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FNAVM : Un flou artistique ?

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L’appel Ă  manifestation pour l’opĂ©ration pĂšlerinage 1434/2013, a Ă©tĂ© fait sur la base d’un concours auquel sont soumis l’ensemble des agences de voyages avec des prĂ©s requis et un certain nombre de documents permettant de les Ă©valuer et de les noter de maniĂšre Ă  les classer en vue de la rĂ©partition d’un cota dĂ©terminĂ©.

Il est bien prĂ©cisĂ© que l’admission lors de la prĂ©sĂ©lection ne donne pas systĂ©matiquement droit Ă  l’obtention du quota Hadj qui reste tributaire de la notation obtenue et du quota rĂ©gional.

Telles ont Ă©tĂ© les rĂšgles Ă©tablies par le MinistĂšre, validĂ©es par la FNAVM  et acceptĂ©es par l’ensemble des agences qui ont soumissionnĂ©es Ă  ce concours.

Cependant, pour des raisons que seule la commission en charge de la rĂ©partition connait, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de faire participer l’ensemble des agences n’ayant pas eu de note Ă©liminatoire. Cette dĂ©marche est noble si elle part de la volontĂ© commune de mettre en place une stratĂ©gie de reconquĂȘte du marchĂ© en intĂ©grant l’ensemble des agences qui rĂ©pondent aux critĂšres de sĂ©lection.

L’annĂ©e 1434/2013 Ă©tant la derniĂšre annĂ©e du systĂšme de rĂ©partition par Ă©valuation, il est important de faire une transition avant de passer en 2014 vers un systĂšme libĂ©ral avec la labellisation des acteurs qui devront se mettre en compĂ©tition  pour s’assurer un quota minimum de 47 pĂšlerins pour pouvoir prĂ©tendre Ă  l’organisation du hadj.

Cet objectif ne peut ĂȘtre atteint que sur la base d’un produit packagĂ©, incluant les transports aĂ©rien et terrestre, l’hĂ©bergement en hĂŽtels classĂ©s, la restauration durant tout le sĂ©jour et surtout un encadrement  de qualitĂ© qui est gage de l’expĂ©rience et de la rĂ©putation de l’agence.

Ce package doit ĂȘtre prĂȘt Ă  la commercialisation conformĂ©ment aux articles 10-11-12-13 & 14 de la loi  31/96. Ce qui suppose que chaque agence doit ĂȘtre en mesure de contracter les prestations prĂ©vues pour le voyage en s’engageant financiĂšrement auprĂšs des prestataires aĂ©riens et terrestres avant de proposer ses services aux futurs pĂšlerins.

Cette opération, hautement capitalistique, nécessite des fonds importants avec des risques tout aussi importants liés notamment aux fluctuations du marché, le cours des devises, la demande et la libre concurrence: autant de facteurs qui appellent une mutualisation.

Or le contrat proposĂ© par la FNAVM est vide de sens et trĂšs flou quand Ă  une quelconque mutualisation : aucun engagement mutuel, aucun apport de compĂ©tence, toutes les obligations sont portĂ©es par l’agence A, commercialisation, exĂ©cution, encadrement , service aprĂšs vente, tout est du ressort de l’agence A. L’agence B se contente de facturer ( quoi?) et de toucher! Elle n’est nullement impliquĂ©e et n’est responsable de rien? Comment peut on appeler cela contrat de mutualisation?

Beaucoup d’amateurisme de la part de la FNAVM, Ă  moins que cela ne soit voulu et prĂ©mĂ©ditĂ© par certains administrateurs qui ne pensent plus qu’à gĂ©rer la crise latente et la grogne des professionnels?

Au lieu de crĂ©er une vĂ©ritable synergie entre les agences en les incitant Ă  se regrouper par affinitĂ©s, produits, expĂ©riences afin de minimiser les risques et d’optimiser l’offre dans le but de convaincre le plus grand nombre de participants pour pouvoir diminuer les frais et ĂȘtre compĂ©titif, ce document est rĂ©ducteur, complĂštement dĂ©motivant et donne une trĂšs mauvaise image de la profession.

