Et câest au tour de nos confrĂšres tunisiens dâavoir Ă se prononcer sur lâouverture de leur ciel aux compagnies europĂ©ennes. En effet, câest ce vendredi que les agents de voyages Tunisiens, rĂ©unis pour fĂȘter dignement le 5O eme anniversaire de la FĂ©dĂ©ration Tunisienne des Agences de Voyages(FTAV), ont eut a dĂ©battre de ce sujet dâactualitĂ©,  aprĂšs plusieurs annĂ©es de crise liĂ©e Ă la rĂ©volution de Jasmin et dont ils ont beaucoup de mal Ă se sortir.
Vu sous cet angle, et tel que prĂ©sentĂ© par lâAmbassadrice de lâunion EuropĂ©enne en Tunisie, Mme Laura Baeza, prĂ©sente lors de cette manifestation, lâopen Sky semble ĂȘtre la solution pour sortir le pays de la crise et permettre Ă lâindustrie touristique tunisienne de retrouver la croissance dont elle a tellement besoin au vu des infrastructures existantes notamment en matiĂšre dâhĂ©bergement.
Etant Ă moins de 3 heures de lâEurope et proposant un produit balnĂ©aire accessible au plus grand nombre, La Tunisie est la destination idoine des lowcost pour proposer des vols bon marchĂ© Ă une clientĂšle europĂ©enne Ă la recherche de bons plans pour passer des vacances au soleil. Pour cela, lâEtat Tunisien sera mis Ă contribution, comme cela a Ă©tĂ© le cas pour le Maroc, par des campagnes de co-marketing et des avantages importants qui seront accordĂ©s aux nouveaux entrants.
Il est vrai, que lorsquâon est Ă ce point dĂ©pendant des dessertes aĂ©riennes pour dĂ©velopper des flux importants, il ne faut pas lĂ©siner sur les moyens pour attirer les compagnies aĂ©riennes. Cependant, dans ce deal, il ne faut pas oublier les entreprises nationales qui Ćuvrent dans le secteur du tourisme et qui ne sont pas du tout prĂ©parĂ©es a ce dĂ©barquement orchestrĂ© qui fera certainement des dĂ©gĂąts collatĂ©raux en leur sein.
Les premiers qui feront les frais, seront les compagnies nationales, car elles sont dans lâimpossibilitĂ© de lutter avec les compagnies lowcost, dont le business model est taillĂ© pour atteindre directement les consommateurs. Câest du B to C direct, sans intermĂ©diaire et avec des couts minimisĂ©s : vente par internet, service minimum, confort minimum et contraintes maximum. LâexpĂ©rience marocaine en ce sens est Ă©difiante, la RAM a Ă©tĂ© atteinte de plein fouet et Ă ce jour continue Ă subir la concurrence des lowcost jusque dans son Hub Ă Casablanca.
Je ne parlerai pas dâAtlas Blue ni de Jet4you, les deux lowcost marocaines qui ont Ă©tĂ© balayĂ©es lorsque lâarmada lowcost a dĂ©barquĂ© au Maroc. Alors quâadviendra t il demain de Tunisair qui verra en outre son capital ethnique aspirĂ© par lâoffre lowcost?
Les suivants, seront les TO , car il faut le savoir, le lowcost chasse le charter, il propose aux touristes une multitude de possibilitĂ© de sĂ©jour Ă des prix dĂ©fiant toute concurrence. De fait, le charter, avec ses rotations dâune semaine, ne plus se maintenir surtout avec des siĂšges Ă 250⏠et les TO ne pourront plus prendre des risques sur lâaĂ©rien. La suite vous la connaissezâŠ..
Bien sĂ»r cela aura une incidence directe sur les rĂ©ceptifs, qui verront peu Ă peu leur marge de manĆuvre se rĂ©duire au profit des hĂŽteliers qui chercheront, et câest lĂ©gitime, de traiter en direct avec les touristes. Câest lĂ quâinterviennent les OTA qui vont proposer leur plateforme de distribution aux hĂŽteliers moyennant des commissions dont nâauraient jamais rĂȘvĂ©s les rĂ©ceptifs. Lesquels hĂŽteliers nâauront pas dâautres alternatives que de se soumettre aux exigences et contraintes de la vente online dont commencent dĂ©jĂ Ă se plaindre les hĂŽteliers europĂ©ens.
