
Le Festival National du Folklore a vu le jour le 21 avril 1960 par la volontĂ© de Feu SM le Roi Mohamed V, au lendemain de lâindĂ©pendance du pays. Une maniĂšre de dĂ©montrer lâunicitĂ© du Royaume en rĂ©unissant toutes ses troupes folkloriques dans un lieu mythique, le palais du BadiĂą, jadis demeure du Sultan El Mansour Eddahbi, Ă Marrakech.
Depuis, chaque annĂ©e Marrakech accueille ce festival, premier du genre et certainement le plus ancien. Cette tradition dura jusquâen 1995, soi 35 ans, portĂ©e par les Ă©lus et les autoritĂ©s de la ville avec la participation du MinistĂšre du Tourisme et de lâONMT et prĂ©sentant Ă chaque Ă©dition, un plateau dâartistes des diffĂ©rentes rĂ©gions du Royaume, sous leurs meilleurs angles et dans le but de faire la promotion de cette culture riche en rythmes, sons, costumes, ethnies et dialectes qui font lâidentitĂ© marocaine et son histoire.
En 1990, lâAssociation du Grand Atlas prend le relais pour le cadre organisationnel de lâĂ©vĂ©nement et tente tant bien que mal dâassurer une continuitĂ© .En 1996 et jusquâen 1999, pour des raisons inconnues, le festival cessa de se produire pour le grand regret des amoureux des arts et de la culture. En 2000 naissance dâune co-organisation du CRT et du Grand Atlas avec une nouvelle appellation : Le Festival National Des Arts Populaires ( FNAP ) et ce sur lâinitiative de lâAssociation du Grand Atlas et son prĂ©sident de lâĂ©poque, Le professeur Mohamed Knidiri ancien Ministre de lâĂ©ducation Nationale et Recteur de lâUniversitĂ© Cadi Ayad que le festival a Ă©tĂ© rĂ©animĂ© mais pour deux Ă©ditions seulement faute de moyens et surtout faute de mobilisation malgrĂ© lâimplication des professionnels et un Latif Benseddik pour la promotion auprĂšs des TO et agents de voyages. En 2002, il nây eut pas de Festival.
Une nouvelle Ă©dition en 2003, la 38eme, avec un certain Lahcen Zinoun pour assurer la mise en scĂšne. Il faut dire, que les professionnels du tourisme ont toujours butĂ©s sur le fait que la date de lâĂ©vĂ©nement nâĂ©tait jamais connue Ă lâavance, ni de maniĂšre rĂ©guliĂšre pour pouvoir programmer ce festival dans les brochures et en faire la promotion lors des diffĂ©rents salons de tourisme. Aussi, 2003, la dĂ©cision fut prise de programmer dorĂ©navant le Festival les 1er week end du mois de juillet et ce au moins jusquâen 2006, afin de coĂŻncider avec les vacances scolaires et la basse saison pour faire bĂ©nĂ©ficier les nationaux de tarifs attractifs et prolonger la saison pour les touristes.
Le Festival verra aussi la prĂ©sence de troupes folkloriques Ă©trangĂšres dâAfrique , dâEurope et dâAsie, maniĂšre dâinternationaliser le Festival. Enfin la notion de parade voit le jour, les troupes se produisent dĂ©sormais dans la journĂ©e aux diffĂ©rentes places de la ville avec des expositions de peintures et dâartisanat.
Le Festival a désormais un thÚme chaque année, avec un fil conducteur, une mise en scÚne, une chorégraphie et une histoire à raconter. Malheureusement, les finances ne suivent pas, les recettes non plus et encore une fois, il devient problématique pour les organisateurs de boucler leur budget.
En 2007, pour doter le Festival de finances pérennes, fut créée la Fondation des Festivals de Marrakech avec un budget conséquent pour le FNAP, mais également pour les autres festivals régionaux.
PrĂ©sidĂ©e par Kamal Bensouda, cette Fondation sâest donnĂ© pour tache de revoir le contenu du Festival, de le moderniser, dây inclure les nouveaux styles dâexpression tels que le pop art et la musique urbaine , un nouveau marketing etc⊠un vrai virage dont la 42 Ă©dition fut une rĂ©ussite sur tout les plans. Un festival ouvert sur toute la ville et gratuit pour toute la population,  plusieurs scĂšnes, un grand directeur artistique, Ahmed Tanjaoui qui avait pour tache de prĂ©server lâauthenticitĂ© des arts populaires. Dâailleurs, le thĂšme de cette annĂ©e fut « Symphonies du patrimoine dâhier et dâaujourdâhui » en trois mouvements : patrimoine ancestral, art chaĂąbi et musique nouvelle gĂ©nĂ©ration plus une fusion des trois.
