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Faisons une pause et interrogeons nous

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Dans quelques jours, Blogtrotter fĂȘtera ces quatre ans d’existence. Quatre annĂ©es de coups de coeur, de coups de gueule, de propositions, d’analyses, de mises au point, de rĂ©flexions et d’hommages sur un seul sujet:  Le tourisme marocain au lendemain de la vision 2010 et depuis le lancement de la vision 2020.

161 articles, 848 commentaires et des centaines de visiteurs des quatre coins de la planĂšte, sur un site qui s’adresse exclusivement au microcosme marocain du tourisme. Ces chiffres reflĂštent l’intĂ©rĂȘt que peuvent porter les professionnels Ă  ce secteur qui mĂ©rite Ă  mon sens un peu plus de mobilisation et d’implication pour maintenir cette flamme qui a Ă©tĂ© allumĂ©e le 10 janvier 2010 Ă  Marrakech devant Sa MajestĂ© Le Roi.

Depuis, beaucoup de choses ont Ă©tĂ© faites notamment en matiĂšre d’infrastructures, mais Ă©galement en matiĂšre  de ruptures avec certaines pratiques. L’ouverture du ciel et les accords de libre Ă©change en sont les exemples les plus frappant. Etions nous prĂȘts pour ces changements radicaux? Pouvions nous relever les dĂ©fis que nous nous sommes lancĂ©s? Avions nous les moyens humains et financiers pour faire face Ă  ces nouveaux modĂšles Ă©conomiques auxquels nous avons Ă©tĂ© confrontĂ© brusquement?

A mon humble avis, la réponse est non.

Nous avons pĂ©chĂ© par excĂšs sur plusieurs chantiers et notamment le plan Azur. Lancer plusieurs stations balnĂ©aires en mĂȘme temps tient plus de l’utopie que de la rĂ©alitĂ© sachant que certaines d’entre elles auront du mal Ă  ĂȘtre rentables en raison de leur saisonnalitĂ© tout simplement. Mais Ă  l’époque, et dans une euphorie gĂ©nĂ©ralisĂ©e, personne n’a pensĂ© Ă  Ă©mettre des rĂ©serves, nous Ă©tions tous grisĂ©s par une formidable ambition et convaincus que la croissance de notre tourisme ne peut se faire que par le balnĂ©aire.

Idem pour le plan Biladi, qui a tardĂ© Ă  se mettre en place. Aujourd’hui deux stations, Ifrane et Imi Ouddar, respectivement une station d’hiver et l’autre d’étĂ©. Si pour la deuxiĂšme nous n’avons pour l’instant aucun moyen de quantifier son impact, pour la premiĂšre, il semblerait que les chiffres ne soient pas fameux. Il est vrai que les nationaux n’ont pas le mĂȘme engouement pour les sports d’hiver que les europĂ©ens. Quand on connait le prix des vacances d’hivers en montagne et le pouvoir d’achat de nos concitoyens, on comprend trĂšs vite que leurs prioritĂ©s se situent ailleurs.

Au niveau de la distribution, nous sommes complĂštement larguĂ©s et astreints Ă  commercialiser des lits au lieu de promouvoir des expĂ©riences Ă  vivre. La valeur ajoutĂ©e d’un Ă©tablissement ne se mesure pas uniquement au nombre d’étoiles ou au confort qu’il peut procurer Ă  ces clients, elle se mesure Ă©galement par rapport Ă  sa situation, son environnement et sa capacitĂ© Ă  procurer une satisfaction aussi bien pour son personnel que pour ses clients.

Tout cela nous amĂšne au dernier discours de Sa MajestĂ© le Roi, qui remet en question le bilan des rĂ©alisations tous secteurs confondus et plus spĂ©cifiquement leurs impacts sur l’ensemble des citoyens.

