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Il y a un temps pour chaque chose
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📖 Temps de lecture : 7 minutes

Au moment oĂč nous entamons la troisiĂšme semaine de confinement, il serait intĂ©ressant de faire le point sur la situation que vit notre pays en gĂ©nĂ©ral et notre secteur en particulier.

Sur le plan sanitaire, je pense sincĂšrement que les choses sont bien prises en main et que les marocains dans leur grande majoritĂ©, respectent les mesures restrictives qui ont Ă©tĂ© imposĂ©es par les autoritĂ©s Ă  bon escient. Certes le nombre de cas augmente de jour en jour, mais la cadence est loin de ce qui est enregistrĂ© dans les autres pays dit dĂ©veloppĂ©s et qui ont des moyens nettement plus importants que nous, que ce soit en termes d’infrastructures sanitaires, nombre de soignants, chercheurs ou autres
.Nous pouvons ĂȘtre fiers de notre pays qui a pu dĂ©ployer en un temps record des moyens insoupçonnables jusque lĂ .

Fiers Ă©galement de tout le corps mĂ©dical, public comme privĂ©, civil et militaire,  qui s’est mobilisĂ© pour faire face Ă  cette pandĂ©mie avec une volontĂ© inĂ©galĂ©e et un courage extraordinaire. On ne saurait jamais assez les remercier pour leur sacrifice au profit de la nation.

Aussi, ne n’est que reconnaissance, que le secteur du tourisme, avec Ă  sa tĂȘte les hĂŽteliers, se soit mis Ă  la disposition de « ses soldats », en offrant toute la capacitĂ© litiĂšre disponible pour allĂ©ger autant que faire se peut, la fatigue des nombreuses heures ponctuĂ©es de stress qu’ils subissent pour assister, soigner, Ă©couter et rassurer toutes les victimes du Covid-19.

Sur le volet social, lĂ  aussi les choses ont Ă©tĂ© prises Ă  leur juste mesure avec la mise en place de l’indemnitĂ© Covid-19 au profit du secteur informel. ( Entre 800 et 1200 dh par famille ). D’aucuns diront que ce n’est pas assez, mais c’est dĂ©jĂ  un bon dĂ©but sachant que ces foyers Ă  revenus trĂšs modestes pourront Ă©galement bĂ©nĂ©ficier de l’aide citoyenne qui est en train de se mettre en place.

De maniĂšre  quasi spontanĂ©e, l’entraide s’est mise en place grĂące aux nombreuses associations existantes , pas nĂ©cessairement dans le caritatif , qui ont mobilisĂ© leurs membres pour rĂ©pondre aux besoins des familles. C’est le cas des associations  dans certaines rĂ©gions.

Concernant l’indemnitĂ© de 2000 dh accordĂ©e aux salariĂ©s des entreprises en cessation ponctuelle d’activitĂ©, personnellement je ne suis pas preneur. S’il s’agit de trois mois, je suis prĂȘt Ă  subvenir aux besoins de mes ressources humaines par solidaritĂ©. Pour cela, je leur proposerai un deal win win, basĂ© sur une rĂ©organisation totale de notre business model, qui inclut leur reconversion au digital.

Une entreprise citoyenne doit ĂȘtre en mesure de tenir ses engagements vis-Ă -vis de ses collaborateurs surtout en pĂ©riode de vache maigre.

Notre secteur, se doit de donner l’exemple et ne pas sombrer dans le pessimisme. Nous avons toujours su rebondir  et mĂȘme si cette crise est inĂ©dite, mĂȘme si elle risque de durer longtemps, nous devons avoir Ă  l’esprit, qu’il y aura une reprise et qu’il faudra que nous soyons prĂȘts pour prendre la bonne vague.

Je fais donc don, de cette indemnitĂ© de 2000 dh par salariĂ© pendant trois mois au secteur de la santĂ© qui en a bien besoin au vu des prochaines Ă©chĂ©ances qu’il aura Ă  affronter.

Je sais, on va dire, il peut se le permettre, il n’a pas beaucoup de salariĂ©s, ce Ă  quoi je rĂ©torque, je fais ma part, Ă  chacun de faire la sienne. ( Mouvement des Colibris *)

Car si chaque entreprise touristique en fait de mĂȘme, et si effectivement nous employons 750000 personnes, cela fait 4,5 Milliards de dirhams, quelle belle participation du secteur au Fonds initiĂ© par Sa MajestĂ© que Dieu l’Assiste !    

