Si la FNT m’était contée…

En date du 16 Mars dernier, le conseil d’administration de la CNT,   a eu à se prononcer sur la recommandation du comité des experts, (comité mis en place par la CNT et la CGEM pour relancer le Tourisme National), relative à la gouvernance du Secteur Privé.

Ce comité, auquel j’ai eu le privilège d’appartenir, a fait un état des lieux non exhaustif du secteur, révélant un certain nombre de dysfonctionnements dans sa gouvernance et qui l’ont empêché de jouer pleinement son rôle dans la mise en œuvre et l’exécution de ses stratégies sectorielles, Vision 2010 et Vision 2020.

En effet, le secteur privé, signataire de l’accord Cadre Vision 2010 du Tourisme, et représenté à l’époque par la Fédération du Tourisme, fédération interne de la CGEM, s’était engagé à la réorganisation des entreprises touristiques dans le but de les fédérer en son sein sous l’appellation Fédération Nationale du Tourisme, émanation des Fédérations Régionales du Tourisme.

La FNT s’était également engagée à regrouper les principales Fédérations, Syndicats et associations sectorielles représentatives de la chaine touristique : FNIH-FNAVM-SNTT-ALASCAM-FNR et FNAGAM.

Crée en 1995, la Fédération Tourisme de la CGEM est devenue La Fédération Nationale du Tourisme au lendemain de la signature de l’accord Cadre Vision 2010. Elle restera une Fédération Interne de la CGEM jusqu’en 2008.

L’externalisation de la FNT a été actée le 3 Juin 2008 lors d’une Assemblée Générale extraordinaire adoptant les nouveaux statuts conçus par le comité d’éxternalisation créé et présidé par la CGEM entre 2007 et 2008 et intégrant les investisseurs touristiques en qualité de membres associés avec droit de vote.

En 2010 a été créée l’Association Nationale des Investisseurs Touristiques (ANIT) regroupant des acteurs dont certains n’étaient pas considérés comme des entreprises touristiques selon la definition qui en a été donnée dans le CPN Vision 2010 (Cas des Aménageurs Développeurs) et d’autres qui ne se reconnaissaient pas dans la FNT.

En 2011, et sur la base d’un protocole d’accord signé entre la FNT et ses principales composantes sectorielles, l’ANIT intègre la FNT en qualité d’Association Nationale des Investisseurs Touristiques.

Ce protocole d’accord a donné lieu à la refonte totale des Statuts de la FNT, pour coller aux engagements pris lors de la signature du protocole d’accord le 23 Décembre 2011. Cette refonte a duré jusqu’en Octobre 2013, avec l’adoption en AGE de nouveaux Statuts et donna naissance à la Confédération Nationale du Tourisme (CNT actuelle).

Un règlement intérieur devant compléter les statuts et parachever l’application du protocole d’accord a été élaboré par le Conseil d’administration durant l’année 2013 et devait être validé par l’assemblée Générale du 24 Décembre 2014 juste après l’élection du nouveau binôme. Malheureusement, ce document n’a pas été ratifié par l’AG, certains points ayant été jugés contraignants pour les membres, notamment en matière de cotisations et de participation au budget de la CNT.

Un autre règlement intérieur a été rédigé et adopté par le conseil d’Administration en Février 2015, mais comme le précèdent et pour les mêmes raisons, il n’a été validé ni par l’AG de 2015, ni par celle de 2016, ce qui a posé un véritable problème tout au long du mandat actuel, car sans ressources et sans mobilisation, la CNT ne peut tenir ces engagements, que ce soit envers ces membres, qu’envers ses partenaires qu’ils soient institutionnels ou privés.

Aussi, cette situation ne pouvant durer et à la fin du mandat actuel, il était responsable d’y parer par une solution viable pour sortir de l’impasse ubuesque dans laquelle se trouvait la CNT.

L’option de retourner à la CGEM, en qualité de Fédération interne a été le fruit de la réflexion portée par le comité des experts et apparemment, elle convient à une partie de membres de la CNT ou tout du moins à leurs représentants au sein de la CNT, qui l’ont validée le 16 mars 2018. Je veux parler des Fédérations Sectorielles, les Fédérations régionales du tourisme, n’ayant hélas, jamais eu la chance d’exister faute de moyens et de réelle volonté.

Ces mêmes personnes, à quelques exceptions prêt, ont été à l’origine de l’externalisation de la FNT en 2007, je n’aurai pas à les citer, elles se reconnaitront. Seulement, nous avons été dans l’incapacité de réussir notre sortie, en peinant à mettre en place les actions nécessaires pour donner à l’institution ses lettres de noblesse et en faire la représentante du secteur du Tourisme.

Aujourd’hui, en acceptant de retourner à la CGEM en qualité de Fédération interne, nous faisons l’aveu d’un échec cuisant que nous devons tous assumer encore plus par ceux qui l’ont programmé et qui se reconnaitront aussi.

Quant à la CGEM, cet état de fait est loin de la satisfaire d’autant plus que c’est la première fois, qu’une Fédération ayant été externalisée, va revenir au bercail et dans quel état…… Ce secteur créateur d’emploi, pourvoyeur de devises et étant le premier à se doter d’une stratégie sectorielle est aujourd’hui à la croisée des chemins pour un ultime sauvetage.

