La cĂ©lĂ©bration de la journĂ©e mondiale du tourisme nous interpelle Ă plus dâun titre quant Ă lâavenir du tourisme au Maroc. PlacĂ©e sous le thĂšme de la croissance inclusive, elle nous rappelle nos engagements, public et privĂ© depuis 2011, et plus exactement lors de la signature du contrat programme vision 2020 devant la plus haute autoritĂ© du Royaume, Sa MajestĂ© le Roi Mohamed VI.
Dans ce contrat programme, il y avait un chapitre entier consacrĂ© au Tourisme durable et responsable. Au sortir de cette pandĂ©mie, le tourisme responsable est une rĂ©ponse aux attentes des touristes qui veulent participer au dĂ©veloppement des communautĂ©s dans la recherche dâun vĂ©ritable Ă©quilibre social, Ă©conomique et environnemental.
Par consĂ©quent, la croissance qui doit intervenir suite Ă ces deux annĂ©es de « disette imposĂ©e » , doit par la force des choses inclure toute la chaine de valeur touristique qui ne se limite pas aux mĂ©tiers classiques du tourisme tels que dĂ©finis par lâarticle 20 du contrat programme Vision 2010. Il faut y ajouter toutes les initiatives qui participent Ă une expĂ©rience touristique.
Le tourisme marocain est riche par une diversitĂ© de micro entreprises qui se sont imposĂ©es durant cette derniĂšre dĂ©cennie en proposant une offre plĂ©thorique de services qui rĂ©pondent Ă une demande que les entreprises dites structurĂ©es ne peuvent pas satisfaire.Â
JusquâĂ ce jour, elles ont prolifĂ©rĂ© dans lâinformel, vivant au jour le jour. La crise du coronavirus a mis Ă nu leur prĂ©caritĂ© et forcĂ© lâĂ©tat Ă les prendre en charge.
La gĂ©nĂ©ralisation de la couverture sociale, dĂ©crĂ©tĂ©e par SM le ROI, Ă tous les marocains est un dĂ©but de rĂ©ponse Ă lâinclusion. Il faut maintenant aller plus loin, pour permettre Ă tous ces acteurs de vivre dignement de leur savoir-faire tout en respectant une certaine Ă©thique et en crĂ©ant un climat de confiance avec les visiteurs.
Rappelons-nous en 2005, lâINDH recommandait « dâinvestir dans le capital humain pour relever les dĂ©fis de demain ». Certains dâentre nous y ont cru, surtout les agences de voyages rĂ©ceptives dont beaucoup se sont investies pour accompagner des petites entreprises locales, souvent familiales dans des rĂ©gions reculĂ©es du Royaume en programmant des circuits pour dĂ©couvrir de maniĂšre authentique des paysages insolites et surtout partager le quotidien dâune population certes humble, mais accueillante et dotĂ©e dâune grande dignitĂ©.
On a vu alors la crĂ©ation de coopĂ©ratives aussi bien dans lâartisanat que dans les produits du terroir, mettant en place des circuits courts permettant aux consommateurs nationaux ou touristes de sâapprovisionner directement. Une dynamique sâest peu Ă peu dĂ©veloppĂ©e pour dĂ©senclaver les rĂ©gions, le MinistĂšre du Tourisme et de lâArtisanat sâest aussi impliquĂ©, la grande distribution sâest ouverte aux petits producteurs et internet aidant, un cercle vertueux sâest formĂ© jusquâau 15 mars 2020 oĂč soudain tout sâest arrĂȘtĂ©.
Personne nâavait pensĂ© que le coronavirus ferait autant de dĂ©gĂąts. Je ne parle pas du sanitaire, ce volet a Ă©tĂ© plutĂŽt bien gĂ©rĂ©, mais dâĂ©conomie sociale qui a vraiment pĂ©riclitĂ©. Si certains secteurs ont pu se relever au bout des trois mois du confinement, le tourisme et tous ses « ayants droits » peinent encore Ă sortir la tĂȘte de lâeau Ă tel point que certains ne pourront plus rĂ©cupĂ©rer. Quelle dĂ©ception et surtout quel gĂąchis!
Alors, si lâOMT dĂ©crĂšte dans son site officiel, ce 27 septembre 2021, JournĂ©e Nationale du Tourisme, « que ( je cite ) lâOMT en tant quâinstitution spĂ©cialisĂ©e des Nations Unies pour le tourisme responsable et durable, guide le secteur mondial vers une reprise et une croissance inclusives et quâelle veille Ă ce que chaque acteur du secteur ait voix au chapitre concernant son avenir â y compris les communautĂ©s, les minoritĂ©s, les jeunes et ceux qui risqueraient autrement dâĂȘtre laissĂ©s de cĂŽtĂ© ». Je dis AMEN.
Cette JournĂ©e se tiendra officiellement en CĂŽte DâIvoire, certainement Ă Abidjan et prĂ©voit une rĂ©union dâexperts et de spĂ©cialistes du dĂ©veloppement international de la croissance sans exclusion et du tourisme sur fond de pandĂ©mie de Covid-19.
Pour la premiĂšre fois, les Ambassadeurs du tourisme de lâOrganisation Mondiale du Tourisme devraient participer aux cĂ©lĂ©brations officielles de cette journĂ©e, pour permettre une prise de conscience gĂ©nĂ©rale des retombĂ©es socioĂ©conomiques du tourisme et toucher de nouveaux publics.
Enfin cette journée, qualifiée de nouvelle formule est axée sur la production de résultats.
Personnellement, il me tarde de connaitre les rĂ©sultats de cette journĂ©e ainsi que les recommandations qui sâen suivront pour permettre au secteur du tourisme Ă lâĂ©chelon mondial de repartir sur de nouvelles bases. Dans la mesure oĂč du 30 Novembre au 3 DĂ©cembre, soit dans Ă peu prĂȘt un mois, la 24eme Session de lâAssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale de lâOrganisation Mondiale du Tourisme devrait se tenir Ă Marrakech, ce serait une excellente occasion dâannoncer de maniĂšre officielle ce que cette instance Onusienne aura dĂ©fini comme solutions pour sortir le tourisme de cette crise qui nâa que trop durĂ©.
A la veille de la nomination dâun nouveau gouvernement, conscient je nâen doute pas, de nos dĂ©boires depuis 19 mois, jâaimerai juste dire que nous sommes au bout du rouleau et que nos attentes sont trĂšs grandes : La reprise du tourisme est une question de vie ou de mort.

Avec les rĂ©centes Ă©lections et lâarrivĂ©e aux pouvoirs des communes rurales de jeunes issus des populations dĂ©munies, on devrait voir des changements dans le paysage de certaines rĂ©gions rurales oubliĂ©es. Tant au niveau des infrastructures touristiques pour dĂ©senclaver ces rĂ©gions et mettre en valeur leurs potentialitĂ©s qui devraient attirer plus de visiteurs vers ces rĂ©gions. Que ce soit pour des locaux ou pour ceux qui viendraient dâailleurs.