Lors dâun rĂ©cent focus group initiĂ© par le ministĂšre du tourisme dans le cadre des concertations participatives avec les entreprises touristiques et dont le thĂšme principal Ă©tait le Tourisme Durable, nous Ă©tions quelques agences de voyages membres du Club RMA Ă participer. Cette rĂ©union faisait suite Ă une sĂ©rie de consultations auprĂšs des hĂŽteliers, des associations professionnelles, des FĂ©dĂ©rations de mĂ©tiers et de quelques acteurs majeurs.
En introduction, nous eĂ»mes droit Ă un bref rappel des principes fondateurs de la vision 2020 dont le volet dĂ©veloppement durable constitue un pilier important que personnellement je qualifierai de « 5Ăšme Ă©lĂ©ment ». Les participants eurent Ă rĂ©pondre Ă trois questions principales qui devraient permettre aux consultants dâidentifier les traits communs des besoins et attentes des acteurs et partant concevoir des outils Ă mĂȘme de rĂ©pondre auxdits besoins.
A la question : comment dĂ©finissez vous un tourisme durable, nous Ă©tions tous convaincu que câest le grand oubli de la vision 2010 et ce  malgrĂ© la mise en place du ComitĂ© Marocain du Tourisme Responsable en septembre 2006. Ce comitĂ© dont jâĂ©tais membre fondateur es qualitĂ© sâest  attelĂ© Ă mettre en place une charte du Tourisme responsable avec lâĂ©dition dâun guide du Touriste Responsable et la crĂ©ation dâun label dĂ©diĂ©. Sur le dernier point, il ya eut effectivement le label Clefs vertes qui a Ă©tĂ© mis en place, mais malheureusement , les unitĂ©s hĂŽteliĂšres qui ont jouĂ© le jeu se comptent sur les doigts. Pour le reste, nous en Ă©tions restĂ© au stade dâannonce sans plus. Le terme responsable et durable ne faisant pas partie des prioritĂ©s de la vision 2010.
Aujourdâhui le tourisme durable est une rĂ©ponse aux attentes des touristes qui veulent participer au dĂ©veloppement des communautĂ©s dans la recherche dâun vĂ©ritable Ă©quilibre social, Ă©conomique et environnemental.
A ce sujet, nous avons Ă©mis des rĂ©serves quant Ă la surexploitation des ressources naturelles et plus particuliĂšrement lâeau qui sâamenuise de plus en plus surtout dans des pĂ©riodes de sĂšcheresse de plus en plus frĂ©quentes. Les raids sauvages de 4Ă4 qui sont programmĂ©s au Maroc sans aucune restriction ont Ă©galement Ă©tĂ© montrĂ© du doigt du fait des dĂ©gĂąts collatĂ©raux quâils commettent dans les rĂ©gions traversĂ©es : destruction de dĂ»nes, traumatisme de la faune et dĂ©chets non dĂ©gradables laissĂ©s sur les lieux.
En milieu urbain, la construction dâimmeubles de 5 Ă©tages dans le Gueliz, autrefois zone villas, a crĂ©e un vĂ©ritable encombrement dans le stationnement et la circulation avec des pics de pollution qui dĂ©naturent la qualitĂ© de lâair. La mĂ©dina aussi nâĂ©chappe pas aux encombrements et surtout Ă la pollution des cyclomoteurs qui pullulent intra muros. Nous avons Ă©mis le souhait de voir les calĂšches reprendre leur droit dans cette partie de la ville avec une augmentation de leur nombre qui stagne depuis 1935 Ă 230 Ă©quipages. Ce type de transport outre son cotĂ© typique est Ă©galement Ă©cologique et serait un excellent label pour notre tourisme.
Sur nos besoins en matiĂšre dâinformation, de formation et dâaccompagnement pour adopter une dĂ©marche durable dans nos activitĂ©s, nous avons rĂ©pondu :
- En matiĂšre dâinformation et de sensibilisation de la sociĂ©tĂ© civile et des visiteurs, un site internet dĂ©diĂ© , avec du contenu , mis Ă jour rĂ©guliĂšrement et interactif. Sur la partie front office, des cartes , des circuits , des sites archĂ©ologiques, gĂ©ologiques , naturels etcâŠdes forums de discutions entre professionnels, administration et touristes. Enfin une liste des acteurs ayant adoptĂ© une dĂ©marche responsable tels que les agents de voyages, les unitĂ©s dâhĂ©bergement, les restaurants et autres.
- Sur le plan Ă©conomique, il faudrait sincĂšrement penser Ă dĂ©fiscaliser les acteurs Ă©voluant en milieu rural tels que les muletiers, lâhabitant en gĂ©nĂ©ral qui reçoit des touristes et surtout les achats effectuĂ©s chez les paysans pour les besoins de la restauration des randonneurs. En fait , la difficultĂ© rĂ©side dans lâobtention de factures probantes pour justifier les dĂ©penses et cela est une contrainte pour les opĂ©rateurs et pour les populations locales. Une exception devrait ĂȘtre envisagĂ©e, pour permettre un traitement Ă©quitable de ces populations et endiguer lâexode rural.
