Jâai lu avec beaucoup dâattention la rĂ©cente Ă©tude de la DEPF relative au secteur du Tourisme et intitulĂ©e « Bilan dâĂ©tape et Analyse Prospective » et je constate quâelle est trĂšs instructive et rapporte avec fidĂ©litĂ© le bilan de la vision 2010, tel que nous lâavons tous fait : des performances concluantes et diffĂ©renciĂ©es au niveau des rĂ©gions. Sur la partie Produit, il est clair que le Plan AZUR est Ă peine entamĂ© et que le Tourisme interne souffre de produit adaptĂ© et de distribution dĂ©diĂ©e.
Une partie benchmark sur les diffĂ©rentes destinations en compĂ©tition avec le Maroc, trĂšs Ă©loquente nous donne avec prĂ©cision notre position, nos forces et nos faiblesses tout en restant dans le constat uniquement. Lorsquâen se penche sur les stratĂ©gies de nos concurrents, on constate que nous avons tous les mĂȘmes objectifs et pratiquement la mĂȘme approche qualitative. En fait les stratĂ©gies se valent, reste comment les concrĂ©tiser et qui se placera en pool position.
On peut dire que les rĂ©centes rĂ©volutions vĂ©cues par La Tunisie et lâEgypte laisseront certainement des stigmates sur leur Ă©volution future qui sera fonction de la rapiditĂ© avec laquelle la confiance des prescripteurs reviendra tant au niveau de lâinvestissement quâau niveau de la consommation du produit en lui mĂȘme. Pour ce qui est de La Turquie, connaissant la capacitĂ© des hommes , je ne me fait aucune illusion sur la cĂ©lĂ©ritĂ© avec laquelle  ils vont atteindre leur objectifs et si nous devons prendre un exemple , câest celui lĂ qui doit nous motiver et duquel on devrait sâinspirer , public et privĂ© pour rĂ©ussir ce nouveau chalenge.
Quelques quotidiens ont fait leur unes sur lâapproche Territoriale de Vision 2020, en remettant en cause , Ă©tude DEPF oblige , le dĂ©coupage prĂ©vu , Ă savoir huit territoires en fonction de leur potentialitĂ© et de leur offre produit. A charge de Vision 2020, elle a Ă©tĂ© faite alors que le Maroc prĂ©sentait 16 rĂ©gions administratives et apparemment le 30 Novembre , tout le monde Ă trouvĂ© ce nouveau dĂ©coupage novateur au vu des arguments qui ont Ă©tĂ© avancĂ© et surtout validĂ© par lâensemble des signataires du CPN. Le nouveau projet de dĂ©coupage Administratif prĂ©voit 12 rĂ©gions , et je rappelle que ce nâest quâun projet qui doit lui aussi ĂȘtre validĂ© et franchement je ne vois pas en quoi cela remettrai en question le principe de Gouvernance de la StratĂ©gie 2020 ?
Certains ont sautĂ© sur cet argument pour remettre en cause les ADT, plutĂŽt le pilotage des ADT. Pour ma part, et cela nâengage que moi, le schĂ©ma initial me semble rĂ©pondre aux attentes de professionnels responsables car cela mettra le Secteur Public et les Elus devant leurs responsabilitĂ©s, les professionnels exerçant un contrepouvoir doublement : par leur vote et par leur implication dans le processus de pilotage.
En fait, les ADT ont Ă©tĂ© prĂ©vues pour justement transcender, câest le terme, le dĂ©coupage administratif et privilĂ©gier une offre produit diversifiĂ©e rĂ©pondant Ă une demande identifiĂ©e sur laquelle le Maroc doit se positionner. Lâargument avancĂ© par lâĂ©tude et consacrant le principe dâhomogĂ©nĂ©itĂ© sur celui de complĂ©mentaritĂ© est il valable pour le Tourisme ? En tout Ă©tat de cause, je suis persuadĂ© que la rĂ©ussite de cette vision nâest pas une question de dĂ©coupage, mais bien une question dâhommes.
Le discourt Royal du 9 mars appelle Ă des changements constitutionnels et organisationnels en vue dâune rĂ©gionalisation avancĂ©e et rĂ©pondant aux attentes dâune jeunesse, voire dâun peuple qui aspire Ă plus dâĂ©quilibre, dâĂ©quitĂ©, de transparence et de dignitĂ©. Le Maroc a fait un choix stratĂ©gique en 2001 en optant pour le dĂ©veloppement du Tourisme qui reste un levier et un vecteur de dĂ©veloppement reconnu. La vision 2020 est venue consacrer ce choix et en tant que professionnels, nous devons tous nous inscrire dans cette vision.
