
Nâayant pas suffisamment dâĂ©lĂ©ments sur sa mise en Ćuvre ni son pĂ©rimĂštre dâexĂ©cution, je mâĂ©tais nĂ©anmoins fendu dâun post dĂ©s le 18 novembre, pour en rappeler lâorigine et surtout le bien fondĂ© de son existence depuis 1980: doter lâONMT dâun budget consĂ©quent pour faire la promotion de la destination Maroc.
Dans ma rĂ©flexion, jâai parlĂ© de son Ă©largissement et son recouvrement Ă la sortie des frontiĂšres par tous les voyageurs par soucis dâĂ©quitĂ©.
Depuis, la presse sâest quelque peu lĂąchĂ©e sur cette taxe se basant sur des analyses plus ou moins crĂ©dibles pour jeter le doute sur son bien fondĂ©. DerniĂšrement, câest un long courrier de lâIATA datĂ© du 20 dĂ©cembre dernier et normalement adressĂ© au Ministre du Tourisme qui remet e lâhuile sur le feu.
Je ne sais par quel miracle et pour quel dessein, ce courrier a Ă©tĂ© largement diffusĂ© dĂ©s Mercredi 15 janvier au soir ( Jour FĂ©riĂ© ) Ă plusieurs rĂ©dactions de la place et relayĂ© dĂ©s Jeudi matin par la presse Ă©crite et parlĂ©e : Le Matin, LâEconomiste, Radio Atlantic.
On y parle de la perte de 1,1 milliard de dirhams pour lâĂ©conomie nationale, de 13 000 emplois et de quelques 104 000 touristes par an. Donc si on croit lâIATA, cette mesure sensĂ©e booster le tourisme national va plutĂŽt le plomber et de maniĂšre radicale? On y parle Ă©galement de violation dâaccords sur les politiques de lâOACI, de taxes discriminatoires et de double imposition.
Le premier Ă rĂ©agir et le jour mĂȘme, a Ă©tĂ© Le Ministre de lâEconomie et des Finances, dans un entretien exclusif Ă Tourismapost, Monsieur Boussaid explique que cette taxe va stabiliser le budget du secteur du tourisme, secteur quâil connait bien pour en avoir Ă©tĂ© Ministre de 2007 Ă 2010. Il a eut Ă mettre en place un budget exceptionnel pour la promotion du tourisme dĂ©s les prĂ©mices de la crise Ă©conomique et financiĂšre quâil a eut Ă gĂ©rer. Tous les professionnels doivent encore se rappeler de « CAP 2009 », quand les marchĂ©s ont commencĂ© Ă sâĂ©crouler les uns aprĂšs les autres et que nous devions maintenir le cap et sauver la destination Maroc.
Quand au MinistĂšre du Tourisme, dans son communiquĂ© du 17 Janvier, il sâinscrit en faux quand Ă la rĂ©ception mĂȘme de ce courrier de la part de lâIATA. Il prĂ©cise « que ni le MinistĂšre du tourisme, ni le MinistĂšre de lâEconomie et des Finances, ni celui de lâEquipement et des Transports, nâont reçu ladite correspondance, Ă laquelle, le Gouvernement marocain nâaurait pas manquĂ© de donner suite, avec toutes les prĂ©cisions et tous les Ă©lĂ©ments dâinformation nĂ©cessaires, dans un esprit constructif et de partenariat qui a toujours prĂ©valu dans les relations avec les organisations internationales »
On en dĂ©duit donc, que seul le PDG de la RAM, Ă©galement en ampliation de cette correspondance  supposĂ©e confidentielle et devenue publique aujourdâhui, Ă©tait au courant depuis le 20 DĂ©cembre de cette mise en garde. Il nâest pas citĂ© dans le communiquĂ© du MinistĂšre !
Dans ce cas, comment ne sâen est il pas inquiĂ©tĂ© auprĂšs de son Ministre de Tutelle, voire du Gouvernement qui comme chacun le sait aujourdâhui est le principal bailleur de fonds de la RAM? Nâa t il pas renflouĂ© ses caisses et autorisĂ© un plan social consĂ©quent? Est il Ă ce point inconscient au risque de mettre en pĂ©ril une compagnie dont il est le principal actionnaire?
