Jâai, dĂ©libĂ©rĂ©ment, Ă©vitĂ© dâĂ©crire depuis le dĂ©but de lâĂ©tĂ© pour respecter lâĂ©tat de grĂące que tout nouveau gouvernement est en quĂȘte dâattendre afin de prĂ©parer son action et dĂ©ployer autant que faire ce peut, le programme pour lequel il sâest engagĂ©.
Cette période est maintenant échue et nous avons pris acte par la voix du chef du Gouvernement des réalisations des différents départements ministériels durant ces quatre premiers mois.
Concernant le département du Tourisme et du transport Aérien, il est fait mention des points suivants :
- Renforcement des capacitĂ©s hĂŽteliĂšres par lâouverture de 1650 lits supplĂ©mentaires Ă SaĂŻdia et Lixus,
- Renforcement des liaisons aĂ©riennes par lâouverture de nouvelles lignes notamment : Essaouira â Casablanca, El Hoceima â Casablanca et El Hoceima â Tanger.
- Lancement des travaux dâamĂ©nagement du nouveau terminal de lâaĂ©roport de FĂšs et achĂšvement des travaux de lâaĂ©roport de Guelmim.
- Préparation de contrats progrÚs avec la CNT et la FNIH en vue de leur signature.
VoilĂ , jâai presque envie de dire que tout cela Ă©tait dĂ©jĂ dans le Pipe avant lâarrivĂ©e des nouveaux locataires de Hay Riad , si ce nâest les liaisons aĂ©riennes pour booster la destination Al Hoceima qui ont Ă©tĂ© dictĂ© par une situation regrettable. Restent tous les chantiers en attente dans lâexĂ©cution de la vision 2020 et Dieu sait quâils sont nombreux et complexes dans leur mise en Ćuvre.
Il est vrai, que lors de la rĂ©union mixte tenue en juillet, les professionnels, aprĂšs avoir pris connaissance de lâĂ©tude BCG, avaient donnĂ© rendez vous Ă la rentrĂ©e pour remettre leur copie concernant justement tous ces chantiers en attente et entreprendre, dans le cadre dâun partenariat, une vision commune et partagĂ©e de la chose touristique.  Cela ne devrait plus tarderâŠ..
Pour revenir sur les Ă©tudes prospectives Ă la mode depuis plus dâune vingtaine dâannĂ©es et qui sont en gĂ©nĂ©ral des propositions de scenarii fait par des consultants, Ă prix dâor, et qui nâengagent en rien ceux qui les ont conçus, je crois que câest Jacques Attali qui a dit que « câest un bon moyen pour ne pas trancher, ne pas choisir, voire pour se couvrir. »
Pour rappel, en 1994, je ne sais plus si câest Serge Berdugo ou MâHammedi Alaoui qui aurait lancĂ© une Etude de la StratĂ©gie dâAmĂ©nagement Touristique avec pour objectif dâeffectuer une radioscopie complĂšte du secteur touristique afin dâidentifier les raisons de la crise et de proposer des scenarii de dĂ©veloppement. Cette Ă©tude a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par un groupement constituĂ© du Suisse URBAPLAN et EDESA et IIHEM et aurait coutĂ© 12,5 Millions de Dirhams.
Le rapport final de cette Ă©tude a Ă©tĂ© publiĂ© en avril 1996 et ce nâest quâen FĂ©vrier 1998, lors des journĂ©es professionnelles du Tourisme, que ces orientations stratĂ©giques ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es et dĂ©battues Ă la veille dâun changement de Gouvernement : DĂ©part de Driss Benhima et ArrivĂ©e de Hassan Sebbar.
En relisant ce rapport final et en vous livrant une note rĂ©digĂ©e dans le temps par la Direction des Ă©tudes et des prĂ©visions financiĂšres, je pense que cette Ă©tude a largement inspirĂ© la Vision 2010, mais en partie seulement, car sur le BalnĂ©aire les potentialitĂ©s Ă©taient plutĂŽt mitigĂ©esâŠ.
Depuis, il y a eut une Ă©tude Monitor pour la RĂ©gion Marrakech, une Ă©tude lancĂ©e par le MinistĂšre de lâĂ©quipement sur le transport aĂ©rien, le HCP fait annuellement plusieurs Ă©tudes sur tous les secteurs, il existe mĂȘme une vision 2030 du tourisme qui a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e en 2004, lâIRES conduit Ă©galement des Ă©tudes dans lesquelles le secteur privĂ© peut trouver des rĂ©ponses, enfin le CESE produit aussi des Ă©tudes.
Alors, au delĂ de toute polĂ©mique, jâai lâimpression que pour se donner bonne conscience, chacun dĂ©cide de lancer une Ă©tude et les tiroirs des diffĂ©rents ministĂšres et offices regorgent de documents top secrets, Ă©ditĂ©s Ă prix dâor, dont seuls quelques initiĂ©s ont connaissance au grand dam de la majoritĂ© qui avance au pif et arrive parfois Ă tirer son Ă©pingle du jeu.
En tout Ă©tat de cause, les grands gagnants sont les cabinets de consultants, lorsquâils sont payĂ©s pour leur tache ! Mais cela câest une autre histoireâŠ.

Oui Si Fouzi, il nây a aucun mal Ă confier des Ă©tudes Ă des experts, soit pĂ©nĂ©trer un marchĂ©, prĂ©parer une nouvelle loi ou dĂ©cider dâune orientation quelconque. Mais il ne faut pas jeter ou classer les Ă©tudes prĂ©cĂ©dentes qui devaient aider Ă la continuitĂ©. A mon avis, lorsquâon confie une Ă©tude quelconque Ă un de ces cabinets que nous connaissons coutent trĂšs chers, le donneur dâordre se doit de lâĂ©tudier et de la partager avec les concernĂ©s dont les professionnels et experts en la matiĂšre. Et ce, toute profession confondue. Pourquoi continuons nous de parler de la Vision 2020, alors que nous sommes dĂ©jĂ Ă mi-chemin et, somme toute, sans vraie vision apparente pour lâavenir de notre tourisme ? Nâavons-nous pas assez de matiĂšres pour prendre les dĂ©cisions et les orientations appropriĂ©es, sans oublier que le temps travaille contre nous. Les vraies visions se dĂ©cident avec les professionnels ; avec les investisseurs potentiels ou ceux qui existent et qui ont pris des risques financiers Ă©normes. Mais, pas avec les politiques qui ne pensent quâĂ leur siĂšge au sein dâun parti ou sous la coupole du parlement. Pour ces gens le temps ne comptent pas ! Et nous serons encore lĂ en train de discuter comment nous allons revoir notre stratĂ©gie pour les 7 annĂ©es Ă venirâŠ