Accueil Coup de... COUP DE COEUR Le Folklore national , un patrimoine en péril.

Le Folklore national , un patrimoine en péril.

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Affiche-Festival-64Le bilan de la 48 eme édition du festival National des arts populaires est trÚs éloquent malgré une conjoncture trÚs difficile en termes financiers et cela grùce à une équipe qui a su relever les défis en essayant de faire le plus avec le moins. On ne peut donc que les féliciter pour avoir continué à perpétuer un événement cher aux marrakchis mais également à tous les marocains.

Le Festival National du Folklore a vu le jour le 21 avril 1960 par la volontĂ© de Feu SM le Roi Mohamed V, au lendemain de l’indĂ©pendance du pays. Une maniĂšre de dĂ©montrer l’unicitĂ© du Royaume en rĂ©unissant toutes ses troupes folkloriques dans un lieu mythique, le palais du BadiĂą, jadis demeure du Sultan El Mansour Eddahbi, Ă  Marrakech.

Depuis, chaque annĂ©e Marrakech accueille ce festival, premier du genre et certainement le plus ancien. Cette tradition dura jusqu’en 1995, soi 35 ans, portĂ©e par les Ă©lus et les autoritĂ©s de la ville avec la participation du MinistĂšre du Tourisme et de l’ONMT et prĂ©sentant Ă  chaque Ă©dition, un plateau d’artistes des diffĂ©rentes rĂ©gions du Royaume, sous leurs meilleurs angles et dans le but de faire la promotion de cette culture riche en rythmes, sons, costumes, ethnies et dialectes qui font l’identitĂ© marocaine et son histoire.

En 1990, l’Association du Grand Atlas prend le relais pour le cadre organisationnel de l’évĂ©nement et tente tant bien que mal d’assurer une continuitĂ© .En 1996 et jusqu’en 1999, pour des raisons inconnues, le festival cessa  de se produire pour le grand regret des amoureux des arts et de la culture. En 2000 naissance d’une co-organisation du CRT et du Grand Atlas avec une nouvelle appellation : Le Festival National Des Arts Populaires ( FNAP ) et ce sur  l’initiative de l’Association du Grand Atlas et son prĂ©sident de l’époque, Le professeur Mohamed Knidiri ancien Ministre de l’éducation Nationale et Recteur de l’UniversitĂ© Cadi Ayad que le festival a Ă©tĂ© rĂ©animĂ© mais pour deux Ă©ditions seulement faute de moyens et surtout faute de mobilisation malgrĂ© l’implication des professionnels et un Latif Benseddik pour la promotion auprĂšs des TO et agents de voyages. En 2002, il n’y eut pas de Festival.

Une nouvelle Ă©dition en 2003, la 38eme, avec un certain Lahcen Zinoun pour assurer la mise en scĂšne. Il faut dire, que les professionnels du tourisme ont toujours butĂ©s sur  le fait que la date de l’évĂ©nement n’était jamais connue Ă  l’avance, ni de maniĂšre rĂ©guliĂšre pour pouvoir programmer ce festival dans les brochures et en faire la promotion lors des diffĂ©rents salons de tourisme. Aussi,  2003, la dĂ©cision fut prise de programmer dorĂ©navant le Festival les 1er week end du mois de juillet et ce au moins jusqu’en 2006, afin de coĂŻncider avec les vacances scolaires et la basse saison pour faire bĂ©nĂ©ficier les nationaux de tarifs attractifs et prolonger la saison pour les touristes.

Le Festival verra aussi la prĂ©sence de troupes folkloriques Ă©trangĂšres d’Afrique , d’Europe et d’Asie, maniĂšre d’internationaliser le Festival. Enfin la notion de parade voit le jour, les troupes se produisent dĂ©sormais dans la journĂ©e aux diffĂ©rentes places de la ville  avec des expositions de peintures et d’artisanat.

Le Festival a désormais un thÚme chaque année, avec un fil conducteur, une mise en scÚne, une chorégraphie et une histoire à raconter. Malheureusement,  les finances ne suivent pas, les recettes non plus et encore une fois, il devient problématique pour les organisateurs de boucler leur budget.

En 2007, pour doter le Festival de finances pérennes, fut créée la Fondation des Festivals  de Marrakech avec un budget conséquent pour le FNAP, mais également pour les autres festivals régionaux.

PrĂ©sidĂ©e par Kamal Bensouda, cette Fondation s’est donnĂ© pour tache de revoir le contenu du Festival, de le moderniser, d’y inclure les nouveaux styles d’expression tels que le pop art et la musique urbaine , un nouveau marketing etc
 un vrai virage dont la 42 Ă©dition fut une  rĂ©ussite sur tout les plans. Un festival ouvert sur toute la ville et gratuit pour toute la population,   plusieurs scĂšnes, un grand directeur artistique, Ahmed Tanjaoui qui avait pour tache de prĂ©server l’authenticitĂ© des arts populaires. D’ailleurs, le thĂšme de cette annĂ©e fut «  Symphonies du patrimoine d’hier et d’aujourd’hui » en trois mouvements : patrimoine ancestral, art chaĂąbi et musique nouvelle gĂ©nĂ©ration plus une fusion des trois.