Ce document devrait poser les jalons d’un partenariat gagnant gagnant , ĂȘtre Ă©largit Ă  d’autres agences de voyages qui souhaitent s’investir  pour l’avenir en mettant en place un calendrier pour l’opĂ©ration 2014 dans le but d’une mutualisation sur une pĂ©riode de 3 ans minimum, dont les termes seront dĂ©finis communĂ©ment.

Sur le chapitre de la labĂ©lisation, nous devrions incessamment connaitre les critĂšres pour obtenir ce label, sa portĂ©e, sa mise en Ɠuvre, son suivi et surtout sa valeur. La perception qu’en feront les futurs pĂšlerins est primordiale. Le label est un outil de diffĂ©renciation qui permet Ă  l’agent de voyage d’amĂ©liorer ses services, la qualitĂ© de son offre et d’assurer une garantie d’exĂ©cution au client.

Ce label n’aura de sens que s’il est sĂ©lectif , voire trĂšs sĂ©lectif  sinon il n’aura aucune crĂ©dibilitĂ© . L’agence labellisĂ©e doit avoir les moyens humains et financiers nĂ©cessaires et suffisants pour  assurer ce voyage dans des conditions optimales et sans risque pour le pĂšlerin. L’agence labellisĂ©e doit ĂȘtre en mesure de proposer des produits contractuels et non virtuels, garantis et rĂ©pondant aux normes et ce, bien avant les inscriptions et le tirage au sort des pĂšlerins pour le hadj 2014.

Or, j’ai l’impression que ce sujet est complĂštement occultĂ© car il n’y a aucun signe du cotĂ© des instances reprĂ©sentatives pour prĂ©parer cette Ă©chĂ©ance qui sera dĂ©terminante pour l’avenir des agences de voyages dans l’organisation du pĂšlerinage.

Concernant la liste unique sur laquelle j’ai eu Ă  me prononcer dĂ©s le 28 janvier dernier, il est important que le MinistĂšre Ă©value  les rĂ©percutions de cette dĂ©cision qui risque de provoquer l’effet inverse de ce qui Ă©tait escomptĂ©. Du cotĂ© de la FNAVM, il n’y a rien de fait, il Ă©tait question de mettre en place une stratĂ©gie dont les grandes lignes ont Ă©tĂ© Ă©crites depuis plus d’un an, mais faute de courage et de volontĂ© , tout est restĂ© en l’état de projet. Nous allons droit dans le mĂ»r , l’équipe en place est incapable d’assumer au vu des bourdes qui ont Ă©tĂ© commises derniĂšrement que ce soit dans le choix des produits, le calcul des prix ou la rĂ©partition gĂ©ographique.

Comment peut-on dĂ©cider de mettre 53% de l’offre en produit Ă©conomique, ignorant totalement la demande des pĂšlerins? Certaines associations ont dĂ©cidĂ© de ne proposer que ce seul produit, sur quelles bases? RĂ©sultats, des dĂ©ceptions en masse de la part de citoyens qui ne trouvent pas de produits correspondant Ă  leurs attentes.

Comment peut ont obliger des pĂšlerins Ă  s’inscrire Ă  400 km de leur lieu de rĂ©sidence auprĂšs d’agences  qu’ils ne connaissent pas alors qu’il existent des agences Ă  proximitĂ© qui ont tout simplement Ă©tĂ© disqualifiĂ©es en dĂ©pit du bon sens ?

Comment peut on imposer une grille tarifaire sur un produit dĂ©terminĂ© en occultant l’incidence du prix de la chambre sur l’hĂ©bergement en double, triple ou quadruple? Doit on vendre Ă  perte ou faire subventionner l’hĂ©bergement des uns par les autres? Une cotation ne ce fait pas Ă  la louche, c’est mathĂ©matique.

