, universitaires, chercheurs, enseignants, intellectuels, entrepreneurs, femmes, hommes, jeunes et moins jeunes, ont participé à un débat qui a duré trois heures pleines, échangeant sur leurs expériences personnelles et citant des success Stories en matière d’économie sociale et solidaire. S’en est dégagée une certaine satisfaction et surtout un désir de continuer le débat et d’explorer encore plus le sujet.

Ce thème a d’ailleurs fait l’objet d’une auto saisine par le CESE en Juin 2013, qui a donné lieu à un avis adopté le 26 Février 2015 en assemblée Générale.

Le CESE donne cette définition de l’ESS : « L’économie sociale et solidaire est l’ensemble des activités économiques et sociales organisées sous forme de structures formelles ou de groupements de personnes physiques ou morales avec une finalité d’intérêt collectif et sociétal, indépendantes et jouissant d’une gestion autonome, démocratique et participative et où l’adhésion est libre.

Font aussi partie de l’Economie Sociale et Solidaire toutes les institutions ayant une finalité principalement sociale, proposant de nouveaux modèles économiquement viables et inclusifs en produisant des biens et services centrés sur l’élément Humain et inscrits dans le développement durable et la lutte contre l’exclusion. »

Depuis toujours, le secteur du tourisme, et plus particulièrement les agents de voyages et les guides, a participé au développement de l’ESS partant d’actions dictées par le besoin de proposer aux touristes des expériences exceptionnelles à partager avec les populations locales dans le respect de la dignité et la reconnaissance de l’autre. Un vivre ensemble qui peut durer deux heures ou une semaine et qui donne au touriste la sensation d’agir de manière responsable, durable et participative.

Cela a permis de développer un grand nombre d’activités génératrices de revenus et d’emplois, surtout en milieu rural telles que les coopératives d’huile d’argan, de tapisseries, de vanniers et d’autres métiers artisanaux. Le tourisme a également a développé le concept « chez l’habitant » qui consiste à partager le gite et le couvert, moyennant une rémunération donnée de main à la main aux villageois qui acceptent de recevoir des touristes. Une manière de faire profiter l’arrière pays des bienfaits du tourisme.

Ces activités méritent d’être encadrées et organisées dans une attitude citoyenne car outre le fait qu’elles soient génératrices de revenus, il faudrait également qu’elles puissent participer au développement local, voir national. En clair participer à l’assiette fiscale même de manière symbolique, ainsi elles pourraient se distinguer de l’informel et œuvrer dans la légalité. Ce qui n’est malheureusement pas le cas  aujourd’hui.

Pour que cette économie bénéficie du label social et solidaire, il faut éviter qu’elle n’agisse en économie souterraine, car dans ce cas elle procède à la destruction d’un grand nombre de valeurs, notamment du travail, de la protection sociale et la construction d’une société responsable et solidaire.

La digitalisation a accéléré le mode de distribution et permis au régions les plus enclavées de s’ouvrir sur le monde. Par la grâce de la géolocalisation et l’intermédiaire d’une application Smartphone, n’importe qui peut proposer n’importe quoi sur la toile et être assuré à moindre cout de commercialiser son produit. ( Google Map & VIATOR)

On assiste ainsi à la naissance de l’économie collaborative dont l’exemple le plus frappant se trouve être UBER, la célèbre plateforme de réservation de voitures avec chauffeur qui concurrence les taxis. D’autres plateformes, toujours sous couvert d’économie collaborative, développent une organisation plus horizontale que verticale s’appuyant sur la mutualisation des biens, des espaces et des outils.

AIRBNB est entrain de révolutionner la notion d’hébergement touristique avec sa formule « Chez l’Habitant » semant le trouble chez les hôteliers et tous les types d’hébergements conventionnels, y compris nos Riads et maison d’hôtes, qui se trouvent confrontés à un phénomène qui prend de l’ampleur et qui semble plaire à une clientèle en recherche d’authenticité.

Toutes ses Startups engrangent d’énormes  bénéfices se servant la plupart du temps de structures personnelles et individuelles qui trouvent par là un moyen de s’assurer des entrées d’argent faciles qui à la longue finiront par mettre en difficulté l’économie traditionnelle si ce n’est pas déjà le cas.

Y a t il un lien entre l’économie sociale et solidaire et celle dite collaborative ? Certainement que la crise économique et financière de 2008 y est pour quelque chose. Dans tous les cas, au Maroc il faudra une prise de conscience sérieuse face à ce phénomène qui risque d’impacter les recettes fiscales et remettre en cause les équilibres sociaux économiques du Royaume.

Author: Fouzi ZEMRANI

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1 Comment

  1. C’est pour cette raison qu’a été créé le projet AMDGJB Géoparc Jbel Bani Anti Atlas, Association Marocaine de Développement du Géoparc du Jbel Bani, Projet pilote, inter régional, déterminant avec chartes Géo touristique et Charte d’Ethique à l’appui, des normes et règles permettant de structurer aux niveaux locaux, provinciaux et régionaux l’intégration d’une économie sociétale et solidaire dans l’accompagnement d’un tel processus auprès des élus dans le cadre des mises en place de la Régionalisation avancée.
    Ce Géoparc Jbel Bani avec le RTDGJB, Réseau du Tourisme Durable du GJB, fort de 42 circuits inter régionaux et de 3700 chambres touristiquement agréées aux départ de 4 aéroports, en partenariat avec les professionnels, élus et Institutionnels, Hautes écoles et Universités, s’engagent à mettre en œuvre des plans d’actions locaux s’accommodant à l’économie circulaire, la comptabilité verte avec pour objectifs les projets générateurs de revenus et créations d’emplois d’une part, s’attachant à définir scientifiquement les repères patrimoniaux et les outils afin de trouver les formulations de mesures et d’évaluations du capital matériel et immatériel de ces régions trop souvent oubliées et appelées à devenir des actrices d’un développement .national par valorisation de leur identité d’autre part.

    http://www.amdgjb.org http://www.geoparcjbelbani.com http://www.portailsudmaroc.com
    Patrick Simon Président AMDGJB

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