Tourisme: la révolution numérique?

Revolution-NumériqueLe 12 janvier 2013, sur le post intitulé « Quelle stratégie marketing pour demain» ,  je concluais par « A l’heure où le ministère du tourisme recherche le futur DG de l’ONMT, il faut savoir qu’il aura du pain sur la planche et devrait être en mesure de relever les nombreux défis qui l’attendent. Le temps joue contre nous et les enjeux sont énormes».

L’homme de la situation a été trouvé en la personne de Monsieur Abderrafie ZOUITEN et  la profession se congratule pour ce choix judicieux qui pour une fois lui permettra de gagner du temps. L’homme est connu et reconnu par tous, que ce soit les professionnels, la tutelle, les TO ou les compagnies aériennes. Son long parcours au sein de la RAM lui a permis de se forger une expérience et une expertise au niveau des marchés émetteurs et tout particulièrement dans le domaine de la distribution du voyage.

C’est sur chantier qu’il me semble important aujourd’hui d‘agir de manière cohérente et réfléchie  pour permettre à notre destination de s’imposer face à une concurrence acerbe et une clientèle de plus en plus exigeante et très sollicitée. La distribution en général a subit de profonde mutation dans cette dernière décennie et continuer à croire en un système en fin de vie serait suicidaire pour notre industrie touristique. Les relais ne sont plus les mêmes et les consommateurs ont évolué vers le numérique et tout spécialement en matière d’information.

Notre destination jouit d’une certaine notoriété dans les marchés dits traditionnels que sont la France, l’Espagne, l’Italie, le Benelux, le Royaume Uni etc.. avec lesquels nous avons tissé des liens garce à nos représentations et à nos campagnes de communication tout aussi traditionnelles. Ceci nous a permis de drainer une clientèle par l’intermédiaire de TO que nous avons réussi à fidéliser au court des ans. Malheureusement ce canal est en train de s’essouffler  pour ne pas dire tarir d’où la nécessité pour nous de réinventer la distribution de nos produits en fonction des modes de consommation, de la disponibilité, des budgets, des profils et des contraintes des touristes potentiels.

Aujourd’hui le verbe «Googler» se conjugue dans toutes les langues et sous toutes les formes et celui qui n’est pas sur Google n’existe pas. En matière de référencement, c’est la REFERENCE et pour paraitre dans les premières pages, il faut que l’on parle de vous et si possible en bien. D’où la nécessité d’avoir une stratégie web marketing qui utilise tous les canaux digitaux : presse, blogs, réseaux sociaux afin d’atteindre le maximum d’internautes et créer ce qu’on appelle le BUZZ.

C’est plus facile à dire qu’à faire, mais nous avons réellement besoin d’un portail national pour  mettre en valeur nos produits et toucher le touriste potentiel directement chez lui, au moment ou il est le plus réceptif à notre offre. En ce moment, il y a un très bon spot qui passe dans les télévision françaises à des heures de grande écoute et qui dirige vers un site web : www.marrakech.travel. Ce site est sensé proposer des bons plans à consommer immédiatement. Malheureusement, il y a très peu d’offres ( 37 au total ) quand on connait le nombre d’établissements qu’il y a et leur taux de remplissage , on se pose réellement la question sur l’efficacité d’une telle campagne de communication?

Parallèlement, sur un site de vente on ligne, que tout le monde connait et dont je ne ferais pas la publicité, vous trouverez plus de 500 offres sur plus de 800 établissements à Marrakech où les internautes peuvent réserver et payer directement leur séjour au prix du marché. Les établissements qui achalandent leurs offres sur ce site doivent reverser entre 15 et 30% de commissions en devises, introduire  leurs offres, les visuels, avoir toujours de la disponibilité et respecter le BAR ( Best Available Rate). En clair ne pas vendre en dessous du prix qu’ils ont eux mêmes introduit .

Alors pourquoi ne pas alimenter un portail national qui de plus est gratuit et continuer à reverser des commissions à des intervenants extérieurs qui demain se vendront au plus offrant?

Tout le monde est intimement convaincu de l’urgence de la mise en place d’une plateforme de vente nationale, mais valeur aujourd’hui, beaucoup de professionnels n’osent pas franchir le pas et s’affranchir de pratiques révolues et vouées à la cessation d’activités. Ceux qui ont investi dans des sites dynamiques se comptent sur le bout des doigts. Il est vrai que l’investissement est lourd, mais il y a aujourd’hui des formules de financement adaptées tels que Moussanada Siyaha qui peut encourager les PME touristiques dans leur mutation vers le web.

