Interview « Aujourd’hui le Maroc »

Au lendemain de la conférence de presse tenue par la CNT à Casablanca le 31 Mai 2018, j’ai répondu à la Journaliste du quotidien « Aujourd’hui le maroc » Kawtar Tali, sur la base de quatre questions dont voici la teneur et qui ont été publiées dans son édition du Lundi 4 Juin 2018.

1.    Vous avez indiqué dans votre présentation que le rapprochement entre les 5 fédérations est un arrangement de circonstance, contre nature et limité dans le temps. Qui a créé ce gap entre les membre de la CNT ?

Pour ma part, le seul point commun de ses personnes, est le defaut de payement qu’il font subir à leurs institutions vis a vis de la CNT. La decision qu’ils ont prise , à savoir  le retour à une FNT interne, est personelle et non institutionelle, car aucun d’entre eux n’a consulté son Assemblée Generale Extraordinaire pour prendre une telle decision. C’est statutaire et aucun ne l’a respecté.Ils ont tous utlisé la théorie du « Fait du Prince » pour faire une action en dehors de tout cadre statutaire, donc nulle et non avenue. Voilà pour ce qui est contre nature.

Pour sa limitation dans le temps, il faut savoir que toutes ces institutions sont appelées à renouveller leurs instances au court de cette année ou au plus tard l’année prochaine et de fait d’autres personnes seront amenées à presider aux destins de ces Federations qui auront plus à cœur la defense des interets de leurs membres, plutot que se lancer dans des guerres intestines avec pour seul objectif d’affaiblir et de decribiliser  le secteur.

C’est un arangement de circonstance, car nous sommes dans une periode électorale, et s’etant exclus par manquement aux principes élémentaires , à savoir le reglement de leur cotisations, ils chipotent quand à la regularité des assemblées tenues et des résolutions actées.

2.    Selon vous peut-on espérer une réconciliation entre le collectif et la CNT? Quels sont les compromis que pourrait faire la CNT, dans ce sens, pour unifier sa structure?

A mon sens, il n‘y a pas de rupture entre les acteurs du tourisme, puisqu’au niveau des entreprises, la relation continue entre les membres. Il en est de même au niveau des régions, puisque plusieurs associations metiers ont émi le vœu de rejoindre directement la CNT et de cotiser, notamment les associations d’agences de voyage, de restaurateurs et de guides.

La CNT a pris l’engagement de Federer l’ensemble de ses membres pour relever les defis à savoir: l’attractivité des régions, la competitivité des entreprises et la création de richesse à tous les niveaux de la chaine de valeur touristique . C’est sa vocation première.

Vous parlez de réconciliation, encore faudrait il qu’il y est un conflit entre les institutions ? Non, c’est  juste une divergence sur la manière de gerer l’institution selon des personnes. Nous sommes convaincus, qu’il ne suffit pas de retourner à une structure interne de la CGEM pour resoudre les problémes, ce serait une utopie . Les probèmes de la CNT sont plus d’ordre structurel qu’institutionnel. Il suffit de revenir à la rigueur sous toutes ses formes pour que les choses reprennent leurs droits. Nous avons péché non par laxisme, mais par soucis de ménager un équilibre précaire. Ce fut une erreur. Charge donc au futur binome élu de s’atteler au respect des statuts et des reglements en vigueur et réinstaurer la rigueur necessaire pour un retour aux fondamentaux. C’est une recommandation du conseil d’administration tenu le 30 Mai.  

3.    Vous avez évoqué tout à l’heure que la CNT aura pour principaux piliers “régions et métiers”. Quelle est la configuration pensée pour les fédérations régionales? Et quelles rôles joueront-elles au sein de la CNT?

Les FRT sont un engagement de la FNT dans le cadre du Contrat Programme Vision 2010. Elles n’ont jamais vu le jour, par manque de pédagogie quand à leur utilité et surtout la resistance des CRT qui y voyaient une menace sur leurs prerogatives.

Aujourd’hui elles sont d’actualité au vu des orientations Royales sur la régionalisation avancée. La Federation Régionale du Tourisme , qui regroupera l’ensemble des associations touristiques regionales, permettra une meilleure synergie et surtout de chalenger les élus dans la confection du produit et l’administration pour la partie la concernant à savoir la securité et le respect des lois dans le cadre de la protection des consomateurs en premier lieu.

Les FRT seront la caisse de résonnance de la CNT, pour le pilotage institutionnel, notamment en terme de rentabilité des entreprises, de désencalvement des régions, de promotion, de projections à moyen terme et d’alertes lorsque il y a lieu.

Les Federations métiers quand à elles, auront toute leur autonomie pour gerer leurs préocupations sectorielles, la CNT aura pour mission de répondre aux attentes transverses des metiers, à savoir la fiscalité, l’innovation et la mise en reseau par l’intermédiare d’une platefome B to B , prevue dans le cadre du contrat progrés. Outre la médiation en cas de conflits entre les Federations. Je pense également que la CNT pourrait servir d’incubateur pour certaines Federations aujourd’hui en difficulté telles que Les Guides, les Restaurateurs et les Agences de Voyages, en hebergeant des federations internes à la CNT à l’instar de ce qui se fait à la CGEM, le temps qu’elles retrouvent de la cohesion. Une option à proposer au Ministère du Tourisme qui en a la charge et à reflechir pour le prochain Binôme et son conseil d’administration.   

 4.    En ce qui concerne les métiers, vous avez retenu l’hôtellerie, la restauration, les agents de voyages et guides touristiques. Qu’en est-il des investisseurs touristiques? seront-ils définitivement exclus de la confédération?

Les investisseurs touristiques comme leur nom l’indique , investissent dans des secteurs du tourisme, qui sont soit de l’hotellerie, soit de la restauration, soit de l’animation( Parcs d’attraction, Musées, Aqua parcs, centres de remise en forme, centres de congrés, Parcs d’expositions…)  , soit de l’hebergement à vocation touristique dans le cadre de stations dédiées ou encore de l’hebergement alternatif. 

Une fois l’investissement réalisé, il doivent rejoindre une federation éxistante ou en créer une  qui puisse répondre à leur investissement si elle n’existe pas. Pourquoi pas la federation des unités d’animation touristique?

Tous les acteurs du tourisme sont des investisseurs touristiques au départ, petits ou grands nous l’avons tous été et demain il faudra integrer les start up du tourisme qui vont se créer, et dont les metiers seront inventés et s’imposeront d’elles mêmes. Qui aurait pu penser en 2001 à Booking, Air B&B, Uber, Tripadvisor ou encore Expedia ?

Il y aura toujours des investisseurs touristiques, mais j’émets des doutes sur la survie de l’ANIT apres cette crise au sein de la CNT. 

 

Author: Fouzi ZEMRANI

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