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Quand les recettes ne suivent pas
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📖 Temps de lecture : 4 minutes

QualitĂ©prixAvant tout, je voudrai saluer l’arrivĂ©e d’un nouveau mĂ©dia touristique national, qui a osĂ© franchir le pas et se mettre sur le net pour informer comme il le dit, le microcosme du tourisme. Je veux parler de www.tourismapost.ma, dirigé  Mme Ahlam Jebbar qui aprĂšs plusieurs annĂ©es passĂ©es en France, signe son retour d’une maniĂšre magistrale en publiant un Ă©dito et un article  qui analysent la situation du secteur avec un oeil critique.

En effet, le projet de loi de finance 2014, ampute le budget du Tourisme de quelques 140 M de Dirhams entre 2013 et 2014 et cela ne semble pas Ă©mouvoir les principaux intĂ©ressĂ©s, public et privĂ© confondus, qui continuent Ă  se satisfaire d’un bon mois de septembre 2013, comparĂ© au mĂȘme mois de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e.

Il est vrai que les arrivĂ©es et les nuitĂ©es augmentent, que la durĂ©e de sĂ©jour est stable, que les compagnies aĂ©riennes dĂ©ploient leur voilure, mais tout cela est la rĂ©sultante, de l’effort et du sacrifice des professionnels dont la marge se rĂ©duit d’annĂ©e en annĂ©e. Comme tout le monde a pu le remarquer, les recettes en devises pour ce mĂȘme mois de septembre plongent de 2%?

Ce pourcentage est une moyenne nationale, la rĂ©alitĂ© est que certaines entreprises et certaines rĂ©gions  font plus et d’autres malheureusement sont dans des chiffres nĂ©gatifs.

Le bon sens voudrait que lorsque le nombre de touristes augmente, la recette devrait augmenter de tout autant, or c’est l’inverse. Sur certaines destinations, et notamment Marrakech, l’offre en lits est telle que le marchĂ© en est perturbĂ© et au lieu de faire la diffĂ©rence par la qualitĂ©, on se contente de la faire par le prix en entrant dans une spirale vertigineuse, qu’il sera trĂšs difficile de rectifier le au moment opportun.

A qui la faute ? Certainement Ă  la surcapacitĂ© non maitrisĂ©e, au dĂ©ficit en lignes rĂ©guliĂšres pouvant drainer une clientĂšle Ă  valeur ajoutĂ©e, mais Ă©galement au nouveaux canaux de distribution, que sont les sites online et les comparateurs, qui entrainent les unitĂ©s d’hĂ©bergement dans une course Ă  la premiĂšre page , synonyme de rĂ©fĂ©rencement, dont ils pensent que le prix est le facteur dĂ©terminant dans le choix du client internaute.

Cette maniĂšre de penser est prĂ©judiciable au produit mais Ă©galement Ă  la rĂ©putation de la destination, car ce n’est pas avec des petits prix que l’on pourra attirer des investisseurs et je suis Ă©tonnĂ© aujourd’hui, que certains hĂŽteliers 5*  tombent dans le piĂšge en se soldant Ă  longueur d’annĂ©es avec des prix qui sont en deçà du seuil de rentabilitĂ© mais qui finissent par phagocyter les autres unitĂ©s 4* et 3* qui sont obligĂ©es de descendre leurs prix en rognant sur tous les postes budgĂ©taires pour rester compĂ©titifs.

Cette chute des recettes n’est pas nouvelle, elle date dĂ©jĂ  de plusieurs annĂ©es et touche tous les mĂ©tiers du tourisme. Les agents de voyages ont Ă©tĂ© les premiers impactĂ© et si la promotion doit se faire uniquement par des tarifs promotionnels, ce n’est demain que nous rĂ©ussirons notre pari vision 2020.

La bonne santĂ© du secteur nĂ©cessite une prise de conscience collective pour rectifier le tir et retrouver un business model plus pĂ©renne. Pour cela, l’état doit continuer Ă  jouer son rĂŽle de facilitateur et d’accompagnateur en commençant par mettre un budget consĂ©quent Ă  la hauteur des ambitions de la vision 2020. Le fait de le tronquer mettra en pĂ©ril tout ce qui a Ă©tĂ© entrepris Ă  ce jour.

Une baisse des recettes du tourisme appellera automatiquement une baisse des recettes fiscales liĂ©es au tourisme. Les secteurs productifs doivent ĂȘtre prĂ©servĂ©s et lorsque le moral des entreprises  est au beau fixe, les investissements, l’emploi, les devises suivent et c’est tout bĂ©nĂ©fice Ă©galement pour l’état.

Aujourd’hui, nous avons rĂ©ellement besoin d’une presse touristique d’investigations pour aller au fond des sujets. Le droit Ă  l’information est capital et c’est de cette maniĂšre que nous pourrons faire avancer les choses sans langue de bois. La presse Ă©lectronique nous permet d’ĂȘtre informĂ© en temps rĂ©el, de pouvoir rĂ©agir en direct , de commenter et remettre en question si besoin est.

Bienvenu donc à Tourismapost, puisse-t-il faire des émules 
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3 Commentaires

  1. La plupart des hĂŽteliers n’ont pas une vision sur le long terme 
 Ils sont plutĂŽt intĂ©ressĂ©s par le gain immĂ©diat, chose qui se rĂ©percute nĂ©gativement sur la performance global du secteur touristique au Maroc 


  2. Le budget du département est considéré et comptabilisé dans la rubrique investissements pour prÚs de 70% !
    Depuis toujours.
    Le (vrai) sujet est : pourquoi les reprĂ©sentations professionnelles (nous n’en manquons pas!)ne parlent pas de cette rĂ©duction Ă  2 chiffres qui plus est ?
    Pourquoi le dĂ©partement lui-meme n’en parle pas ?
    Quant aux voeux pieux
..

  3. Bonne et Heureuse annĂ©e Fouzi,, A toi et Ă  toute la grande famille du Tourisme Marocain
 Tous mes vƓux, pour que le Budget du tourisme soit enfin considĂ©rĂ© comme un Investissement et non pas comme une charge


    L’espoir fait vivre

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