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La formation aux métiers du tourisme

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Le MinistĂšre du tourisme a lancĂ© une Ă©tude sur le repositionnement des Ă©tablissements de formation hĂŽteliĂšre et touristique relevant de sa tutelle ( EFHT). Ces Ă©tablissements que l’on avait pour habitude d’appeler les Ă©coles hĂŽteliĂšres formaient essentiellement aux mĂ©tiers de l’hĂŽtellerie, Ă  savoir l’hĂ©bergement et la restauration et donnaient d’excellents rĂ©sultats avec une qualification reconnue qui profite beaucoup plus Ă  l’étranger qu’au Maroc.

En effet, une grande partie des laurĂ©ats de nos Ă©coles s’expatrie pour des raisons Ă©conomiques vers le Moyen Orient et l’Europe oĂč les salaires sont plus intĂ©ressants mĂȘme si les conditions de vie ne sont pas idoines. Cette fuite de nos ressources humaines  est trĂšs prĂ©judiciable Ă  notre qualitĂ© de service et aux ambitions affichĂ©es de notre tourisme.

Une autre partie des laurĂ©ats de l’ISIT de Tanger, toujours pour les mĂȘmes raisons, abandonne le tourisme pour se rĂ©orienter vers d’autres mĂ©tiers plus rĂ©munĂ©rateurs tels que la banque, l’immobilier, le commerce international ou tout autre startup Ă  mĂȘme de leur assurer des salaires dĂ©cents .

Le moyen d’endiguer cette hĂ©morragie serait de rĂ©munĂ©rer nos cadres Ă  leur juste valeur, ce qui revient Ă  dire mieux vendre notre produit et ne pas le brader.

La formation professionnelle a Ă©tĂ© le talon d’Achille de la vision 2010 puisqu’on n’arrivait pas Ă  pourvoir au bon fonctionnement des unitĂ©s nouvelles : c’est le cas de SaĂŻdia et de Mazagan, mais Ă©galement de Marrakech qui en se positionnant sur un segment luxe, peine Ă  trouver les bons profils pour justifier son ambition de destination haut de gamme.

Des Ă©tablissements sont donc obligĂ©s de parer Ă  cette problĂ©matique en formant eux mĂȘmes leur personnel au risque de se le faire piquer par la concurrence qui n’a aucun soucis d’éthique.

Cette problĂ©matique existe Ă©galement dans les entreprises touristiques : Les agences de voyages, les loueurs de voitures et le transport touristique. De plus, pour ces mĂ©tiers, aucune formation n’est dispensĂ©e, et ils sont souvent obligĂ© de former eux mĂȘmes leur personnel.

Pour ne parler que de mon mĂ©tier, nous avons toutes les peines du monde Ă  trouver un personnel qualifiĂ© issu des Ă©coles de tourisme, car notre mĂ©tier ne se rĂ©sume pas aux hĂŽtesses d’accueil, mais Ă  des profils maitrisant parfaitement les langues Ă©trangĂšres, la culture de nos hĂŽtes, le produit, la gĂ©ographie du pays, les spĂ©cificitĂ©s de nos rĂ©gions et un grand sens du sacrifice car nous n’avons pas de weekend, ni de jours fĂ©riĂ©s et souvent peu de vacances. En fait c’est un mĂ©tier de passionnĂ©s.

Nos besoins, outre des agents de maitrise et les chefs de projet pour faire des cotations sur des demandes de plus en plus à la carte, sont des personnes maitrisant parfaitement l’outil informatique et surtout internet.

La brochure papier devient Ă©phĂ©mĂšre du fait de la volatilitĂ© des prix, encombrante vu les restrictions aĂ©riennes et surtout en dĂ©calage par rapport Ă  la dĂ©forestation et la protection de la nature. De ce fait, nous sommes de plus en plus amenĂ© Ă  faire nos offres via nos sites web, ce qui nĂ©cessite une personne dĂ©diĂ© pour faire les mises Ă  jour nĂ©cessaires tant au niveau des prix qu’au niveau des produits, sans parler de la page Facebook et le compte Twiter, car aujourd’hui le web 2.0 s’impose.

Les agents de rĂ©servation doivent Ă©galement maitriser l’outil informatique et internet pour ĂȘtre rĂ©actif Ă  la demande qui doit ĂȘtre traitĂ©e presque instantanĂ©ment. Aujourd’hui les agences online utilisent des robots avec des rĂ©ponses automatiques mais leur intelligence est limitĂ©e. L’humain trouve l’alternative, gĂšre le surbook et propose une Ă©quivalence.

Autre besoin, c’est ce qu’on appelle les pilotes vacances, en fait des reprĂ©sentants qui sont dans les hĂŽtels auprĂšs des clients qui aprĂšs les avoir accueillis, leur rendent visite rĂ©guliĂšrement pour le suivi du sĂ©jour, proposant des excursions, reconfirmant les retours et assurant une permanence jusqu’au transfert retour.

Le chauffeur de tourisme, que ce soit en 4X4 ou en bus, est un Ă©lĂ©ment incontournable pour la rĂ©ussite du circuit, car outre le fait qu’il sache conduire, il doit connaĂźtre les itinĂ©raires, savoir se dĂ©panner, veiller au confort des clients, bichonner son vĂ©hicule et ĂȘtre Ă  l’écoute et en parfaite symbiose avec l’accompagnateur de tourisme. Ceci est Ă©galement valable pour le muletier, le chamelier et sur un autre volet le chauffeur de taxi ou le cocher du fiacre. Malheureusement aucune formation n’est prĂ©vue pour ces mĂ©tiers et nous sommes contraint de faire de la pĂ©dagogie et de l’apprentissage pour pouvoir assurer nos prestations.

