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Tourisme interne au Maroc : et si on écoutait enfin le voyageur marocain ?

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📖 Temps de lecture : 13 minutes

En 2012, dans un billet que j’avais intitulĂ© « Continuons le dĂ©bat », je rĂ©agissais lors d’un dĂźner-dĂ©bat organisĂ© par un grand hebdomadaire Ă©conomique, oĂč le Ministre du Tourisme de l’époque faisait face aux prĂ©sidents des trois grandes fĂ©dĂ©rations du secteur. J’y proposais dĂ©jĂ  un chĂšque vacances pour soutenir le tourisme interne. Quatorze ans plus tard, je reprends la plume sur le mĂȘme sujet, avec le sentiment amer que le dĂ©bat, lui, n’a pas beaucoup avancĂ©. Ce que je veux faire ici, c’est regarder la rĂ©alitĂ© en face : qui sont les voyageurs marocains, notre produit rĂ©pond-il Ă  leurs attentes, le pouvoir d’achat est-il vraiment le frein qu’on nous rĂ©pĂšte, et surtout, que faire concrĂštement.

Qui est vraiment le voyageur marocain ?

Commençons par corriger une idĂ©e reçue : le tourisme interne n’est plus un supplĂ©ment d’ñme, c’est un pilier. Il a reprĂ©sentĂ© 30 % des nuitĂ©es enregistrĂ©es dans les hĂŽtels classĂ©s en 2024, avec 8,5 millions de nuitĂ©es, et 28 % en 2025. Le Chef du gouvernement lui-mĂȘme l’a rappelĂ© devant la Chambre des reprĂ©sentants : le touriste marocain dĂ©passe dĂ©sormais le visiteur Ă©tranger en nombre de nuitĂ©es, et la ministre du Tourisme le qualifie sans dĂ©tour de « premier client du tourisme national ».

Mais ce voyageur a un profil prĂ©cis, que je connais bien pour l’avoir cĂŽtoyĂ© toute ma carriĂšre : il voyage majoritairement en famille, souvent nombreuse, il privilĂ©gie l’étĂ© et les destinations balnĂ©aires (plus de 40 % des vacanciers marocains choisissent la cĂŽte atlantique en saison haute), et il compare, aujourd’hui plus qu’hier, chaque dirham dĂ©pensĂ©. Le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration nationale des associations des agences de voyages du Maroc le confirme : il faut rendre les sĂ©jours plus abordables, en tenant compte du fait que les familles marocaines voyagent nombreuses. Ce n’est pas un touriste de seconde zone. C’est un client exigeant, informĂ©, et de plus en plus mobile dans ses choix.

Notre produit répond-il à ses attentes ?

C’était dĂ©jĂ  mon point central en 2012, et il reste d’actualitĂ© : il faut arrĂȘter de penser un produit « spĂ©cifique » pour les nationaux, comme s’ils constituaient une sous-catĂ©gorie de touristes. Le Marocain qui part en vacances ne demande rien d’autre que d’ĂȘtre traitĂ© comme n’importe quel client, avec une offre lisible, un bon rapport qualitĂ©-prix et des infrastructures dignes de ce nom.

Or les faits parlent d’eux-mĂȘmes. En 2025, les rĂ©sidents marocains ont dĂ©pensĂ© en Espagne un montant en hausse de 16,7 % sur un an, avec une dĂ©pense moyenne d’environ 1193 euros par sĂ©jour, principalement en Andalousie. Ce n’est pas qu’une question de prix : c’est aussi, comme le notent plusieurs observateurs, un Ă©cosystĂšme complet qui sĂ©duit, Ă  savoir des promenades amĂ©nagĂ©es, des transports publics efficaces, des plages Ă©quipĂ©es et des commerces accessibles. Le nord de notre pays illustre bien cette tension : sur le littoral mĂ©diterranĂ©en, une demande nationale concentrĂ©e sur quelques semaines fait flamber des tarifs qui deviennent parfois comparables Ă  une semaine sur la Costa del Sol, capacitĂ© d’accueil bien plus large oblige. Le problĂšme n’est donc pas seulement le pouvoir d’achat : c’est aussi la compĂ©titivitĂ© rĂ©elle de notre offre, dans son ensemble, face Ă  la concurrence.

