Il est loin le temps oĂč lâONMT faisait la promotion de la destination Maroc sur la base dâun spot publicitaire, une campagne dâaffichage, des brochures et des insertions dans la presse. Qui se rappelle de la premiĂšre campagne du genre qui dĂ©clinait les opportunitĂ©s de vacances du Royaume aux milles Royaumes ? Puis ce fut lâĂ©blouissement des sens, le pays des merveilles, Ă©poque rĂ©volue oĂč il sâagissait de placer la destination Ă lâintĂ©rieur dâune zone gĂ©ographique prisĂ©e, en lâoccurrence le bassin mĂ©diterranĂ©en, auprĂšs de vacanciers potentiels ciblĂ©s, Ă savoir une clientĂšle avide de dĂ©couvertes, dâexotisme, composĂ©e de CSP diverses et profitant de congĂ©s payĂ©s, de voyages subventionnĂ©s et surtout de prix abordables.
Pour cela, il y avait les Tours Operateurs spĂ©cialisĂ©s recrutĂ©s sur le volet dont on finançait les brochures, les eductours et les workshops pour gĂ©nĂ©rer du flux sur la destination. LâĂ©quation Ă©tait simple, automatique et rĂ©pĂ©titive dâannĂ©e en annĂ©e, dâautant plus que la conjoncture se prĂȘtait Ă lâexercice. Il suffisait de programmer des charters pour les remplir, le problĂšme rĂ©sidait plus dans la disponibilitĂ© litiĂšre et le transport terrestre. Mais, comme le dit la pub, ça câĂ©tait avant.
Aujourdâhui, il y a lieu de mobiliser tous les acteurs pour faire du Maroc, non pas seulement une destination touristique, mais une vĂ©ritable Marque de vacances qui se positionne sur un segment ambitieux : le voyage rĂ©el, qui fait grandir lâĂąme dans un Pays qui voyage en vous, pour reprendre les slogans des derriĂšres campagnes de communications.
La tĂąche pour lâONMT devient trĂšs difficile dans un environnement de plus en plus incertain, liĂ© Ă une situation gĂ©opolitique complexe. Dâautant plus quâil sâagit maintenant de faire la promotion de huit territoires, avec certes des atouts diffĂ©renciĂ©s, des prioritĂ©s Ă respecter et surtout des arbitrages à faire tenant compte des attentes de chaque rĂ©gion. Tout cela avec un budget en deçà  des ambitions affichĂ©es par lâensemble des acteurs tout secteur confondu.
La concurrence avec les autres destinations devient acerbe, câest Ă qui sera le plus innovant, le plus attractif, le plus rassurant et le plus compĂ©titif dans un univers mondialisĂ©, incertain et oĂč la dĂ©cision revient Ă lâinternaute influencĂ© par les rĂ©seaux sociaux, les moteurs de recherche, les sites dâapprĂ©ciation, les blogs et toute cette nouvelle artillerie sans laquelle, aucune Ă©conomie ne pourrait se dĂ©velopper de maniĂšre pĂ©renne. Si dans le temps, on faisait une campagne sur trois ans, aujourdâhui, il faudrait presque faire une tous les mois voire toutes les semaines pour rester visible.
La visibilitĂ© est le maitre mot car câest elle qui fait la notoriĂ©tĂ© qui influencera dans la prise de dĂ©cision pour sĂ©lectionner telle ou telle destination. Pour transformer cette dĂ©cision en acte de rĂ©servation, il faut construire lâattractivitĂ© qui passe par la qualitĂ© du produit, sa disponibilitĂ© et la rĂ©putation quâen ont fait les consommateurs. Il y a des destinations qui peuvent se passer de publicitĂ©, ce nâest pas encore notre cas malheureusement.
Le dĂ©fi de lâONMT a Ă©tĂ© de redresser le tir, en mettant progressivement en place une stratĂ©gie web sur la base dâĂ©tudes approfondies, qui ont dĂ©montrĂ©es lâimportance prise par ce canal durant les derniĂšres annĂ©es. La maturitĂ© de notre destination fait que de plus en plus les clients composeront directement leur voyage sans passer par une agence de voyage traditionnelle. Notamment les jeunes et les cĂ©libataires qui profitent des bons plans et des ventes flash leur permettant de faire des breaks pour dĂ©stresser alliant dĂ©tente, loisirs et sports. Câest ce que lâon appelle la dĂ©sintermĂ©diation.
La campagne de cet automne, For more Summer, bien que dĂ©calĂ©e, est un exemple novateur Ă plus dâun titre puisquâelle rebooste la campagne institutionnelle en cours en utilisant les rĂ©seaux sociaux et You tube autour dâun BUZZ programmĂ© et relayĂ© par des bloggeurs Ă travers plusieurs bassins Ă©metteurs. Malheureusement sans aucun effet en terme de conversions faute dâoffres aĂ©riennes et terrestres allĂ©chantes.
Ce virage intĂ©ressant marque la prise de conscience de lâONMT sur le changement du mode de consommation des voyages. La libĂ©ralisation du ciel et le co-branding ont drainĂ© des compagnies lowcost et permit la dĂ©sintermĂ©diation favorisĂ©e par le canal internet. Loin dâĂȘtre une menace pour le secteur, cet outil rĂ©volutionnaire est une opportunitĂ© qui permettrait Ă moyen terme aux acteurs du tourisme national de prendre leur destin en main et dâaller chercher directement leurs clients Ă travers le monde. Ceci nĂ©cessite une refonte totale de notre stratĂ©gie commerciale pour passer dâun modĂšle B to B Ă un modĂšle B to C.