Autre mĂ©tier du tourisme, l’animation qui est aujourd’hui une composante du produit et l’animateur , n’est pas uniquement celui qui parle dans le micro, ou qui passe de la musique, c’est celui qui fera que le client sera satisfait et reviendra.

Je voudrai rendre hommage Ă  une grande Ă©cole de formation : Le Club Med. Je suis toujours fier de dire que je suis un ex GO ( Gentil Organisateur), car c’est ce qui m’a donnĂ© l’amour de mon mĂ©tier et qui m’a permis d’évoluer et d’innover au sein de mon entreprise. D’ailleurs, la rĂ©ussite du club vient de ses GO, qui pour la plupart ont Ă©tĂ© formĂ© dans les villages par d’autres GO. Des moniteurs de sport, des animateurs sont devenus des grands responsables dans la hiĂ©rarchie du Club et au sein de grands chaines hĂŽteliĂšres. Sans parler de ceux qui ont rĂ©ussi au CinĂ©ma, dans la chanson, la tĂ©lĂ©vision et les showbiz en gĂ©nĂ©ral. Ce savoir faire acquis sur le terrain, au contact des GM (Gentils Membres) est une valeur sĂ»re et qui mĂ©rite d’ĂȘtre enseignĂ© dans nos Ă©tablissements de tourisme.

Je pense qu’il est temps effectivement que nous formions des personnes Ă  mĂȘme de donner du rĂȘve et du bonheur Ă  nos hĂŽtes, satisfaire leurs exigences et leur faire apprĂ©cier la qualitĂ© de nos Ă©tablissements. C’est la dimension humaine et le professionnalisme qui fera la diffĂ©rence avec les autres destinations et nous devons nous soucier plus du taux de retour que du taux de remplissage, le second dĂ©pend souvent du premier.

2 Commentaires

  1. JP Datcharry

    La FORMATION nous semble la base indispensable à la réussite de notre challenge et doit se faire sur toute la chaßne des intervenants.
    Ces formations, de base, mise Ă  niveau, continues, doivent correspondre rĂ©ellement Ă  une formation poussĂ©e, car nous attendons des rĂ©sultats d’urgence pour soigner le mal d’insatisfaction et du taux de retour si bas (chiffres officiels alarmants).
    Il faut donc des établissements spécialisés suivant les corps de métiers, avec des moyens performants, programmes innovants et formateurs motivés et motivants.
    Il faut professionnaliser ces écoles, tout comme nos métiers, et rendre responsables et indispensables tous les acteurs de la chaine.

    Il faut investir sur la qualité des produits et des services vendus.
    Notre client doit en avoir plus que ce qu’il attend, l’effet de surprises et d’émotions doit ĂȘtre important tout au long de sa visite dans notre pays, car ce rĂȘve peu devenir ensuite un besoin Ă  le revivre et Ă  le partager. Vu la proximitĂ© de nos marchĂ©s principaux et la richesse de diversification des ingrĂ©dients de notre tourisme, nous sommes grandement avantagĂ©s dans cette rĂ©ussite.

    Nous devons nous approcher des standards de nos visiteurs. Et là c’est bien au delà de la formation que nous devons agir.
    Monter le niveau de nos Ă©tablissements, du transport, des lieux de visites, de l’accueil, de l’hygiĂšne, du suivi, de tous les services.

    Cette formation en plus du savoir acquis, doit devenir une vĂ©ritable culture de mieux faire dans tous les dĂ©tails mĂȘme les plus simples.

    C’est tout un projet de sociĂ©tĂ© dĂ©jĂ  entamĂ© depuis des annĂ©es. Les liaisons routiĂšres, aĂ©riennes, communications ont Ă©normĂ©ment progressĂ©.
    Et nous qu’avons nous fait mĂȘme pour les choses les plus simples comme dit Paula et qui sont souvent les meilleurs souvenirs qui restent Ă  nos visiteurs ?

    Ce mieux vivre ne pourra se faire tant que la plateforme de travail ne sera pas assainie.
    Comment programmer la formation de nos équipes, améliorer leur cadre de travail, quand autour se développe ce vaste informel à demi-tarif en ligne et le soucis du lendemain.

    Nous devons agir rapidement, sinon les résultats risquent de nous faire reculer alors que la vision 2020 est de hisser notre pays dans le top des 20 premiers pays touristique.

  2. Il y a urgence certes dans la formation, mais aussi et surtout urgence dans la nĂ©cessitĂ© de redonner Ă  tous le goĂ»t du travail bien fait, Ă  faire ressentir le plaisir que l’on Ă©prouve Ă  « donner du rĂȘve et du bonheur Ă  nos hĂŽtes », car le seul professionnalisme ne suffit pas s’il n’y a pas d’ñme derriĂšre! la vĂ©ritable qualitĂ© du service se trouve dans sa dimension humaine, dans le sourire d’un rĂ©ceptionniste vĂ©ritablement accueillant, dans le souci de partage d’un guide qui veut faire aimer son pays, dans la conduite prudente d’un chauffeur qui veille au bien ĂȘtre de ses passagers, dans l’affichage de prix raisonnables par le bazariste, dans la fraicheur et le bon gout d’un repas simple , authentique, rĂ©alisĂ© avec tous les beaux produits de notre pays, et servi dans un vĂ©ritable esprit de partage et d’hospitalité .

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