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Alléluia, 10 Millions de touristes
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📖 Temps de lecture : 5 minutes

Haddad

La nouvelle est tombĂ©e cette semaine de la bouche mĂȘme du Ministre du Tourisme, Le Maroc a accueilli 10.046.000 Touristes durant l’AnnĂ©e 2013. On serait tentĂ© de dire enfin, mais attendons d’avoir le dĂ©tail exact de ces arrivĂ©es avant de nous rĂ©jouir.

Toujours est il que la HCP confirme un raffermissement des arrivĂ©es et des nuitĂ©es en 2013, et une stagnation des recettes voyages considĂ©rant le – 0,5 % comme tel. Or, si l’on considĂ©re l’augmentation de 7% en terme d’arrivĂ©es, ce chiffre des recettes devient alarmant. En clair, nous avons plus de clients mais nous encaissons moins. Est ce parce que nous vendons moins cher, ou nous ne vendons pas assez?

Essayons alors de comprendre le pourquoi de cette situation?

En premier lieu, tout le monde s’accorde sur le fait que le mode de distribution a changĂ©. En effet, la majoritĂ© des nuitĂ©es sont aujourd’hui rĂ©alisĂ©es Ă  travers la vente online par l’intermĂ©diaire des OTA ( Online Travel Agencies). Ces OTA offrent aux internautes des tarifs basĂ©s sur le BAR ( Best Available Rate) et les hĂŽteliers mis en concurrence sur ces sites revoient rĂ©guliĂšrement leurs tarifs Ă  la baisse pour attirer plus de clients.
De plus, ce type de distribution coute cher, commissionnĂ©s en moyenne Ă  25% et en devises, c’est autant de recettes en moins pour la destination. Pour rappel, les rĂ©ceptifs assuraient une distribution Ă  moins de 15%, laquelle commission restait au Maroc et servait Ă  soutenir les emplois, Ă  maintenir l’investissement et Ă  dĂ©velopper les produits.
De plus, la prestation touristique se rĂ©sume uniquement Ă  de l’hĂ©bergement en BB, ce qui veut dire que les clients se dĂ©brouillent pour assurer leurs transferts, restauration, excursions et autres loisirs qui constituaient autrefois le package. Toutes ses prestations annexes ne sont plus comptabilisĂ©es aujourd’hui au niveau des recettes, et pour cause: elles sont assurĂ©es par le secteur informel, payĂ©es en espĂšces et s’évaporent dans la nature.
Le lowcost, a Ă©galement sa part dans ce dĂ©rĂšglement, les touristes de plus en plus nombreux qui profitent des bas tarifs pour voyager, ont de moins en moins tendance Ă  avoir recours a de l’hĂ©bergement  classĂ©, ils privilĂ©gient les appartements, maisons, villas et autres lieux qui foisonnent en toute illĂ©galitĂ© encaissant au noir, employant au noir et ne dĂ©clarant pas grand chose.
Les TO n’arrivent plus Ă  assurer une offre diversifiĂ©e en matiĂšre de produits, et nous remarquons un net recul des circuits qui faisaient la promotion des villes impĂ©riales et du Grand Sud Marocain. Des rĂ©gions complĂštement dĂ©sertĂ©es aujourd’hui avec des unitĂ©s d’hĂ©bergement en Ă©tat d’abandon. Ouarzazate est aujourd’hui un cas d’école, mais il en est de mĂȘme Ă  Erfoud, Errachidia, Zagora, Kellaa des Mgouna , Midelt 
.. la liste est longue et lorsqu’on calcule le manque Ă  gagner dans les circuits, on comprend mieux cette baisse des recettes.
Pour ce qui est du MICE, nous sommes trĂšs loin des chiffres que nous rĂ©alisions jusqu’en 2008. La plus part des congrĂšs organisĂ©s depuis sont de l’initiative de l’Etat et non plus des professionnels, ces grands Ă©vĂ©nements sont en grande partie financĂ©s par le Maroc, donc leur impact en matiĂšre de recettes est parfaitement marginal, en devises bien sĂ»r.
Les rĂ©ceptifs ont vu ainsi leur marges de manƓuvres se rĂ©duire d’annĂ©e en annĂ©e, suite Ă  la crise et aux restrictions budgĂ©taires qui ne permettent plus aux entreprises  europĂ©ennes de tenir leurs Ă©vĂ©nements en dehors des pays de la CEE.
Parmi les dĂ©gĂąts collatĂ©raux , il faut ajouter l’artisanat qui profitait du flux de touristes drainĂ©s par les agences de voyages rĂ©ceptives et les guides  dans le cadre des circuits et des excursions. Les bazaristes sont en train de manger leur pain noir aprĂšs avoir engrangĂ©s des bĂ©nĂ©fices dans les annĂ©es 80, 90 et mĂȘme 2000.