Nous Ă©tions tous au courant des rumeurs concernant des compagnies lowcost (Ryanair & Easy Jet) au sujet de cette taxe, de leur supposĂ©e rĂ©duction de voilure et de leur inquiĂ©tude quant Ă son impact sur le prix du billet. Sachant que ces compagnies pratiquent de prix trĂšs bas, il est clair que 9⏠sur un billet qui dĂ©marre Ă 20⏠peut sembler excessif. Leur inquiĂ©tude peut paraitre lĂ©gitime, si effectivement elles devaient sâacquitter de cette taxe. Or, ce nâest pas le cas, car il faut juste rappeler que câest le passager qui la paye en dĂ©finitif. Et dans le cadre dâun sĂ©jour au Maroc, cette somme est vraiment marginale.
Concernant les compagnies rĂ©guliĂšres membres de lâIATA, nous Ă©tions loin de penser que cette taxe Ă©tait Ă mĂȘme dâaffecter leur Ă©quilibre financier qui semble dĂ©jĂ prĂ©caire si on en croit lâIATA? Si le prix moyen dâun billet pour le Maroc est de 547$, soit 410⏠sur une compagnie rĂ©guliĂšre et que pour 9âŹ, un touriste risque dâannuler son voyage, on est en mesure de se poser des questions sur lâattractivitĂ© de notre destination et lâavenir de notre tourisme?
Nâen dĂ©plaise aux dĂ©tracteurs de cette initiative, je suis intimement convaincu que si on doit faire une Ă©valuation sincĂšre sur les effets de cette taxe, on se rendra rapidement compte quâelle ne pourra faire que du bien pour le tourisme donc pour le pays. Reste quâil faudra ĂȘtre trĂšs vigilant quand Ă son utilisation pour la partie qui concerne la promotion du Tourisme.(50%)
Pour mettre fin Ă ce qui a Ă©tĂ© qualifiĂ© comme une tempĂȘte dans un verre dâeau, il est urgent de se mettre autour dâune table, public et privĂ©, pour la mise en place de cette taxe, maintenant quâelle a Ă©tĂ© validĂ©e par les deux chambres. Toutes les compĂ©tences sont les bienvenues et personne ne peut se prĂ©valoir dâĂȘtre le plus qualifiĂ© en la matiĂšre.
Ton analyse Fouzi est parfaite puisquâaprĂšs recherches, tu tâes mis du cĂŽtĂ© de lâadministration! Sauf quâil ne faut oublier que le tourisme de masse qui intĂ©resse ou sâintĂ©resse Ă quelques rĂ©gions de notre pays est sous les griffes des grands tour opĂ©rateurs Ă©trangers avec lesquels, notre ministĂšre de tutelle est en relation Ă©troite pour la promotion de la destination Maroc. Puisquâil lui est mĂȘme arrivĂ©, par le passĂ©, de subventionner les siĂšges vides. Alors que ces mĂȘmes T.O gĂšrent aussi bien leur propre flotte dâavions, quâils bĂ©nĂ©ficient de leurs propres rĂ©seaux de commercialisation des produits touristiques et quâils peuvent facilement influencer les clients, en leur proposant dâautres destinations, leur position ne devrait pas ĂȘtre totalement ignorĂ©e. Lorsque les taxes sont purement spĂ©cifiques Ă un pays, cela peut dĂ©ranger IATA car elle veut garder la main mise sur le transport aĂ©rien dont dĂ©pend sa survie ou celle de ses membres adhĂ©rents dont les compagnies aĂ©riennes. Dans ce cas, je pense que la vigilance est Ă rappeler!
Cher Fouzi,Je ne suis pas tout a fait dâaccord sur ton analyse. Il ne sâagit pas dâĂ©valuer la faisabilitĂ© et les retombĂ©s de cette taxe ( elles sont Ă©videntes ), le problĂšme est dans la maniĂšre avec laquelle cette taxe a Ă©tĂ© adoptĂ© et va ĂȘtre imposĂ© aux consommateurs. OĂč est le respect du droit Ă lâinformation garantit par la constitution ? OĂč est le principe du partenariat public privĂ© ?