Et en supposant que la CGEM accepte de réintégrer la FNT, et que l’AGE de la CNT entérine la décision du Conseil d’administration, voici ce que seront  les prochaines étapes pour une « internalisation  » de la FNT au sein de la CGEM:

1- Dissolution de la CNT conformément à l’article 34 de ses statuts. L’Assemblée Générale extraordinaire désignera le ou les liquidateurs qui agiront dans la limite des pouvoirs qui leur auront été conféré par l’AGE.

2-La CGEM réanimera la FNT qui dispose déjà de 125 membres  et qui siégeront de facto dans l’assemblée constitutive de la nouvelle FNT Interne.

3-Les membres actuels de la CNT, à savoir les fédérations sectorielles, associations régionales et entreprises touristiques, si elles ne sont pas déjà membres de la CGEM, devront faire leur demande et satisfaire aux conditions d’admissions tels que fixés par les Statuts et le Règlement Intérieur de la CGEM.

4-La CGEM devra alors convoquer une Assemblée Générale Elective, pour élire le Futur Président de la FNT conformément aux statuts et au règlement intérieur de la CGEM.

Sachant que nous sommes à la veille d’une election majeure à la CGEM et  il y a fort à croire, que tout cela ne pourra être mis en place qu’après l’election du binôme qui prendra les rênes de la CGEM.

Ainsi et si telle est la volonté des membres de la CNT, il s’agira de réussir ce retour à la CGEM. Cette réussite passe par la qualité des hommes et des femmes qui voudront bien s’impliquer dans l’objectif ultime de servir la cause du tourisme.

Ce retour exige de la rigueur, de l’abnégation, un dépassement de soi et une réelle volonté de remettre le train sur les rails. Et si la greffe prend, si l’incubation réussit,  j’espère de tout mon cœur, qu’il y aura une relève pour réussir là, où nous avons échoué. Autrement, les mêmes causes, continueront à produire les mêmes effets.

 

Ce qu’il faut savoir concernant la Fédération Interne ( Extraits des Statuts et du RI de la CGEM)

1- La création ou la dissolution des fédérations sectorielles internes relèvent du pouvoir du conseil d’administration sur proposition du ou de la président(e) de la CGEM.

La fédération sectorielle interne est dépourvue de la personnalité morale et demeure une émanation organisationnelle de la CGEM. A ce titre, elle n’est pas assujettie au paiement de la cotisation et ne dispose pas de droit de vote dans l’assemblée générale.

Le président et vice-président d’une fédération obéissent aux mêmes règles que ceux prévus de la CGEM.

Le but de la fédération interne est essentiellement :

  • pour des raisons d’efficacité, de permettre aux membres qui la composent, de débattre des problèmes propres au secteur d’activité dont elle relève et de proposer au conseil d’administration de la CGEM les mesures et les solutions appropriées,
  • d’assurer la représentation de l’ensemble des opérateurs économiques issus des différents secteurs d’activité au sein tant du conseil d’administration que du conseil national de l’entreprise.

Pour ce qui est du Fonctionnement des Fédérations internes

  • Les Assemblées des membres des Fédérations internes
 :
  • Les membres affiliés à une Fédération interne peuvent être réunis en Assemblée Générale sur convocation de son Président ou du Président de la CGEM et ce, toutes les fois qu’il est jugé nécessaire de débattre des questions en rapport avec son secteur d’activité.
  • Aucune règle de quorum ou de majorité n’est requise pour la tenue d’une telle assemblée.
  • Toutefois, la tenue d’une Assemblée Générale Ordinaire est nécessaire toutes les fois où il y a lieu d’élire le Président de la Fédération. Dans ce cas, il est fait appel aux règles, conditions et modalités applicables aux Assemblées Générales de la CGEM.
  • Bureau des Fédérations internes
    • Afin d’assurer leur représentation au sein du Conseil d’Administration de la CGEM et auprès du Conseil National de l’Entreprise, chaque Fédération interne, réunie en Assemblée Générale Ordinaire, doit élire un Président à choisir parmi les candidats à ce poste parmi les membres de ladite Fédération à jour de leur cotisation.
    • La durée du mandat du Président de la Fédération interne est de trois (3) années re- nouvelable une seule fois. Ne peut postuler au poste de Président d’une Fédération interne qu’un membre justifiant de deux (2) années d’adhésion à la CGEM en ce compris l’année durant laquelle est tenue l’Assemblée Générale Elective considérée.
  • En outre, elle élit un bureau de la Fédération interne qui comprend à titre indicatif, en plus de la Présidence :
      • un à cinq (5) Vice-présidents ;
un Secrétaire Général éventuellement ; un à cinq (5) Assesseurs.
      • La durée du mandat des membres du bureau de la Fédération interne est de trois (3) années renouvelables.

La Fédération interne ne perçoit aucune cotisation, les membres affiliés sont redevables à la CGEM.

La CGEM couvre toutes les charges de fonctionnement de la Fédération interne, qu’elle héberge en son sein. Il n’y a pas de budget alloué aux Fédérations internes. Cependant, sur présentation d’un plan d’action, le Conseil d’administration peut débloquer un budget en fonctions des actions qu’il y aura lieu de mener.

Author: Fouzi ZEMRANI

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