Maintenant, nous sommes dĂ©jĂ Ă 4 mois de la signature du CPN et encore entrain de douter du systĂšme de Gouvernance prĂ©conisĂ© pour piloter cette stratĂ©gie ! Les rĂ©centes rĂ©unions Public/PrivĂ© et PrivĂ©/PrivĂ© nâont apportĂ© aucun avancement Ă tel point que je me demande si notre Vision nâa pas Ă©tĂ© atteinte de Glaucome, vous savez cette maladie qui se traduit par une pression intraoculaire rĂ©duisant petit Ă petit lâangle de la vision jusquâĂ la cĂ©citĂ© totale. Dans notre cas, je pense que le traitement mĂ©dical est dĂ©passĂ© et quâil faut passer Ă un traitement chirurgical, cela devient urgent.
bjr Ă tous
La difficile construction des politiques touristiques
En partant du principe que la responsabilitĂ© du dĂ©veloppement touristique est lâaffaire de tous . La compĂ©tence de la tutelle dans le domaine du tourisme se traduit par la possibilitĂ© lĂ©gale de mettre en place des liens juridiques formels avec les partenaires privĂ©s pour tous les projets dâimportance concernant le dĂ©veloppement touristique, afin de dĂ©finir les droits et les devoirs de chacun. Cela aboutit, entre autres, Ă des dĂ©lĂ©gations de service public ou Ă des projets purement commerciaux.
Dâautre part le rĂŽle des pouvoirs publics et collectivitĂ©s locales consiste Ă organiser un cadre permettant Ă toutes les initiatives nĂ©cessaires au bon fonctionnement des projets liĂ©s de prĂ©s ou de loin par lâindustrie du tourisme nationale. Cette lourde charge suppose des moyens financiers et humains importants et se traduit surtout par lâorganisation dâun partenariat avec lâensemble des prestataires touristiques, ce qui ne va pas de soi ! La construction des politiques locales met face Ă face des partenaires dont le cadre global de contraintes lĂ©gales et rĂ©glementaires, les logiques, ainsi que les moyens humains et financiers, sont radicalement diffĂ©rents. Ce partenariat, pour le moins asymĂ©trique, met les walis, gouverneurs, maires, chargĂ©s de dĂ©fendre des intĂ©rĂȘts publics locaux, face aux prestataires touristiques, qui dĂ©fendent des intĂ©rĂȘts Ă©conomiques qui, de plus en plus souvent, nâont pas de liens forts avec le territoire ou la rĂ©gion. DĂšs lors, les relations Ă propos de la construction de la politique locale (construction de lâimage touristique et sportive, communication, retombĂ©es Ă©conomiquesâŠ) sont sources de nombreuses difficultĂ©s et de conflits dâintĂ©rĂȘts. Encore une fois , je pense que la vision 2O2O est claire et son dĂ©coupage une valeur ajoutĂ©e Ă lâadministratifâŠ.ceux qui dans le privĂ© portent plusieurs casquettes et accumulent le business et la reprĂ©sentativitĂ© professionnelle voient leurs intĂ©rĂȘts personnels sous lâemprise dâune gouvernance locale demainâŠ.. plus proche des citoyens que des business rĂ©seaux. Il faut donc commencer par libĂ©rer dĂ©finitivement la FNT, FNAVM, FNIH de joug des vieux dinosaures qui sâaccrochent Ă des fonctions associatives dont ils abusent pour fructifier leurs affaires et image de marque.Si tout cela dĂ©range, il faut le dire, lâĂ©crire , le communiquer, nous sommes, grĂące aux Hautes Directives Royales, tous responsables de lâune des richesses du notre pays : leTourisme
Majid yadiny
Mon cher Docteur FOUZI,
« Ne dites pas à ma mÚre que je suis Ophtalmo, elle croit que je suis Agent de Voyages »!!
Je savais que le mĂ©tier de tourisme menait Ă tout, mais je ne soupçonnais pas quâil irait jusquâĂ la mĂ©decine, exceptĂ© peut ĂȘtre dâAlzheimer, en raison des pertes rĂ©currentes de mĂ©moire, passons.
Je te renouvelle en passant mes sincĂšres fĂ©licitations pour lâanimation de ton blog, ta persĂ©vĂ©rance et ton implication dans le dĂ©bat du secteur! Câest un bel exemple de militantisme et de professionnalisme, et il faut le souligner. JâĂ©mets le vĆu quâil fasse des Ă©mules.
