DĂ©cidĂ©ment, le Contrat Programme RĂ©gional de la rĂ©gion Marrakech Atlantique a du mal a se concrĂ©tiser Ă croire que les 7 patrons de Marrakech ne voient pas dâun bon oeil la signature dâun tel document? Boutade bien sĂ»r, car les professionnels Ă©taient fin prĂȘts pour parapher le document en question si ce nâest lâagenda du Ministre qui a changĂ© en derniĂšre minute et pour cause: La prĂ©sentation du nouveau Gouvernement dĂ©cidĂ©e pour le jeudi dernier , soit le jour mĂȘme de la signature du fameux CPR. Et câest une bonne raison.
La presse a beaucoup parlĂ© sur les causes du retard de signature imputant cela Ă des divergences tantĂŽt avec les Ă©lus, tantĂŽt avec les professionnels sans pour autant expliquer la complexitĂ© dâun tel accord, qui engage la rĂ©gion et son avenir pour toute une dĂ©cennie , voir plus.
Marrakech nâa jamais eu de PDRT et sâest dĂ©veloppĂ©e au grĂšs des opportunitĂ©s et de lâintuition de quelques investisseurs, nationaux ou Ă©trangers qui y ont cru dĂ©s les annĂ©es 90, aidĂ©s en cela par les autoritĂ©s du moment . Ce formidable élan et la mobilisation de tous les acteurs ont fait que Marrakech a pris le lead du tourisme national. Ce nâest pas par hasard que le CPN vision 2010 a Ă©tĂ© signĂ© Ă Marrakech et ce nâest pas non plus un hasard que Vision 2020 a Ă©tĂ© Ă©galement signĂ©e Ă Marrakech.
Tout cela pour dire que la rĂ©gion, ou le Territoire puisquâil faut lâappeler ainsi dĂ©sormais, mĂ©rite un CPR Ă la hauteur de ses ambitions et que rien ne peut ĂȘtre laissĂ© au hasard.
La derniĂšre mouture, sur laquelle tous les intervenants se sont finalement mis dâaccord Ă pris en considĂ©ration les craintes de tous et devrait normalement rĂ©pondre aux attentes lĂ©gitimes des uns et des autres.
Pour le territoire Marrakech Atlantique constituĂ© de 5 provinces ( Al Haouz, Chichaoua , KelĂąa des Sraghna, Essaouira et Errhamna) en plus de la prĂ©fecture de Marrakech, le premier rĂ©flexe a Ă©tĂ© dâĂ©quilibrer lâoffre touristique en dĂ©veloppant lâarriĂšre pays riche en espaces naturels dâexception et de faire dâEssaouira la station balnĂ©aire oĂč lâon ne viendra pas uniquement pour bronzer, mais Ă©galement pour se ressourcer. Marrakech, quand Ă elle, devrait consolider son image de culture vivante , entre tradition et modernitĂ©, pour une clientĂšle avide dâauthenticitĂ© sans oublier le MICE qui constitue une composante essentielle dans lâoffre touristique des destinations matures.
Cela nĂ©cessite des infrastructures qui font aujourdâhui dĂ©faut et qui devraient complĂ©ter Ă terme lâoffre existante,  faciliter sa commercialisation , convertir lâintention en acte et  favoriser un taux de retour synonyme de fidĂ©litĂ©.
LâattractivitĂ© est le maitre mot pour une destination touristique et cela passe obligatoirement par la qualitĂ© du produit, sa diversification et son aptitude Ă Ă©voluer sans oublier ses ressources humaines qui doivent ĂȘtre formĂ©es de maniĂšre cohĂ©rente et rationnelle.
Câest lâattractivitĂ© qui fera que les compagnies aĂ©riennes mettront des lignes supplĂ©mentaires, que les unitĂ©s dâhĂ©bergement assureront un bon taux de remplissage signe dâun bon retour sur investissement et crĂ©ation dâemplois.
