Nous avons besoin de visibilitĂ© pour prĂ©parer la relance, et cela malheureusement ne dĂ©pend pas que de nous, mais du temps que mettront les marchĂ©s Ă©metteurs Ă sâaccommoder du coronavirus Ă dĂ©faut de lâĂ©radiquer.
Nous sommes hĂ©las dĂ©pendants de la cĂ©lĂ©ritĂ© Ă trouver un vaccin et tester son efficacitĂ©, ou tout du moins une thĂ©rapie qui puisse prĂ©munir les touristes de la Covid-19. La solution doit ĂȘtre trouvĂ©e par les instances internationales telles de lâOMS et lâOMT. Cela dĂ©passe Ă mon avis le cadre dâun Ătat ou dâun secteur et serait plus du ressort des instances onusiennes, FMI et Banque Mondiale inclus.
Le secteur du tourisme, Ă lâĂ©chelon international, ne saurait redĂ©marrer sans une volontĂ© politique et Ă©conomique au service des populations. La durabilitĂ© du secteur est en danger.
Lâintervention du SG de lâONU, Monsieur Antonio GUTERRES en date du 25 de ce mois est assez Ă©loquente en ce qui concerne lâimportance du secteur du tourisme Ă lâĂ©chelle mondiale. Les chiffres Ă©noncĂ©s dĂ©montrent Ă eux seuls, son poids dans lâĂ©conomie :  320 Milliards de $ perdus ainsi que 120 Millions dâemplois depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie !
Le SG de lâOMT, Mr Zurab POLOLIKASHVILI avait quant Ă lui , prĂ©alablement publiĂ© sur le site de lâorganisation, une tribune dans laquelle il dĂ©clarait quâil Ă©tait possible de relancer le tourisme en toute sĂ©curitĂ©, câest-Ă -dire, que sans faire fi de la santĂ© des citoyens, les gouvernements ont aussi le devoir de protĂ©ger les entreprises et les moyens de subsistance.
Un bĂ©mol cependant et sans vouloir jouer les Cassandre, les derniĂšres dĂ©clarations du ComitĂ© dâurgence sur la COVID-19, de lâOMS, sont loin dâĂȘtre rassurantes, quand Ă lâissue prochaine de cette catastrophe qui touche le monde entier et le plonge dans un Ă©tat de guerre inĂ©dit face Ă un ennemi invisible, mais omniprĂ©sent : le Coronavirus.
Le bon sens voudrait, que lâensemble des Ătats collaborent pour sortir le monde de cette crise qui est en train de tout dĂ©truire et le secteur du tourisme est en soi un sujet qui devrait faire lâunanimitĂ© de toutes les grandes puissances Ă©tant donnĂ© que chacune dâentre elles doit sây retrouver.
Il devrait y avoir une sorte de « YALTA » avec le Tourisme comme point focal Ă mettre en avant pour faire face Ă lâennemi commun quâest le Coronavirus. Le SG de lâONU nâas pas tarit dâĂ©loges sur ce secteur dans son allocution ( voir la vidĂ©o ) et insiste sur sa reconstruction qui doit ĂȘtre faite en toute sĂ©curitĂ©, de maniĂšre Ă©quitable et sans incidence sur le climat.
Il montre par-lĂ , que la reprise du tourisme doit absolument garantir la sĂ©curitĂ© des communautĂ©s dâaccueil, des travailleurs et des voyageurs et prĂ©conise cinq mesures :
- Atténuer les incidences socioéconomiques de la crise,
- Renforcer la rĂ©silience de lâensemble de la chaine de valeur du Tourisme,
- Optimiser lâutilisation des technologies dans le secteur du tourisme,
- Favoriser la durabilité et la croissance verte,
- Ătablir des partenariats Ă mĂȘme de permettre au tourisme de contribuer plus avant Ă la rĂ©alisation des objectifs de dĂ©veloppement durable.
Vaste programme me direz-vous, et jusque-lĂ , le SG de lâONU, nâa pas donnĂ© la recette pour faire aboutir toutes ces mesures malheureusement. Or il en a le pouvoir et les moyens et devrait en faire une prioritĂ© jusquâĂ la fin de la crise du Coronavirus.
Comment ?
En utilisant les diffĂ©rentes institutions Onusiennes, en lâoccurrence la Banque Mondiale et le FMI, afin de donner les moyens aux Ă©tats pour faire face Ă cette crise, cela ne serait pas sans rappeler le fameux Plan Marshall  de 1947, sauf que cette fois câest lâONU et non les USA qui devrait prendre cette initiative avec des conditions plus sociales et humanitaires que mercantiles.
Je crois savoir que La Banque Mondiale et le FMI doivent tenir leur AG en octobre 2021 Ă Marrakech, juste aprĂšs celle de lâOMT qui est prĂ©vue pour Septembre de la mĂȘme annĂ©e .
Ce serait peut-ĂȘtre lâoccasion de signer un vĂ©ritable plan de sauvegarde et de relance des destinations touristiques qui auront le plus souffert du Coronavirus dont Marrakech en particulier et le Maroc en general.
Encore faudrait il que nous rĂ©sistions jusquâen Septembre 2021âŠâŠ. Â

En lâabsence du vaccin salvateur, les acteurs institutionnels se renvoient sans cesse et sans vergogne la balle, et ont les mains liĂ©es quant il sâagit de penser simplement Ă une euphorie proche â nous lâespĂ©rons tous â du secteur touristique. Ce jeu de ping-pong commencera Ă lasser un certain temps, et lesdites instances ne font quâĂ©valuer les pertes dans certaines composantes de la chaĂźne de valeur qui permettent les estimations. Aucune recette miracle ne pourra remettre le secteur sur les rails fleuris dâantan, et la remontĂ©e â aussi marquante que peut lâĂȘtre â celle du tourisme interne ne pourrait jamais se substituer aux flux induits par les dĂ©placements internationaux.
Les professionnels du tourisme demeurent sur le qui-vive quant à la réouverture des frontiÚres, et prient pour que ça soit acté avant 2021!