Sans parler de la multitude de restaurants étapes dans toutes les bourgades traversées par les autocars de touristes qui avaient noué des relations commerciales avec les agences de voyages.

Tous ces intervenants petits et grands sont aujourd’hui mis en dehors de l’équation tourisme et ce sont leurs recettes qui font dĂ©faut, ajoutĂ©s au bradage stimulĂ© par les comparateurs. Si c’est le prix pour atteindre les 10 millions de touristes, avec un taux de remplissage moyen de 43% et une durĂ©e moyenne de sĂ©jour infĂ©rieure Ă  4 nuits, je trouve pour ma part que c’est chĂšrement payĂ©.

Monsieur le Ministre, vous avez rĂ©cemment dit, que nous ne devrions pas nous focaliser sur le nombre des arrivĂ©es et des nuitĂ©es, mais plus nous soucier de nos recettes qui s’effritent. Ce qui dĂ©montre que vous ĂȘtes conscient de la gravitĂ© de la situation surtout aprĂšs l’alarme lancĂ©e par l’office des changes. Nos rĂ©serves en devises s’amenuisent et notre balance commerciale en prend un sacrĂ© coup. Vous nous aviez promis Ă  Mazagan de faire les « Les Ă©tats gĂ©nĂ©raux » du Tourisme, faites en une rĂ©solution et passons aux actes.

8 Commentaires

  1. Cher amis
    une analyse fort louable , complétée par notre ami jalil qui évoque un autre volet de nos maux.
    Mais ne serait elle pas temps d’arrĂȘter:
    1- de construire des 5* de les gérer comme des 4 et de les vendre comme des 3?
    2- de répertorier à chaque fois nos problÚmes sectoriels au lieu de proposer des solutions?
    3- Que NOS agences de voyages se lamentent au lieu de monter dans le train de l’évolution?
    4- De mettre tous les problùmes du tourisme sur le dos de l’hîtelier et non pas sur tout les intervenants du secteur?
    5-Qu’on voit les 4F( Foncier FiscalitĂ© Financement Formation) d’un Ɠil Maroco-Marocain au lieu d’un Ɠil international?
    etc
.

  2. Évitons tout malentendu : nous parlons bien de comprendre la ou les raisons de la baisse des recettes moyennes ?!
    Non de la problématique de la place des réceptifs qui est un grand et vrai (autre) sujet.

