La Nature a horreur du vide!

La loi organique N°111-14 relative aux régions et promulguée le 7 Juillet 2015, définit les compétences des régions en matière de gestion territoriale. Ces compétences sont de trois types : Propres, partagées ou transférées.

En ce qui concerne le Tourisme, il est important de savoir, que la région accomplit ses missions sous réserve des politiques et stratégies générales et sectorielles de l’Etat dans ces domaines. Ce qui veut dire, qu’il doit y avoir une coordination entre le central et le régional dans le cadre du Tourisme.

Au niveau du développement régional et dans le cadre de ses compétences propres, le champ d’action de la Région comporte le développement économique, la formation professionnelle, le développement rural, le transport, la culture, l’environnement et la coopération internationale.

Le développement économique comprend entre autre, le soutien aux entreprises, l’aménagement des routes et des circuits touristiques, et l’attraction des investissements.

Concernant l’aménagement du Territoire, l’article 88 de la dite loi, prévoit une large concertation notamment avec les représentants du secteur privé concernés par le territoire.

Au niveau des compétences partagées, elles sont exercées par voie contractuelle soit à l’initiative de l’Etat, soit à la demande de la Région. La promotion du Tourisme fait partie des compétences partagées.

Il est important de savoir, que le Tourisme ne fait pas partie des compétences transférées de l’Etat à la Région et reste donc du domaine de l’Etat.

Donc pour nous résumer, la Région est en charge, en ce qui concerne le Tourisme, de l’attractivité des espaces territoriaux, du renforcement de la compétitivité, l’aménagement des circuits touristiques, la formation professionnelle, la culture, l’environnement et la promotion du Tourisme. Tout cela en parfaite concertation avec les professionnels régionaux, n’est ce pas ?

Or, ce n’est pas ce que disent les professionnels d’Agadir, qui ont appris de manière incongrue et à leurs dépens , que leur Région était sur le point d’acter la mise en place d’une Société de Développement Régional sous la dénomination de «  Société de Développement Touristique, Souss Massa », conformément à l’Article 145 – Alinéa 2 de la dite loi.

Une Société Anonyme au capital de 1M de dirhams divisé en 100.000 actions.

Les actionnaires sont :

  • La Région Souss Massa 34%
  • La Commune d’Agadir 8%
  • L’ONMT 30%
  • La SMITT 8%
  • La CDG 10%
  • La Maison de l’Artisan 10%

Les statuts élaborés à cet effet sont clairs, aucune trace des professionnels du Tourisme du secteur privé ! Pourtant l’objet social de la SDR spécifie la promotion touristique de la Région et notamment :

  • La participation à la Mise en Œuvre de la stratégie Nationale à l’échelon Régional,
  • Développement de nouveaux produits Touristiques dans la région.
  • La consolidation des patrimoines culturels et naturels de la Région
  • La réalisation de projets en relations avec l’objet de la société en qualité de maitre d’ouvrage ou maitre d’ouvrage délégué.
  • La garantie de la gestion et du suivi du produit touristique.
  • La gestion de la destination à travers une plateforme numérique.
  • La mise en place de moyens nécessaires à la réalisation de ses objectifs.
  • Et plus généralement la gestion de toutes les opérations commerciales, financières, industrielles et immobilières en relation avec l’objet de la société.

Ce projet avorté en dernière minute nous interpelle sur notre manque d’implication dans la gestion quotidienne de nos régions. Nous avons laissé la place libre aux politiques pour décider de l’aménagement de nos cités, de l’exécution des plans de développement touristiques, de la mise en tourisme de nos régions sans opposition aucune, car nous sommes absents des instances de dialogue et de concertations prévue pat la Loi ( Articles 116 et 117 de la loi 111-14), nous sommes absents de la scène politique régionale, nous sommes absents tout court.

Non, le rôle des professionnels ne se cantonne pas uniquement à faire la promotion. La promotion de quoi ? Un produit qu’on ne maitrise pas ? Une salubrité qui fait défaut ? Une anarchie au niveau de l’espace public ? Des monuments historiques qui tombent en décrépitude ? Des transports urbains qui font tout et n’importe quoi ? Des dérogations en veux tu en voilà ?

Notre rôle est de veiller au bon développement de notre région, du bien fondé des décisions prises, de la pérennité des actions entreprises, de la transparence des transactions, de la sauvegarde de notre patrimoine, de la promotion du vivre ensemble, du soucis de laisser des choses à nos enfants et d’accueillir nos visiteurs avec dignité et fierté.

Il serait temps de revoir nos instances régionales pour plus efficacité et de participation à la prise de décision. La nature a horreur du vide et si nous ne jouons pas notre rôle pleinement, il ne faut pas se plaindre demain que les choses déraillent.