Cette taxe rĂ©vĂšle,de la part des instigateurs et de tous ceux qui Ă©taient dans la confidence dâun manque de respect des principes dĂ©mocratiques garants dâun Ă©tat de droit.
Câest rĂ©vĂ©lateur aussi, de lire les rĂ©actions du prĂ©sident de la RAM ( Entreprise nationale ) sur les colonnes des quotidiens sâinquiĂ©tant des incidences Ă©conomiques de cette mesure sur la rentabilitĂ© de la compagnie nationale et menaçant de ne plus soutenir en tant que sponsor les manifestations culturelles et sportives .(DrĂŽle de lobying).
Surprenant aussi de ne pas entendre la position du Ministre du Transport et celui du Commerce et de lâIndustrie, qui devaient en principe ĂȘtre dans la confidence de lâamendement.
Regrettable aussi , la maniĂšre avec laquelle a Ă©tĂ© traitĂ© la polĂ©mique par les journalistes , qui se sont contentĂ©s par relayer lâinformation, et quelques positions dâagents de voyages opposĂ©s Ă cette mesure, sans analyser la mesure et dĂ©plorer le manque de concertations qui lâa caractĂ©risĂ©.
Navrant aussi,lâimmobilisme et le silence de nos responsables fĂ©dĂ©raux, qui ont applaudit Ă la mesure et qui ne se sont mĂȘme pas posĂ© la question sur le sens de leurs responsabilitĂ©s.
Dans toute cette histoire , le plus grave, câest la mise en garde de lâIATA .
De quelle droit sâĂ©misse t-elle dans les dĂ©cisions dâun Ă©tat souverain ? Qui lâa mandatĂ© ?
lâIATA est une association internationale des compagnies AĂ©riennes,elle dĂ©fend farouchement et uniquement les intĂ©rĂȘts de ces dernieres,elle nâest le porte parole ni de lâONU , ni de lâOMC ni de quelconque autre organisation internationale.
Alors comment a tâelle osĂ© Ă©crire ce courrier , faire croire quâelle lâa fait parvenir a 4 dĂ©partement avant lâadoption de la mesure par la 2Ăšme chambre ? et si Le ministre du Tourisme dit vrai (et je ne peux que le croire ) qui a transmis le courrier et ses annexes aux journaux et pas aux moindres ?
On est en droit de se poser ces questions .
Toute cette cacophonie, cher Fouzi me dĂ©sole. Câest le rĂ©sultat de dĂ©cisions Ă la va vite , câest comme tu dis souvent câest le rĂ©sultat du panic-management.
Pour toutes ces raisons, je partage ta conclusion de mettre autour dâune table tout les parties concernĂ©es pour en parler sereinement et dĂ©cider ensemble de son avenir et des modalitĂ©s .
Cher Karim,
Si je me pose la mĂȘme question que toi sur celui ou celui qui trouve un intĂ©rĂȘt Ă diffuser cette « supposĂ©e lettre de IATA », je ne peux quâĂȘtre en dĂ©saccord avec certaines autres interrogations que tu as Ă©voquĂ©.
Dâabord, cette proposition vient des professionnels eux mĂȘmes, il y a plusieurs annĂ©es dĂ©jà ⊠Elle a Ă©tĂ© proposĂ©e par la FNT, relayĂ©e par le CRT dâAgadir⊠Certes, le ministre lâa repris Ă travers son projet dâamendement⊠tant mieux⊠Mais Je me rappelle de plusieurs rĂ©unions ou elle a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e avant que le projet dâamendement ne soit proposĂ©. Par contre, sur les modalitĂ©s dâapplication, Oui, une concertation prĂ©alable est primordiale, particuliĂšrement avec la FNAVM. Il en est de mĂȘme sur la maniĂšre dont ces fonds seront employĂ©s⊠Mais lĂ , nous sommes dans le Conseil dâAdministration de lâOffice⊠et en la personne de M. ZOUITEN, nous savons tous que nous avons une personne qui est Ă lâĂ©coute⊠A nous de faire des propositions.
