La loi 02/03 du 11 Novembre 2003, spĂ©cifie dans son article 3 que « Tout Ă©tranger dĂ©barquant ou arrivant sur le territoire marocain est tenu de se prĂ©senter aux autoritĂ©s compĂ©tentes, chargĂ©es du contrĂŽle aux postes frontiĂšres, muni dâun passeport dĂ©livrĂ© par lâEtat dont il est ressortissant, ou de tout autre document en cours de validitĂ© reconnu par lâEtat marocain comme titre de voyage en cours de validitĂ© et assorti, le cas Ă©chĂ©ant, du visa exigible, dĂ©livrĂ© par lâadministration ».
Cependant, dĂšs 2005 et dans un but facilitateur, la DGSN avait permis aux touristes en provenance des pays EuropĂ©ens et par le canal dâune agence de voyage de sĂ©journer au Maroc sur la base de la prĂ©sentation de la carte dâIdentitĂ© en cours de validitĂ©. Cette facilitĂ© Ă©tait soumise Ă certaines conditions, en lâoccurrence : Un voucher dĂ©livrĂ© par lâagence de voyage attestant le lieu du sĂ©jour et sa durĂ©e et lâobligation de prĂ©senter Ă la sortie, la copie de la fiche dâentrĂ©e avec le tampon de la police  des frontiĂšres.
Cet Ă©tat de fait a prĂ©valu jusquâau 18 juin dernier, date Ă laquelle il nâa plus Ă©tĂ© possible de dĂ©roger Ă la loi. Il faut dire que bien avant cette date, des compagnies aĂ©riennes, ont refusĂ© dâembarquer des touristes munis uniquement de leur carte dâidentitĂ©. Ce fut le cas notamment en Belgique avec la compagnie Thomas Cook Airlines qui dĂ©s le mois dâavril 2015 a exigĂ© le passeport pour ces passagers en partance pour le Maroc.
Maintenant, il est vrai que des TO ont Ă©tĂ© pris de court et ont vu leurs passagers refoulĂ©s Ă la frontiĂšre pour dĂ©faut de passeport. Ces passagers nâauraient jamais dĂ» ĂȘtre embarquĂ© car les compagnies aĂ©riennes sont les premiĂšres informĂ©es par ces mesures qui font partie des mesures de sĂ©curitĂ© en vigueur dans le monde entier depuis les attentats du 11 Septembre 2001.
Il est tout a fait normal que le Maroc verrouille au niveau de ses postes frontiĂšres face aux attentats terroristes commis un peu partout dans le Monde. En tant que professionnel, tout ce qui est de nature Ă assurer la sĂ©curitĂ© doit ĂȘtre encouragĂ© et si le fait dâexiger un passeport en cours de validitĂ© est le prix Ă payer pour profiter de son sĂ©jour en toute quiĂ©tude, nous ne devons en aucun cas nous en offusquer.
Il serait dâailleurs intĂ©ressant de connaitre le nombre de touristes qui ont sĂ©journĂ© au Maroc munis uniquement de leur carte dâidentitĂ©. Si on considĂšre que cette facilitĂ© est accordĂ©e uniquement au TO, qui reprĂ©sentent Ă peine 20% du flux touristique quâelle est la part des touristes qui ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de cette facilitĂ© ?
Valeur aujourdâhui et depuis que cette facilitĂ© a Ă©tĂ© mise en place, elle nâa pas eut lâeffet escomptĂ© puisque les principaux bĂ©nĂ©ficiaires qui sont en fait les TO, ont vu leurs chiffres dĂ©gringoler dâannĂ©e en annĂ©e.
Franchement, pour Ă©valuer lâimpact de cette facilitĂ©, il aurait fallut quâelle soit accordĂ©e Ă tout touriste europĂ©en qui choisi de passer ces vacances au Maroc, au mĂȘme titre que toutes les autres destinations europĂ©ennes : Espagne, Portugal, Italie, GrĂšce, CrĂȘte, Roumanie, Croatie etcâŠ.