Le moment est donc venu comme l’indique notre Auguste Souverain, « de marquer une pause et de procĂ©der Ă  un examen de conscience, et nous interroger en toute franchise, avec sincĂ©ritĂ© et objectivitĂ©, sur ce qu’il y a lieu d’inscrire Ă  l’actif ou au passif de la marche dans laquelle nous nous sommes engagĂ©s, afin d’aborder l’avenir avec sĂ©rĂ©nitĂ©, rĂ©solution et optimisme »

Le voilĂ  le thĂšme que nous devrions dĂ©velopper pour les Prochaines Assises du Tourisme : Un examen mĂ©thodique de tous les chantiers qui peinent Ă  avancer que ce soit en matiĂšre de gouvernance, de formation, d’aĂ©rien, de compĂ©titivitĂ© ou de distribution. Ne sommes nous pas en train de faire fausse route, de paupĂ©riser certains mĂ©tiers, de nous sĂ©parer de ressources humaines qui faute de mieux s’expatrient vers d’autres cieux? Quel tourisme allons nous lĂ©guer aux futures gĂ©nĂ©rations?

Des questions auxquelles nous devrions apporter des rĂ©ponses et si le coeur vous en dit, vos commentaires ne pourront ĂȘtre que constructifs. En attendant, je vous souhaite de bonnes vacances et vous donne rendez vous au mois de Septembre.

3 Commentaires

  1. Pour marquer cette 4Ăšme annĂ©e d’existence de ton blog, je tenais, et au nom de toute l’équipe de Dar DaĂŻf et DĂ©sert et Montagne Maroc, Ă  te remercier pour avoir mis en place et fait vivre durant toutes ces annĂ©es cet espace de questionnement, de critique, de proposition et aussi de coup de gueule.

    Un tel outil est aujourd’hui vraiment indispensable pour faire avancer le Maroc car c’est par la rencontre et le partage des opinions que les problĂšmes se rĂ©solvent.

    Je te remercie tout particuliĂšrement pour nous avoir soutenu publiquement sur ton blog lors de la sauvage agression dont nous avons Ă©tĂ© victime il y a de cela 2 ans, et ce de la part de syndicalistes plus dĂ©sireux d’enflammer Ouarzazate et la rĂ©gion Sud Est que de faire avancer l’économie locale. Ces difficultĂ©s sont maintenant derriĂšre nous et l’administration marocaine, la justice en tĂȘte, a enfin mis un terme Ă  ces agissements nĂ©gatifs pour tous.

    CĂŽtĂ© tourisme ici Ă  Ouarzazate, nous dĂ©plorons encore et toujours que rien ne soit fait pour relancer ce secteur Ă©conomique vital. C’est malheureux mais c’est pourtant le constat malgrĂ© les auto-fĂ©licitations des responsables locaux concernĂ©s.

    La nouvelle ligne aĂ©rienne reliant Casablanca Ă  Zagora, Ouarzazate et Marrakech a Ă©tĂ© lancĂ© en pleine pĂ©riode de vide touristique, ce qui fait que la subvention de l’Etat marocain ne sert Ă  rien.

    Les activitĂ©s culturelles de la ville de Ouarzazate, comme les festivals, ne sont toujours pas programmĂ©es suffisamment Ă  l’avance. Aucune promotion ne peut donc ĂȘtre organisĂ©e et aucun touriste ne peut ĂȘtre mobilisĂ© autour de ces rendez-vous culturels.

    Le pire est que les responsables politiques et administratifs ne semblent pas avoir pris conscience de la gravitĂ© de la situation. Notre rĂ©gion est devenue comme endormie et les professionnels du tourisme demeurent chacun dans leur coin Ă  sauvegarder ce qui peut l’ĂȘtre.

    La solution est pourtant dans la prise de conscience collective des enjeux, dans la mobilisation de toutes les ressources et de tous les talents, dans la coopĂ©ration au service de l’intĂ©rĂȘt commun.

    Vivement la rentrĂ©e alors et espĂ©rons qu’un rĂ©veil salutaire surviendra avant que Ouarzazate ne se retrouve sur la derniĂšre position du classement des villes touristiques du Maroc.

    Notre rĂ©gion Sud Est regorge de potentialitĂ©s, et Ouarzazate en tĂȘte qui a l’honneur et la chance d’accueillir le projet solaire marocain avec la centrale Noor.

    Poursuivons nos efforts avec exigence et enthousiasme !