PassĂ© cette crise sanitaire, car il faudra bien qu’elle passe si on s’y met tous, je souhaiterais que l’on  reconnaisse le tourisme Ă  sa juste valeur, car aujourd’hui que nous sommes Ă  l’arrĂȘt, on mesurera le poids qui Ă©tait portĂ© par notre secteur, que ce soit au niveau des emplois ( formels et informels),  qu’au niveau de la balance des payements. Il y aura un avant et un aprĂšs Coronavirus.

Il y a un temps pour chaque chose, aujourd’hui l’urgence est Ă  la santĂ© de nos concitoyens et Ă  la prĂ©caritĂ© des plus dĂ©munis d’entre nous. Viendra le temps pour redĂ©marrer la machine Ă©conomique seule capable de prendre le relais, et dans ce temps, j’espĂšre que le tourisme sera aux premiĂšres loges.

L’OMT dans un document Ă©ditĂ© le 31 mars dernier, a recommandĂ© un ensemble de 22 mesures pour soutenir le tourisme en trois phases:

Phase 1 : Gestion de la crise et attĂ©nuation de l’impact.

  1. Fournir des incitations au maintien des emplois, soutenir l’activitĂ©Ì des travailleurs indĂ©pendants et protĂ©ger les groupes les plus vulnĂ©rables
  2. Soutenir la trésorerie des entreprises
  3. Réexaminer les taxes, redevances et droits et la rÚglementation ayant une incidence sur les transports et le tourisme
  4. Assurer la protection des consommateurs et la confiance
  5. Promouvoir l’acquisition de compĂ©tences, surtout de compĂ©tences numĂ©riques
  6. Inclure le tourisme dans les dispositifs Ă©conomiques d’urgence aux niveaux national, rĂ©gional et mondial
  7. Créer des Mécanismes et des stratégies de gestion des crises.

Phase 2 : Mesures de relances et accélération du redressement.

  1. Fournir des incitations financiùres à l’investissement et à l’exploitation touristiques
  2. Faire progresser la facilitation des voyages
  3. Promouvoir les nouveaux emplois et l’acquisition de compĂ©tences, en particulier numĂ©riques
  4. Prendre en compte la durabilitĂ©Ì environnementale dans les dispositifs de relance et de redressement
  5. Connaitre le marchĂ©Ì et agir rapidement pour rĂ©tablir la confiance et stimuler la demande
  6. Donner une impulsion au marketing et aux évÚnements et réunions
  7. Investir dans les partenariats
  8. Faire une place au tourisme dans les programmes de redressement nationaux, rĂ©gionaux et internationaux et dans l’aide au dĂ©veloppement

Phase 3 : Préparer demain.

16.Diversifier les marchés, les produits et les services

17.Investir dans les systĂšmes d’analyse des marchĂ©s et la transformation numĂ©rique

18.Renforcer la gouvernance du tourisme Ă  tous les niveaux

19.Se prĂ©parer aux crises, amĂ©liorer la rĂ©silience et veiller Ă  inclure le tourisme dans le mĂ©canisme et les systĂšmes d’urgence nationaux

20.Investir dans le capital humain et la mise en valeur des talents.

21.Inscrire solidement le tourisme durable parmi les priorités nationales

22.Passer Ă  l’économie circulaire et s’approprier les ODD.

Certaines mesures sont du ressort des professionnels qui doivent s’organiser au sein de leurs instances et d’autres sont du ressort du Gouvernement qui doit impĂ©rativement remettre le tourisme au cƓur du dispositif du redressement de l’économie nationale et de la lutte contre la prĂ©caritĂ©.

Il faut une rĂ©elle volontĂ© de tous les intervenants, public comme privĂ©, pour arrĂȘter de broyer du noir et commencer Ă  entreprendre.  

En attendant, confinez-vous bien et si vous avez à sortir, n’oubliez pas de mettre votre masque.  

