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Pour un soft opening.

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Nous entamons le 8eme mois d’inactivitĂ© pour la majoritĂ© des entreprises touristiques, tous mĂ©tiers confondus et mis Ă  part la signature du contrat programme en Aout dernier qui a apportĂ© une bouffĂ©e d’oxygĂšne, il n’y a pas vraiment de visibilitĂ© quant Ă  une prochaine reprise du secteur.

La situation Ă©pidĂ©miologique actuelle empire de jour en jour, pas seulement au niveau de notre destination, mais dans le monde entier et plus particuliĂšrement dans les bassins Ă©metteurs traditionnels Ă  savoir , la France, L’Espagne et le Royaume Uni pour ne citer que les cas saillants. Autant dire qu’à part un miracle , l’annĂ©e touristique 2020 passera Ă  la trappe, et avec elle, malheureusement un certain nombre d’entreprises touristiques Ă  travers le monde. Le Maroc ne fera pas exception.

Le produit touristique est Ă©phĂ©mĂšre et s’il n’est pas consommĂ©, il est perdu Ă  jamais. Contrairement aux autres industries qui peuvent stocker en attendant des jours meilleurs, ou s’adapter Ă  la situation, (cas du textile avec les masques & l’aĂ©ronautique avec les respirateurs), le tourisme c’est du pĂ©rissable et nos entreprises ont dĂ©jĂ  payĂ© un lourd tribu depuis le dĂ©but de cette pandĂ©mie et seront dans l’incapacitĂ© de tenir plus longtemps.       

L’industrie du tourisme, ou de l’hospitalitĂ©, comme certains se plaisent Ă  la nommer, a des prĂ©requis  pour pouvoir s’exprimer pleinement : la sĂ©rĂ©nitĂ©, la sĂ©curitĂ©, la confiance et la disponibilitĂ©. Or, par les temps qui courent, aucune de ces particularitĂ©s n’est remplie et rien , ni personne apparemment, ne peut les garantir. Il va donc nous falloir les susciter, si nous voulons tirer notre Ă©pingle du jeu et faire en sorte que notre destination reste dans les radars,  qu’elle retrouve sa position dans l’échiquier mondial et que nos entreprises reprennent du service.

Comment ?

L’idĂ©al serait une ouverture totale des frontiĂšres, mais nous devons ĂȘtre rĂ©alistes, cela ne sera possible que lorsqu’on pourra assurer la sĂ©curitĂ© sanitaire aussi bien de nos visiteurs que de nos concitoyens. En clair trouver un vaccin ou une thĂ©rapie efficace. Or tout le monde s’accorde Ă  dire que ce n’est pas pour demain et en attendant,  le virus se propage trĂšs vite et on parle dĂ©jĂ  d’une deuxiĂšme vague qui va certainement coĂŻncider avec la grippe saisonniĂšre.

On ne peut donc dĂ©cemment pas,  prendre le risque d’ouvrir Ă  tout va et on devrait se contenter pour le moment de l’ouverture partielle qui a Ă©tĂ© consentie dans le cadre des voyages professionnels et l’élargir petit Ă  petit aux voyages de loisirs en fonction de la maitrise de l’épidĂ©mie  dans chaque pays.

A ce stade, nos rĂ©gions touristiques ont  une carte importante Ă  jouer en mettant en place des protocoles sanitaires voire un label Ă  mĂȘme d’assurer la sĂ©curitĂ© sanitaire , pas seulement dans les unitĂ©s d’hĂ©bergement, mais tout au long du parcours client. Ce qui suppose une vigilance accrue Ă  tous les niveaux et donc opter pour un pĂ©rimĂštre prĂ©dĂ©fini qui pourra ĂȘtre Ă©largi, en fonction de l’engagement de la population  Ă  respecter  les rĂšgles du jeu. Ceci nĂ©cessite une mobilisation gĂ©nĂ©rale et une inclusion totale. Il faut se mettre dans la situation d’un pays qui veut organiser la coupe du Monde de Football et qui doit donc assurer au maximum pour ĂȘtre short listĂ© et peut ĂȘtre retenu.

Mais nous n‘en sommes pas lĂ , malheureusement et Ă  dĂ©faut de coupe du monde, prĂ©parons-nous Ă  accueillir nos touristes en transformant leur besoin de s’évader par l’envie de dĂ©couvrir, de nous dĂ©couvrir en toute confiance et dans la sĂ©rĂ©nitĂ©. Oui, il y a des touristes qui adoreraient visiter notre pays qui n’a rien perdu de son attractivitĂ©.

Pour cela, nous devons donc apprendre à vivre avec le Coronavirus, non pas en étant dans le déni ou la théorie du complot, mais en connaissance de cause et avec toute la responsabilité qui nous incombe. Mettons à contribution tous les établissements sanitaires et tous les soignants, publiques et privés, vulgarisons le test et respectons les gestes barriÚres ainsi que la distanciation physique.

Je suis intimement persuadĂ© que pour relever ce challenge, nous sommes dans l’obligation de changer de paradigme, en commençant par notre produit qui doit rĂ©pondre aux nouvelles exigences du moment et se rĂ©inventer de maniĂšre radicale. Le digital nous permettra de mieux nous positionner tant en amont qu’en aval de l’expĂ©rience client afin de capitaliser sur les acquis et promouvoir les nouveautĂ©s. Certaines de nos  rĂ©gions ont dĂ©jĂ  commencĂ©, d’autres sont en cours de transformation, et il ne s’agit nullement de compĂ©tition mais plus de stimulation car l’offre marocaine doit ĂȘtre multiple, diversifiĂ©e et complĂ©mentaire.