    Merci Ă  toi Fouzi

  2. Oui Si Fouzi ! Bon anniversaire Ă  Blogtrotter
    Bel outil que ton blog ! Des questions et des interrogations sont lĂ  !
    C’est inhabituel, l’on dirait que tout Ă  chacun sait marmonner mais sans se prononcer, s’annoncer ! Chacun a un avis, mais le garde pour lui de peur d’apparaitre et d’ĂȘtre montrĂ©, c’est ainsi que tel l’autruche, des individus, des mĂ©tiers et professions s’agitent ainsi dans l’ombre, persuadĂ©s malgrĂ© tout d’agir, et pour certains, afin de pouvoir se dire qu’ils y ont pensĂ© et s’en contenter !
    Oui, Ă  ce stade, il est certain que la pause demandĂ©e par Sa MajestĂ© est salutaire car en restant sur ce « non rythme » l’on pourrait atteindre le mur que l’on se refuse de voir.
    Oui, pause, mais pas pour s’arrĂȘter mais bien au contraire pour s’interroger, se remettre en question, faire un vĂ©ritable Ă©tat des lieux, ouvrir grand les yeux et les oreilles :
    – le contraire de l’immobilisme donc ! est ce bien cela qui aura Ă©tĂ© compris ?
    Ramadan et vacances faisant, j’ai bien peur que l’on reprenne un « non rythme » qui dans la continuitĂ©, fera que l’on restera sur la mĂȘme lancĂ©e, « dans le mirage d’une vision », se contentant de dĂ©finir que « certains tourismes pays » sont bien plus mal en point que celui du Maroc, sans pour cela chercher Ă  aller au fond des choses, admettre que sur la misĂšre de ceux-ci, sur le pourtour de la MĂ©diterranĂ©e, au Sahel comme en Afrique de l’Ouest, le Maroc devrait ĂȘtre, aurait dĂ» ĂȘtre bien au delĂ  d’un constat et respect d’un simple Ă©quilibre !
    et en cela,
    -oubliant ainsi de rĂ©agir, dĂ©finissant que si le tourisme dit « interne » aura bien rĂ©agit pour trois semaines, pour AoĂ»t, c’est aussi parce qu’elles faisaient suites Ă  un mois de juillet chaud et ramadanesque.
    Mais au-delĂ  de cela seront nous prĂȘts Ă  rĂ©pondre aux rĂ©elles questions du tourisme d’aujourd’hui et de demain, des problĂ©matiques en cours, des questions non rĂ©solues, sur les questionnements et dĂ©finitions des Ă©tablissements en cours, Ă  venir, et de demain, pour tenir compte des nouveaux besoins des jeunesses, des familles du monde comme celles marocaines et des besoins qui deviendront de plus en plus certains comme celui d’un droit aux vacances !
    Aux dĂ©finitions de ces ressorts et hĂŽtels perdus dans ces coins oĂč, dĂšs leurs concepts, l’on pouvait savoir l’incapacitĂ© de pouvoir rĂ©soudre financiĂšrement les besoins en animations et infrastructures nĂ©cessaires Ă  un dĂ©veloppement local et rĂ©gional Ă©quilibrĂ© et durable !
    Au constat sur l’ensemble de ces opĂ©rations, trĂšs onĂ©reuses pour le pays, symboles d’opĂ©rations fonciĂšres et qui ont toutes, en sĂ©rie, subie le total Ă©chec. Devront nous considĂ©rer que cela pourra continuer ainsi ? Que pourront nous dire de nouveau sur le manque de stratĂ©gie qui se dĂ©finit par l’absence de gouvernance pour associer professionnels et institutionnels, investisseurs et financements, tourisme intĂ©rieur et Ă  l’international avec les promotions rationnelles de l’image Maroc renouvelĂ©e ? Qu’en sera t’il Ă©galement des considĂ©rations touristiques territoriales pour respecter les notions nationales et droits aux rĂ©gions de pouvoir bĂ©nĂ©ficier des capacitĂ©s du tourisme Ă  s’associer aux contraintes de dĂ©veloppement de certaines de celles-ci, oĂč stress hydrique et exode rurale atteignent l’irrĂ©parable pour ne parler que de ces problĂ©matiques.