Reste que la majoritĂ© hĂ©site encore Ă faire la migration vers le e-commerce et Ă se dĂ©faire dâun systĂšme rĂ©volu. Sans offres en ligne , toute dĂ©marche marketing serait vaine dâoĂč la nĂ©cessitĂ© aujourdâhui dâavoir recours Ă ces pionniers dans le genre que tout le monde connaĂźt et dont on ne peut malheureusement pas se passer sauf un regain dâorgueil et une volontĂ© de survivre.
A lâheure ou le MinistĂšre du Tourisme recherche le futur Directeur General de lâONMT, il faut savoir quâil aura du pain sur la planche et devrait ĂȘtre en mesure de relever les nombreux dĂ©fis qui lâattendent. Le temps joue contre nous et les enjeux sont Ă©normes.
Avec une projection de 150 milliard de dirhams allouĂ© Ă lâONMT afin de rĂ©aliser les objectifs de la vision 2020 (et les derniers Ă©vĂšnements, comme lâinvestissement du fond Wessal Ă hauteur de 20 MMDHS, sont un bon signe que ce pallier pourra ĂȘtre atteint) peut on parler vraiment dâun manque de budget ?
Cordialement
Salut Fouzi
Je pense que tu as touchĂ© pas mal de points sensibles qui feront partie de lâagenda du nouveau DG. Personnellement, je nâai jamais compris certaines myopies vis-Ă -vis des opportunitĂ©s offertes par le monde du Net (on est en 2013 !!!).
En fait, il faut « repenser » complĂštement (et tous ne lâont pas encore fait) :
a) lâOrganisation : je parle du RĂŽle (entre lâONMT et les autres Player), des CompĂ©tences (et il y en a au Maroc), de la ResponsabilitĂ© (de chacun) et de la Performance (pour toute la chaine de valeur; par exemple time to action);
b)utiliser des solutions de Marketing & Competitive intelligence que dâautres Destinations et/ou Players du Tourisme (T.O, HĂŽtels, Villes, âŠ) incluent dans leur budget annuel (je tâen parlerai quand on se verra) ; lâobjectif nâest pas seulement une veille ; câest Ă©galement une interprĂ©tation des tendances et une programmation en consĂ©quences de tout le reste.
c) se pencher sérieusement sur le MIX et programmer des procédures de contrÎles.
Il y aurait dâautres choses Ă rajouter (transports, intĂ©rĂȘts personnels, âŠ) mais je pense que tes lecteurs sont plus compĂ©tents que moi-mĂȘme pour les comprendre. Ceci dit, je voulais rĂ©pondre Ă©galement Ă Ciceron que je ne connais pas. Je suis dâaccord sur le principe mais je pense quâaujourdâhui, lâĂ©valuation de la performance dâune campagne de communication passe par dâautres critĂšres. Cela explique pourquoi dans le tourisme certains Player nâinvestissent plus de cette maniĂšre. Lâapproche classique du Brand Value Management a complĂštement changĂ© ces derniĂšres annĂ©es et je pense quâaujourdâhui les budgets en communication doivent se concentrer Ă©galement sur le fameux ROI qui est liĂ© principalement Ă la vente (outre le fait que le comportement dâachat et donc la communication peuvent diffĂ©rer dâun pays Ă un autre et donc une campagne corporate worldwide pourrait devenir trĂšs difficile et trĂšs couteuse).
Bonne soirée et à bientot
Jamil.
VoilĂ un joli briefing pour les prochaines Ă©quipes en charge de la promotion du tourisme au MarocâŠ
En attendant, il serait bien aimable Ă lâONMT, de faire le nĂ©cessaire pour ĂȘtre joignable au tĂ©lĂ©phone, pour que son site internet fonctionne, et pour ĂȘtre capable Ă minima de donner les coordonnĂ©es de ses reprĂ©sentations Ă travers le monde, afin quâil soit possible aux Ă©tablissements touristiques dâassurer eux mĂȘme une part de leur promotionâŠ
Je vous parle dâun temps que les moins de ????? ans ne peuvent pas connaitre âŠâŠâŠâŠ.les campagnes de cette Ă©poque dĂ©sormais rĂ©volue avaient Ă©tĂ© conçues et pensĂ©es par les papes de la Comm .
Royaume aux Mille Royaumes : RSCG ; Jacques SEGUELA . Eblouissement des sens : PUBLICIS ; Maurice LEVY ; Ne les jetons pas dans les poubelles de lâhistoire et reconnaissons leur le mĂ©rite dâavoir contribuĂ© , chacune Ă sa maniĂšre , Ă installer la marque Maroc dans le top of mind des consommateurs de vacances .
Lâobjectif de ces campagnes nâa jamais Ă©tĂ© de dĂ©clencher les ventes mais plutĂŽt de construire une image valorisante , voire mĂȘme Ă©litiste de la destination Maroc . Aussi bien SĂ©guĂ©la que LĂ©vy lâont dit lors des lancements de ces campagnes .
jâai pris plaisir Ă lire ta prose toujours aussi incisive et bien tournĂ©e ; Encore plus enrichissante pour qui sait lire entre les lignes et toute modestie mise Ă part je pense avoir cette aptitude âŠâŠ.