Un certain voyeurisme intellectuel.

Depuis la mise en ligne de ce blog dédié au microcosme du tourisme, je déplore le peu de réaction des lecteurs aux articles publiés et qui touchent aussi bien l’actualité que les problèmes de fond intimement liés au développement touristique dans notre beau pays.

Que l’administration s’abstienne de commenter je peux à la limite le comprendre, le fameux droit de réserve, quoique sur certains chantiers, elle nous doit des explications car elle est responsable et comptable des actions menées par elle. Quelque part, elle a une obligation de réussite. Le silence est loin de la servir, car les écrits restent et demain elle ne pourra pas dire que personne ne l’a interpelé. Tout le monde sait qu’il y a une veille permanente au niveau du Ministère, avec un service de communication en alerte, donc aucune excuse.

On ne peut se satisfaire des déclarations officielles, des communiqués de presse ou de ce qu’on veut bien nous faire parvenir via les réseaux sociaux. On a besoin de réponses claires , par exemple sur les retards pris quand à la mise en œuvre du contrat programme National Vision 2020.

Mais que du coté des professionnels, ce soit toujours les mêmes qui réagissent, et ils sont peu nombreux, je suis frustré. Est ce un cautionnement , une manière pudique pour ne pas dire « de quoi se mêle t il  » ou suis je tout bonnement atteint de schizophrénie? Quelqu’un peut il me rassurer?

Nous sommes au début de la saison printanière, et je doute fort que les carnets de commandes soient en corrélation avec l’offre pléthorique que nous avons développée ces cinq dernières années. Personne n’a de visibilité, tout au plus des supputations bien enrobées mais hypothétiques et certainement loin de la réalité.

Nous n’avons même pas profité de la faiblesse de nos principaux concurrents, qui reviennent en force pour la saison d’été, qui comme chacun le sait est la saison par excellence pour les vacanciers. Avec un plan Azur toujours en retard, pour ne pas dire en panne, une station Saïdia inachevée, une station Mogador qui peine, une chantier Taghazoute qui n’en finit pas de reprendre, en espérant que cette fois est la bonne. Bref, pour le balnéaire il faudra encore attendre quelques années pour le grand bien de nos amis Tunisiens qui sont en train de sortir de leur crise pour repartir de plus belle et on s’en réjouit, car leur stabilité profitera à toute la région.

Pour ce qui est du culturel, notre point fort paraît il, on se demande où en est le fameux Plan Mada’In initié par Douiri en 2005 avec la SMIT déjà  et qui visait à repositionner les destinations touristiques existantes à l’exception de Marrakech: Fès, Casablanca, Agadir, Tanger, Tétouan, Meknès, Rabat, Ouarzazate et Zagora ?

Le premier PDRT à être lancé fut celui de Fez en Novembre 2005, avec une enveloppe budgétaire de 3 Milliards de dirhams dont le tiers devait être pris par le secteur public. Où en est on 9 ans plus tard ? On a t on tenu compte dans le dernier CPR signé en décembre 2012 pour 8 Milliards de Dirhams?

A l’heure où l’on s’apprête à élire un nouveau président pour le CRT Fez Boulemane, que peut répondre le président sortant à cela ? Que va t il léguer à son successeur ? Et enfin, pourquoi un CRT, puisqu’il est question de mettre en place une ADT si on se réfère au CPN 2020?

On ne peut se contenter d’élire la personnalité de l’année, de remettre les trophées du Tourisme durable ou de donner son avis sur la journée de la femme, sans avoir à alimenter le débat sur des questions d’existence pour ceux qui continuent à croire en l’avenir touristique de notre Royaume.

Je ne veux surtout pas polémiquer, là n’est pas mon but, mais débattre et être contredit si besoin est. Il n’a aucune honte à faire cet exercice, au contraire c’est un signe de bonne santé. Nous avons la chance, grâce aux nouvelles technologies de pouvoir commenter les articles en direct et remettre en question les points abordés. Pourquoi s’en priver ? En d’autres temps, on demanderait des droits de réponses, maintenant que l’on peut prendre ce droit, on reste dans une position de voyeurisme intellectuel.

Author: Fouzi ZEMRANI

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5 Comments

  1. Mon cher Fouzi, ce n’est pas tant l’envie qui nous manque de te répondre surtout que tes chroniques sont presque toujours d’une grande éloquence mais pour valider un commentaire sur ta page, il faut être doué en anglais et en math., j’ai du repasser mon bac avant de comprendre comment marche ton captcha !!!
    Ceci étant, je partage entièrement ta réflexion… Et j’ajouterai même qu’il y a une certaine omerta entre les acteurs publics et privés du secteur.personne n’ose plus critiquer personne. Beaucoup oublient que la critique est avant tout constructive et sert à faire avancer les choses… A bon entendeur’…