    Enfin qu’en sera-t-il Ă  cette reprise automnale, pour laquelle le stress administratif des pĂ©riodes Ă©lectives et dĂ©finitions de la rĂ©gionalisation nouvelle, pour lesquelles aucunes donnĂ©es touristiques territoriales, vecteurs de communications ont Ă©tĂ© envisagĂ©es pour formuler tous ces changements ; Que cela augure t’il, faute de stratĂ©gie donc de gouvernance de ces professions du tourisme qui fortes de leurs ƓillĂšres, s’obligent et s’excusent elles mĂȘmes de ne plus pouvoir discerner la rĂ©alitĂ© des dĂ©gradations, des rĂ©elles images du tourisme actuel que l’on vĂ©hicule, face aux rĂ©els besoins de demain, des manquements rĂ©els de vision des besoins d’une hĂŽtellerie nationale adaptĂ©e Ă  ses besoins pour un dĂ©veloppement Ă©conomique, sociĂ©tal, business intĂ©rieur de ce pays source de stabilitĂ© pour les annĂ©es Ă  venir, cela bien entendu sans oublier les rĂ©alitĂ©s Ă  l’international ?
    Ne pas comprendre que l’Europe fera en sorte de prendre des mesures afin de retenir, restreindre les dĂ©parts de ses ressortissants Ă  l’international pour mieux aplanir ses difficultĂ©s de croissance pour les quelques annĂ©es Ă  venir, au nom de la dĂ©fense environnementale et de son besoin d’adaptation Ă  ses besoins et structurations de ses obligations, serait ne plus faire une pause, mais s’endormir sur ses lauriers. Ne pas admettre que tout pays est actuellement interrogatif sur son avenir touristique revient en fait Ă  ignorer la globalisation, son environnement !
    Par ailleurs et puisque cette pause devrait ĂȘtre salutaire pour les interrogations ne sera-t-il pas opportun de se redĂ©finir les besoins d’un tourisme alliant la rĂ©alitĂ© touristique marocaine du futur au sein de l’identitĂ© mĂȘme d’un Maroc nouveau qui se dessine et qui a bien changĂ© comme de ses populations qui ont font et qui sont et seront un vĂ©ritable vecteur de croissance Ă©co sociĂ©tale et inclusive et de durabilitĂ©.
    Mais au-delĂ  des interrogations il ya aussi les opportunitĂ©s des des questions de terrain qui perdurent en cet Ă©tĂ© oĂč Loi des finances tracera l’avenir proche ! les questions qui fĂąchent ont-elles vĂ©ritablement Ă©tĂ© posĂ©es, tranchĂ©es ?
    A ce titre les actions de S M Le Roi devraient interroger car dĂ©terminant parfaitement les adaptations en rĂ©alisations d’un tourisme d’affaire qui prend le dessus Ă  Rabat, Tanger Casablanca sur une Vison qui n’existe seulement que pour ceux qui veulent encore y croire faute de vouloir se prononcer.
    Il est certain que cet avis est loin d’ĂȘtre exhaustif, et qu’il est hors de question d’ignorer l’ensemble des succĂšs acquis mais est ce sĂ©rieux de s’en contenter ?
    – mais compatissant Ă  ta requĂȘte de voir naĂźtre de rĂ©els dĂ©bats !
    Patrick9340

  3. Bonjour Fouzi. Merci de nous rappeler les 4 ans d’existence de Blogtrotter. DĂ©jĂ ! comme tu dis si bien. Bravo pour ta tenacitĂ© et ton engagement pour le tourisme.
    Permets-moi une rĂ©flexion Ă  ce propos: je constate que l’ONMT, qui fait probablement du bon travail, continue Ă  agir seul, sans associer les professionnels marocains. Certains pourraient aider plus efficacement Ă  pĂ©nĂ©trer les marchĂ©s traditionnels et potentiels, mais ils ne disposent pas des mĂȘme moyens que l’Office. Un partenariat gagnant-gagnant, sur la base d’un CPS et d’engagement mutuels pourrait faciliter beaucoup de choses. Les expĂ©riences de pays performants sont lĂ  pour inspirer une prise de conscience Ă  ce niveau.
    BON VENT!

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