Les Echos Quotidien : La FĂ©dĂ©ration des voyagistes dit avoir fait avancer le chantier de la transparence dans la rĂ©partition du quota concernant lâopĂ©ration Hadj. Ils avancent comme argument le fait que plusieurs agences nâont pas eu de quotas cette annĂ©e parce quâelles nâont pas respectĂ© les rĂšgles. Quâen pensez-vous ?
Faouzi Zemrani :Les membres de la Fnavm se gargarisent quant Ă la transparence et lâĂ©quitĂ© de leur commission pour la rĂ©partition du quota. Cet Ă©tat de fait a toujours existĂ© au sein de cette commission et cela depuis quâelle a Ă©tĂ© mise dans sa composition actuelle, Ă savoir regroupant un reprĂ©sentant de chaque association rĂ©gionale et participant au processus du dĂ©but Ă la fin (Elaboration des critĂšres de sĂ©lection, Elaboration du barĂšme de notation, Ouverture des plis  et RĂ©partition du quota)
Ce processus que jâai eu lâhonneur de mettre en place, malgrĂ© lâopposition farouche des mĂȘmes membres, dans un souci de partage et dâimplication de tous et afin de couper court Ă toute intervention ou clientĂ©lisme est excellent mais nĂ©cessite une totale neutralitĂ© de ses membres. En effet, il est anormal, que les membres soient en mĂȘme temps juges et parties, car cela fausse le jeu, surtout dans la prĂ©sĂ©lection des agences au moment de lâouverture des plis.
Mettez-vous en cause lâefficacitĂ© de cette commission ?
On a vu des membres de cette commission, tenter de dégommer des confrÚres sachant que sur la partie notation, ils seront les meilleurs. Tous les prétextes sont bons notamment concernant les vices de forme ou des « non conformités »
Je suis sĂ»r que sauf cas extrĂȘme, tous ses motifs ont une explication cohĂ©rente allant du simple oubli Ă une interprĂ©tation erronĂ©e et mĂ©ritent dâĂȘtre revus et corrigĂ©s, moyennant un malus afin de permettre Ă tous de concourir et que les meilleurs lâemportent. Lâobjectif de cet exercice Ă©tant de sĂ©lectionner les meilleures agences Ă mĂȘme de fournir les meilleures prestations en sĂ©curisant le consommateur final qui est le pĂšlerin.
La mise en place dâun tel systĂšme rĂ©pond en premier lieu Ă une volontĂ© de mise Ă niveau de lâensemble des operateurs de la distribution du hadj afin de provoquer une concurrence saine, dâamĂ©liorer la prestation et de gagner des parts de marchĂ©.
OĂč en est le Fonds de garantie Hajj ?
En 2006 (opĂ©ration Hajj 1427), nous avons créé un fonds de Garantie Hadj par lâouverture dâun compte sĂ©questre obligeant toutes les agences participantes Ă y contribuer par le dĂ©pĂŽt dâun montant de 50.000 DH par Agence. Ce fonds devait servir en cas de dĂ©faillance dâune ou plusieurs agences qui pourrait mettre en pĂ©ril le PĂšlerinage de ses clients, comme cela sâest dĂ©jĂ vu de part le passĂ©. Cette initiative pour mutualiser le risque, permettra Ă terme de donner au secteur une crĂ©dibilitĂ© financiĂšre autre que la caution dĂ©posĂ©e Ă la CDG, qui reste insuffisante et totalement inefficace en cas de sinistre. Ce fonds de garantie basĂ© sur une convention Fnavm-MinistĂšre du Tourisme, est aujourdâhui domiciliĂ© dans un compte sĂ©questre et suscite bien des convoitises de la part des membres de la Fnavm . En 2009, le solde Ă©tait de 5 millions de Dirhams.
Cette somme dâargent est-elle toujours bloquĂ©e Ă la Banque ? Et pourquoi ?
En principe, cette somme est toujours en banque dans un compte sĂ©questre comme son nom lâindique. Dans la convention avec le ministĂšre , la Fnavm sâest engagĂ©e Ă constituer une Association Professionnelle de SolidaritĂ© Hadj (APSH) , composĂ©e de toutes les agences ayant participĂ© Ă ce Fond . Cette association a pour mission la gestion de ce Fond avec obligation dâĂ©tablir un rapport financier annuel destinĂ© Ă ses membres.
Ce projet enclenchĂ© en 2008 avait pour objectif de professionnaliser le secteur de la distribution du Tourisme Religieux (Hadj & Omra) et Ă©viter les scandales que nous continuons Ă vivre encore aujourdâhui et qui jettent le discrĂ©dit sur notre profession.
Au moment oĂč le ministre du tourisme parle de concertations rĂ©gionales autour de la vision 2020, les voyagistes semblent complĂštement absents du dĂ©bat. Pourquoi ?