Le pouvoir d’achat, un frein bien rĂ©el

Cela dit, je ne veux pas minimiser le second facteur. Une enquĂȘte rĂ©cente L’Économiste-Sunergia montre que 94 % des Marocains estiment que les prix ont augmentĂ© sur les douze derniers mois, et 62 % des personnes interrogĂ©es citent les loisirs et les sorties comme le premier poste sacrifiĂ© face Ă  la vie chĂšre, une tendance particuliĂšrement marquĂ©e chez les jeunes adultes et les femmes. Le budget moyen d’un sĂ©jour national tourne autour de 4 500 dirhams par personne, contre 12 000 Ă  15 000 dirhams pour un sĂ©jour Ă  l’étranger : l’écart n’est donc pas la cause de la fuite vers l’Espagne ou la Turquie, il devrait au contraire jouer en notre faveur. C’est bien le rapport qualitĂ©-prix perçu, Ă  budget national donnĂ©, qui pĂšche.

L’hĂ©bergement en plein air : une rĂ©ponse sous-exploitĂ©e

C’est lĂ  que je crois vraiment Ă  une carte que nous jouons mal depuis presque vingt ans. Le Plan Biladi, lancĂ© en 2008 aprĂšs « Kounouz Biladi », visait justement Ă  rĂ©pondre au pouvoir d’achat des nationaux avec une capacitĂ© de 30 000 lits, dont 19 000 en campings, rĂ©partis sur des sites comme Sidi Abed prĂšs d’El Jadida, Imi Ouaddar prĂšs d’Agadir ou Ifrane. L’ambition Ă©tait de faire passer les voyages internes de 5,9 Ă  7 millions entre 2003 et 2010. Le concept Ă©tait le bon : un hĂ©bergement Ă©conomique, convivial, adaptĂ© aux familles nombreuses, proche des sites naturels et balnĂ©aires les plus demandĂ©s.

PrĂšs de vingt ans aprĂšs, force est de constater que le rĂ©seau de campings marocains reste largement dimensionnĂ© pour la clientĂšle Ă©trangĂšre en camping-car, davantage que pour les familles marocaines en quĂȘte de vacances abordables. Le mobile home et le camping Ă©quipĂ©, qui cartonnent pourtant en Espagne et en France prĂ©cisĂ©ment auprĂšs des classes moyennes, restent un angle mort de notre offre nationale. Je suis convaincu qu’un plan Biladi nouvelle gĂ©nĂ©ration, pensĂ© cette fois autour des usages rĂ©els des familles marocaines (durĂ©e de sĂ©jour courte, proximitĂ© des grandes villes, tarifs Ă  la nuitĂ©e transparents), pourrait combler une bonne partie de l’écart de compĂ©titivitĂ© que je dĂ©crivais plus haut.

Les Ɠuvres sociales des grandes administrations : un patrimoine dormant

Il y a un gisement que nous n’exploitons quasiment pas, et qui rejoint directement mon propos sur l’hĂ©bergement en plein air : les structures d’Ɠuvres sociales adossĂ©es aux grandes administrations, offices et Ă©tablissements publics. La CNSS gĂšre ses propres centres de vacances, la Fondation Mohammed VI des Ɠuvres sociales de la SĂ»retĂ© nationale a accueilli 4 148 enfants et ayants droit du personnel dans quatre centres d’estivage (Agadir, Bouznika, TĂ©touan, Ifrane) pour l’édition 2025, et la Fondation des Ɠuvres sociales du MinistĂšre de l’Économie et des Finances anime elle aussi son propre complexe Ă  Bouznika. L’ONE, comme la plupart des grands offices et ministĂšres, dispose de dispositifs comparables. Ce sont, dans bien des cas, de vraies infrastructures professionnelles, avec hĂ©bergement, restauration et encadrement, mais rĂ©servĂ©es Ă  un cercle fermĂ©, celui des fonctionnaires actifs, retraitĂ©s et de leurs ayants droit.