Ce nouveau format du festival inclue également une nouvelle approche dans la sélection des troupes, avec en amont, une tournée des organisateurs à travers le royaume pour mieux appréhender  les artistes, une sorte de casting  régional.

En 2011 , Karim El Achak prend la prĂ©sidence de la Fondation et avec elle les destinĂ©es du FNAP. DotĂ© d’un budget de plus de 7M de dirhams, le FNAP innove avec la mise en place d’un village du festival, une amĂ©lioration de la programmation et surtout un soucis de transmission et de pĂ©rennisation de ce patrimoine immatĂ©riel que sont les arts populaires plus connus sous le nom de Folklore marocain. Cette ligne de conduite animera la nouvelle Ă©quipe tout au long des 46eme et 47eme Ă©ditions.

Ainsi, et en marge de la 48eme Ă©dition , furent organisĂ©es en Avril 2013, une table ronde et une journĂ©e nationale sur la « Sauvegarde et la promotion des arts populaires » qui firent entre autres, le diagnostic suivant : La quasi inexistence d’actions de sauvegarde, la problĂ©matique de la relĂšve et de la transmission, les contraintes du dĂ©placement des troupes ( HĂ©bergement, restauration,transport), la programmation et surtout le mĂ©cĂ©nat et le sponsoring.

La question qui se pose avec acuitĂ©, est aujourd’hui le devenir de ces arts populaires qui appartiennent Ă  la mĂ©moire nationale voire universelle. Ce patrimoine nĂ©cessite une attention particuliĂšre non seulement des Marrakchis, mais de tous les marocains pour trouver des solutions pĂ©rennes et parer Ă  l’essoufflement du FNAP.

Il y a aujourd’hui deux missions : La sauvegarde du Patrimoine et sa promotion dans une vision commune et cohĂ©rente. Il faut encadrer et encourager les modes d’expression traditionnelle au mĂȘme titre que ce fait la promotion des nouveaux modes d’expression en essayant autant que faire se peut de faire le lien entre les anciennes gĂ©nĂ©rations et les nouvelles.

Un projet de plateforme dans le cadre d’une vision d’avenir a Ă©tĂ© proposĂ© par l’équipe en charge du FNAP : Une institution/CitĂ© des arts populaires qui sera chargĂ©e de ces deux missions. Ce projet demande l’adhĂ©sion de tous, mais surtout l’implication de tout ce que le Maroc compte en matiĂšre de culture vivante en particulier les acteurs que nous sommes.

Personnellement, j’adhùre et vous?

3 Commentaires

  1. Ce Festival a su rĂ©sister grĂące Ă  l’amour des Marocains pour leur patrimoine et Ă  la vivacitĂ© de celui ci dans le monde rural en particulier. Mais il ne saura se pĂ©renniser que si on arrive Ă  lui donner la mĂȘme envergure internationale que les autres Festivals citĂ©s
    D’ou la nĂ©cessitĂ© d’une promotion Ă©tudiĂ©e d’une annĂ©e sur l’autre, la nĂ©cessitĂ© du maintien d’une date fixe, et Ă  plus long terme la crĂ©ation d’une Ecole en bonne et due forme pour la transmission artistique de cette richesse.
    Les professionnels du Tourisme ont un rĂŽle indĂ©niable Ă  jouer dans sa promotion encore faut il qu’ils aient – Ă  l’avance – tous les Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires, ce qui, il faut bien le reconnaitre, leur avait fait dĂ©faut jusqu’à maintenant.
    Merci pour ce bel historique , qui nous rappelle des moments exceptionnels !!

  2. Magnifique projet que ce festival du Folklore National immatériel.
    Mixité ethnique et linguistique, souvenir de ses guerres tribales, de ses labours et de ses joies.

    Un livre d’histoire Ă  ciel ouvert, oĂč chants, danses et cris sortent du fond de la nuit, les voix et les couleurs, l’origine et l’histoire de notre pays.
    Du dĂ©sert, des plaines, des oasis et des montagnes, l’homme a créé, s’est adaptĂ©, Ă  vĂ©cu, Ă  aimĂ© la terre, l’ĂȘtre et la vie.

    A conserver et mettre en valeur par une chorégraphie moderne mélangeant ces saveurs sacrées.

  3. Il est vrai que le Festival National des Arts Populaires n’est pas aussi mĂ©diatisĂ© que Mawazine (Rabat), Timitar (Agadir) ou encore celui des Musiques sacrĂ©es du monde (FĂšs). C’est un festival qui rĂ©siste malgrĂ© tout le dĂ©sintĂ©rĂȘt Ă©prouvĂ© Ă  son Ă©gard


    Merci de nous avoir bien éclairé dans cet article sur son historique.

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