De la bonne Gouvernance du secteur.

GouvernanceDans mon post de début d’année, je faisais part des trois résolutions qui pourraient être prises en 2014, en commençant par la plus urgente à mon sens: le chantier de la Gouvernance. On décèle une certaine réticence , aussi bien du coté public que du coté privé à engager les démarches pour sa mise en œuvre. Ferait il partie des sujets qui fâchent ou tout simplement le climat n’est pas favorable pour qu’il soit abordé de manière sereine?

Et pourtant, la stratégie 2020, telle qu’elle a été écrite dans le contrat programme national et signée devant Sa majesté, repose en particulier sur une meilleure gouvernance du secteur du Tourisme à tous les échelons afin que la mutualisation des moyens et l’optimisation des outils ne soient pas un vain mot.

La notion de territoire touristique transcende le découpage administratif en ce sens, que les potentialités touristiques, c’est à dire les atouts à même d’être une force d’attractivité pour le territoire, ne se limitent pas à ses frontières administratives. De ce fait, un territoire peut être étalé sur deux ou plusieurs régions qui ont en commun un segment ou une niche et peuvent être marquetés dans le but de proposer une offre marocaine complémentaire et diversifiée.

Cette approche fera que le touriste pourra revenir plusieurs fois au Maroc, mais pour découvrir à chaque fois un nouveau produit. Tout le monde sait aujourd’hui que le taux de retour est un facteur important dans la pérennité  d’une destination.

Il est vrai que le Maroc s’est également engagé dans la voie d’une régionalisation avancée, dont les grandes lignes ont été tracée lors du discours Royal du 9 Mars 2011. A la relecture de ce discours, on constate que la régionalisation tient compte de la vision 2020 du tourisme notamment dans ces principes fondamentaux : « Solidarité nationale entre et avec les régions….. une régionalisation fondée sur une bonne gouvernance propre à garantir une nouvelle répartition équitable non seulement des attributions, mais également des moyens entre le centre et les régions »

Pour ma part, je ne vois aucune contradiction entre la gouvernance dans le secteur du tourisme et celle au niveau des régions si tout le monde confère au secteur son statut de  levier économique et social.

Au moment où la majorité des CPR ont été signé, rien ne s’oppose à mettre en place une gouvernance territoriale à même de piloter ces contrats programmes dans laquelle seront représentés les signataires à savoir les Walis, les Maires, les Présidents de régions et les représentants des professionnels.

Pour respecter l’esprit de la régionalisation avancée, il suffira d’adapter la composition de l’ADT en terme de représentativité et la doter des moyens humains et financiers nécessaires et suffisants pour la mise en œuvre des contrats programmes.

La dernière convention signée à Marrakech et instituant un fonds régional dédié à la promotion du Tourisme est en soi une nouvelle conception de la politique touristique régionale. C’est le résultat d’une véritable concertation entre les élus et les professionnels conscients du rôle joué par le tourisme dans leur région. Il se trouve que c’est la seule région du Maroc où le Territoire touristique et la Région administrative ne font q’un. Ne serait il pas judicieux de laisser les acteurs régionaux réfléchir ensemble et proposer un modèle de gouvernance régionale?

Enfin, ne serait ce pas le moment de mettre en place la fameuse Haute Autorité du Tourisme? A l’heure où le budget du secteur a été raboté, où la mise en place d’une taxe de promotion touristique fait grincer des dents, où le tourisme ne semble plus être la priorité du gouvernement, cette instance devient urgente et incontournable.

Vos commentaires pour alimenter le débat sont indispensables, ce post compte beaucoup sur vos réactions car on ne peut plus se payer le luxe du wait and see….les interpelés se reconnaitront.