La mission de la Fnavm est de contribuer au dĂ©veloppement du Tourisme National en assistant ses membres que sont les associations rĂ©gionales par du conseil et une stratĂ©gie susceptibles de favoriser lâexercice de lâactivitĂ© dâagent de voyage. Or, nous avons lâimpression quâaujourd âhui, tout ne tourne quâautour du Hadj. Il est vrai que cet Ă©tat de fait nâest pas nouveau, mais le phĂ©nomĂšne ne fait quâempirer tant et si bien que le mot tourisme a disparu du vocabulaire de la Fnavm. MĂȘme le site officiel de la Fnavm est estampĂ© Hadj depuis 2009.
De ce fait, la Fnavm sâest exclue du dĂ©bat et ceci est prĂ©judiciable pour lâavenir de notre profession. Les agents de voyages rĂ©ceptifs ne se reconnaissent plus dans cette mouture.
Alors, que reste t il à faire ? Créer une association de réceptifs pour faire entendre notre voix et alerter les pouvoirs publics sur le danger de cette situation? Laisser les choses pourrir et reconstruire par la suite ? Abandonner et se laisser mourir ? Je lance le débat à toutes les personnes qui se reconnaissent dans cette situation car je reste persuadé que la vision 2020 devra se faire avec les agences de voyages.
Quel rÎle pourrait jouer le voyagiste dans le débat national lancé autour de la vision 2020 ?
Notre profession est entrain de vivre des moments trĂšs difficiles avec le changement qui sâest opĂ©rĂ© dans la distribution du voyage et qui a contraint un grand nombre de Tours Operateurs (TO) de se regrouper ou de disparaĂźtre. Ceux qui ont rĂ©ussi ce virage, ont actuellement leurs propres rĂ©ceptifs ou ont pris la majoritĂ© de lâactionnariat dans des Agences de voyage marocaines. Les autres ont fermĂ© ou vivent leurs derniĂšres heures et nous avec.
En France, notre principal marchĂ©, les agences de voyages subissent Ă©galement la loi des gros TO et ont du mal Ă faire face, « Selectour » et « Afat », malgrĂ© leur fusion, nâarrivent pas Ă satisfaire leurs membres qui sont de plus en plus phagocytĂ© par le net. Il est vrai que ce mode de consommation a le vent en poupe, mais il a montrĂ© ses limites derniĂšrement avec le nuage du volcan Islandais lorsque les clients ont Ă©tĂ© livrĂ©s Ă eux mĂȘmes Ă dĂ©faut dâinterlocuteur.
Les rĂ©ceptifs marocains sont de vĂ©ritables professionnels qui ont acquis un savoir faire au fil des annĂ©es en confectionnant des produits rĂ©pondant Ă la demande internationale. Malheureusement, comme pour lâartisanat , ces produits nâarrivent pas au consommateur. Depuis des annĂ©es, je ne cesse de rĂ©pĂ©ter que le salut passe par le net et lâONMT Ă un rĂŽle important Ă jouer : la mise en place dâun portail national dans lequel, nous pourrions achalander nos offres et pousser les clients Ă acheter en direct dans un esprit de commerce Ă©quitable. Nous pourrions Ă©galement Ă©tablir une relation avec les agences et les rĂ©seaux indĂ©pendants implantĂ©s en province et desservies par des lignes point Ă point soit par la RAM soit par les low-cost.
Certes, lâONMT aura du mal Ă sâaffirmer, connaissant le lobby des TO, mais notre position est prĂ©caire et il y va de lâavenir de toute une profession.
LâONMT a annoncĂ© rĂ©cemment le lancement pour 2011 dâune nouvelle plateforme Ă©lectronique de rĂ©servation auprĂšs des hĂŽtels. Ceci cadre-t-il avec vos attentes ?
Jâai appris par la presse cette nouvelle qui mâinquiĂšte et mâinterpelle au vu du contenu des articles. Apparemment, seuls les hĂŽteliers, les loueurs de voitures, les compagnies aĂ©riennes et les guides pourront offrir leurs services via ce portail. Aucune allusion nâest faite aux agences de voyages. Jâen suis Ă©tonnĂ©, car ni la FNAVM, ni lâARAVM, nâont fait mention de ce projet aux membres que nous sommes !
La mise en place du portail ONMT est une excellente initiative encore faudrait il que cela se fasse dans le respect des lois et rĂšglements et surtout dans un soucis de ne pas avantager un acteur au profit dâun autre. Si lâONMT se positionne comme la vitrine de lâoffre touristique Marocaine, câest une bonne chose et les acteurs devront satisfaire Ă certains critĂšres pour pouvoir apparaitre sur ce site. La cohabitation est tout a fait possible si les rĂšgles du jeu sont respectĂ©es.