Je comprends parfaitement la logique de ces dispositifs, et il n’est pas question de remettre en cause l’accĂšs prioritaire des ayants droit, qui reste lĂ©gitime et doit ĂȘtre prĂ©servĂ©. Mais en dehors des quelques semaines d’estivage rĂ©servĂ©es chaque Ă©tĂ© aux enfants du personnel, ces structures tournent trĂšs souvent au ralenti, voire restent fermĂ©es le reste de l’annĂ©e. Pourquoi ne pas envisager, hors des pĂ©riodes rĂ©servĂ©es aux ayants droit, une ouverture encadrĂ©e au grand public, par le biais d’une convention de gestion avec des opĂ©rateurs touristiques nationaux ? Cela permettrait de valoriser un patrimoine existant, de dĂ©gager des recettes complĂ©mentaires au bĂ©nĂ©fice des Ɠuvres sociales elles-mĂȘmes, et d’ajouter une vraie capacitĂ© supplĂ©mentaire Ă  une offre nationale qui en manque cruellement.

L’attrait grandissant pour le all-inclusive, jusqu’en milieu urbain

Un autre signal mĂ©rite toute notre attention : l’engouement des Marocains pour la formule all-inclusive ne cesse de grandir, et il dĂ©passe largement le seul littoral. Des Ă©tablissements comme Aqua Mirage Ă  Marrakech affichent complet sur la demande nationale, au point que le principal dĂ©fi devient d’inciter la clientĂšle marocaine Ă  rĂ©server plus tĂŽt. Le concept se dĂ©cline dĂ©sormais aussi en versions plus urbaines et familiales, comme le montre l’essor d’enseignes telles que Pickalbatros, avec l’ouverture en octobre dernier d’un nouveau Sungo Club Ă  Marrakech, ou encore l’arrivĂ©e annoncĂ©e fin 2025 du concept luxury all-inclusive de Rixos Hotels Ă  Casablanca en partenariat avec le Groupe Alliances. Marrakech elle-mĂȘme diversifie son offre patrimoniale historique avec des resorts pensĂ©s pour les familles, autour de la piscine, de la restauration complĂšte et des clubs enfants.

Ce succĂšs n’est pas qu’une mode : il dit quelque chose de prĂ©cis sur ce qu’attend le voyageur marocain, Ă  savoir un sĂ©jour sans surprise budgĂ©taire, riche en activitĂ©s pour toute la famille, oĂč l’on ne calcule pas chaque extra. C’est exactement la mĂȘme logique que je dĂ©fendais plus haut pour l’hĂ©bergement en plein air : le succĂšs ne viendra pas d’un hĂ©bergement basique bon marchĂ©, mais d’un hĂ©bergement abordable et complet Ă  la fois. Nos campings, nos structures Biladi nouvelle gĂ©nĂ©ration, et pourquoi pas les centres d’Ɠuvres sociales rouverts au public, devraient s’inspirer de cette mĂȘme recette, Ă  moindre coĂ»t : terrains de sport, activitĂ©s nautiques encadrĂ©es et animation quotidienne, plutĂŽt que quatre murs et une piscine Ă  moitiĂ© vide.

Le chĂšque vacances : une idĂ©e qui refuse de mourir, faute d’avoir vĂ©cu

Parmi les 15 points que j’ai proposĂ© en en ma qualitĂ© de responsable du Tourisme interne Ă  la FNT en 2012, c’est celui qui me tient le plus Ă  cƓur. À l’époque, je proposais d’intĂ©grer une rubrique vacances dans le bulletin de paie, dĂ©ductible et financĂ©e en partenariat entre entreprises, État et opĂ©rateurs touristiques. Huit ans plus tard, en 2020, le Groupe istiqlalien de l’unitĂ© et de l’égalitarisme a dĂ©posĂ© une proposition de loi quasiment identique dans son esprit : un systĂšme de « cartes vacances » non obligatoire, ouvert aux employeurs publics et privĂ©s, avec pour objectifs dĂ©clarĂ©s d’augmenter le budget voyage des Marocains, la durĂ©e de leurs sĂ©jours, et d’orienter la consommation vers le secteur formel.