*D’aprĂšs une lĂ©gende amĂ©rindienne, Pierre Rabhi raconte « Un jour, il y eut un immense incendie de forĂȘt. Tous les animaux terrifiĂ©s, atterrĂ©s, observaient impuissants le dĂ©sastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. AprĂšs un moment, le tatou, agacĂ© par cette agitation dĂ©risoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas Ă©teindre le feu ! »Et le colibri lui rĂ©pondit: «  je le sais, mais je fais ma part »

3 Commentaires

  1. Je crains malheureusement, qu’il s’agisse de plus de trois mois, surtout pour les destinations dont la haute saison est relativement courte, comme le sud.

    Le tourisme marocain est trop dĂ©pendant de la situation extĂ©rieure, du coĂ»t des transports qui risque d’exploser pendant quelques temps et de la peur des gens face Ă  la maladie. C’est cela la grande interrogation : est-ce que « tout ça » va ĂȘtre oubliĂ© trĂšs vite, ou pas ?

    Et la deuxiùme question, c’est est-ce que les touristes auront de l’argent pour venir ? Parce que la crise frappe partout.

    Enfin, il y a la problĂ©matique du « consommer local », avec les mĂȘmes incitations patriotiques Ă  soutenir l’économie de son propre pays, qui est partout, en France comme au Maroc.

    Je vous souhaite bon courage !

  2. Qu’elle belle solidaritĂ© et gestion de la crise COVID, par notre pays, nous pouvons ĂȘtre fier.

    Personnellement j’ai apprĂ©ciĂ© cette aide de 2000,dhs / employĂ© durant les 3 prochains mois. Nous avons Ă  charge 65 personnes, et depuis tant d’annĂ©e, engagĂ©s comme un « colibri » au partage des retombĂ©es et du respect des Ă©quipes qui travaillent en toute lĂ©galitĂ© CNSS
 Simplement un droit humain.
    Les aides et reports de crédits de quelques mois ne sont pas suffisants.

    Nous avons besoin d’un plan audacieux pour relancer le secteur tourisme.

    Le balnĂ©aire pourra peut-ĂȘtre sauver une partie de l’étĂ© avec les touristes Marocains.
    Les autres secteurs du tourisme seront au bord d’un gouffre reportĂ© de 3 mois.

    Notre pays doit trouver d’autres solutions pour sauver les employĂ©s et les entreprises du tourisme pour les 6 mois suivant, car n’imaginons pas que l’économie touristique repartira dĂšs septembre.

    Le tourisme sera probablement différent aprÚs cette pandémie,
    le coté hygiÚne sera une priorité.
    Cette pandĂ©mie aura rĂ©veillĂ© la fibre « Ă©co – responsable » d’une partie des voyageurs.

    L’office du Tourisme doit investir dans cette direction, pour mettre en valeur dĂ©jĂ  ce qui est existant la CLEF VERTE MAROC / GREEN KEY pour l’hĂŽtellerie engagĂ©e, http://www.clefverte.ma/fr
    Inciter et accompagner le secteur hĂŽtelier dans cette fibre.

    Pour les Agences de voyages, rien n’existe pour mettre en valeur l’engagement « Ă©co – responsable » des uns et des autres.
    Il me semble URGENT de mettre en place un LABEL ECO – RESPONSABLE pour ceux qui souhaitent investir dans ce domaine.
    C’est une image importante pour le nouveau Maroc Ă  vĂ©hiculer Ă  l’international.

    Les voyageurs seront encore plus connectĂ©s, ils chercheront encore plus l’accĂšs direct avec moins d’intermĂ©diaires, plus de ruralitĂ©, d’authenticitĂ© et d’humanitĂ©.
    Une véritable expérience dans leur découverte de notre pays.

    Il faut sĂ©curiser cette reprise car l’informel sera lui aussi actif.
    Baisser nos charges et impÎts est une nécessité.
    L’intĂ©gration obligatoire de l’informel dans le systĂšme collectif, contrĂŽlĂ© et accompagnĂ©.
    Une nouvelle aventure démarre et un virage à prendre si nous ne voulons pas rester plombé.

  3. Et le colibri fit le printemps 

    Oui, pour un Conseil de Guerre du Tourisme, un PPP soustrait momentanément au millefeuille de gouvernance de la chose touristique, pour conduire avec liberté, audace et ingéniosité un Plan Ad-hoc de redressement.

    Jalal Alwidadi

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