Permets-moi de ne pas partager ton analyse sur les deux points soulevés par ton article et de te répondre à chaud et spontanément :
1er Point :
Ce nâest pas la « Vision 2020 » qui souffrirait de « Glaucome » ou dâune quelconque autre maladie. Probablement, Ă son « contact », certains auraient attrapĂ© la « fiĂšvre », mais cela est passager. Ton diagnostic concernerait plutĂŽt un autre « Grand Corps Malade » ( en rĂ©fĂ©rence Ă lâexcellent Slammeur français qui vient de participer Ă Jazzablanca cette semaine »)
Cette « vision » a Ă©tĂ© signĂ©e « solennellement » Ă Marrakech et par consĂ©quent, engage tous les intervenants ainsi que les secteurs qui les ont mandatĂ© pour « signer », quâils soient privĂ©s ou publics. Elle reprĂ©sente une vision stratĂ©gique partagĂ©e. Câest aussi, je pense, un cadre de travail qui nâest pas figĂ© et qui doit sâadapter, en bonne intelligence, avec lâĂ©volution que vit, et notre pays (reformes institutionnelles, rĂ©gionalisation, nouveau concept de gouvernanceâŠetc.) et notre environnement extĂ©rieur (et en ce moment, il est, pour le moins que lâon puisse dire, extrĂȘmement instable).
Imputer la « fiĂšvre » de la vision (principalement) au dĂ©coupage territorial annoncĂ© ou Ă la question des ADT est rĂ©ducteur Ă mon avis, dâautant que lâinstauration de ces derniĂšres et quelquâen soient leurs prĂ©rogatives lĂ©gitimes, nâest nullement en contradiction avec le maintien ou la mise en Ćuvre de nouveaux  » espaces de concertations rĂ©gionales » entre les Professionnels, Elus et Administration territoriale, si la nouvelle  » RĂ©gionalisation avancĂ©e » le nĂ©cessite . A condition toutefois que le secteur des professionnels sâimpose rĂ©gionalement comme par le passĂ©, comme un acteur actif, dynamique et responsable. Il a toute sa place dans lâanimation de lâĂ©conomie rĂ©gionale, jâen suis convaincu.
Pour les prĂ©visions et investissements annoncĂ©s, chaque territoire avec ses atouts et sa dynamique propre, validera ou infirmera les tendances projetĂ©es. Lâexemple des dĂ©calages entre prĂ©visions et rĂ©alisations de la vision 2010 est Ă©loquent Ă ce sujet, particuliĂšrement pour la rĂ©gion qui tâes si chĂšre. Le marchĂ© et la demande commanderont, mĂȘme sâil est nĂ©cessaire quâune politique dâorientation des investissements soit claire et lisible.
2Ăšme Point :
Sâagissant de lâĂ©tude citĂ©e dans ton article, aussi brillante et opportune soit elle, il nâen demeure pas moins que jâaurai prĂ©fĂ©rĂ© personnellement que ses conclusions soient dĂ©battues en interne et non publiĂ©es Ă lâextĂ©rieur. Probablement que câest un facteur qui a provoquĂ© en partie la « poussĂ©e de fiĂšvre » !
Lâanalyse qui y est contenue et ses recommandations notamment sur la gouvernance rĂ©gionale ou le dĂ©coupage territorial auraient pu ĂȘtre plus profitables avant le 30 novembre 2010, et peut-ĂȘtre pris en compte par le DĂ©partement ministĂ©riel (signataire de la mĂȘme vision 2020) auquel appartient cette Direction.
En conclusion, il appartient au secteur « professionnel- privé » du tourisme de se mobiliser, se restructurer, faire sa « mue » , ( le moment y est opportun en raison des vents de rĂ©formes et des rupturesâŠ), et sâapproprier la stratĂ©gie de dĂ©veloppement du tourisme , avec ses points forts et ses points faibles, militer pour son adaptation aux exigences locales et Ćuvrer pour que la synergie ( pour ne pas dire complicitĂ© ) Public-PrivĂ© , qui a donnĂ© Ă notre secteur ses lettres de noblesse Ă lâoccasion de la vision 2010 reste une rĂ©fĂ©rence et un modĂšle.
LâĂ©conomie et le dĂ©veloppement humain de nos territoires le mĂ©rite, le commande.
Amicalement.
SaĂŻd MOUHID
Casablanca
Cher Said,
Ton intervention est pertinente et nâest pas du tout en contradiction avec mon analyse car elle complĂšte ce que je nâai pas dit, mais que jâai sous entendu. Une partie des acteurs sâĂ©vertue Ă dĂ©nigrer et sâattache aux dĂ©tails touchant « leurs privilĂšges » pour rĂ©futer la rĂ©alitĂ©. La grande majoritĂ©, qui nâa pas de micro, a comprit les enjeux et souhaiterai entamer ce nouveau processus dans les meilleurs dĂ©lais. Grand Cops malade a de lâesprit, joue avec les mots, en ce qui nous concerne , notre Grand Corps manque dâesprit et joue avec notre avenir et celui des gĂ©nĂ©rations futuresâŠ