Vivement 2016, mĂȘme si pour le moment nous nâavons aucune visibilitĂ© sur lâavenir de notre destination. Si lâoptimisme reste de mise pour certains, pour ma part, je suis trĂšs sceptique car valeur aujourdâhui, il nây a aucun voyant  qui puisse me convaincre du contraire.
Optimiste, je le fus au dĂ©but de lâannĂ©e 2015, trois mois aprĂšs lâassassinat du guide français en AlgĂ©rie, je pensais que le pire Ă©tait derriĂšre nous et quâil suffisait dâun bon Co pilotage public-privĂ©, doublĂ© dâune mobilisation gĂ©nĂ©rale de tous les acteurs du tourisme, pour envisager lâannĂ©e 2015 sous de bons auspices.
CâĂ©tait sans compter avec la sĂ©rie dâattentats quâa connu le monde depuis le 07 janvier, 35 attaques, jusquâau 25 dĂ©cembre , et jâai peur de dire que lâannĂ©e nâest pas finie. France, Nigeria, Libye, Pakistan, NorvĂšge, Mali, Tunisie, YĂ©men, Kenya, KoweĂŻt, Egypte, Turquie, Cameroun, Liban, USA et Grande Bretagne ont Ă©tĂ© tour Ă tour touchĂ©s par des attentats terroristes Ă chaque fois imputĂ©s Ă â ou revendiquĂ©s par â des islamistes.
Ce climat de terreur a eu pour effet immĂ©diat, la panique, le doute mais Ă©galement un amalgame, dont nous avons fait les frais Ă notre corps dĂ©fendant. Hormis les mois de Mai et de Septembre, il y a eu des attentats chaque mois. Et dans cette situation, il est trĂšs difficile dâĂ©tablir une stratĂ©gie marketing ou promotionnelle, dâautant plus que mĂȘme chez nous, nous Ă©tions en Ă©tat dâalerte maximum, avec des dĂ©mantĂšlements de rĂ©seaux terroristes annoncĂ©s par nos mĂ©dias et relayĂ©s par les mĂ©dias internationaux, sans compter les rĂ©seaux sociaux qui rĂ©agissent souvent Ă chaud, sans prendre la prĂ©caution de vĂ©rifier la vĂ©racitĂ© de lâinformation.
Pour ne parler que de notre plus grand marchĂ©, La France, notre destination a perdu presque 2 millions de nuitĂ©es en lâespace dâune annĂ©e. Câest lĂ que lâamalgame est le plus fort avec une montĂ©e de lâislamophobie dont sont victimes nos MRE et qui se rĂ©percute directement sur nous. Les stigmates des attentats du 13 Novembre mettront beaucoup de temps Ă sâestomper dâautant plus quâils sont entretenus par lâextrĂȘme droite qui se positionne dĂ©jĂ pour les prĂ©sidentielles françaises de 2017.
Nous allons clĂŽturer lâannĂ©e avec des chiffres nĂ©gatifs, en arrivĂ©es, nuitĂ©es et recettes, câest le rĂ©sultat du cumul de tous ses Ă©vĂšnements rĂ©pĂ©titifs qui nâont cessĂ©s dâalimenter le subconscient des touristes potentiels. Notre image est altĂ©rĂ©e et notre prioritĂ© sera de  lâamĂ©liorer.
Câest plus facile Ă dire quâĂ faire et tout ce qui peut ĂȘtre entrepris aujourdâhui ne serait quâimprovisation. Nous sommes fragilisĂ©s par cette image et du coup nous sommes obligĂ© de faire beaucoup de concessions face des opportunistes.
Je pense quâil ne sert Ă rien de se mettre la pression en essayant de « profiter » de situations Ă©phĂ©mĂšres. Le marchĂ© russe, par exemple, cela fait plus de trois ans que nous y investissons avec le rĂ©sultĂąt que lâon connaĂźt suite Ă la chute du rouble : DĂ©pĂŽt de bilans de plusieurs TO et ardoises en souffrance pour des hĂŽteliers et des rĂ©ceptifs. Sommes nous rĂ©ellement une alternative Ă Sharm Echeikh ou Antalya en terme de produit balnĂ©aire?