La Tunisie et Le Maroc prĂ©sentent beaucoup de similitudes en particulier dans les marchĂ©s Ă©metteurs oĂč souvent ils se partagent la mĂȘme clientĂšle. Il y a quelques particularitĂ©s qui les distinguent notamment lorsquâil sâagit de la saisonnalitĂ©, avec un lĂ©ger avantage pour le Maroc notamment en hiver. La France est aussi le premier marchĂ© Ă©metteur pour la Tunisie, et lorsquâon connait les effets de lâopen sky sur les TO français on ne peut que craindre le pire pour la Tunisie.
Il est donc clair, que les mĂȘmes causes, produiront les mĂȘmes effets.
Alors si cela est inĂ©luctable , le moins que lâon puisse faire est dâen avertir les intĂ©ressĂ©s et surtout de demander un moratoire avant sa mise en Ćuvre, afin de permettre aux acteurs dâen Ă©valuer les retombĂ©es et dâen minimiser les risques.
Au Maroc, la dĂ©cision a Ă©tĂ© prise dans le cadre de la vision 2010, et nous avons Ă©tĂ© plusieurs Ă lâapplaudir. Il faut dire que nous avions vĂ©cu des annĂ©es de protectionnisme et de contraintes, qui faisaient que nous , agents de voyages, voyons en lâarrivĂ©e de lâOpen Sky la fin de toutes nos frustrations et le dĂ©but dâopportunitĂ©s rĂ©elles pour dĂ©velopper notre business de maniĂšre pĂ©renne. HĂ©las, force est de constater aujourdâhui, que nous avions mĂ©sestimĂ© les effets pervers de lâOpen Sky et nous en payons le prix fort.
JâĂ©tais invitĂ© Ă participer Ă ce dĂ©bat avec mes confrĂšres tunisiens et jâai dĂ», pour des raisons indĂ©pendantes de ma volontĂ©, annuler mon voyage. Jâen suis navrĂ© et profondĂ©ment dĂ©solĂ© et jâespĂšre, Ă travers ce  tĂ©moignage,  avoir apportĂ© ma modeste contribution et transmis ma profonde conviction sur le sujet.

Bonsoir Fouzi.
MâĂ©tant assez bien informĂ© sur cette thĂ©matique, je me permettrais dâattirer lâattention des internautes sur certains points ayant conditionnĂ© la conclusion de cet accord « Open Sky » en Tunisie, et Ă©voquĂ©s en Janvier 2014 ( si je ne me trompe pas) , mais nâayant pas Ă©tĂ© exposĂ©s dans votre article, du moins jusquâĂ ce stade (Partie 1 de cette confĂ©rence) , il sâagit en lâoccurrence de :
â La restructuration de la Compagnie aĂ©rienne Tunisair: qui est une condition capitale pour lâexĂ©cution de ce programme : lâouverture totale du ciel tunisien Ă©tant prĂ©vue pour 2016, et lâachĂšvement de ce plan de restructuration avec!
â Le dĂ©ploiement des lignes low-cost sera effectuĂ© au niveau des aĂ©roports secondaires de la Tunisie, le Hub de Tunis-Carthage ayant dĂ©jĂ dĂ©passĂ© sa capacitĂ© actuelle!
Ces axes ont-ils été évoqués dans ce nouveau round? Seront-ils traités en profondeur les jours à venir?
A la lecture de votre article, lâaxe nodal qui en ressort Ă©tant le fait dâaccroĂźtre la compĂ©titivitĂ© dans le secteur aĂ©rien tunisien Ă travers la rĂ©duction les obstacles devant les investisseurs dans le domaine de lâaviation civile et la coopĂ©ration.
Bien entendu, je partage votre avis sur le fait que malgrĂ© les Ă©quilibres financiers quâelle retrouverait, Tunisair serait fortement concurrencĂ©e par les compagnies low-cost, cela va de soi pour les charters.