Le déconfinement aura un prix.

Dans deux jours, nous allons certainement déconfiner sauf surprise de dernière minute ce qui mettrait encore plus à mal l’économie de notre pays tous secteurs confondus. Les professionnels du tourisme s’y préparent de manière très sérieuse en appliquant à la lettre les mesures sanitaires élaborées par le ministère du tourisme et qui concernent toute la chaine de valeur touristique, à savoir l’hébergement, la restauration, la distribution et l’accompagnement. Pour ce qui est du transport touristique, le recueil des mesures est en cours de réalisation, ce dernier étant sous la tutelle de deux ministères ( Transport et Tourisme).

Il est important aujourd’hui de s’assurer de la sécurité sanitaire des touristes, qu’ils soient internationaux ou locaux. Le procèssus est le même pour tous et cela relève du parcours du combattant en matière de nouvelle expérience voyage, car il faut le dire, plus rien ne sera comme avant et ce que nous allons proposer à nos clients sera inédit. La question que l’on se pose aujourd’hui est : Supporteront ils toutes les mesures barrières qui seront imposées et pourront ils apprécier leur séjour avec toutes les contraintes ?

Commençons par l’avion et les formalités aéroportuaires: avec l’anxiété qui s’est développée face à ce virus invisible, tout le monde devient suspect et se retrouver avec des inconnus dans un avion pendant plus de 2h30 minutes relève d’une gageure même si les mesures de distanciations sont appliquées par les compagnies aériennes, sachant que valeur aujourd’hui certaines compagnies refusent de sacrifier des sièges pour raison de rentabilité.

Ce n’est pas tellement le masque ou le gel hydro alcoolique qui posent problème aujourd’hui, tout le monde a fini par les accepter ou les supporter, mais on doit faire attention à tout ce que nous touchons ou effleurons lorsqu’on doit se déplacer dans une cabine d’avion et notamment durant l’embarquement et le débarquement.

Au niveau des aéroports, il faudra certainement se rendre plusieurs heures avant le vol  pour passer toute la batteries de tests qui seront imposés dont le plus simple est la prise de températures, mais imaginons que l’on fasse passer ce fameux test qui donne un résultat au bout de 50 mn, quel temps faudra-t-il  pour tester 130 passagers ?

A l’arrivée à destination, le véhicule en charge de transférer les touristes lui aussi aura été désinfecté  avec minutie. A noter que ce véhicule sera exploité à 50% de sa capacité afin de respecter les mesures de distanciation, enfin le chauffeur et éventuellement le guide auront passé le test indiquant qu’ils ne sont pas porteurs du virus.

Un petit mot concernant le test dont on ne connait pas encore le prix,(on parle de 300 dh à 600 dh) est ce vraiment utile ? On peut être testé négatif et chopper le virus juste après le test. Il faudrait en fait le faire toute les quatorzaines ( Période d’incubation) et ce jusqu’à la découverte du vaccin. C’est un budget, sera-t-il remboursable par la CNSS au même titre qu’une maladie longue durée ? Prise en charge par le salarié ou l’entreprise ?

Puis ce sera l’arrivée dans le lieu d’hébergement, hôtel, Riad ou maison d’hôtes, le protocole est le même : pas de contact physique, on se salue de loin, on désinfecte les bagages, check in via mobile nécessaire et remise de clé désinfectée voire possibilité d’ouvrir sa chambre avec son smartphone ( Si si , cela existe déjà ! ) . Toutes les infos seront sur code QR à scanner dés l’arrivée, avec l’horaire des repas, les activités excursions ou autres. Le passage au digital semble incontournable et toutes les unités s’y mettent. Là aussi et au niveau des locaux communs, toutes les capacités ne pourront être exploitées à 100% : Restaurants, bars, piscines, salles de réunions, sauna, hammam, salle de sports etc….distanciation oblige.