Le marchĂ© Chinois, il y a de la croissance, mais quid des visas ? Des confrĂšres ont connu les pires difficultĂ©s pour les obtenir et ont perdu toute crĂ©dibilitĂ© suite aux dĂ©fections de derniĂšre minute. Apparemment des problĂšmes techniques au niveau de lâambassade empĂȘchent la dĂ©livrance des visas en temps et en heure.
Avons nous la flotte aĂ©rienne pour partir Ă la conquĂȘte de ces marchĂ©s ? Doit on continuer Ă subventionner des compagnies lowcost tout en sachant que la clientĂšle leur appartient ? Câest exactement comme les TO, il suffit quâils ferment une ligne et en ouvrent une autre pour que leurs clients suivent.
On devrait sâinspirer des Turcs qui sont allĂ©s investir les marchĂ©s allemands et russes avec leurs avions en utilisant les rĂ©seaux de distribution locaux. Turkish Airlines et ses satellites sont aujourdâhui une force de frappe qui permet aux professionnels turcs de sâimposer en mĂ©diterranĂ©e. Sans parler de leur capacitĂ© litiĂšre et des sommes quâils investissent en promotion.
Quâon apprenne de nos erreurs et il serait temps que lâon se pose, que lâon se parle et que lâon sâĂ©coute, tels sont mes vĆux pour 2016.

Dans un sens ou un autre, lâon ne peut quâapprouver que 2015 fut sanglante en gros comme annĂ©e. Les performances sâen reflĂštent dâailleurs.
Celles-ci prendront-elle une courbe ascendante lâan prochain? Difficile de prĂ©voir quoi que ce soit au vu des circonstances actuelles. Lâessentiel Ă©tant de veiller Ă ce que violons sâaccordent entre public et privĂ©, que les efforts de promotion et de communication soient dĂ©ployĂ©s avec autant de vigueur, mais surtout de veiller sans faille sur les tendances du secteur et lâenvironnement dans lequel il Ă©volue.
Nous sommes en 2016, et avons dépassé le mi-chemin : En conséquence, les objectifs chiffrés de croissance touristique sont à revoir ostensiblement à la baisse sur tous les plans !
et en filigrane derriĂšre tout cela, derriĂšre une « rĂ©al politik » du tourisme, on retrouve lâimage de la RAM nâest ce pas , en filigrane seulement, hĂ©las âŠâŠ
En effet, la situation est morose et les pays Ă©metteurs vivent eux mĂȘmes une crise, cette fois, de conjoncture dont le terrorisme en est la grande mais la seule cause. Les pays rĂ©cepteurs qui ont fait de grands amĂ©nagements dans leurs structures dâaccueil se retrouvent, aujourdâhui, incapables de payer les dettes contractĂ©es auprĂšs des banques et institutions financiĂšres diverses. Notre pays qui vit de tourisme et agriculture, de grands pourvoyeurs dâemploi, se voit abandonnĂ© par la nature puisque les pluies ne sont pas au rendez vous annuel, pour cette industrie qui nourrit 30 millions de marocains et qui joue un rĂŽle important sur le moral de la population. Normalement, en cette fin dâannĂ©e, nos hĂŽteliers affichent complets car les flux de la clientĂšle charter pour certaines rĂ©gions du Maroc sont importants et le tourisme de luxe vers des destinations comme Marrakech et Taroudant, voire mĂȘme Essaouira pour certaines grandes personnalitĂ©s est aussi affectĂ©.
Certains dâentre nous, voyagistes ne maitrisant et commercialisant dâun seul et unique produit qui est le tourisme religieux et oĂč lĂ encore plusieurs difficultĂ©s les attendent, en termes de dĂ©livrance de visas, de produits et de qualitĂ© qui impactent sur le prix, une grande anarchie entoure ce secteur.
Notre institution la FNAVM a aussi reçu sa part de malheurs en cette annĂ©e, puisque notre derniĂšre AGO Ă©lective au lieu de nous unir, en ces temps mitigĂ©s, nous a sĂ©parĂ©s Ă cause dâune lecture contestĂ©e des uns et des autres de nos statuts et de notre rĂšglement intĂ©rieur. Un problĂšme qui va durer en 2016, si nous nâarrivons pas Ă surmonter nos divergences de point de vue et nous pencher vers une solution qui respecterait la lĂ©galitĂ© et la lĂ©gitimitĂ©.
Donc vivement la fin de cette triste année pour notre industrie et bienvenue à bras ouverts à 2016, si elle peut nous apporter espoir, quiétude et paix dans le monde.