Des questions qui appellent une vĂ©ritable rĂ©flexion entre des personnes responsables et soucieux de l’avenir de notre profession. Il y va de notre crĂ©dibilitĂ© Ă  tous car nous ne devons nullement dĂ©cevoir le peu de gens qui nous font encore confiance.

DerniĂšrement, le Ministre du tourisme a prĂ©sentĂ© et vantĂ© les mĂ©rites  de la mise en place de la liste unique devant les reprĂ©sentants de la nation, gage de confort pour le pĂšlerin qui bĂ©nĂ©ficiera de prestations d’un bon rapport qualitĂ© prix  dans une compĂ©titivitĂ© saine et pĂ©renne.

Le mĂȘme jour , le Ministre des Habous et des affaires islamiques a Ă©mit le voeux de concĂ©der les 2/3 du cota national aux agences de voyages! Sont elles prĂȘtes Ă  relever ce dĂ©fi?

Il est malheureux, que la FNAVM qui est absente de toutes les dĂ©cisions concernant le tourisme au Maroc et l’avenir de la profession, ne sache pas gĂ©rer  le seul chantier dans lequel elle est impliquĂ©e et qui reste finalement sa seule raison d’exister.

2 Commentaires

  1. Merci Fouzi pour ce rappel important et utile pour nous rafraĂźchir la mĂ©moire sur la libĂ©ralisation et sur la mutualisation qui devraient, en principe, rĂ©pondre Ă  un cahier de charges pour prochaines opĂ©rations pĂšlerinage Ă  partir de 2014. Tu fais bien d’attirer l’attention de tous les intervenants sur le fait que les critĂšres de la labellisation devraient aussi, rĂ©pondre Ă  des normes spĂ©cifiques car autrement, ce label ne signifierait pas grand chose s’il est banalisĂ©. Quant aux produits pour cette opĂ©ration 2013, la rĂ©gion du Grand Casablanca reçoit dĂ©jĂ  des rĂ©clamations de la part pĂšlerins qui ont Ă©tĂ© tirĂ©s au sort mais qui ne trouvent pas le produit adaptĂ© Ă  leurs besoins en confort et aux moyens financiers dont ils disposent. Certains clients sont prĂȘts Ă  payer plus que les niveaux de prix arrĂȘtĂ©s en commun accord, entre la profession et la tutelle pour le produit standard et mĂȘme PrĂ©mium, qui sont partis dĂšs les premiĂšres heures de leur ouverture Ă  la vente. Apparemment la demande est plus forte pour ces produits que l’offre. Et le fait mĂȘme que le client/pĂšlerin ne puisse pas choisir le produit qui lui convient Ă  l’inscription sur les listes, risque fort de provoquer sa colĂšre lorsqu’il se verra proposer un produit social, qui ne rĂ©pond ni Ă  ses attentes, ni Ă  son pouvoir d’achat. Si les pĂšlerins d’autres rĂ©gions sont demandeurs d’un produit Ă©conomique, mieux adaptĂ© Ă  leurs besoins et surtout Ă  leur bourse, une mĂ©tropole comme Casablanca va se retrouver avec un grand nombre de places invendues de ce produit social que la majoritĂ© va bouder. Et le virus Corona annoncĂ© par les autoritĂ©s Saoudiennes aidant, pourrait provoquer des dĂ©sistements des clients qui refuseraient de se voir priver de l’accomplissement de ce 5Ăšm pilier de l’Islam. A qui donc la faute? au pĂšlerin, aux professionnels ou Ă  la tutelle. Je serais tentĂ© de dire que la responsabilitĂ© est partagĂ©e!

    • Le ministĂšre devrait rĂ©agir a cette problĂ©matique en permettant Ă  certaines agences d’adapter leur produit Ă  la demande des pĂšlerins.
      Cette situation dĂ©note de la mauvaise apprĂ©ciation du marchĂ© par certaines associations qui ont imposĂ© ce fort pourcentage en produits Ă©conomiques. Une telle mĂ©connaissance est prĂ©judiciable pour l’image de la profession.

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