Quid des musées, monuments historiques, shopping center, discothèques, restaurants, parc de loisirs et autres lieux qui font partie du parcourt client ? Exploitation réduite et mesures barrières au maximum, il sera très difficile de la jouer « vivre ensemble » ce sera plutôt « méfions-nous les uns des autres ». Du coup est ce encore des vacances ? D’autant plus , que toutes ces mesures et restrictions pèseront sur les prestataires et sur les clients, financièrement cela s’entend.

Alors, si on est tous d’accord que le confinement a eu un coût, acceptons que le déconfinement aura un prix ! Qui doit payer ?  

Author: Fouzi ZEMRANI

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6 Comments

  1. Bonjour Si Fouzi

    je serais curieuse de votre relecture de cet article, maintenant que nous sommes réellement en période post-confinement.

    En particulier sur l’acceptation par « tous » des mesures de base comme le gel et le port du masque, qui auraient pu peut-être alléger les contrôles plus lourds et le dépistage. Je suis affolée par le laisser aller des gens – qui n’est pas spécifique au Maroc, on voit ça partout.

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  2. Eloquent et concis décryptage comme à vos habitudes. En évoquant la question des gestes-barrières et des coûts supplémentaires qu’ils engendreraient pour certaines composantes de la chaîne touristique : Avec toute la bonne volonté du Monde, est-ce que tous ces acteurs pourraient-ils supporter les coûts de mise en place de ces dispositifs dans leurs métiers respectifs? Certains auront à payer le prix fort pour ce faire, d’autres verront leur trésorerie grevée, et certains broieront du noir avec le temps sous le spectre de la banqueroute.

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  3. C’est sûr qu’après de déconfinement il y a un prix à payer et tous les secteurs sont conscient des mesures de protection à suivre, mais il faut ou du mois je pense le prix à payer serait subventionnés en partie par l’État car d’abord ces derniers sont dans un état financier critique et aussi pour les encourager à instaurer ces mesures et les respecter. Une chose est sûre c’est qui il y’aurait des dégâts économiques et nulle n’a une vision claire de son ampleur, en tout cas il faut que tout le monde s’y met pour mener à bien ce après déconfinement

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  4. Question de coût et surtout d’organisation, de visibilité adaptée à une hygiène draconienne, et comment faire pour que de l’hôtel 5* (structuré et avec des grands moyens), l’hôtellerie moyen gamme, riads et Maisons d’hôtes avec 5 chambres, auberge non classée à la lisière du désert et gîtes chez l’habitant au coeur de l’Atlas ?
    Hygiène de base soit dispatchée sur le territoire, formation, application, contrôles et dans qu’elle fréquence.
    Transport, facile à gérer pour les VIP, et pour transport indépendant ?
    Taxis grands et petits doivent aussi protéger leurs clients nationaux et étrangers,
    Bus grands lignes CTM Supratours plus facile que les bus ordinaire. Interdira-ton l’accès à ces bus aux étrangers, aux Nationaux ?
    Compliqué l’histoire…

    Aucune visibilité d’un label pour toutes les catégories.

    Contrôler par test l’équipe d’un hôtel ne sert à rien si le caléchier, le vendeur de brochette à Jema El Fna et le petit taxi et le bus ordinaire ne l’est pas, car l’employé d’un hôtel utilise les transports public pour se rendre à son djob, il habite un quartier où la distanciation est impossible.

    Véritable casse tête et application pour l’état et pour nous tous.

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  5. Ce sera certainement le client, cher Fouzi, car ce secteur rentre dans le cadre des loisirs. D’où, je pense une baisse du volume probable, soit en nombre de personnes, soit en niveau moyen de consommation par touriste ou baisse de durée moyenne de séjour. Les états dans le monde entier vont aider l’offre, par le soutient aux professionnels, mais je ne pense pas qu’il iront jusqu’à subventionner les voyages à l’étranger de leurs ressortissants.

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    • Non, ce qui est demandé à l’état aujourd’hui c’est de soutenir la demande pour les nationaux avec une aide aux vacances et pour les étrangers, une promotion agressive sur leurs marchés.
      Le choc de la demande a été destructeur.

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