Cette proposition s’appuyait sur un constat que je faisais dĂ©jĂ  en 2012 : la stratĂ©gie de dĂ©veloppement du tourisme interne engagĂ©e depuis 2003 n’avait pas donnĂ© les fruits espĂ©rĂ©s, faute d’offre attractive adaptĂ©e aux spĂ©cificitĂ©s du consommateur marocain. Le texte visait mĂȘme une mise en Ɠuvre dĂšs 2015. Nous sommes en 2026, et le dispositif n’a toujours pas vu le jour. Pourtant, le modĂšle existe et fonctionne ailleurs depuis des dĂ©cennies sous des formes voisines, preuve qu’il ne s’agit pas d’une utopie technique mais d’un manque de volontĂ© de concrĂ©tisation chez nous.

Ce que je propose, quatorze ans aprĂšs

Je ne vais pas me contenter, cette fois encore, de poser un diagnostic. Voici ce que je propose concrĂštement :

  1. Ressortir des tiroirs et faire adopter la proposition de loi sur les chĂšques ou cartes vacances, en commençant par une phase pilote dans la fonction publique et les grandes entreprises, avec un cofinancement État-employeur-salariĂ© inspirĂ© des modĂšles qui fonctionnent depuis longtemps chez nos voisins.
  2. Lancer un Plan Biladi nouvelle génération, dédié en priorité au camping équipé et au mobile home pensés pour les familles marocaines, à proximité des grandes agglomérations et des destinations balnéaires les plus fréquentées par la clientÚle nationale.
  3. Cesser de concevoir des « produits pour Marocains » et exiger, dans les cahiers des charges publics, une offre unique et transparente en matiÚre de tarifs, quelle que soit la nationalité du client.
  4. Ouvrir, hors des pĂ©riodes rĂ©servĂ©es aux ayants droit, les centres et complexes des Ɠuvres sociales des grandes administrations, offices et ministĂšres au grand public, via une convention de gestion avec des opĂ©rateurs touristiques nationaux, sans jamais remettre en cause la prioritĂ© lĂ©gitime des ayants droit.
  5. Doter ces centres, ainsi que les structures Biladi nouvelle gĂ©nĂ©ration, de terrains de sport, d’activitĂ©s nautiques encadrĂ©es et d’une animation quotidienne, sur le modĂšle du all-inclusive plĂ©biscitĂ© par les Marocains, y compris dans ses dĂ©clinaisons urbaines.
  6. GĂ©nĂ©raliser une Ă©tude nationale rĂ©currente et sĂ©rieuse sur les comportements, attentes et freins des voyageurs marocains, actuellement Ă  l’étude selon l’ONMT, pour que nos dĂ©cisions reposent enfin sur des donnĂ©es prĂ©cises et non sur des impressions.
  7. CrĂ©er un baromĂštre annuel de compĂ©titivitĂ© prix entre les principales destinations nationales et leurs concurrentes directes Ă  l’étranger (Espagne, Turquie), afin d’objectiver l’écart de rapport qualitĂ©-prix et d’orienter les investissements lĂ  oĂč ils sont le plus nĂ©cessaires.

J’ai dĂ©veloppĂ© dans mes analyses sur les Visions 2010 et 2020 combien le pilotage fin, filiĂšre par filiĂšre et territoire par territoire, avait souvent manquĂ© Ă  nos grandes stratĂ©gies touristiques. Le tourisme interne n’échappe pas Ă  ce constat, et j’y reviendrai bientĂŽt dans une prochaine missive, tant l’attente a Ă©tĂ© longue. Je partagerai aussi mon regard sur ce sujet dans une tribune que je prĂ©parerai Ă  cet effet.

Quatorze ans aprĂšs mon premier billet sur le sujet, je persiste Ă  croire que le tourisme interne mĂ©rite mieux qu’un discours convenu. Le voyageur marocain n’attend pas la charitĂ©, il attend d’ĂȘtre traitĂ© comme un client normal, avec une offre honnĂȘte et un coup de pouce structurel qui existe, sur le papier, depuis 2020. Il est temps de le faire vivre.

Et vous, qu’attendez-vous du tourisme interne marocain ? Partagez votre expĂ©rience en commentaire, elle m’intĂ©resse sincĂšrement.

2 Commentaires

  1. Mon cher ami
    Comme Ă  ton habitude, les mots sont justes et le propos pertinent.

    Nous partageons depuis de nombreuses années cette lecture de la tristement célÚbre question du « tourisme interne ».

