Accueil REFLEXION MISE AU POINT Hadj 2014, le sacro saint principe de précaution.

Hadj 2014, le sacro saint principe de précaution.

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Foule hadj

Le dernier communiquĂ© du MinistĂšre des Habous et des Affaires islamiques, recommande aux pĂšlerins inscrits pour l’annĂ©e en court et souffrant de maladies chroniques ou immunodĂ©ficitaires, de surseoir Ă  leur pĂšlerinage ou de le reporter pour l’annĂ©e prochaine. Tous les frais engagĂ©s seront remboursĂ©s.
Ce communiquĂ© intervient aprĂšs celui du ministĂšre de la SantĂ© relatif aux risques de propagation du Coronavirus(MERS-CoV), dont le foyer se trouve dans la pĂ©ninsule arabique. A ce jour, Ă  l’échelle mondiale, il y’a 681 cas confirmĂ©s dont 204 mortels selon l’OMS qui invite tous les Ă©tats membres Ă  ĂȘtre vigilants sur tous symptĂŽmes respiratoires aiguĂ«s sĂ©vĂšres (IRAS) et Ă  examiner avec soin toute prĂ©sentation inhabituelle. L’OMS ne conseille pas de dĂ©pistage particulier aux points d’entrĂ©e et ne recommande pas actuellement de restrictions aux dĂ©placements ou au commerce.
DerriĂšre ces dĂ©clarations, les populations Ă  risque sont en grande partie les personnes ĂągĂ©es, qui sont les plus enclines Ă  ce type de pathologie. Et pourtant, lorsqu’il a fallut rĂ©duire les cotas de 20%, c’est les plus jeunes qui ont Ă©tĂ© reportĂ©s au profit des plus ĂągĂ©s? Cette dĂ©cision qui part du fait qu’il faut donner plus de chance Ă  ceux qui sont dans un Ăąge avancĂ©, est tout a fait en contradiction avec la rĂ©alitĂ© du moment: c’est justement ceux lĂ  les plus exposĂ©s de part leur fragilitĂ© et leur exposition aussi bien aux risques d’accidents en cas de mouvement de foule, qu’en cas d’épidĂ©miologie avĂ©rĂ©e.
Parmi les facteurs de risque, la concentration de populations arrivant des quatre coins du monde dans un mĂȘme endroit pour une pĂ©riode dĂ©terminĂ©e, peut ĂȘtre cause d’épidĂ©mies plus ou moins importantes, avec des consĂ©quences imprĂ©visibles. Encore aujourd’hui, la vaccination des pĂšlerins est obligatoire contre la fiĂšvre jaune et la mĂ©ningite et tout le monde se rappelle l’alerte en 2009 du Virus H1NI, plus connu sous le nom de grippe aviaire et la panique qui en a suivi.
Aujourd’hui, avec ces annonces, les agences de voyages enregistrent des annulations, en particulier pour la Omra Ă  quelques jours des grands dĂ©parts et sont sommĂ©s de rembourser les pĂšlerins. C’est plus facile Ă  dire qu’a faire, car si cela est encore possible pour le hadj, c’est quasi impossible pour la Omra, pour la simple et bonne raison, que les agences de voyages sont trĂšs engagĂ©s avec les prestataires qu’ils soient hĂŽteliers ou compagnies aĂ©riennes, et que rien ne prĂ©voit le remboursement en cas d’annulations. L’opĂ©ration est bouclĂ©e Ă©galement au niveau des visas et il n’y a plus de moyens pour remplacer les clients dĂ©fectueux.
Encore une fois, les agences de voyages vont ĂȘtre montrĂ©es du doigt et taxĂ©es d’opportunistes alors qu’en rĂ©alitĂ©, elles subissent une situation qu’elles auraient dĂ» anticiper. Elles sont dans l’incapacitĂ© de faire face Ă  cette situation.
En 2007, la FNAVM, que je prĂ©sidais Ă  l’époque, avait signĂ© une accord cadre avec un grand assureur de la place, pour la mise en place d’une assurance annulation voyages. Cette dĂ©marche a Ă©tĂ© recommandĂ©e Ă  toutes les agences au profit de leur clients, pour le taux de 1% du prix du package. Que n’ai je Ă©tĂ© critiquĂ© Ă  cette Ă©poque par mes dĂ©tracteurs, qui n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  me tirer dessus Ă  boulets rouges, allant jusqu’à m’accuser de conflit d’intĂ©rĂȘt.
Ce projet a Ă©tĂ© violemment et sournoisement combattu et les agences n’y ont pas adhĂ©rĂ©. Il faut croire que j’étais le seul Ă  le dĂ©fendre.
Depuis, rien n’a Ă©tĂ© fait pour mettre en place cette assurance annulation voyage qui devait en partie rĂ©pondre Ă  ce type de situations et permettre aux clients de se prĂ©munir en cas d’annulation en dehors des dĂ©lais impartis.
Alors, au nom du principe de prĂ©caution, j’approuve complĂštement les dĂ©cisions ministĂ©rielles car s’il y’a un sujet avec lequel on ne doit pas prendre de risque, c’est bien la santĂ© de nos pĂšlerins et de tous nos compatriotes.
Comme je dĂ©plore le peu d’implication des instances reprĂ©sentatives, qui toujours, au nom du mĂȘme principe, auraient dĂ» prĂ©munir leurs membres de ce type de dĂ©sagrĂ©ment qui pourrait les mettre dĂ©finitivement Ă  terre. Il ne suffit pas de faire des rĂ©unions pour informer, il faut pouvoir Ă©galement proposer.

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