Najib SENHADJI a Ă©tĂ© DG de la Vie Economique version JLSS , aujourdâhui DG de la sociĂ©tĂ© PRECOM, il est le partenaire des diffĂ©rentes fĂ©dĂ©rations et associations professionnelles notamment dans la publication de Guides de Tourisme et de magazines professionnels tel que lâactuel HĂŽtellerie News qui relaye lâactualitĂ© touristique pour le compte de la FNIH.
Najib SENHADJI est actuellement membre du bureau provisoire de lâAMJET. Il nous donne son joint de vue concernant ce pan du paysage touristique national.
Lâindustrie du Tourisme occupe de nos jours une place considĂ©rable dans le monde et au Maroc tant sur les plans sociaux et Ă©conomiques.
Une telle Industrie impose un examen attentif quant à sa déontologie
La plupart des supports dâinformation, ne doivent leur survie quâĂ la publicitĂ©. A la diffĂ©rence des autres pays, au Maroc, le nombre global des tirages de toute la presse Ă©crite reste faible. Le pire encore, câest que si les gens lisent les journaux, ils nâen achĂštent pas, le Maroc est lâun des rares pays oĂč la presse Ă©crite est Ă©talĂ©e dans les cafĂ©s. Dans les annĂ©es 90, une enquĂȘte a rĂ©vĂ©lĂ© quâun hebdomadaire est lu par 7 personnes, un quotidien par 30.
Cela Ă©tant, le lectorat reste donc faible. RĂ©sultat des courses, les journaux se vendent mal et le taux de retour est supĂ©rieur Ă 75% pour certains titres qui sâĂ©vertuent Ă tirer Ă 25 000 exemplaires alors que le nombre dâexemplaires vendus ne dĂ©passe pas 3 000. Pour les publications qui arrivent Ă accrocher quelques insertions publicitaires cela relĂšve du parcours du combattant.
Pour la presse touristique qui nous concerne la situation est encore plus dramatique. Ce sont des titres Ă faible tirage, mĂȘme Ă supposer que tous les exemplaires soient vendus, cela reprĂ©sente une recette qui ne couvre mĂȘme pas les frais fixes. Alors, la seule solution pour rester la tĂȘte hors de lâeau est dâessayer de « gratter » quelques insertions publicitaires. Il leur faut donc frapper Ă toutes les portes. Le spectre de la cessation est suspendu au-dessus de la tĂȘte de chaque responsable de publication. Dans des pays comme la France, les annonceurs budgĂ©tisent leur campagne publicitaire sur une pĂ©riode de 1, voire 2 ou 3 ans. Au Maroc, on le fait au coup par coup.
Depuis des annĂ©es, pour ne pas dire depuis toujours, les publications touristiques tirent la langue et « mangent » dans la main des opĂ©rateurs. Cette situation sâest franchement aggravĂ©e avec la crise et lâarrivĂ©e sur le tard de pseudos « directeurs de publications » .Un chiffre donne une idĂ©e de lâanarchie qui rĂšgne dans le secteur : au Maroc, il existe plus de 650 titres !
Les compagnies aĂ©riennes qui Ă©taient de gros annonceurs et donc du pain bĂ©ni pour la presse touristique ont, depuis longtemps tirĂ© un trait sur les insertions dans la presse et montrĂ© une prĂ©fĂ©rence marquĂ©e pour les panneaux dâaffichage et internet.
Pour rĂ©sumer tout cela au plus court, disons que la majoritĂ© des publications tire la langue et cette situation a tendance Ă Â se dĂ©tĂ©riorer un peu plus chaque annĂ©e. Est-ce lĂ un signe annonciateur de la fin de la presse touristique en papier ? Nombreux sont ceux qui ont tendance Ă le croireâŠ
En rĂ©sumĂ© la situation et lâĂ©volution de lâinformation touristique, ont trop souvent Ă©tĂ© faussĂ©es chez nous, par des querelles qui nâont aucun sens.
Alors yâ aurait-il aujourdâhui des journalistes de tourisme au Maroc, des chroniqueurs, des Ă©crivains, des confĂ©renciers, des photographes et des illustrateurs capables de servir la cause du tourisme et la vision 2020 ?
QUEL RĂLEÂ ATTRIBUER A LA PRESSE TOURISTIQUEÂ ?
Dans ce domaine comme dans dâautres, la presse joue un rĂŽle lourd de responsabilitĂ©s. Informer ou promouvoir ne veut pas dire ignorer certaines rĂ©alitĂ©s de notre pays. Ainsi le voyageur qui lit les articles de presse omniprĂ©sents dans lâensemble des publications touristiques doit recevoir une information exacte sur la destination Maroc en sa globalitĂ©. Câest Ă dire une information qui ne retient pas seulement les aspects attractifs mais qui dĂ©crit aussi tous les aspects sensibles quâun voyageur Ă©clairĂ© doit connaĂźtre avant dâarriver dans notre pays et câest dĂ©jĂ responsabiliser ce voyageur.
La presse touristique ne doit pas seulement se comporter en publicitaire, mais conserver prĂ©cieusement son devoir dâinformer avec rigueur. Cela passe nĂ©cessairement par lâadoption dâune dĂ©ontologie personnelle des journalistes.
En conclusion, un dĂ©bat devrait sâengager au plus vite dâabord Ă lâĂ©chelon local, à travers peut ĂȘtre lâA M J E T(lâAssociation Marocaine des journalistes et Ă©crivains de Tourisme), nous savons maintenant que lâavenir va imposer de profonds changements dans nos comportements vis Ă vis de lâĂ©conomie et de la nature. Le Tourisme va obligatoirement subir les consĂ©quences de toutes les erreurs du passĂ©. (sanitaires, sociales, politiques etc).
A mon sens LâAMJET devait avoir pou but:
âą de permettre aux membres dâaccomplir leur tĂąche professionnelle dans les meilleurs conditions, en leur procurant des facilitĂ©s dâaccueil, en crĂ©ant et en maintenant un contact permanent avec les reprĂ©sentants qualifiĂ©s du tourisme, tant au Maroc quâĂ lâĂ©tranger ;
âą de servir la cause du tourisme national et donc la Vision 2020 par les publications de ses  membres, en suscitant et en organisant des voyages et des rĂ©unions de presse au Maroc ou Ă lâĂ©tranger.
Ensuite ses moyens dâaction doivent passer par  sa reprĂ©sentativitĂ© en tant quâune association de presse spĂ©cialisĂ©e et sa participation aux manifestations dĂ©diĂ©es au tourisme national , en plus de son intervention auprĂšs de lâadministration marocaine.
et la diffusion des publications dans le mĂȘme but . Il est prĂ©cisé que les membres doivent avoir des activitĂ©s ayant un lien avec le monde du voyage et du Tourisme. (ConfĂ©renciers, Journalistes, Photographes, HĂŽteliers, Transporteurs touristiques, Agents de voyages, Ecrivains, etcâŠ)
Najib SENHADJI
DG PRECOM
La meilleure option reste dâavoir des journalistes de qualitĂ© dans la presse gĂ©nĂ©raliste.
1. Il nâest dĂ©jĂ pas si aisĂ© de maĂźtriser les sujets du tourisme.
2. Les « solutions » et la problématique du Tourisme dépassent, et de loin!, le seul microcosme du Tourisme.
Moins de nombrilisme et plus de recul nous feraient grand bien !
Joyeux Noël à tous!