La reprise sera lente car dĂ©pendante des marchĂ©s et de leur capacitĂ© aussi Ă  composer avec le coronavirus Ă  dĂ©faut de s’en dĂ©barrasser. Elle sera difficile et longue avant de retrouver sa vitesse de croisiĂšre. Le plus important sera de redĂ©marrer quitte Ă  faire un soft opening en attendant des jours meilleurs.

 

4 Commentaires

  1. Merci Fouzi pour ce Blog ESPACE de REFLEXIONS.

    Sa MajestĂ© Ă  annoncĂ© il y a plusieurs mois plusieurs aides pour notre secteur, et nous l’en REMERCIONS VIVEMENT.
    Pour les employĂ©s dĂ©clarĂ©s Ă  la CNSS un soutien de 2000 dirhams / mois, jusqu’à fin dĂ©cembre (aides qui arrivent progressivement).
    Pour les entreprises du secteur touristique ce soutien se prĂ©sente sous forme de prĂȘts Ă  tĂŽt prĂ©fĂ©rentiels, garantie de l’état de quatre vint quinze %, et un diffĂ©rĂ© de paiement de 2 ans, nous permettant de nous relancer.
    – Le crĂ©dit OXYGENE Ă  permit Ă  un bon nombre de ne pas chuter.
    – Le crĂ©dit RELANCE, prĂ©vu pour nous aider Ă  nous relancer n’est pas encore accordĂ© par les banques ? MalgrĂ© que les banques aient signĂ© ce contrat programme avec l’état et les reprĂ©sentants de la Profession.
    Dans la rĂ©alitĂ©, aprĂšs un petit tour d’horizon, les dossiers nous sont refusĂ©s (Agences de voyages, hĂŽtels, maisons d’hĂŽtes, transporteurs touristique), les raisons Ă©voquĂ©es «manque de visibilitĂ© sur la reprise de l’activitĂ© touristique».

    C’est un vĂ©ritable SOS, pour notre secteur Ă  l’agonie.
    Les BANQUES doivent ĂȘtre de vĂ©ritables PARTENAIRES des entreprises touristiques, et nous permettre cette RELANCE pour nous prĂ©parer Ă  rassurer, prospecter, innover et accueillir les prochains voyageurs.

  2. Merci Fouzi pour cette analyse de la situation ainsi que pour tes recommandations afin que notre profession puisse traverser cette
    période de pandémie destructrice. Notre mobilisation est requise car il y va de notre survie.

    • Encore une fois, ton constat est incisif et ton analyse est sans concession mon cher Faouzi.

      On retiendra que les visiteurs potentiels « n’ont pas envie de se livrer Ă  un marathon anxiogĂšne pour partir en vacances » 
 alors sachons garder tĂȘte froide quant au sujet de l’ouverture des frontiĂšres, de la re-programmation aĂ©rienne, des protocoles sanitaires, etc. et concentrons nos efforts sur comment soulager cette anxiĂ©tĂ© du client tout au long de son parcours de porte-Ă -porte et sur comment briser les objections latĂ©rales naturelles des prospects 
 cad, allons plus loin que l’annonce et la Kom et ne restons plus dans le constat et la dĂ©fensive : oĂč est passĂ© le CVE rĂ©gional ? Que pensent Messieurs le Maire et le PrĂ©sident de Region de la situation ? Comment pouvons-nous casser les silos et apprendre Ă  travailler ensemble sur des actions simples, concrĂštes, rĂ©alistes : les efforts louables et spectaculaires du CRT ne peuvent seuls nous sortir de l’orniĂšre 
 les collectivitĂ©s territoriales doivent s’impliquer davantage 
 par exemple dans l’élaboration de la feuille de route du Tourisme, de la mise en marchĂ© du territoire, la mise en place des conditions favorables pour convertir les idĂ©es et actions du CRT et autres acteurs du Tourisme 
 et par le financement ! Il y va aprĂšs tout de leur Ă©conomie locale, de leur attractivitĂ© et de leur compĂ©titivitĂ© 
 et de leurs excĂ©dents budgĂ©taires affichĂ©s en pleine recession !

      Jalal Alwidadi

  3. Fouzi..il n’ y a aucun État au monde qui peut prĂ©tendre Ă  une Assurance de garantie sanitaire
.le risque de  » mise en danger de la vie d’autrui  » est pĂ©nale
et la l’ interdit de la destination Maroc est le vrai risque .
    Comme déjà expliqué
    Il va falloir convenir sur le Tourisme n’ est pas la priorité et pourtant j’en vis tout comme toi..
    Les priorités :
    L’ agro alimentaire , indĂ©pendante alimentaire ,sĂ©dentarisation des populations,..
    Le Textile , le masque à prouvé notre compétence..
    Le Pharmaceutique..l’Europe pourrait ĂȘtre notre premier client

    Le Solaire..à sponsoriser..indépendance énergétique.
    Le TOURISME devra attendre et bénéficier des ai des de TOUS LES SECTEURS qui ont bénéficié de nos efforts de promotion avec les résultats que nous avons connu.
    Didier VICAIRE.

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