Que pensez-vous de cette nouvelle tendance quâont adoptĂ©e les professionnels du tourisme, notamment la crĂ©ation de nouvelles associations telle lâANIT et lâassociation des rĂ©ceptifs de Casablanca ?
La nature Ă horreur du vide. Si les Associations existantes remplissaient leur mission, les professionnels ne ressentiraient pas le besoin de crĂ©er des doublons. Ceci est valable pour le « Club des RĂ©ceptifs de Casablanca » dont la dĂ©marche est avant tout dâordre Ă©conomique dans le but de mutualiser leurs efforts pour ĂȘtre plus performants. Leur action est plus B to B quâassociative et Ă ma connaissance leur objet social ne se substitue pas Ă celui de lâAVC.
Pour ce qui est de lâANIT, elle est lĂ©gitime et comble un vide. Lâinvestissement est dâune importance capitale pour la politique touristique de notre destination et il nâa pas Ă©tĂ© suffisamment accompagnĂ© dans la vision 2010, ce qui a provoquĂ© le retard pris par le Plan Azur. LâANIT serait lâinterlocuteur idoine pour combler cette lacune et impulser une rĂ©elle dynamique pour lâoption 2020.
Le ministre a dĂ©clarĂ© quâil entend donner Ă chaque rĂ©gion la chance de devenir une destination touristique Ă part entiĂšre. Pensez-vous que le secteur, avec son actuelle configuration, pourrait suivre les ambitions du ministre ? Quel rĂŽle pourrait jouer par exemple les voyagistes, les hĂŽteliersâŠÂ ? Et quelles sont les rĂ©gions qui peuvent sâimposer en tant que championnes nationales ?
Lâoffre Touristique marocaine doit logiquement se dĂ©cliner par rĂ©gion car elle est diversifiĂ©e et plurielle. Pour cela, chaque rĂ©gion doit prendre son destin en main et faire sa promotion sur tous les marchĂ©s Ă©metteurs quâelle est sensĂ©e intĂ©resser et quâelle a ciblĂ©. La compĂ©titivitĂ© des rĂ©gions sera de nature Ă drainer plus de touristes et surtout permettra un taux de retour plus important. Lâimage que nous vĂ©hiculons aujourdâhui est trop stĂ©rĂ©otypĂ©e dans lâesprit des touristes. Le mode de consommation ayant changĂ©, le touriste voyage moins longtemps, mais plus souvent et le but sera de leur pousser Ă consommer le Maroc sous toutes ses facettes.
Dans cette optique, les agents de voyages ont un rÎle important à jouer dans la confection des produits régionaux .Les hÎteliers ont une priorité à gérer au quotidien : La Qualité. Ils devraient conforter les voyagistes et leur laisser le monopole de la commercialisation. A chacun son métier.
Lâautre volet qui a Ă©tĂ© occultĂ© dans la vision 2010, est lâanimation sous toutes ses formes : spectacles , sports , musique , parcs dâattraction etcâŠ.Un touriste qui sâennuie ne revient pas.
Les régions qui sauront occuper leurs touristes seront les championnes.
Sur quoi faut-il miser, selon vous, pour développer cet élan régional ?
La mobilisation gĂ©nĂ©rale de tous les acteurs avec une cohĂ©sion et une implication totale. Câest normalement les CRT qui doivent jouer le rĂŽle de catalyseur pour libĂ©rer les Ă©nergies nĂ©cessaires qui permettra le dĂ©veloppement rĂ©gional. Je plaiderai pour quâon leur donne tous les moyens pour rĂ©ussir leur mission.
bonjour Si Faouzi
En 2006 le quota des agences était de plus de 10000 pélerins
Quâen est il aujourdhui? nous voudrions savoir pourquoi,
Si vous rĂ©pondez que câest la volontĂ© du pĂ©lerin,câest faux vous le savez.
Pourquoi vous passez sous silence cette question?
OUI pour la distribution juste et équitable.
OUI pour une meilleure organisation de la profession
OUI pour une concurrence saine
OUI pour un meilleur service aux pelrins.
OUI pour une intransigeance quant aux agences défaillantes.
NON contre le silence sur le mauvais traitement des pelerins
par les deux parties intervenantes.
NON POUR LE MODE DE PARTAGE ACTUEL.
je viens de lire ton interview Fouzi, et Ă propos de lâinitiative de lâonmt pour la mise en place dâune plate forme Ă©lectronique qui commercialisera le service location de voitures je tiens Ă tâinformer que lâonmt a pris cette dĂ©cision unilatĂ©ralement sans concertation avec les professionnels et dâailleurs je me demande comment on peut rĂ©ussir ce chantier important sans lâaval des loueurs de voitures, et je crois que lâonmt opte pour les centrales de rĂ©servations internationales tels que les brokers en Ă©cartant les entitĂ©s marocaines et de droit marocain , si câest le cas je lui souhaite bonne chance.