
Et pourtant, la stratĂ©gie 2020, telle quâelle a Ă©tĂ© Ă©crite dans le contrat programme national et signĂ©e devant Sa majestĂ©, repose en particulier sur une meilleure gouvernance du secteur du Tourisme Ă tous les Ă©chelons afin que la mutualisation des moyens et lâoptimisation des outils ne soient pas un vain mot.
La notion de territoire touristique transcende le dĂ©coupage administratif en ce sens, que les potentialitĂ©s touristiques, câest Ă dire les atouts Ă mĂȘme dâĂȘtre une force dâattractivitĂ© pour le territoire, ne se limitent pas Ă ses frontiĂšres administratives. De ce fait, un territoire peut ĂȘtre Ă©talĂ© sur deux ou plusieurs rĂ©gions qui ont en commun un segment ou une niche et peuvent ĂȘtre marquetĂ©s dans le but de proposer une offre marocaine complĂ©mentaire et diversifiĂ©e.
Cette approche fera que le touriste pourra revenir plusieurs fois au Maroc, mais pour dĂ©couvrir Ă chaque fois un nouveau produit. Tout le monde sait aujourdâhui que le taux de retour est un facteur important dans la pĂ©rennité dâune destination.
Il est vrai que le Maroc sâest Ă©galement engagĂ© dans la voie dâune rĂ©gionalisation avancĂ©e, dont les grandes lignes ont Ă©tĂ© tracĂ©e lors du discours Royal du 9 Mars 2011. A la relecture de ce discours, on constate que la rĂ©gionalisation tient compte de la vision 2020 du tourisme notamment dans ces principes fondamentaux : « SolidaritĂ© nationale entre et avec les rĂ©gionsâŠ.. une rĂ©gionalisation fondĂ©e sur une bonne gouvernance propre Ă garantir une nouvelle rĂ©partition Ă©quitable non seulement des attributions, mais Ă©galement des moyens entre le centre et les rĂ©gions »
Pour ma part, je ne vois aucune contradiction entre la gouvernance dans le secteur du tourisme et celle au niveau des régions si tout le monde confÚre au secteur son statut de levier économique et social.
Au moment oĂč la majoritĂ© des CPR ont Ă©tĂ© signĂ©, rien ne sâoppose Ă mettre en place une gouvernance territoriale Ă mĂȘme de piloter ces contrats programmes dans laquelle seront reprĂ©sentĂ©s les signataires Ă savoir les Walis, les Maires, les PrĂ©sidents de rĂ©gions et les reprĂ©sentants des professionnels.
Pour respecter lâesprit de la rĂ©gionalisation avancĂ©e, il suffira dâadapter la composition de lâADT en terme de reprĂ©sentativitĂ© et la doter des moyens humains et financiers nĂ©cessaires et suffisants pour la mise en Ćuvre des contrats programmes.
La derniĂšre convention signĂ©e Ă Marrakech et instituant un fonds rĂ©gional dĂ©diĂ© Ă la promotion du Tourisme est en soi une nouvelle conception de la politique touristique rĂ©gionale. Câest le rĂ©sultat dâune vĂ©ritable concertation entre les Ă©lus et les professionnels conscients du rĂŽle jouĂ© par le tourisme dans leur rĂ©gion. Il se trouve que câest la seule rĂ©gion du Maroc oĂč le Territoire touristique et la RĂ©gion administrative ne font qâun. Ne serait il pas judicieux de laisser les acteurs rĂ©gionaux rĂ©flĂ©chir ensemble et proposer un modĂšle de gouvernance rĂ©gionale?
Enfin, ne serait ce pas le moment de mettre en place la fameuse Haute AutoritĂ© du Tourisme? A lâheure oĂč le budget du secteur a Ă©tĂ© rabotĂ©, oĂč la mise en place dâune taxe de promotion touristique fait grincer des dents, oĂč le tourisme ne semble plus ĂȘtre la prioritĂ© du gouvernement, cette instance devient urgente et incontournable.
Vos commentaires pour alimenter le dĂ©bat sont indispensables, ce post compte beaucoup sur vos rĂ©actions car on ne peut plus se payer le luxe du wait and seeâŠ.les interpelĂ©s se reconnaitront.
Bravo pour ces reflexions , mais à mon avis la gouvernance oui ;mais ce qui manque le plus c »est la concertation entre les differents operateurs concernés par le tourisme et à mon sens ils sont nombreux car le tourisme est le seul secteur qui concerne presque tous les autres.
A titre dâexemple : la sĂ©curitĂ©,la santĂ©,le transport tant aerien que terrestre (lĂ je dirais :y a t il un dialogue entre la RAM et les acteurs touristiques ministĂšre tourisme , professionnels) je ne le pense pas car pas de transport aerien pas de tourisme vue la situation geographique du Maroc vis a vis des pays Ă©metteurs.
Une fois pour toutes pouvons nous arreter une strategie commune et la faire respecter par tout le monde avec des objectifs et des engagements.