J’ai personnellement assisté à plusieurs séminaires à Casablanca, Fez, Marrakech et Agadir ,  initiés par l’Observatoire du Tourisme en collaboration avec l’Université Al Akhawayn et Universita Del Salento en Italie sur le thème du E-Tourisme. Cette démarche  au profit des professionnels du tourisme  à laquelle a été associé l’ONMT et qui date de 2010 devait être mise à profit par les professionnels pour se remettre en question et évoluer vers les nouvelles technologies, or nous constatons le retard qui a été pris faute de relais au sein des associations professionnelles, de suivi et de partage de l’information.

Aujourd’hui comme hier, l’ONMT est convaincu de la nécessité de muter progressivement vers un marketing 3.0 avec l’implication totale des professionnels du tourisme et notamment les agences de voyages qui devront jouer leur partition en premier. Le problème est que cette profession manque cruellement de leadership et que la grande majorité du tissus des agences de voyages est dans un état de grande décrépitude. S’il est plus facile de mettre à niveau le produit , il sera très difficile de réanimer un corps de métier qui n’a plus de repères.

Il faut une véritable révolution et j’espère que le nouveau directeur de la DRDQ saura prendre l’ampleur de la tache qui lui incombe pour remettre cette profession en ordre de bataille. Oui le temps joue contre nous et les enjeux sont énormes.

Author: Fouzi ZEMRANI

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6 Comments

  1. J’étais intervenu à Fès avec le dispositif monté par Karim Moustaghfir et l’Université de Salento.

    Qu’est ce qui a avancé depuis sur le etourisme pour votre destination ?

    J’avais déjà à l’époque un peu évoqué le digital marketing en Chine …

    Depuis, çà à aussi beaucoup avancé sur ce marché

    Ne ratez pas encore un train, votre belle destination mérite le meilleur

    Keep in touch

    Claude

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  2. Notre bloggeur (préféré) aura prévenu, tirer les sonnettes d’alarme, dérangé…..sera-t-il écouté?!

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  3. En effet c’est une photographie très pertinente sur l’état du marché Europe ? 2000 /2010 un rêve partagé, 2014-2016 des acteurs de tourisme engagés dans les défis et enjeux auxquels sera confronté le Maroc dans le cadre de 20 millions de touristes de la Vision 2020 .

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  4. Quand je vois l’état de la grande majorité des agences de tourisme au Maroc, de leurs associations, et des outils utilisés, je me dis qu’une véritable stratégie marketing et commerciale 100% web pour le vendre la destination Maroc auprès des (nouveaux) marches émetteurs, c’est juste de la pure science-fiction.
    Le problème, c’est qu’il fallait prendre ce train hier. Aujourd’hui, il est déjà trop tard, et ce n’est que demain qu’ils le réaliseront…

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    • So what? On se laisse mourir ou on réagit? Je pense que lorsque l’on touche le fond, il faut frapper des pieds pour remonter. Il y a une génération qui doit prendre le relais et tu en fais partie pour ne pas laisser les choses se détériorer encore plus. Ton retour au tourisme marque bien une volonté de réussir là ou d’autres ont échoué. Alors haut les coeurs et au boulot.

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      • Vous avez tout les deux parfaitement raison, La profession a besoin d’une nouvelle génération de décideurs habituée aux raisaux sociaux et qui maitrise l’outil informatique et le web marketing. Nous avons pris bcp de retards et chaque jour qui passe le référencement et le positionnement sur Google devient plus difficile techniquement et plus couteux financièrement.
        D’un autre coté, les tendances et les modes en matière des voyages , évoluent continuellement , et les attentes des clients changent périodiquement . C’est pour cette raison , ( l’adéquation de l’investissement à l’évolution qualitative de la demande ) que l’observatoire du tourisme a été crée , et à quoi il devrait s’atteler .
        Le succès de notre destination ne peut être atteint que par une créativité et un renouvellement continu de notre offre et par un niveau de qualité des prestations qui ne tardera pas a être exigée par la compétitivité mondiale .
        C’est la conjugaison de ces paramètres (Renouveau du produit et web marketing ) qui nous permettra de nous repositionner sur l’échelle des top 20 .

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