- Des centres de formation pour tous les acteurs avec des stages rĂ©guliers afin de mieux maitriser les gestes de bonnes pratiques, dâadopter et de partager une Ă©thique responsable dans lâobjectif final serait une labellisation connue et reconnue : clefs vertes, pavillon bleu, zĂ©ro Carbonne etc.âŠ.inclure le tourisme durable, comme matiĂšre dans les Ă©coles, collĂšges et lycĂ©es pour une vĂ©ritable efficacitĂ© de la dĂ©marche.
Sur notre contribution afin de positionner le Maroc comme une destination durable, lâengagement est unanime et total par une communication et une sensibilisation de tous nos partenaires et collaborateurs aussi bien en interne que lors des rencontres internationales. Nous nous engageons Ă©galement Ă crĂ©er des emplois en milieu rural, rĂ©munĂ©rĂ©s Ă©quitablement et profitant en premier lieu aux populations locales que nous accompagnerons par de la formation continue.
Cette dĂ©marche se fera dans lâoptique de rĂ©duire la prĂ©caritĂ© dans le respect de la dignitĂ© en aidant Ă la mise en place dâactivitĂ©s touristiques gĂ©nĂ©ratrices de revenus telles que la culture bio, et un artisanat liĂ© Ă la consommation par les restaurants et les hĂŽtels. Dâailleurs, lors dâune journĂ©e de rĂ©flexion que lâon avait tenue le 27 novembre 2010 Ă la veille des Assises du Tourisme, nous avions identifiĂ© un certain nombre dâAGR pouvant ĂȘtre rapidement mises en place dans notre rĂ©gion.
Pour conclure, le tourisme durable est un vĂ©ritable levier Ă©conomique et social qui doit aujourdâhui ĂȘtre pris en considĂ©ration par lâensemble des professionnels du tourisme. De plus câest un argument marketing trĂšs fort pouvant positionner la destination dans le top des best practices mondiaux. Il nĂ©cessite une vĂ©ritable mobilisation et prise de conscience pour sauvegarder notre patrimoine naturel et culturel, notre authenticitĂ© qui fait aujourdâhui notre richesse et enfin un hĂ©ritage Ă laisser aux gĂ©nĂ©rations futures. Il ne sâagit nullement de faire dans le « Greenwashing », mais dâengager une dynamique volontariste et de sâassurer de la participation de tous.
Lâeconomique, le social et lâenvironnemental sont les elements cles Ă prendre en compt durant tout le processus que suit normalement tout projet allant de sa conception Ă son exploitation:
â les etudes dâimpacts mais qui doivent etre suivies dâapplication,
-le type dâarchitecture avec le respect du cachet local, lâorientation , lâensoleillement ,
-lâapplication des nouvelles normes de constructions permettant une isolation phonique et thermique tout en integrant les moyens de construction locaux et faisant aussi appel Ă une main dâoeuvre locale.
-lors de lâequipement de lâetablissement adopter une politique dâachat qui intĂšgre le volet environnemental;
-lors de lâexploitation, adopter tout une strategie de gestion environnementale.
A partir de ces exemples on peut imaginer le nombre dâintervenants et partant lâimportance de la cooperation , de la coordination et de la sensibilisation pour la reussite de cette entreprise tant vitale pour notre pays,donc le mobimisation doiy etre de mise et quâun chacun doit jouer pleinement son role.
Les hoteliers devraient se dĂ©pĂȘcher de prendre ce train car le label » vert » va peser de plus en plus lourd dans les choix des clients, surtout en matiĂšres de groupes et de MICE, et en prioritĂ© sur les marchĂ©s anglo saxon qui sont dĂ©jĂ trĂšs sensibilisĂ©s en matiĂšre dâĂ©cologie et dâĂ©thique environnementale âŠ
Bonjour,
Il me semble que câest toujours le groupe Egyptien qui est sur la Station plage blanche et quâun cahier de charge a Ă©tĂ© imposĂ© pour la protection de lâenvironnement en ce qui concerne ce site.
Pour ce qui est mis en place, comme vous avez pu le remarquer, nous avons soulevĂ© un certain nombre de points en rapport direct avec notre mĂ©tier dâagents de voyages. Je pense et jâespĂšre que les autres acteurs qui ont Ă©tĂ© consultĂ© et notamment les amĂ©nageurs dĂ©veloppeurs, les hĂŽteliers, et les transporteurs se sont suffisamment prononcĂ©s sur le sujet et quâil en ont fait leur prioritĂ©.
Pour ma part , je reste en attente des suites qui seront données à ces consultations et je ne manquerai pas de partager avec le plus grand nombre.
Bonne semaine
bonjour
jâaimerais bien savoir ce quâest devenu le projet plage blanche? qui finalement dĂ©veloppe (detruit?) cette zone?
si mes souvenirs sont bons je garde en tete un groupe egyptien.
ma question: quâest ce qui est mis en place dans une dĂ©marche de tourisme durable sur une approche environnemental Ă©conomique et sociĂ©tale⊠?
bien Ă©videment ces point devant etre pris en considĂ©ration avant mĂȘme la construction avec la question sensible de construire durablementâŠ.