Unissons nos efforts et nous devons y arriver
Bonsoir Fouzi,
Tes articles devenant un rituel dominical de beaucoup dâentre nous, qui vivons dans le microcosme du tourisme, celui de cette semaine est on ne peut plus pertinent. Il est dâautant plus dâactualitĂ© puisquâil traite dâune thĂ©matique qui nous interpelle et qui est un facteur clĂ© de la vision 2020, mais dans laquelle nous avançons peut ĂȘtre plus lentement que nous ne devrions, ou que nous ne pourrions faire.
Jâai quelques Ă©lĂ©ments de rĂ©flexions que jâaimerais partager avec vous:
Dâabord, ce nâest pas la rĂ©gionalisation qui tient compte de la vision 2020, mais plutĂŽt lâinverse. La rĂ©flexion autour de la rĂ©gionalisation avancĂ©e a toujours Ă©tĂ© au cĆur de la rĂ©flexion des concepteurs de la nouvelle feuille de route dĂ©cennale du secteur⊠au point que le tourisme, devait ĂȘtre un des premiers laboratoires de la mise en oeuvre de cette politique nationale, dont les contours Ă lâĂ©poque nâĂ©taient pas tout Ă fait dĂ©finis.
Sur la Haute AutoritĂ© du Tourisme. Plus que jamais, elle devient une nĂ©cessitĂ© et une urgence pour le secteur. Dâabord pour toutes les raisons que tu as citĂ© dans ton article et que je partage complĂštement, mais aussi pour Ă©viter les erreurs de la Vision 2010 oĂč la gouvernance nous a fait dĂ©faut et oĂč on a du accoucher dâun bĂ©bĂ© diffĂ©rent de celui auquel on sâattendait⊠La mise en place rapide de cette instance sera Ă mĂȘme dâorienter les dĂ©cisions stratĂ©giques de notre secteur et permettra, Ă brĂšve Ă©chĂ©ance, grĂące Ă la prĂ©sence des professionnels avec leur tutelle autour de plusieurs dĂ©partements ministĂ©riels, de proposer les solutions idoines pour faire face Ă la crise prolongĂ©e que vit notre secteur: AĂ©rien, Promotion, InvestissementsâŠ
Sur les ADT, nous nâinsisterons jamais assez sur le rĂŽle primordial que devraient jouer les professionnels privĂ©s locaux aux cĂŽtĂ©s des Ă©lus pour assurer une vĂ©ritable synergie entre les diffĂ©rentes forces au niveau rĂ©gional. Une telle prĂ©sence est de nature Ă faire de ces organismes, un espace dâĂ©changes et dâĂ©laboration de vrais outils de marketing territorial qui sera dâautant plus dotĂ© de moyens humains et financiers Ă la hauteur de nos ambitions. Cette architecture serait dâailleurs en parfaite adĂ©quation avec le projet de RĂ©gionalisation AvancĂ©e et du Partenariat Public PrivĂ© garanti par notre nouvelle constitution.
Bonne semaine Ă Tous
Bonsoir Si Fouzi. Merci pour votre post.
Je ne vois pas trop jusquâĂ quelle limite va-t-on repousser la concrĂ©tisation des diffĂ©rents actions inhĂ©rentes au chantier « Gouvernance » : Les huit territoires touristiques ayant Ă©tĂ© dĂ©finis, ce qui est un bon premier pas (en phase avec le concept de rĂ©gionalisation), lâannĂ©e Ă©coulĂ©e ayant connu la signature des CPR (le dernier en date Ă©tant celui de Casablanca, reste par consĂ©quent la feuille de route de la rĂ©gion de Rabat non encore validĂ©e Ă ce jour).
En mĂȘme temps, ces actions ont certes pris du temps depuis la signature du Contrat Programme national Vision 2020. Or, il a fallu sây mettre aussitĂŽt !
A mon avis, ce chantier a pris beaucoup de retard, ça ne sert Ă rien de se lamenter sur cette donne. La situation est telle quâil faudra mettre les bouchĂ©es doubles sur le restant des dispositifs Ă exĂ©cuter pour le bon dĂ©ploiement de la Vision 2020: la mise en place des Agences de dĂ©veloppement touristique (ADT) et de la Haute AutoritĂ© Touristique devront se faire incessamment! rĂ©ellement (avec tous les moyens humains et financiers requis, que vous avez bien notĂ© dans votre analyse dâailleurs). La mise en place des bases du chantier « Gouvernance » devront ĂȘtre bouclĂ©es en 2014, ça ne doit plus traĂźner davantage..
Nous avons Ă peine atteint les 10 millions de touristes en 2013 (9,9 millions selon les derniers chiffres annoncĂ©s par la tutelle). En lâespace de 6 ans, il faudra thĂ©oriquement doubler le nombre de touristes. JâespĂšre que les alĂ©as joueront en faveur de la destination « Maroc » et que le futur sera encore plus prometteur pour atteindre cet ambitieux objectif!