La signature en 2001 de lâaccord dâapplication de lâaccord cadre 2001-2010, prĂ©voyait un positionnement offensif sur le segment balnĂ©aire afin que celui ci reprĂ©sente 70% de lâoffre soit une capacitĂ© additionnelle de 65000 chambres. Ceci devait se traduire par le lancement de 4 Ă 5 nouvelles stations avec lâobjectif dâune offre balnĂ©aire permanente au Sud, renforcĂ©e par une offre mĂ©diterranĂ©enne de qualitĂ© de Mai Ă Septembre. Il nâest Ă©crit nulle part, quâil fallait les lancer en mĂȘme temps.
Les sites devant accueillir ces stations étaient déjà identifiés: Saidia, Khmis Sahel(Lixus), Haouzia( Mazagan), Essaouira( Mogador), Taghazout et Guelmim ( Plage Blanche). Le programme de ces stations a été défini en concertation public/privé afin de concevoir une offre globale de qualité, harmonieuse, cohérente et adaptée aux différentes exigences de la demande touristique.
Jusque lĂ , je ne fais que citer les termes de lâaccord cadre signĂ© Ă Agadir le 29 Octobre 2001 entre le gouvernement reprĂ©sentĂ© Ă lâĂ©poque par Le Ministre de lâĂ©conomie, des Finances, de la privatisation et du Tourisme, Monsieur Fathallah Oualalou; Le PrĂ©sident de la CGEM, Monsieur Hassan Chami et le PrĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration du Tourisme de la CGEM, Monsieur Mohamed Benamour; lors des PremiĂšres Assises du Tourisme en prĂ©sence de Sa MajestĂ© Le Roi.
Je rappelle que lâon parlait de 65000 chambres soit 130000 lits sur lâensemble des 6 stations, donc dĂ©s le dĂ©part Ă©tait Ă©cartĂ©e lâidĂ©e de mĂ©ga stations du type Antalya ou Sharm Cheikh et de facto un tourisme de masse. Le Maroc a optĂ© pour un tourisme Ă haute valeur ajoutĂ©e et se positionnait dâemblĂ©e pour une offre qualitative et non quantitative, synonyme dâun produit de qualitĂ©, des stations nouvelles gĂ©nĂ©rations, comme on se plaisait Ă le dire, afin de drainer des investisseurs et une clientĂšle haute gamme.
Vision 2010, toujours en matiĂšre de balnĂ©aire prĂ©voyait la consolidation et la restructuration du balnĂ©aire existant en lâoccurence la baie dâAgadir, Tanger et le littoral de TĂ©touan.
Donc, la stratĂ©gie balnĂ©aire du Maroc a Ă©tĂ© bien pensĂ©e, bien rĂ©flĂ©chie et câest sa mise en exĂ©cution qui a posĂ© problĂšme puisque 14 ans plus tard, tous les chantiers entamĂ©s peinent Ă voir le jour, et la baie dâAgadir dont la station Taghazoute a Ă©tĂ© dĂ©s 2001 attribuĂ©e au Saoudien Dallah Al Baraka est en train de naitre aux forceps selon une expression chĂšre au Ministre Haddad.
Quid de SaĂŻdia, de Mogador, de Lixus, de Mazagan et de Plage Blanche? Cette derniĂšre, qui est la mieux positionnĂ©e cĂŽtĂ© climat et ensoleillement, nâa toujours pas trouvĂ© preneur, quand aux autres, elles nâont de station que le nom, car la capacitĂ© hĂŽteliĂšre fait toujours dĂ©faut, au profit dâune capacitĂ© immobiliĂšre qui ne sĂ©duit personne faute dâanimation, de restauration, dâinfrastructures touristiques, bref de vieâŠ..
En 2001, Agadir Ă©tait la premiĂšre station balnĂ©aire du pays avec 10000 chambres classĂ©es et 70% de taux dâoccupation, 25% de la capacitĂ© nationale et un avenir radieux. Pour consolider ses acquis, la destination devait entreprendre un certain nombre dâactions dont le renforcement de lâanimation, lâamĂ©lioration de la qualitĂ© environnementale, lâamĂ©lioration de la qualitĂ© urbaine, et lâamĂ©lioration de la desserte de la destination.
Aujourdâhui, on constate avec amertume, quâAgadir est en perte de vitesse et ne sĂ©duit plus les TO qui ont fait sa renommĂ©e en particulier, les Allemands et les Scandinaves, quand aux Russes et aux Polonais, de lâavis des Gadiris, ils serrent les prix Ă tel point quâil nây a plus de marge pour la qualitĂ© et encore moins pour entretenir les Ă©tablissements dâhĂ©bergement. Heureusement quâil y a les nationauxâŠ.
Pour ce qui est de Tanger et TĂ©touan et plus particuliĂšrement Tamuda Bay, elles font aujourdâhui le bonheur des nationaux, toutes catĂ©gorie sociales confondues. Entre Kabila et Martil, chacun trouve son compte de Juillet Ă Septembre. Quand aux touristes Ă©trangers, mis Ă part Le Club Med qui continue Ă Cabo Negro, les rares hĂŽtels suffisent Ă peine Ă rĂ©pondre Ă la demande nationale.
Est ce Ă dire, que nous nâavons pas pu ou pas su relever le dĂ©fi balnĂ©aire? La question mĂ©rite quâon y apporte une rĂ©ponse car le Plan Azur est plus que jamais dâactualitĂ©. Il y va de notre crĂ©dibilitĂ©.

Le tourisme ce nâest pas construire, puis acheter et revendre des nuits dâhĂŽtels mĂȘme des palaces, câest avoir le « gĂ©nie de crĂ©er des moments dâĂ©motion et de rencontres humaines »⊠Câest tout le contraire de vendre une chambre avec une piscine au milieu et une discothĂšque en dessous⊠Nous devons aujourdâhui inventer lâaventure de la rencontre en pays connu ou en terre inconnue⊠faire que les hommes (mĂȘme les femmes,Lol) se parlent et se dĂ©couvrent, ĂȘtre riche câest ĂȘtre pluriel⊠câest rire, câest dire je tâaime Ă toi ĂȘtre diffĂ©rent et je voyage pour te rencontrer.
ce nâest pas le plan azur quâil faut relancer mais le plan 2020, appuyĂ© et soutenu par la logique de lâindh, valoriser le patrimoine humain et collectif dâun pays riche de ces hommes et femmes, faire confiance et croire en son pays.
câest moins lucratif, moins capitalistique pour les grossistes hĂŽteliers, mais tellement plus ambitieux pour propulser un mode de voyage, qui devienne un modelĂ© marocain
Du Spleen dans lâair..!
Ce sujet mĂ©rite vĂ©ritablement dâĂȘtre soulevĂ© Ă tout bout de champ. La rĂ©alitĂ© de la chose diffĂšre complĂštement des ambitions tracĂ©es au tout dĂ©but. Mauvais calcul? Une volontĂ© dĂ©mesurĂ©e ayant conduit Ă un flop partiel du projet?
Les rĂ©sultats ne sont on ne peut plus dĂ©solants. Se rattraper sur un achĂšvement simultanĂ© et total de toutes les stations prĂ©vues relĂšve naturellement de lâimpossible.
Un focus sur chaque projet Ă part entiĂšre peut toujours ĂȘtre envisagĂ© â il nâest jamais trop tard pour bien faire- et apporter, un tant soit peu, de manifestes avancĂ©es.
Au travail, ne restons pas trop collés sur les chiffres !