Le CPR tient compte de tous ces paramĂštres et y rĂ©pond de maniĂšre claire et chiffrĂ©e en essayant autant que faire se peut de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre pour que chaque entitĂ© puisse y participer en fonction de ses moyens. En tout 88 projets structurants qui rĂ©pondent aux attentes et dont certains nĂ©cessitent un foncier non encore identifiĂ©. Un soutien Ă lâinvestissement privilĂ©giant tout projet liĂ© aux loisirs, Ă lâanimation et Ă lâexploitation durable du patrimoine naturel et culturel.
Le tourisme interne y est abordĂ© de maniĂšre rationnelle et prend en compte lâoffre existante rĂ©sultant du changement de mode de commercialisation, ainsi que le profil du consommateur marocain qui recherche plus de loisirs pour sa famille.
Le chapitre de la durabilitĂ© nâa pas Ă©tĂ© occultĂ©, le CPR insiste sur la sensibilitĂ© croissante des populations locales mais Ă©galement des visiteurs sur ce sujet. Des dĂ©marches on dâores et dĂ©jĂ Ă©tĂ© entamĂ©es dans ce sens, notamment en matiĂšre de ressources hydrauliques. La station de traitement des eaux usĂ©es en est un exemple probant. Reste quâaujourdâhui, tout projet touristique nouveau doit tenir compte de la notion de durabilitĂ© afin de prĂ©server les cites et les populations.
Enfin, le dernier chapitre est consacrĂ© Ă la gouvernance et au pilotage de ce CPR par les fameuses ADT , tant dĂ©criĂ©es par certains professionnels qui ont du mal Ă se sĂ©parer de nos non moins fameux CRT. Or, lâarchitecture globale de vision 2020, vient en rupture de ce qui a Ă©tĂ© fait auparavant et est largement inspirĂ©e de la vision française pour la dĂ©cennie 2010-2020.
Comme chacun le sait, la France est la premiĂšre destination touristique au monde accueillant aujourdâhui plus de 81 M de touristes et uniquement pour cette raison, on ne devrait avoir aucun complexe Ă vouloir adopter une dĂ©marche similaire pour booster notre tourisme.
Atout France qui est lâĂ©quivalent de notre future HAT, est administrĂ©e par un conseil dâadministration nommĂ© par le Ministre du tourisme qui prĂ©side lui mĂȘme lâAssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale.
Le conseil dâadministration se compose dâun prĂ©sident nommĂ© par le Ministre, dâun directeur gĂ©nĂ©ral, 7 reprĂ©sentants de lâEtat, 12 personnalitĂ©s qualifiĂ©es, personnes physiques ou morales, Ă©galement nommĂ©es par le Ministre , les prĂ©sidents des diffĂ©rentes FĂ©dĂ©rations mĂ©tiers et rĂ©gions , 4 reprĂ©sentants des adhĂ©rents Ă©lus par les 4 collĂšges de lâassemblĂ©e GĂ©nĂ©rale plus 5 autres personnes qui assistent avec voix consultatives.
Si en France, câest un organisme central et de plus un GIE, qui dirige la politique touristique du pays, au Maroc, dans le cadre de la rĂ©gionalisation, ce devrait ĂȘtre les ADT de chaque territoire qui devraient se prendre en main, et bien quâils soient des organisme publics, financĂ©es par lâĂ©tat, les professionnels y siĂ©geront dans le comitĂ© stratĂ©gique uniquement. En fait, ils seront rĂ©duit Ă un rĂŽle consultatif, diluĂ©s dans la masse sans vraiment de possibilitĂ©s dâinfluer sur la politique rĂ©gionale du territoire.
Câest sur ce sujet quâil est nĂ©cessaire aujourdâhui de revenir, en donnant aux professionnels toute la place qui leur revient au sein des ADT. DâoĂč la nĂ©cessitĂ© aujourdâhui pour eux de se rĂ©organiser en FĂ©dĂ©rations RĂ©gionales du Tourisme, afin dâĂȘtre lâinterlocuteur et la force de proposition indispensable pour la mise en oeuvre des contrats programmes RĂ©gionaux.
Le dĂ©bat doit ĂȘtre fait afin que ceux qui doutent encore, soient convaincus de cette dĂ©marche et se dire que rien nâest immuable lorsque la bonne volontĂ© est lĂ .