Tourisme & Régionalisation avancée.

CPR Laayoune

Le 3 Janvier 2010, dans un discours historique, SM Le Roi  avait lancé le chantier de la régionalisation, chantier structurant et constituant un tournant majeur dans les modes de gouvernance territoriale. Une commission consultative ad hoc, présidée par le professeur Azziman a été instituée pour mener une étude participative afin de mettre au point la conception générale d’un modèle national de régionalisation avancée. Un rapport sur la régionalisation avancée a été soumis à la haute appréciation du Souverain en Juin de la même année.

Cette commission  a fait un travail d’écoute et de concertation avec des instances et des acteurs concernés et qualifiés dont plusieurs départements ministériels, l’ensemble des partis politiques, tous les syndicats, les organisations professionnelles dont la CGEM, les instances de contrôle, les organismes de développement, les organismes d’études et d’évaluation, des experts, l’IRCAM, et plusieurs groupements, réseaux et fédérations d’associations.

On note, dans cette longue liste, l’absence du Tourisme à tous les échelons, public et privé, absence qui peut être expliquée, par la présentation au Souverain, en novembre de la même année, de la stratégie sectorielle Vision 2020, qui se veut avant tout un outil de développement touristique territorial et régional, soucieux de l’environnement.

En effet, Vision 2020 s’appuie sur Huit Territoires touristiques pour mettre en avant les atouts naturels, culturels et humains du Royaume. Ce nouveau découpage touristique, transcende le découpage administratif et propose à plusieurs régions de mutualiser leurs atouts et de travailler de concert pour développer une offre touristique intégrée, complémentaire et valorisante dans le cadre d’un territoire constituant un pôle de compétitivité.

A ce jour, cette stratégie n’a pas pu être mise en œuvre, faute de moyens et de gouvernance dédiés,  contrairement à la Régionalisation avancée qui est aujourd’hui une réalité, consacrée par les dernières élections régionales et dans une phase de mise en œuvre effective. Les régions du Sud, Laayoune Sakia el Hamra et Dakhla Oued Eddahab, sont depuis le 6 novembre dernier, les premières à bénéficier d’une enveloppe budgétaire conséquente leur permettant d’assumer pleinement leurs nouveaux statuts de régionalisation avancée.

Les autres régions sont également en phase de mise en œuvre de ce nouveau statut qui va leur permettre à terme d’assurer et d’assumer pleinement leur intervention dans tous les domaines de développement, économique, social, culturel et environnemental. Et c’est dans cette phase que les acteurs du tourisme, sont appelés à jouer pleinement leur rôle dans leurs régions respectives : une force de proposition à même de créer de drainer l’investissement, créer de l’emploi, participer au développement humain et protéger l’environnement.

Le tourisme est un secteur organisé avec des associations professionnelles instituées par la loi. Ces associations existent dans toutes les régions du royaume et constituent chacune pour son métier, des lieux de rencontre, de débats et de partage à même de faire évoluer la politique touristique de leurs régions.

Dans le cadre de la régionalisation avancée et contrairement aux autres secteurs productifs, le tourisme à la chance d’avoir une stratégie sectorielle claire, des contrats programmes régionaux établis, des chantiers amorcés, de bonnes infrastructures et des ressources humaines formées. Certaines régions ont aujourd’hui émergé de part leur attractivité et leur dynamisme et peuvent prétendre au statut de destination touristique, voire de marque touristique.

Dans ces régions, les acteurs du tourisme doivent amener tout leur savoir faire et participer au développement et à l’émancipation de leurs populations. Dans ces régions, le tourisme doit être une priorité au quotidien car il est un gage de stabilité et un rempart contre l’oisiveté et la pauvreté qui sont sources de délinquance et de criminalité.

Cette démarche doit être portée par les Associations professionnelles régionales qui doivent s’organiser en ce sens. La Confédération Nationale du Tourisme a la lourde charge de les accompagner.

Vision 2020 est loin d’être une utopie, elle a été victime d’une mauvaise conjoncture qui a cassé ses élans et qui continue son travail de sape à travers les attentats terroristes, les amalgames et les réactions islamophobes qui en ont découlé. Malgré tout, notre secteur est résilient et notre industrie est en croissance à l’échelon mondial. Jamais les constructeurs d’avions n’ont eu de carnet de commandes aussi bien fournis, ce qui veut dire que les compagnies aériennes se portent également bien, et celles du golfe encore mieux que les autres.

Il ne faut pas que nos gouvernants, au niveau local ou régional pensent que notre secteur est fragile ou encore pire à risque, c’est un secteur qui est surtout capable du meilleur et qui exige la confiance de tous.

Le Maroc a été consacré parmi les pays les moins pollueurs de la planète et se classe dans le top 10 des pays écologiques. Encore un argument qui plaide en notre faveur d’autant plus, que nous allons accueillir la COP 22,  en Novembre 2016. Une occasion pour nous de préparer à accueillir le Monde et de le faire savoir.

Author: fouzi ZEMRANI

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2 Comments

  1. Toujours intéressant!
    Mais pas un mot ni sur (1) le role des Associations et Fédérations professionnelles ou leur absence, ni sur (2)les ADTs et l’état des lieux.
    Sont-ce des sujets et ou des mots tabous?

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  2. Clairement, l’appel est lancé aux professionnels marocains du secteur afin de mutualiser leurs efforts, de s’organiser au mieux dans des structures cohérentes et à poids considérable, mais surtout de parler d’une seule voix, en faveur du développement d’un secteur prometteur ( on ne cessera de le répéter d’ailleurs…)

    Considérant l’environnement politique et sécuritaire morose embourbant notre monde : Des retombées positives, aussi minimes soient-elles, sont salutaires.

    L’euphorie démesurée en termes d’objectifs de croissance n’a plus de place au vu des circonstances actuelles !

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