Pour ce qui est du droit Ă lâinformation, il est toujours garanti⊠mais il ne peut y avoir dâinformation sur quelque chose qui nâest pas encore arrĂȘtĂ©e (Je parle des modalitĂ©s dâapplication)âŠ
Enfin, en ce qui concerne la rĂ©action des autres composantes du gouvernement⊠MinistĂšre du Transport, du Commerce et lâIndustrie⊠je crois quâil est naturel que tout le monde ne se mette pas Ă communiquer⊠Car comme le dit si bien le ministre des Finances, câest une tempĂȘte dans un verre dâeau⊠et nous lui donnons plus dâimportance quâelle ne mĂ©riteâŠ
LâAvenir nous dira si nous avions raison ou pas⊠Mais ne restons pas les bras croisĂ©s⊠Essayons dâĂȘtre Unis⊠de donner une image autre que celle avec laquelle certains nous cataloguent aujourdâhui⊠Ce nâest certainement pas Ă toi que je vais le dire⊠Tu es le plus ardent des dĂ©fenseurs de notre corporation et de notre secteur
Cher Karim,
Jâattire ton attention sur le fait que cette taxe a Ă©tĂ© validĂ©e par les deux chambres. Que ce soit les parlementaires ou les sĂ©nateurs, ne sont ils pas les reprĂ©sentants des consommateurs ? Sâils ont jugĂ©s de lâopportunitĂ© dâune telle taxe et de sa mise en Ćuvre nous ne pouvons quâobtempĂ©rer. Sur la concertation avec le privĂ©, la CNT confirme avoir dĂ©battu de cette taxe et entĂ©rinĂ© son bien fondĂ©.
Maintenant, sur la maniĂšre dont a Ă©tĂ© traitĂ© mĂ©diatiquement cette affaire, le moins que lâon puisse dire est que cela manque dâĂ©thique et de professionnalisme.
Bravo Si Fouzi pour cette analyse
Bravo Fouzi pour la pertinence de ton Analyse dont je partage chaque mot, tout comme dâailleurs par la majeure partie de la profession pour ne pas dire toute.
Certes, aucune taxe nâest agrĂ©able Ă proposer, mais dans un contexte de difficultĂ©s des finances publiques, au moment oĂč le budget de la promotion de notre destination est 6 fois infĂ©rieur Ă ce quâil devrait ĂȘtre, il est naturel dâenvisager toutes les pistes possibles pour amĂ©liorer ce budget et sâinscrire dans un cercle vertueux: Plus de moyens, plus de promotion, plus de touristes, et donc plus de moyensâŠ
Nâen dĂ©plaise Ă certains, les prochains jours ou semaines, confirmeront je lâespĂšre que Nous, Public et PrivĂ©, avions raison.
Cela dit, jâai deux messages que je souhaiterais partager Ă travers ton blog:
1/ Un travail de sensibilisation et de communication est primordial aujourdâhui, tant en interne, quâĂ lâinternational⊠Il doit se faire au plus Vite
2/ Mobilisons nous Tous, en One Team⊠Il en va de notre intĂ©rĂȘt Ă tous.
A bon entendeur, SalutâŠ
EntiĂšrement dâaccord avec votre point de vue si Fouzi.
Dâailleurs, la rĂ©ponse du ministĂšre de tutelle Ă la correspondance de lâIATA du 20 DĂ©cembre 2013 â rendue publique tout rĂ©cemment â est on ne peut plus convaincante.
En aĂ©rien, la structure tarifaire dâun billet dâavion est composĂ©e tout naturellement dâun tarif de base + diffĂ©rentes taxes! (dont le total dĂ©passe gĂ©nĂ©ralement ledit tarif de base).
A mon sens, les neuf euros par passager passeront inaperçues, mĂȘme y Ă©tant incluses.
Il serait dâautant plus aberrant de croire, dur comme fer, que cette taxe serait en mesure de dissuader le touriste Ă lâidĂ©e dâopter pour un sĂ©jour au Maroc. HonnĂȘtement, qui sâen souciera ??
A trop en parler, ce sujet deviendra Ă la longue, des plus fades. Le Maroc nâest pas le seul pays Ă mettre en place une taxe aĂ©rienne, Pardi !
Bravo Si Fouzi encore une fois pour cette analyse et le recap de cette affaire⊠câest vraiment le sujet fort du moment. Malheureusement, il y a beaucoup de zones dâombre dans cette affaire. TrĂ©s bien Ă©crit !