Ce nouveau format du festival inclue également une nouvelle approche dans la sélection des troupes, avec en amont, une tournée des organisateurs à travers le royaume pour mieux appréhender les artistes, une sorte de casting régional.
En 2011 , Karim El Achak prend la prĂ©sidence de la Fondation et avec elle les destinĂ©es du FNAP. DotĂ© dâun budget de plus de 7M de dirhams, le FNAP innove avec la mise en place dâun village du festival, une amĂ©lioration de la programmation et surtout un soucis de transmission et de pĂ©rennisation de ce patrimoine immatĂ©riel que sont les arts populaires plus connus sous le nom de Folklore marocain. Cette ligne de conduite animera la nouvelle Ă©quipe tout au long des 46eme et 47eme Ă©ditions.
Ainsi, et en marge de la 48eme Ă©dition , furent organisĂ©es en Avril 2013, une table ronde et une journĂ©e nationale sur la « Sauvegarde et la promotion des arts populaires » qui firent entre autres, le diagnostic suivant : La quasi inexistence dâactions de sauvegarde, la problĂ©matique de la relĂšve et de la transmission, les contraintes du dĂ©placement des troupes ( HĂ©bergement, restauration,transport), la programmation et surtout le mĂ©cĂ©nat et le sponsoring.
La question qui se pose avec acuitĂ©, est aujourdâhui le devenir de ces arts populaires qui appartiennent Ă la mĂ©moire nationale voire universelle. Ce patrimoine nĂ©cessite une attention particuliĂšre non seulement des Marrakchis, mais de tous les marocains pour trouver des solutions pĂ©rennes et parer Ă lâessoufflement du FNAP.
Il y a aujourdâhui deux missions : La sauvegarde du Patrimoine et sa promotion dans une vision commune et cohĂ©rente. Il faut encadrer et encourager les modes dâexpression traditionnelle au mĂȘme titre que ce fait la promotion des nouveaux modes dâexpression en essayant autant que faire se peut de faire le lien entre les anciennes gĂ©nĂ©rations et les nouvelles.
Un projet de plateforme dans le cadre dâune vision dâavenir a Ă©tĂ© proposĂ© par lâĂ©quipe en charge du FNAP : Une institution/CitĂ© des arts populaires qui sera chargĂ©e de ces deux missions. Ce projet demande lâadhĂ©sion de tous, mais surtout lâimplication de tout ce que le Maroc compte en matiĂšre de culture vivante en particulier les acteurs que nous sommes.
Personnellement, jâadhĂšre et vous?
Ce Festival a su rĂ©sister grĂące Ă lâamour des Marocains pour leur patrimoine et Ă la vivacitĂ© de celui ci dans le monde rural en particulier. Mais il ne saura se pĂ©renniser que si on arrive Ă lui donner la mĂȘme envergure internationale que les autres Festivals citĂ©s
Dâou la nĂ©cessitĂ© dâune promotion Ă©tudiĂ©e dâune annĂ©e sur lâautre, la nĂ©cessitĂ© du maintien dâune date fixe, et Ă plus long terme la crĂ©ation dâune Ecole en bonne et due forme pour la transmission artistique de cette richesse.
Les professionnels du Tourisme ont un rĂŽle indĂ©niable Ă jouer dans sa promotion encore faut il quâils aient â Ă lâavance â tous les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires, ce qui, il faut bien le reconnaitre, leur avait fait dĂ©faut jusquâĂ maintenant.
Merci pour ce bel historique , qui nous rappelle des moments exceptionnels !!
Magnifique projet que ce festival du Folklore National immatériel.
Mixité ethnique et linguistique, souvenir de ses guerres tribales, de ses labours et de ses joies.
Un livre dâhistoire Ă ciel ouvert, oĂč chants, danses et cris sortent du fond de la nuit, les voix et les couleurs, lâorigine et lâhistoire de notre pays.
Du dĂ©sert, des plaines, des oasis et des montagnes, lâhomme a créé, sâest adaptĂ©, Ă vĂ©cu, Ă aimĂ© la terre, lâĂȘtre et la vie.
A conserver et mettre en valeur par une chorégraphie moderne mélangeant ces saveurs sacrées.
Il est vrai que le Festival National des Arts Populaires nâest pas aussi mĂ©diatisĂ© que Mawazine (Rabat), Timitar (Agadir) ou encore celui des Musiques sacrĂ©es du monde (FĂšs). Câest un festival qui rĂ©siste malgrĂ© tout le dĂ©sintĂ©rĂȘt Ă©prouvĂ© Ă son Ă©gardâŠ
Merci de nous avoir bien éclairé dans cet article sur son historique.