  3. Bonsoir cher Ami ;

    Alléluia pour le rétablissement de ton blogue .
    Tzaghrita pour les 10 millions des Touristes .
    Il en Ă©tait temps. C’était devenu la hantise de tout les responsables du tourisme . Maintenant que ce complexe a Ă©tĂ© dĂ©passĂ© (Avec bcps de retards et bcps de concessions ) et on va s’amuser ni Ă  refaire le dĂ©compte , ni Ă  Ă©valuer son impact , J’espĂšre que pour la phase 2020 , on va surtout viser des objectifs qui auront de l’impact Ă©conomique sur le secteur dans sa globalitĂ© .
    Concernant ton analyse des OTA , tu constateras que le secteur de distribution est le seul Ă  s’indigner de cette concurrence dĂ©loyale, toutes les autres branches de notre secteur s’alimentent du business qu’elle leur procure , quel que soit le niveau des commissions. MĂȘme notre administration a du mal Ă  nous soutenir et considĂšre que les OTA sont une aubaine pour notre pays , et qu’il va falloir ajuster la loi Ă  ce nouveau mode de distribution.
    Le sujet qui restera donc Ă  approfondir ; c’est la place, le rĂŽle et la mission des agences de voyages classiques dans la vision 2020 ? Y’a t-il encore de l’avenir pour ce type d’agences ? Quelles conversions possibles ? Comment amĂ©liorer leur compĂ©titivitĂ© ? etc.
    Pour ma part , je considĂšre que les produits que propose notre destination ont besoin d’un renouveau permanent ( C’est la demande qui l’exige ) ce renouveau demande bcps de crĂ©ativitĂ© , d’imagination et de valorisation du savoir faire marocain. Ce packaging est du seul ressort des voyagistes . L’histoire le prouve et l’avenir le dĂ©montrera .
    Ce n’est qu’à partir de cette rĂ©alitĂ© qu’on pourra rĂ©flĂ©chir tous ensemble Ă  une stratĂ©gie .
    Bonne fin de semaine Ă  tous

  4. J’applaudis au choix de la thĂ©matique comme je me rĂ©jouis que M. le Ministre en parle (aussi et enfin) publiquement!
    Un vrai sujet qui reste Ă  approfondir !

    Ceci Ă©tant, je suis trĂšs peu d’accord sur les premiers Ă©lĂ©ments de l’analyse.

    L’essentiel des raisons viennent d’un dĂ©sĂ©quilibre entre notre offre et la demande. Ni moins ni plus.
    1. La surcapacité (au moins momentanée) sur Marrakech

    2. L’inadĂ©quation offre/demande
    3.La vétusté du parc hotelier dans plusieurs destinations qui se reconnaitront.
    4. La concurrence accrue.
    5. L’absence de pilotage et de rĂ©gulation des investissements toujours et encore dĂ©criĂ©e

..
    Etc.

    Une seule précision (de taille!) : les OTAs ne coutent pas plus que les TOs classiques!
    Ils coutent trĂšs prĂšcisĂ©ment la meme chose
et ce n’est pas un hasard.

    Merci tout de meme de lancer le dĂ©bat jusqu’ici occultĂ© !

    • Merci Ă  toi d’avoir rĂ©pondu de maniĂšre spontanĂ©e et franche. Cependant, dans mon analyse je ne comparais pas les TO aux OTA , mais les rĂ©ceptifs. Et tu es trĂšs bien placĂ© pour savoir que nos marges n’ont jamais excĂ©dĂ© les 15%. Quand aux TO, c’est leur distribution qui leur coute cher. Ils sont aujourd’hui dans la mĂȘme problĂ©matique que les compagnies rĂ©guliĂšres face aux lowcost.
      Bien sûr, tous les autres éléments que tu as relevé, participent à cette chute des recettes.
      Il est donc essentiel qu’en on parle


      • Cher Blogger,

        Non.
        Le cout des OTAs doit etre comparĂ© Ă  l’alternative (« classique ») comparable : aux commissions et marges totales TO et rĂ©ceptif!
        Je m’avancerai meme à dire que le canal OTA est donc 
moins cher!
        Ce qui n’est que logique vu que le consommateur a appris Ă  faire son marchĂ© « intelligemment ».
        Cela mérite un séminaire!

  5. Une analyse lucide et convaincante sur les dĂ©gĂąts de l’informel Ă  tous les Ă©chelons. Mais de quel cĂŽtĂ© se trouve la solution
 s’il en existe une !!!

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