Author: Fouzi ZEMRANI

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2 Comments

  1. Le danger du vide, c’est le trou noir.
    Il aspire tout et renvoie vers d’autres univers incertains.
    Ceci dit, je ne partage pas tout à fait ton analyse cher Fouzi.
    C’est certain que la situation que l’on subit aujourd’hui, est due en partie à notre Quasi absence sur la scène politique et dans les arcanes des décisions. Il faut reconnaître que ça réconforte et ça arrange les élus et l’exécutif qui ne veulent pas d’un privé râleur et emmerdeur, qui ne cesse de revendiquer des droits et des privilèges.
    Nos politiques et technocrates veulent rester seuls maître à bord, à gérer la chose public comme bon leur semble.Il faut admettre que les principes d’une démocratie participative et de partenariats public-privé est de l’ordre du discours et de la démagogie. On reste très loin de ça concrétisation même si elle est consacré par la constitution et plusieurs textes de loi. Les politiques et l’administration Marocaines n’arrive toujours pas à changer d’ADN et d’épouser la volonté de ce règne et l’exigence sociaux économique de ce siècle.
    Il faut militer pour le changement de ces mentalités en dénonçant systématiquement ce type de comportement et arrêter de se culpabiliser.

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  2. Geoparc du Jbel Bani
    Association Marocaine de Développement du Géoparc du Jbel Bani

    Projet émanant du tissu professionnel pour accompagner élus locaux provinciaux et régionaux se définissant pour objectifs de créer plus de 10.000 emplois inclusifs et intégrés dans une convergence Agro éco tourisme, artisanat, et tout particulièrement destiné au tissu coopératif féminin !
    .., projet mis en forme, développé et déposé depuis plus de quatre années mettant en valeur hébergements, sites touristiques et patrimoine local par un marketing territorial avec 53 circuits touristiques, interactifs, mis en ligne sur le web et cela aux départs des aéroports jouxtant un territoire délimité physiquement par les Jbel Bani, El Kest et l’Anti atlas,
    .., projet qui fait largement les frais de cette volonté régionale et locale de s’accaparer la main mise sur le secteur touristique d’une part, sur notre projet Géoparc d’autre part !

    Notre communication AMDGJB, efficace, est classée 3ème au plan mondial pour ce qui est du contenu et lectures de celui-ci par les internautes permettant une reconnaissance globale des arrières pays des régions Guelmim Oued Noun, Souss Massa et Draa Tafilalet pour ces deux provinces de Ouarzazate et Zagora.

    Nos Objectifs et prétentions pour la plupart de ses acteurs apporteurs d’expertise pour ces régions depuis plus de quinze années ne sont celles que de devenir des acteurs accompagnateurs du développement local et régional, des élus, en relais des visions centrales se rapportant à ces territoires, en nous présentant comme des facilitateurs dans l’analyse territoriale et des monographies provinciales et communales, en définissant l’utilité et coordination des implantations touristiques en fonction des flux touristiques émanant des aéroports existants, pourvoyeurs de touristes que sont ceux d’Agadir, Guelmim, Ouarzazate et Marrakech, comme de ceux, aérodromes de Zagora et Tata appelés à le devenir dans les quelques années à venir sous la casquette du tourisme nature, culture, sportif partagés entre Désert Montagne et Océan.
    Notre expertise aura été celle de la participation pour exemple du développement touristique des Haut et Moyen Atlas avec la Grande Traversée de l’Atlas Marocain (GTAM).
    Le territoire du Jbel Bani, c’est 4.737.000 personnes soumises à l’heure actuelle à l’exode rurale.
    Le Maroc peut il se le permettre ?
    La province de tata a perdu 7000 âmes entre 2004 et 2014. Cela aura coûté 1MM4 de Dhs à l’état !

    Des plans d’actions basés sur des labellisations des Maisons d’hôtes, des écolodges, des auberges, Gîtes, sur l’économie verte et circulaire, définissent des prises en comptes des programmes d’urgence rappelant que le monde rural peut être moteur dans l’économie régionale comme nationale, pour peu que le mixage d’adaptation des économies locales soient pris en compte par les élus !

    L’agro éco tourisme en est la solution par les prises en compte du stress hydrique et du changement climatique.
    -IL l’est également par la prise en compte du faire valoir des capacités touristiques territoriales envers le tourisme interne à venir, nécessaire, réclamés par les droits aux vacances naissants du citoyen marocain.
    -Il l’est de manière encore plus urgente pour ce qui est du faire valoir de l’emploi des jeunes diplômés par l’adaptation de l’emploi des NTIC pour ce qu’est l’agro éco tourisme pour ces zones rurales.
    -IL le sera et le restera pour ce qui sera l’ordre sociétal de demain si l’on n’y prend pas garde !

    L’AMDGJB, Association de droit marocain (Aut N°1954-36) est la seule porteuse de ce projet. Elle est constituée d’un bureau exécutif et de collèges sectoriels, d’adhésions constituées de personnes ressources, morales, physiques marocaines, universitaires, de l’ingénierie. Elle est et restera conseillère et communicatrice au service et pour l’accompagnement des élus,
    …, voilà ce que nous sommes messieurs les élus locaux.
    Nous pensons le rester malgré vos tentatives de déstabilisation car convaincue de notre action, de notre présence et nécessité d’échanges pour le bien régional comme pour le bien national et pour les populations.
    Nous pensions utile et nécessaire de vous le rappeler et de le faire valoir auprès du monde des professionnels du tourisme à cette occasion des interrogations des responsabilités régionales en matière de tourisme et développement territorial.
    Patrick Simon – Président AMDGJB
    Po le Bureau

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