La libre circulation des personnes est un atout pour le tourisme et ce nâest pas pour rien, que les Etats Unis, conscients de lâimportance du marchĂ© EuropĂ©en et aprĂšs avoir instaurĂ© le visa pour les raisons sĂ©curitaires que nous connaissons,  ont peu a peu assoupli leurs mesures dans le cadre du Tourisme tout en restant vigilant sur le cotĂ© sĂ©curitaire: La mise en place de lâESTA ( Electronic System for Travel Authorization).
Cette procĂ©dure mise en application depuis le 8 septembre 2010, permet aux touristes EuropĂ©ens munis dâun passeport biomĂ©trique de remplir un formulaire en ligne et de bĂ©nĂ©ficier ainsi du programme dâexemption de visa. Cette procĂ©dure est payante, moyennant la somme de 14$ dont 4$ sont destinĂ©s Ă couvrir les frais administratifs du bureau des douanes et de la protection frontaliĂšre et les 10$ restant dans le cadre de la promotion du tourisme.
La demande faite, elle est traitĂ©e sous 48heures et une fois approuvĂ©e elle donne droit Ă une autorisation qui reste valable pour une ou plusieurs entrĂ©es aux Etats Unis pendant une durĂ©e de deux ans. Cette autorisation peut ĂȘtre renouvelĂ©e aprĂšs expiration de la date de validitĂ© par une nouvelle demande et de nouveaux frais.
Partant de cette expĂ©rience rĂ©ussie par un pays qui a fait de la sĂ©curitĂ© sa prioritĂ© n°1 , peut on un jour envisager lâentrĂ©e, pour les touristes EuropĂ©ens dĂ©sireux de visiter notre beau pays, sur la base dâune carte dâidentitĂ© biomĂ©trique et une demande via un site web dĂ©diĂ© Ă lâInstar de lâASTA?
La rĂ©ponse Ă cette question passe par lâattractivitĂ© de la destination, la confiance des touristes potentiels et une volontĂ© nationale. Vaste chantierâŠ..
PS: A lâheure oĂč ce post est publiĂ© et suite Ă la lettre ministĂ©rielle, la prĂ©sentation dâun passeport pour rentrer au Maroc est toujours en vigueur.

Bonsoir si Fouzi.
Le sujet que vous avez traitĂ© cette fois-ci me tient tellement Ă coeur, et câest chose vaillante que de proposer un autre regard dessus, en complĂšment de tout ce qui a Ă©tĂ© dit et lu depuis les derniers rebondissements sây rattachant.
Juillet 2015 est Ă marquer dâune pierre blanche, diraient certains professionnels, qui jubilĂšrent dĂšs que la nouvelle fut annoncĂ©e: la fameuse dĂ©rogation accordĂ©e par le MinistĂšre de lâIntĂ©rieur et la DGSN, en vertu de laquelle les touristes pris en charge par les TO sont exemptĂ©s de passeport, la prĂ©sente de la simple CIS ( Carte dâIdentitĂ© SĂ©curisĂ©e Ă©tant requise).
Et ça mâinterpelle de nouveau, et je rĂ©itĂšre: Est-ce que le fait dâexiger un passeport Ă lâentrĂ©e dâun pays, dissuaderait-il les touristes Ă sây rendre et y sĂ©journer? La carte dâidentitĂ© nâa jamais fait foi de document de voyage !
A y voir de plus prĂšs aussi, combien reprĂ©sentent ces touristes Ă qui sâapplique la dĂ©rogation (en lâoccurrence encadrĂ©s par les TO) ? la part est Ă©videmment moins importante comparĂ©e Ă celle correspondant aux visiteurs qui ne sollicitent point les services de ces prestataires du voyage et de facto, rĂ©servent en apartĂ©, hors circuit conventionnel : la dĂ©sintermĂ©diation grandissante et imposante expliquant ce fait, et donc ce perceptible Ă©cart entre les deux segments Ă titre de simple comparaison.
Pour conclure, la question nodale demeure la suivante: Hormis le MinistĂšre du Tourisme et la ConfĂ©dĂ©ration Nationale du Tourisme qui ont pris acte de la nouvelle dĂ©cision, les autres intervenants de la chaĂźne touristique, en sont-ils bien informĂ©s? Je cite notamment lâONDA ! Quitte Ă Ă©viter de nouveaux scandales au niveau de nos aĂ©roports le cas Ă©chĂ©ant..