    Si ce marchĂ© est devenu 1er de l’hĂ©bergement touristique (il a longtemps Ă©tĂ© 1er d’ailleurs comparĂ© aux pays Ă©metteurs individuellement et 2nd comparĂ© Ă  l’ensemble des pays Ă©metteurs rĂ©unis), il n’en demeure pas moins qu’il reste sous Ă©valuĂ© et mal adressĂ©.

    Les questions de la saisonnalitĂ© et du pouvoir d’achat sont Ă©videmment dĂ©terminantes, mais il y a surtout le rapport qualitĂ©/prix qui reste profondĂ©ment dĂ©sĂ©quilibrĂ©. Et la qualitĂ© ne relĂšve pas seulement des lieux d’hĂ©bergement oĂč de restauration, mais va au delĂ  :

    L’ensemble de l’environnement et du parcours qui font l’expĂ©rience client sont jonchĂ©s d’absurde, d’abus et de non sens


    Une simple place de parking prĂšs d’une plage devient un sujet de tension et de friction qui gĂąche une journĂ©e qui n’a mĂȘme pas encore commencĂ©.

    Un restaurant d’une station balnĂ©aire qui prĂ©sente une facture en euro (expĂ©rience vĂ©cue personnellement) veut rĂ©inventer la loi du commerce dans notre pays.

    Un autre lieu de restauration (qui semble avoir coutĂ© cher Ă  son propriĂ©taire) oĂč il faut attendre plus d’une heure avec des enfants pour (ne pas) ĂȘtre servi parcequ’ils sont dĂ©bordĂ©s (la salle n’est mĂȘme pas pleine)

    Des sites touristiques oĂč avoir une bouteille d’eau ou aller aux WC relĂšve de l’exception

    Des activitĂ©s de loisirs balnĂ©aires simples pour les familles (biblioplage, ateliers de natation, secourisme, environnement, civisme, sĂ©curitĂ© routiĂšre
) ne font mĂȘme pas l’objet d’un dĂ©but de rĂ©flexion (alors que les parkings de plages grouillent de jeunes qui font la loi du stationnement, alors qu’ils peuvent animer ce type d’atelier moyennant une contribution financiĂšre de la commune


    L’hĂ©bergement informel qui s’impose Ă  une clientĂšle en proie Ă  la chertĂ© du produit, et au dĂ©chirement du « devoir d’emmener les enfants en vacances ».

    L’état ne peut certes pas agir sur les prix, mais peut faire tant d’autres choses, Ă  commencer par crĂ©er un cadre de gouvernance locale impliquant les forces vives de chaque rĂ©gion pour organiser une offre touristique digne de ce nom et adaptee Ă  chaque rĂ©gion selon ses spĂ©cificitĂ©s.

    L’état peut Ă©galement porter la crĂ©ation de ce mĂ©canisme tant attendu de « l’épargne vacances »

    L’état peut aussi serrer davantage la visse aux contrevenants et Ă  l’anarchie qui sĂ©vit dans certaines zones bien connues.

    L’état peut (et doit) rĂ©flĂ©chir et surtout activer un plan de valorisation de l’expĂ©rience balnĂ©aire dans toute ses composantes : accessibilitĂ©, restauration, hygiĂšne, sĂ©curité )

    Tant et tant de briques manquantes Ă  cet Ă©difice du tourisme que l’on veut « performant » crĂ©ateur de valeurs et d’emplois.

  2. Cher ami
    Le sujet du tourisme interne que tu aborde de maniĂšre juste, judicieuse et experte m’interpelle et je lui ai consacrĂ© plusieurs Ă©ditos. Mais hĂ©las rien n’a Ă©tĂ© fait comme tu le montres si bien pour ce tourisme prĂ©pondĂ©rant mais toujours considĂ©rĂ© visiblement comme quantitĂ© nĂ©gligeable par les opĂ©rateurs du secteur qui n’ont d’yeux que pour le TIS. Je n’arrive toujours pas Ă  comprendre pour quelle raison le Maroc ne dispose toujours pas d’une seule station balnĂ©aire digne de ce nom alors qu’il compte plus de 3000 km de cĂŽtes ? !!!! Il y’a de quoi dĂ©sespĂ©rer

    Les familles marocaines de la classe moyenne et plus ont raison de chercher ailleurs, notamment en Espagne et en Turquie, ce que leur propre pays ne leur offre pas ?

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