Author: Fouzi ZEMRANI

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3 Comments

  1. Bravo pour ces reflexions , mais à mon avis la gouvernance oui ;mais ce qui manque le plus c »est la concertation entre les differents operateurs concernés par le tourisme et à mon sens ils sont nombreux car le tourisme est le seul secteur qui concerne presque tous les autres.
    A titre d’exemple : la sécurité,la santé,le transport tant aerien que terrestre (là je dirais :y a t il un dialogue entre la RAM et les acteurs touristiques ministère tourisme , professionnels) je ne le pense pas car pas de transport aerien pas de tourisme vue la situation geographique du Maroc vis a vis des pays émetteurs.
    Une fois pour toutes pouvons nous arreter une strategie commune et la faire respecter par tout le monde avec des objectifs et des engagements.
    Unissons nos efforts et nous devons y arriver

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  2. Bonsoir Fouzi,

    Tes articles devenant un rituel dominical de beaucoup d’entre nous, qui vivons dans le microcosme du tourisme, celui de cette semaine est on ne peut plus pertinent. Il est d’autant plus d’actualité puisqu’il traite d’une thématique qui nous interpelle et qui est un facteur clé de la vision 2020, mais dans laquelle nous avançons peut être plus lentement que nous ne devrions, ou que nous ne pourrions faire.

    J’ai quelques éléments de réflexions que j’aimerais partager avec vous:

    D’abord, ce n’est pas la régionalisation qui tient compte de la vision 2020, mais plutôt l’inverse. La réflexion autour de la régionalisation avancée a toujours été au cœur de la réflexion des concepteurs de la nouvelle feuille de route décennale du secteur… au point que le tourisme, devait être un des premiers laboratoires de la mise en oeuvre de cette politique nationale, dont les contours à l’époque n’étaient pas tout à fait définis.

    Sur la Haute Autorité du Tourisme. Plus que jamais, elle devient une nécessité et une urgence pour le secteur. D’abord pour toutes les raisons que tu as cité dans ton article et que je partage complètement, mais aussi pour éviter les erreurs de la Vision 2010 où la gouvernance nous a fait défaut et où on a du accoucher d’un bébé différent de celui auquel on s’attendait… La mise en place rapide de cette instance sera à même d’orienter les décisions stratégiques de notre secteur et permettra, à brève échéance, grâce à la présence des professionnels avec leur tutelle autour de plusieurs départements ministériels, de proposer les solutions idoines pour faire face à la crise prolongée que vit notre secteur: Aérien, Promotion, Investissements…

    Sur les ADT, nous n’insisterons jamais assez sur le rôle primordial que devraient jouer les professionnels privés locaux aux côtés des élus pour assurer une véritable synergie entre les différentes forces au niveau régional. Une telle présence est de nature à faire de ces organismes, un espace d’échanges et d’élaboration de vrais outils de marketing territorial qui sera d’autant plus doté de moyens humains et financiers à la hauteur de nos ambitions. Cette architecture serait d’ailleurs en parfaite adéquation avec le projet de Régionalisation Avancée et du Partenariat Public Privé garanti par notre nouvelle constitution.

    Bonne semaine à Tous

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  3. Bonsoir Si Fouzi. Merci pour votre post.

    Je ne vois pas trop jusqu’à quelle limite va-t-on repousser la concrétisation des différents actions inhérentes au chantier « Gouvernance » : Les huit territoires touristiques ayant été définis, ce qui est un bon premier pas (en phase avec le concept de régionalisation), l’année écoulée ayant connu la signature des CPR (le dernier en date étant celui de Casablanca, reste par conséquent la feuille de route de la région de Rabat non encore validée à ce jour).

    En même temps, ces actions ont certes pris du temps depuis la signature du Contrat Programme national Vision 2020. Or, il a fallu s’y mettre aussitôt !

    A mon avis, ce chantier a pris beaucoup de retard, ça ne sert à rien de se lamenter sur cette donne. La situation est telle qu’il faudra mettre les bouchées doubles sur le restant des dispositifs à exécuter pour le bon déploiement de la Vision 2020: la mise en place des Agences de développement touristique (ADT) et de la Haute Autorité Touristique devront se faire incessamment! réellement (avec tous les moyens humains et financiers requis, que vous avez bien noté dans votre analyse d’ailleurs). La mise en place des bases du chantier « Gouvernance » devront être bouclées en 2014, ça ne doit plus traîner davantage..

    Nous avons à peine atteint les 10 millions de touristes en 2013 (9,9 millions selon les derniers chiffres annoncés par la tutelle). En l’espace de 6 ans, il faudra théoriquement doubler le nombre de touristes. J’espère que les aléas joueront en faveur de la destination « Maroc » et que le futur sera encore plus prometteur pour atteindre cet ambitieux objectif!

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