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  2. Il s’appelait helmut. Il habitait au 3ème étage d’un immeuble de 3 étages du temps de la défunte RDA. Un soir, la STASI est venue prendre le voisin du 1er. Les autres voisins avaient peur de subir le même sort. Ils ont fait semblant de dormir et se sont tus. Le lendemain, la STASI est revenue. Helmut Se sentait seul et pensait que ca ne servait a rien de parler.Il s’est enfermé et s’est tu. Après, la STATI est revenue chercher Helmut. Mais là, il n’y avait plus personnes pour le défendre.
    Cette histoire étant racontée, j’aimerais d’abord saluer ton courage et ton militantisme, cher bloggeur et ami. Saches que l’histoire se rappelle de ceux qui agissent, pas de ceux qui se taisent.
    Tes enfants, les nôtres. Ton pays, le notre, celui que nous aimons tous, a besoin d’hommes et de femmes qui militent, agissent. À besoin d’hommes et de femmes de ton calibre, de ton militantisme et de tes valeurs… Il en faut des locomotives.
    Nous avons certes une culture orale, une culture du « mime » كتر من الميم ترتاح… Mais uN jour, il va falloir commencer à agir. Un jour, il va falloir rentrer sur le terrain, jouer, marquer des essais ou des buts… Gagner et faire gagner les autres…
    Je comprend ton coup de gueule. Mais je suis tout aussi convaincu que la bonne vitalité finira par prendre… Il faut continuer à y croire. على الله

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  3. J’ai lu ce weekend sur Tel Quel la chronique de Zakaria Boualem , qui commentait la proposition de Mr CHABAT , secrétaire général du parti de l’istiqlal, d’adopter l’anglais comme deuxième langue au Maroc. L’auteur s’étonne de cette proposition et se pose la question de son opportunité dans le contexte actuel.
    Son analyse le pousse à constater que dans notre pays nous avons deux langues officielles : L’arabe et l’Amazigh , la première on sait l’écrire mais rares sont ceux qui savent la parler , et la deuxième bcps savent la parler mais très rares sont ceux qui savent l’écrire. Nous avons aussi une deuxième langue, le Francais que nous savons écrire mais que nous parlons très mal. Résultat , notre darija que nous parlons tous et que nous ne savons pas comment l’écrire ( Chacun l’écrit à sa manière ), est un mélange subtil et vivant de toutes nos références linguistiques.
    Je me suis rappelé cette chronique quand j’ai lu le post de notre ami Fouzi et le commentaire de Jalil , et je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement.

    A quoi attribuer ce manque de réactivité et de participation des professionnels et de leurs représentants à cet exercice intellectuel auquel nous invite l’auteur ?
    – Est ce de l’indifférence ?
    Les statistiques des visites et le temps passé par les visiteurs sur cette page prouvent l’intérêt de nos professionnels aux thématiques soulevées.
    – Est ce que s’est une Hypnose généralisée ?
    L’hypnose est limitée dans le temps, et l’état décrit par l’article dure depuis très, très longtemps . C’est plus tôt un coma irréversible.le même ministre auquel Jalil fait allusion a dit à propos des AV à une autre occasion  » Encéphalogramme plat « .
    Je ne veux pas croire à cette réalité et je garde espoir d’un réveil de cette majorité silencieuse
    – Est ce de la paresse intellectuelle?
    Peut être! On n’a pas l’habitude de polémiquer et de débattre à travers des blogs, ça se fait sur les terrasses de café, on est issu d’une culture orale . Ecrire est un exercice fastidieux qui n’apporte pas nécessairement du plaisir à tout le monde.

    – Mis à part toutes ces excuses, ce qui est sur, c’est qu’il y’a bcp d’autocensure. L’écrit est indélébile ,et le professeur google à bcp de mémoire. J’ai l’impression que nos représentants qui ont la un espace extraordinaire d’expression pour expliquer leurs démarches et positions , se mettent a l’abri des tempêtes et des ouragans en évitant de laisser voguer leur esprit et imaginaire.C’est vraiment dommage.

    – Et si c’était la langue de molière le frein!
    Cette éventualité reste à explorer, je ne vois pas Fouzi nous faire ses posts en Arabe ni en amazigh et je ne me vois pas non plus répondre en darija non plus.

    Comment communiquer ?

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  4. Apprendre, tout simplement à mettre cartes sur table quand il le faut ! Pour éviter toutes sortes de rumeurs et autres polémiques qui surgissent de part et d’autre : Par rapport à certains sujets, le pauvre lecteur/internaute intéressé par la chose touristique ne sait réellement à quoi s’en tenir.. ! croire telle ou telle affirmation.. !

    Sur un autre registre : Croisons nos opinions, confrontons nos avis! Il n’y a point de honte à cela ! Lever les ambiguïtés ne peut être que dans l’intérêt de tout le monde..

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  5. Je me limiterai à paraphraser un ancien Ministre et Ambassadeur qui se plaignait et constatait un « état d’hypnose généralisé ».
    En d’autres termes l’absence et/ou la pauvreté des débats.
    Si cela peut consoler notre cher blogger militant: cette hypnose est transversale…..
    Des lors blogge blogge cher bloggeur….il en restera toujours quelque chose…

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