Il est un fait aujourd’hui que les réactions aux Assises du Tourisme, ont laissé comme un gout d’amertume au sein du microcosme du tourisme, notamment après les sorties médiatiques des uns et des autres qui auraient pu être épargnées à une période où nous avons plutôt besoin de serrer les rangs et de nous mobiliser pour affronter une situation qui ne présage rien de bon pour notre avenir.
Il est clair que nous traversons une zone de turbulences qui ne dit pas son nom et qui continue à être alimentée chaque jour par des informations plus ou moins exactes qui ne sont pas faites pour rassurer le touriste. Le Tourisme a besoin de calme et de sérénité pour se developper , les touristes se déplacent pour oublier leur stress, décompresser et vivre autant que faire se peut, une expérience inoubliable.
Les professionnels du tourisme savent cela et œuvrent en ce sens depuis plus de 20 ans. Quand on a connu deux guerres du Golfe et tout récemment les révolutions Tunisienne, Egyptienne et Libyenne, on aspire à une période d’accalmie, surtout lorsqu’on a tout fait pour mettre en évidence l’exception Marocaine.
Il y a une réalité aujourd’hui, le marché Français est fortement impacté et on ne peut pas dire que nous ne sommes pas touché. Il y des annulations, il y a des reports et cela n’est pas uniquement du à la communication du quai D’Orsay, mais également à la communication que nous faisons à travers nos communiqués officiels et leur interprétation par nos médias.
Depuis la fin du Ramadan, on nous parle d’un état d’alerte Générale avec défense aérienne à Casablanca et Marrakech, d’infiltration de Djihadistes marocains issus de Daech, d’arrestation de candidats au Djihad, de relève du seuil d’alerte etc….Tout cela n’est pas fait pour rassurer nos visiteurs et si ce type de communication est valable dans des pays où on parle de plan Vigipirate et de principe de précaution, dés qu’il s’agit du Maroc, cela est interprété comme risque réel, surtout si on dit officiellement que le risque zéro n’existe pas.
Un acte abominable a été commis en Algérie envers Hervé Gourdel, à qui je tiens à rendre hommage aujourd’hui, car c’était avant tout un professionnel du Tourisme, guide de Montagne qui a participé à la formation des guides de Montagne du Centre de Tabant. Cet acte vise directement le Tourisme et c’est la balade en montagne, le bivouac et la nature en général qui en ont fait les frais. Et même si ce type de tourisme n’est qu’une niche, il reste la vitrine d’un Maroc sûr où la population est toujours accueillante et hospitalière.
Depuis, et au départ du Marché Français en particulier, la majorité des Trecks et circuits aventure prévus au Maroc ont été annulé. Il en est de même pour certaines opérations MICE qui ont été détournées vers d’autres destinations. Les agences de voyages spécialisées sont les plus touchées et c’est cette image du tourisme de nature qui a été écornée.
Sur Ebola, entre une compagnie nationale qui maintient ses vols au départ des pays à risque, un Ministre de la Santé qui appréhende la tenue de la CAN au Maroc, et un Ministre de la Jeunesse et des sports qui en demande le report, que doivent dire les professionnels du tourisme pour rassurer sur ce volet?
Lors du dernier CST, le chef de Gouvernement et l’ensemble des ministres présents ont martelés que le tourisme reste leur priorité. Durant les Assises, leur mobilisation et leur messages confirmaient leurs déclarations et nous nous sommes tous mis à y croire, sauf que le récent projet de Loi de Finances 2015, maintient le budget du Tourisme en l’état de 2014. Questions: Avec quoi allons nous installer des TO en Russie, en Allemagne et au Royaume-Uni? Comment booster notre promotion dans ces marchés? Comment mettre en oeuvre les CPR signés?
Le fait est que les professionnels n’ont plus de visibilité, et cette atmosphère qui règne depuis les Assises du Tourisme n’est pas faite pour améliorer les choses. Oui, le public et le privé se regardent aujourd’hui en chiens de faïence et cela ne peut pas durer, nous devons impérativement nous parler .
Je fais le voeu que l’année 1436, qui coïncide avec l’année touristique 2014/2015, puisse aplanir nos différents et nous permettre de retrouver la confiance qui nous a toujours animé.

Si Fouzi,
Merci pour ta réflexion que nous partageons
OUARZAZATE ASSEMBLEE GENERALE du CPT le 28 octobre : CAHOTS, NON RESPECT des lois et des statuts, TRICHES
C’est la même phrase qui s’applique aussi à Ouarzazate et le Sud :
« les requêtes non entendues des professionnels, que faute de stratégie, donc de gouvernance, (et l’on pourrait également dire l’inverse) il n’y a plus d’objectifs, de vision maitrisée », même pas de vision
Voir détails : http://www.almaouja.com/tribune-libre/800-le-printemps-de-ouarzazate-viendra-un-jour
Meilleurs voeux pour les professionnels et la destination
Oui Ssi Fouzi, vous avez raison en conseillant « calme et sérénité pour les acteurs du monde touristique », car cela va de soi au vu des dérives qui se dessinent, faute de stratégie adaptée et modelée, face à des données géo politiques qui ont naturellement impactées les définitions, réactions et conséquences sur tout plan élaboré et envisagé pour bien d’autres réalités. Cela s’adresse bien entendu, tout particulièrement au tourisme pour lequel les valeurs de reconnaissances et d’échanges se définissent bien plus sur des « valeurs, le sentimental, les échanges culturels, patrimoniaux et il va de soit des outils et services touristiques présentés » qu’en réponse aux statistiques transmises et aux diktats d’organisations commerciales internationales ayant à s’adapter aux nouvelles donnes du marché.
