Le tourisme a besoin d’un portage fort et determiné.

Le chapitre Tourisme dans la déclaration du gouvernement prononcée Mercredi 19 Avril par le Chef de Gouvernement face aux députés et conseillers du Parlement n’est pas sans donner une lueur d’espoir aux professionnels du Tourisme qui y voient une reprise sérieuse du secteur du Tourisme.

On y parle de donner « une nouvelle impulsion au secteur en déployant les efforts nécessaires afin d’accélérer la mise en œuvre de la stratégie touristique Vision 2020 ». Pour cela il y est prévu un certain nombre d’actions dont notamment la redynamisation de l’investissement (Nouveau code incitatif), la promotion de quatre stations du Plan Azur (Taghazout, Mogador, Lixus et Saïdia) la poursuite du programme Compétitivité et Innovation….le développement de nouvelles lignes aériennes et œuvrer pour un tourisme durable.

Or, si on se réfère à la déclaration du Gouvernement en 2012, à quelques mots prêts, on retrouve exactement les mêmes termes avec plus de détails et le résultat que nous connaissons tous. On est alors en mesure de se demander, qui est ce qui fera la différence pendant ce nouveau mandat ?

Apparemment, le tandem en charge du Tourisme semble donner des gages de volonté pour redresser le secteur et lui « donner la place qu’il mérite ». En a t il les moyens ?

En analysant la situation actuelle, les derniers chiffres de l’observatoire du Tourisme, indiquent une reprise de l’ensemble des marchés avec des arrivées, des nuitées et des recettes en nette croissance. Cela faisait longtemps que l’on n’avait été dans cette tendance haussière et augure d’une bonne année 2017. Si cela se confirme, c’est un retour de confiance assuré pour le secteur et une revalorisation des actifs touristiques.

Le fait d’intégrer le transport Aérien au Ministère du Tourisme est aussi le signe d’une volonté de doter le secteur de moyens substantiels à même de lui permettre d’aller chercher ses clients dans les bassins émetteurs traditionnels européens. Reste à savoir si cela va se faire avec la RAM, et si la RAM aura les moyens de nos ambitions touristiques ?

Dans le cas contraire, qu’elle politique aérienne adopter, une continuité par rapport à ce qui s’est fait jusqu’à présent (Co Marketing avec les compagnies low cost) ou une rupture à l’Espagnole avec des régions touristiques dotées de compagnies aériennes ( Vuelling pour la Catalogne et Binter pour les Iles Canaries) ? Dans ce dernier cas, il va falloir inviter les régions (Les Territoires ?) à définir une politique aérienne par la mise en place de bases aériennes dédiées au tourisme avec l’aide des compagnies nationales existantes ou à créer.

A l’heure actuelle les régions valident des projets touristiques et ne s’occupent nullement de leur viabilité (il faut dire que les professionnels sont complétement absents des centre de décisions , CRI et autres lieux), du coup on assiste à une prolifération de projets qui pour survivre adoptent une politique tarifaire suicidaire qui se répercute sur la qualité de service et fini par paupériser le secteur. Il serait temps d’avoir une autorité touristique régionale responsable à même de mener la politique du territoire.

Enfin, concernant le plan Azur, la déclaration du gouvernement n’est pas claire, car on parle de promotion de quatre stations, sans vraiment dire comment elles seront opérationnelles et à quel Horizon. Juste pour rappel, la déclaration de 2012 parlait de « garantir la finalisation des travaux de 4 stations tout en veillant à faire avancer la réalisation des 4 autres à l’horizon 2016 » et nous connaissons tous le résultat obtenu.

Aussi, j’espère de tout mon cœur, que la nouvelle équipe en charge du tourisme, saura porter cette stratégie 2020 qui a du sens. Nous avons souvent reproché au gouvernement sortant son manque d’intérêt pour notre secteur, nous devons veiller à ce que cela ne se reproduise plus. Il y va de notre crédibilité à tous, public et privé.

Author: fouzi ZEMRANI

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3 Comments

  1. N’est ce pas déjà une bonne initiative, a applaudir, que de loger le tourisme et le transport aérien sous un même toit? Nous savons tous que la promotion d’une destination ne peut se faire sans l’aérien et la capacité d’hébergement. Nous savons aussi que par le passé, nous avions vécu des résistances et même des tensions entre les ministères du Transport qui se voulait protectionniste, pour la compagnie nationale, allant même jusqu’à proposer aux autres compagnies Low Cost et charters ponctuels des créneaux horaires de nuit ou des dessertes excentrées. L’open Sky n’a-t-il pas assagi notre aviation civile depuis? Quant aux changements à la tète du ministère du tourisme, nous devrions laisser le temps à la nouvelle équipe de prendre connaissance de nos priorités. Mais surtout veiller à ce que le nouveau Business Plan de ce ministère apporte les résultats escomptés mais pour lesquels, il devrait s’engager. Nous avons l’habitude de mettre la barre plus haute que nos moyens financiers et humains et d’imposer des objectifs, sans concertation avec le secteur et sans que ces objectifs ne soient mesurables. Espérons que cette fois-ci, nous avons tiré le bon numéro et que nous verrons une meilleure collaboration entre les 2 ministères Transport & Tourisme, sans pour autant oublier l’ONMT. Merci Si Fouzi de nous avoir donné cette tribune pour nous exprimer librement.

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  2. Une vue d’ensemble très perspicace du chapitre « tourisme » dans le programme gouvernemental 2016-2021 s’impose bien et vous en remercie M. Fouzi.

    En ce début d’année 2017, les chiffres sont plutôt rassurants et l’équipe en charge du tourisme me semble très à l’écoute des doléances des professionnels du tourisme (je fais allusion aux retours positifs exprimés par ceux-ci et rapportés par les organes de presse écrite et électronique à la suite de la réunion ministérielle du 19 avril 2017), une équipe prête à s’engager pour défendre au mieux le secteur, motiver les troupes (public et privé), et obtenir de probants résultats dans une échéance de 3 ans.

    D’autre part, et comme vous l’avez si bien noté, les axes relatifs au secteur du tourisme dans ledit programme ne diffèrent trop pas de ceux figurant dans celui de 2012 : A charge pour la tutelle d’orchestrer les bonnes volontés des uns et des autres, de combler les lacunes constatées dans le précédent mandat, et de gérer de manière concomitante et très suivie les priorités de développement touristique au vrai sens du terme.

    Il est irritant de voir les professionnels du secteur maudire et pérorer à l’approche d’un flop : L’équipe actuelle devra en être consciente et enrayer autant que possible ces expressions désolantes en y mettant du sien !

    Bon vent !

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    • Cher Mouad,
      Tous les professionnels accordent le plein credit à la nouvelle équipe et sont prêt à apporter leur soutien pour que le tourisme redevienne une priorité nationale. Il faut juste profiter de cette embellie pour reconstruire la maison.

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