Pour cela, il ne faut pas en oublier, sous prétexte de tempête dans un verre d’eau, que l’essentiel des points en suspend restent d’actualité, qu’ils doivent être résolus selon les requêtes non entendues des professionnels, que faute de stratégie, donc de gouvernance, (et l’on pourrait également dire l’inverse) il n’y a plus d’objectifs, de vision maitrisée : ne dit on pas que commander c’est prévoir ! Arrêtons de regarder en arrière, les temps, les cibles, les prospects, les outils d’hébergements, les touristes et voyageurs ont changé !
Les valeurs du Maroc restent, et pour ma part en suis convaincu, dans les valeurs qu’il a toujours historiquement représenté, à savoir une identité culturelle et patrimoniale qui aura toujours été reconnue, citée, respectée. Cela ne veux pas dire bien entendu que l’on ait à rester dans la notion d’un tourisme culturel et patrimonial folklorisé bien au contraire, car fort de ces fondations, « la maison Maroc » pourrait s’enorgueillir avec un capital immatériel immesuré, dans une gouvernance et stratégie reconsidérée, avec les acquis régionaux qui la composent, se positionner, s’imposer et se définir au gré de toutes les hésitations mondiales, régionales, d’un continent.
Prévoir c’est oser mais aussi rêver afin d’analyser, reconsidérer, d’avancer !
Les réalités touristiques marocaines et internationales, les choix des outils, les tactiques territoriales, architecturales, l’aérien, la fiscalité, le tourisme interne, la culture et le patrimoine renouvelés, les moyens et force d’une communication adaptée, les moyens reconsidérés pour l’expression des professionnels à la décision pour établir en interne, entre les réels acteurs un véritable état des lieux sont d’actualités !
Cela s’imposait avant les assises car le PLF 2014 devait pouvoir prendre ces considérations en des temps où fort de ces 8% du PIB, le tourisme reste un élément fondamental des équilibres et croissance et disons le tout net, se doit de se reconvertir et s’adapter.
Faute de prise de position, ou avec retard, des années seront gâchées, laissant un vecteur d’avance aux concurrents régionaux potentiels. S’il est vrai que l’on se doit de se pencher sur les données sécuritaires qui gâchent les perspectives de développement, nous devrions du moins savoir profiter de cette période, d’avoir la responsabilité, tous ensemble, de considérer cette période de transition comme utile afin de repartir sur un état des lieux réels sur des bases prometteuses, parfaitement partagées et adaptées pour une vision renouvelée !
Patrick 9340
Plus ça va, moins ça va…
A peu de choses près, il n’y a que les touristes qui font marcher le tourisme au Maroc car entre professionnels, c’est la débandade…
Les hôteliers se prennent pour des agents de voyage et traitent les clients en direct, la plupart des « spécialistes » du Hadj sont des charlots et les sérieux sont noyés dans la masse. Les acteurs du tourisme au Maroc s’entête encore à utiliser des pratiques marketing d’un autre âge et qui n’attirent plus le chaland. Le marché de l’informel bat son plein aux yeux de tous. Les flous juridiques sont tels que même Afflelou pense que nous sommes fous.
Bref, tout va bien Madame la Marquise.
Bonsoir Si Fouzi.
C’est toujours un plaisir de lire vos chroniques.
De prime abord, il faut avouer que les Assises ont laissé bon nombre de professionnels sur leur faim. Le fait est qu’il y a très peu de réactions suite à leur tenue.. Est-ce l’expression d’une grosse déception de leur part? Visiblement oui.
D’autre part, et comme vous l’avez si bien indiqué : Les circonstances géo-politiques instables caractérisant la région MENA ne sont pas pour arranger les choses; les événements sont tellement « enflés » par les médias à tel point qu’ils suscitent l’appréhension de nombreux touristes jetant leur dévolu sur d’autres destinations.. au grand du dam du Maroc, et c’est certes, très dommageable à la longue.
Et enfin, tous les acteurs du tourisme doivent unir leurs forces, leurs idées et initiatives pour mettre le secteur véritablement au devant de la scène comme tant brandi…
Pourvu que l’on achève 2015 sans trop de dégâts.. Quant à l’avancement de la Vision 2020.. il ne faut pas s’attendre à des miracles dans un avenir proche.
Encore une fois bonne Année 1436.